samedi 26 octobre 2024

Guerric d’Igny, Heureux les pauvres de cœur, Toussaint

Né à Tournai vers 1070, Guerric passe à Clairvaux pour rencontrer Bernard dont il a entendu parler. Ce dernier le presse de rester. Il entre donc à Clairvaux et se fait son disciple jusqu'en 1138, année où il est envoyé à Igny, près de Reims, dont il devient l'abbé. Il fut un abbé exemplaire, dispensant son enseignement dans l'humilité et la simplicité, malgré une santé déficiente. Il s'éteignit le 19 août 1157, après 19 années d'abbatiat. Il est vénéré comme bienheureux et, dans le diocèse de Reims, comme saint.



Sermon pour la fête de la Toussaint (Extraits)

    « Bienheureux les pauvres de cœur (Mt 5,3). » Je reconnais ici ce signe noble et éclatant que le Fils de Dieu, avant de naître dans la chair, donnait à l'avance, en se rendant témoignage, afin de se faire reconnaître.

    Plus tard, lorsqu'il fut né, mais non encore connu, il enseigna que c'était là la marque qui lui convenait : « L'Esprit du Seigneur est sur moi, il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, Lc 4,18. » Voici que les pauvres entendent la bonne nouvelle, voici qu'on annonce aux pauvres l'évangile du royaume : « Heureux les pauvres de cœur s'écrie Jésus, parce que le royaume des cieux est à eux, Mt 5,3 » … Heureux début de l'alliance nouvelle, du Nouveau Testament, il engage l'homme à écouter, quelque infidèle et quelque paresseux qu'il soit, mais surtout il le provoque à l'action, puisque la béatitude est promise aux malheureux, et le royaume des cieux à ceux qui sont pauvres et exilés…

      En effet, la première vertu de ceux qui commencent, c'est le « renoncement » au monde, qui nous rend pauvres de cœur…

     Quelle gloire, quelle récompense abondante atteindra dans le ciel le comble de cette perfection  ! Nous pouvons l'estimer d'une certaine manière, parce que le Seigneur attache au premier degré un si grand bonheur à ceux qui renoncent au siècle, en disant : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux. » Oui, ils sont bienheureux, ceux qui rejettent les fardeaux sans valeurs mais bien pesants de ce monde, ne voulant devenir riches que du seul Créateur du monde, et être comme n'ayant rien à cause de lui, tout en possédant toutes choses par lui. Ne possèdent-ils pas toutes choses, ceux qui ont en leur possession celui qui contient tout et dispose de tout…

   Plus l'avare possède, plus il éprouve de besoins. Il ne possède pas le moins du monde ce qu'il croit avoir, il est possédé par l'or, il ne le possède pas, esclave de l'argent qu'il a, serviteur de l'avarice, passionnément attaché à sa bourse, idolâtré exécrable qui tient pour Dieu ses pièces de monnaie. Dès maintenant, la justice exerce admirablement sa vengeance sur ces pécheurs, en faisant que les choses qu'ils aiment leur servent de tourments, et que leurs vices soient leurs supplices. En effet, cet argent qui, répandu ou donné d'un coup, accroît la justice du juste et l'enrichit plus véritablement, fait souffrir si on le garde, et souille celui qui en a été prodigue, si on le dépense follement. Oui, bienheureux les pauvres du Christ, leur foi a si bien trompé la sagesse du monde, que seule elle a découvert quel est le meilleur usage des richesses, seule elle a appris, que si on les aime, elles rendent pauvre et malheureux, et que si on les méprise pour le Christ, elles rendent riche et heureux. « Je te bénis Père du ciel et de la terre, d’avoir caché ces vérités aux sages et aux prudents et les avez révélées aux petits, c'est-à-dire aux humbles, Mt 11,25 », qui ne sont autres que les pauvres de cœur dont on proclame la béatitude…

   Bien que vous le sachiez, je veux vous rappeler néanmoins, mes frères, que la véritable et heureuse pauvreté de cœur consiste plus dans l'humilité du cœur, que dans la modicité du patrimoine que l'on possède, plus dans l'absence de tout orgueil, que dans le mépris de toute richesse. Parfois il y a utilité à avoir du bien mais il est toujours dommageable de garder de l’orgueil. Le démon n'a rien ou ne désire rien avoir en ce monde, et ce qui le damne uniquement ou principalement c'est l'orgueil…

   Il sert donc peu de renoncer aux possessions du monde, si on n'y renonce pas aussi par ses mœurs. Bien plus, il est ridicule et sot d'être dépourvu de richesses et d'être rempli des vices, de se rendre pauvre de biens sans s'enrichir de vertus, de quitter tout, sans suivre le Christ, ou ce qui est pire encore, dans le camp du Christ, de favoriser le parti de l'Antéchrist. Il sert le parti de l'Antéchrist, celui qui combat pour l'orgueil, et attaque par ses mœurs le nom sacré qu'il professe par ses paroles et son habit. L'étendard du Christ, c'est l'humilité, celui de l'Antéchrist, c'est l'orgueil.

 https://www.arccis.fr/au-fil-du-temps/heureux-les-pauvres-de-coeur

    

dimanche 20 octobre 2024

Yves PRIGENT, il est la lumière

 


Bartimée nous invite à désirer

la lumière spirituelle, 

le Christ est la lumière qui éclaire tout homme

Saint Marc 10,46-52

 

 

 

Il est la lumière !
Qui brille dans le noir
Le règne de l’hiver
A perdu son pouvoir.

