samedi 21 mars 2026

Saint Pierre Chrysologue (+ 450), La résurrection de Lazare, miracle des miracles

 5ème dimanche de carême année A

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11,1-45


Un homme était tombé malade. 

C'était Lazare, de Béthanie, 

le village de Marie et de sa soeur Marthe.








 

 

Voici que Lazare, revenu du séjour des morts, se présente à nous, portant une figure de la mort qui va être vaincue, et présentant un échantillon de la résurrection. Avant de pénétrer la profondeur d'un tel événement, arrêtons-nous à contempler l'aspect extérieur de cette résurrection, parce que nous y reconnaissons le miracle des miracles, la puissance des puissances, la merveille des merveilles.

Le Seigneur avait déjà ressuscité la fille du chef de synagogue, Jaïre, mais alors que la puissance de la mort venait de s'exercer sur elle. Il avait ressuscité aussi le fils unique d'une veuve, mais avant qu'il fût mis au tombeau, ce qui devait arrêter la corruption, prévenir la mauvaise odeur et rendre la vie au défunt avant qu'il fût pleinement tombé au pouvoir de la mort.

Mais au sujet de Lazare, tout ce qui se produit est exceptionnel. Sa mort et sa résurrection n'ont rien de commun avec les cas précédents car, ici, toute la puissance de la mort s'est déployée, toute la splendeur de la résurrection s'est manifestée. J'ose dire que Lazare eût accaparé tout le mystère de la résurrection du Seigneur s'il était revenu des enfers le troisième jour. Car le Christ est revenu le troisième jour comme étant le Seigneur, Lazare est rappelé à la vie le quatrième jour comme étant le serviteur. Mais pour établir ce que nous venons d'affirmer, parcourons quelques pages de cette lecture.

Ses soeurs envoyèrent dire au Seigneur :
Seigneur, celui que tu aimes est malade. En parlant ainsi, elles frappent à la porte de son coeur, elles atteignent sa charité, elles s'efforcent de vaincre leur détresse par la force de leur amitié. Mais, pour le Christ, il importe davantage de vaincre la mort que d'éloigner la maladie. Aimer, pour lui, ce n'est pas tirer du lit, mais ramener des enfers et, pour son ami, ce qu'il va lui procurer bientôt, ce n'est pas le remède à sa langueur, mais la gloire de sa résurrection.

Bref, quand il apprit que Lazare était malade,
il demeura deux jours au même endroit. Vous voyez comment il laisse le champ libre à la mort, il donne ses chances au tombeau, il permet à la décomposition de s'exercer, il n'empêche ni la pourriture ni l'odeur infecte. Il accepte que le séjour des morts se saisisse de Lazare, l'engloutisse, le garde prisonnier. Il agit pour que tout espoir humain soit perdu, et que toute la violence de la désespérance terrestre se déchaîne, afin qu'on voie bien que ce qui va se passer est l'oeuvre de Dieu, non de l'homme.

Il reste au même endroit à attendre la mort de Lazare jusqu'à ce qu'il puisse l'annoncer lui-même et déclarer qu'il ira vers lui.
En effet, dit-il, Lazare est mort et je m'en réjouis. C'est donc cela aimer ? Le Christ se réjouissait parce que la tristesse de la mort allait bientôt se transformer en la joie de la résurrection. Et je m'en réjouis à cause de vous. Pourquoi à cause de vous ? Parce que, dans la mort et la résurrection de Lazare, se peignait toute la figure de la mort et de la résurrection du Seigneur, et ce qui allait bientôt suivre chez le maître était déjà réalisé chez le serviteur. Elle était donc nécessaire, cette mort de Lazare, pour que la foi des disciples, ensevelie avec Lazare, ressuscite avec lui.

Sermon 63, CCL 24 A, 373-376

Clerus.org homéliaires

samedi 14 mars 2026

Dom André LOUF, L’œil intérieur,

 

4ème dimanche de carême année A      Jn 9,1-41

 

 «Va te laver à la piscine de Siloé.» 

L'aveugle y alla; il se lava ;

et quand il revint, il voyait. 

 

 

Jn 9 Il y a 2 sortes d’aveugles.

  • Ceux qui ont vu jadis, et qui ont progressivement perdu la vue, se rendent très bien compte de ce qu’ils ont perdu, ils se souviennent de ce que c’est que voir.