Il est la lumière !
Accompagnant nos soirs
Aujourd’hui, comme hier
Mais c’est à nous de croire.

Jésus est la lumière !
Et la coupe il dut boire
En mourant au calvaire
Illuminant l’espoir.

Jésus est la lumière !
Qui me permet de voir
Car sa Parole éclaire
Le chemin de victoire.

Jésus est ma lumière !
C’est une belle histoire
Et mon âme héritière
De sa vie, de sa gloire !

Et je deviens lumière !
Comme un simple bougeoir
Par Christ, montre le Père
Il est là mon devoir !

mercredi 9 octobre 2024

Saint Jean Chrysostome, Le maître devient serviteur

 


 

 20 octobre 2021

29e dimanche du temps ordinaire année B

Saint Mc 10,35-45


Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : "Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande."

 



Voyant que Jacques et Jean s'étaient écartés de leur groupe et intriguaient pour obtenir les honneurs les plus élevés, les dix autres disciples donnèrent libre cours à leur colère. C'est alors que Jésus entreprit de corriger les passions déréglées des uns et des autres. Il les appela donc et leur dit : Les chefs des nations païennes commandent en maîtres. Les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut être le premier sera le dernier de tous, Mc 10,42-44.

Manifestement, en convoitant ainsi les premières places, les plus hautes charges et les honneurs les plus élevés, les deux frères voulaient, à mon avis, avoir autorité sur les autres. Aussi Jésus s'oppose-t-il à leur prétention. Il met à nu leurs pensées secrètes en leur disant: Celui qui veut être le premier sera le serviteur de tous, Mc 10,44. Autrement dit : "Si vous ambitionnez le premier rang et les plus grands honneurs, recherchez le dernier rang, appliquez-vous à devenir les plus simples, les plus humbles et les plus petits de tous. Mettez-vous après les autres. Telle est la vertu qui vous procurera l'honneur auquel vous aspirez. Vous en avez près de vous un exemple éclatant, puisque le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude, Mc 10,45. Voilà comment vous obtiendrez gloire et célébrité. Voyez ce qui m'arrive : je ne recherche ni honneur ni gloire, et pourtant le bien que je réalise ainsi est infini."

Nous le savons : avant l'Incarnation du Christ et son abaissement, tout était perdu, tout était corrompu ; mais, après qu'il se fût humilié, il a tout relevé. Il a aboli la malédiction, détruit la mort, ouvert le paradis, mis à mort le péché, déverrouillé les portes du ciel pour y ramener les prémices de notre humanité. Il a propagé la foi partout dans le monde. Il a chassé l'erreur et rétabli la vérité. Il a fait monter sur un trône royal les prémices de notre nature.

Le Christ est l'auteur de biens infiniment nombreux, que ni ma parole, ni aucune parole humaine ne saurait décrire. Avant son abaissement, il n'était connu que des anges, mais, depuis qu'il s'est humilié, la race humaine tout entière l'a reconnu.

Homélie contre les Anoméens, 8, 6; PG 48, 116-111.

Saint Jean Chrysostome, le débiteur de dix mille talents


13 octobre 2024, 28ème dimanche année B

Saint Marc, 10,17-30


Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda: "Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?

 

En réponse à la question que lui posait un homme riche, Jésus avait révélé comment on peut parvenir à la vie éternelle. Mais l'idée d'avoir à abandonner ses richesses rendit cet homme tout triste, et il s'éloigna. Alors Jésus déclara :

Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu. 

Mais alors, qui peut être sauvé Remarque la réserve et le zèle du disciple. Il n'a pas dit : "Tu ordonnes l'impossible, ce commandement est trop difficile, cette loi est trop exigeante." Il n'est pas non plus resté silencieux. Mais, sans manquer au respect qu'un disciple doit à son Maître, il a dit : Mais alors, qui peut être sauvé ? montrant par là combien il était attentif aux autres. C'est qu'avant même d'être le pasteur, il en avait l'âme. Avant d'être investi de l'autorité, il possédait le zèle qui convient à un chef, puisqu'il se préoccupait de la terre entière. Un homme riche, propriétaire d'une fortune considérable, aurait probablement demandé cela par intérêt, par souci de sa situation personnelle et sans penser aux autres. Mais Pierre, qui était pauvre, ne peut être soupçonné d'avoir posé sa question pour de pareils motifs. C'est le signe qu'il se préoccupait du salut des autres, et qu'il désirait apprendre de son Maître comment on y parvient. D'où la réponse encourageante du Christ : Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu. Il veut dire : "Ne pensez pas que je vous laisse à l'abandon. Moi-même, je vous assisterai dans une affaire aussi importante, et je rendrai facile et aisé ce qui est difficile."

" Perdre pour gagner", saint Jean Chrysostome Homélie sur le débiteur de dix mille talents, 3; PG 51, 21.   http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/jzl.htm