  • Ceux qui n’ont jamais vu, qui sont nés aveugles, ne se souviennent de rien, car ils n’ont jamais vu. Ils sont incapables de se figurer ce que peut vouloir dire : voir – apercevoir la lumière, des formes, des couleurs, reconnaître les choses et les personnes. C’est de la bouche des autres qu’ils ont appris qu’ils ne voient pas, que quelque chose leur manque dont les autres disposent. C’est par ouï-dire qu’ils savent qu’ils sont aveugles.

Lorsqu’il s’agit des choses de Dieu, nous sommes tous des aveugles nés, car « Dieu, personne ne l’a jamais vu », Jn 1,18. Pour le moment, ce que nous savons de Dieu, nous le savons par ouï-dire, à travers ce que d’autres nous ont dit. Au baptême, nous avons reçu des yeux intérieurs, les yeux du cœur, mais nous sommes toujours aveugles. Nos yeux ne s’ouvriront pour de bon qu’au moment de notre mort, ou bien s’il nous arrive de rencontrer personnellement Jésus, comme cet « homme aveugle de naissance », Jn 9,1.

Le risque que court l’aveugle-né spirituel, c’est de ne jamais s’apercevoir qu’il est aveugle. C’est le reproche que fait Jésus aux Pharisiens : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles », Jn 9,39. Nous connaissons les formules de la foi, mais nous n’en ressentons pour ainsi dire rien, même si nous pensons voir et comprendre, et avoir la foi. Les certitudes de notre tête menacent de nous aveugler, car ce n’est pas notre raison qui est aveugle, c’est notre cœur qui est aveugle.

Nos doutes manifestent le plus souvent que ce que nous pensions savoir au sujet de Dieu ne nous suffit plus, nous voulons voir Dieu, ressentir concrètement sa présence et son amour. Celui qui ne doute pas se contente de connaissances superficielles.

« Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face », 1 Co 13,12. Nous ne sentons pas encore pleinement Dieu, nous le pressentons. Nous ne recevons pas encore la lumière qui nous éblouira à tout jamais, mais nous recevons les premières lueurs qui font en désirer davantage. Notre foi est obscure, mais d’une ténèbre déjà ourlée de lumière. « Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est », 1 Jn 3,2.

C’est la foi de l’aveugle qui lui rend la vue. «  Jésus lui dit : - Crois-tu au Fils de l’homme ? », Jn 9,35. En effet, croire, c’est déjà commencer à voir, à être attiré par une force plus puissante que nous. Nous pressentons quelque chose de ce à quoi nous sommes tous appelés. « Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face », 1 Co 13,12.

Provisoirement, nous sommes des malvoyants. Les Pères de la tradition syriaque, dont la mentalité était encore proche des Évangiles, comparaient le monde présent à un immense sein maternel, dans lequel nous grandissons jusqu’à notre mise au monde dans l’au-delà du ciel. « Il vous faut naître d’en haut », Jn 3,7. Cette vie « intra-utérine » commence au baptême. L’embryon ne voit rien, il est aveugle. Le sein maternel dont il a un besoin vital, l’empêche de voir. Mais il perçoit déjà les sentiments de sa mère, contentement, joie ou appréhension, rejet parfois. Il entend des bruits qui lui deviendront familiers dès avant sa naissance, des voix qu’il reconnaîtra plus facilement après sa mise au monde.

Telle est précisément, selon ces Pères, la situation du baptisé aussi longtemps qu’il n’est pas né à la vie « d’en haut ». Les limites de ce monde l’empêchent de voir les réalités divines auxquelles il est destiné. Il est aveugle, et il est important qu’il le sache afin de ne pas se laisser éblouir par les beautés provisoires qui auront une fin, même si elles portent en elles une trace de celui qui les créa pour nous. Jésus reprochera un jour aux Pharisiens de se croire voyants : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure », Jn 9,41.

Le chrétien baptisé, embryon de ce qu’il sera plus tard, est aveugle, mais cependant il perçoit déjà quelque chose de cette réalité mystérieuse, « que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu, qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé », 1 Co 2,9. Il en perçoit un premier écho, il en goûte un avant-goût dans la Parole de Dieu, lorsqu’il s’attarde amoureusement à elle dans la liturgie ou dans le regard des plus petits d’entre ses frères qu’il accueille. Mt 25,40. C’est l’œil intérieur éclairé par la foi, qui lui permet de voir et grâce auquel s’applique cette étonnante béatitude : « Parce que tu m’as vu, Thomas, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu », Jn 20,29.


L’œil intérieur, Dom André Louf, La joie vive, SALVATOR-DIFFUSION, 2017, p 227. - Extraits -




samedi 7 mars 2026

Saint Jean 4,5-52, la Samaritaine

 

ème dimanche de carême année A


Un puits, celui de Jacob, celui qui apaise la soif, celui du baiser de Jacob à Rachel il y a très longtemps, Gn 29,11, celui aujourd'hui d'une autre rencontre. Une femme, une samaritaine vient puiser à ce puits. Un homme, un juif demande de l'eau à cette femme. Tout les sépare : le sexe, la religion, la géographie, l'histoire. Et pourtant, rencontre ; mystère d'une rencontre lourde de sens et de symbole au détour d'un dialogue aussi profond et insondable que ce puits d'eau entre cette femme et cet homme.

Un puits caché depuis la fondation du monde se décèle pour révéler une eau vive. Comme en puits, une ouverture en surface, un passage en profondeur, un fond et l'eau qui est là ; comme en puits s'opère une rencontre risquée en surface, profonde par son passage de l'écoute et du dialogue jusqu'à atteindre cette eau vive au fond qui jaillit.

Cette prise de risque est à l'initiative de Jésus, un juif qui traverse le pays de Samarie. Le contentieux religieux et historique est séculaire et enraciné au point que ceux du royaume de Juda qui adorent sur le mont Garizim, les samaritains, ne fréquentent pas ceux du royaume d'Israël qui adorent au temple de Jérusalem, les juifs. Depuis la conquête de Samarie par Jean Hyrcan 1er, il y a environ un siècle avant cette rencontre, juifs et samaritains n'existent plus les uns pour les autres sinon comme ennemis héréditaires.

Mais Jésus va bien plus loin encore que de traverser ce pays hostile et l'inouï retentit. Un juif considéré comme un rabbi par ses disciples entre en dialogue non seulement avec un habitant de Samarie mais qui plus est avec une femme. La Samaritaine elle-même en est troublée. Un juif lui parle à elle une femme samaritaine lui fait-elle entendre.

La parole fait jour alors sur cette rencontre risquée et contrastée ou l'un comme l'autre sont en réalité habités d'un vrai désir, d'une vraie soif d'autre chose. Jésus demande de l'eau pour sa soif d'homme fatigué de la chaleur et du chemin, surface. Et la Samaritaine l'interpelle sur l'audace de sa parole de lui demander de l'eau, surface ; et lui de répondre que boire de la sienne étanche toute soif à jamais, passage en profondeur. Il creuse à la surface d'un monde apparent où la Samaritaine désire cette eau pour ne plus avoir à puiser. Nous pénétrons dans un mystère. Mystère de cette femme au nom inconnue qui dit sa soif. Mystère de cet homme Jésus qui a soif lui aussi mais d'abreuver cette samaritaine d'une « source d'eau jaillissant pour la vie éternelle » lui dit-il. Mystère de cette eau que Jésus offre à boire qu'il a pour elle et qu'il veut pour elle. Parce qu'il sait que cette eau c'est lui qui la possède et qu'il veut faire d'elle comme un puits. Il désire déposer en son fond son eau vive et creuse en elle ce désir.

Pour creuser, lui révèle-t-il qu'il la connaît : « Tu as raison de dire que tu n'as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq... » et elle voit alors qu'il est prophète. Et ce prophète lui révèle plus encore que l'heure vient d'adorer le Père en esprit et en vérité où il n'y aura plus à aller ni sur cette montagne ni à Jérusalem. Et la samaritaine de savoir surtout qu'il vient le Messie, celui qu'on appelle Christ qui fera connaître toutes choses. Elle sait aussi désormais que cet homme, ce juif, ce prophète lui a fait connaître qu'il connaissait toutes choses d'elle. Du fond de son cœur, jaillit l'eau vive qui lui fait reconnaître le Christ. Désormais, la cruche peut rester à la surface du puits, l'eau déposée en la samaritaine, en son fond est devenue une source d'eau jaillissant pour la vie éternelle. Elle est un puits vivant et revient à la ville pour dire : « Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? »

Comme avec la samaritaine, le Seigneur est là, caché au milieu de notre traversée du désert. Il est là, présent à notre vie en quête de fraternité et de communion. Il est là, présent à notre monde en quête de paix et de justice. Il est là, caché à la surface de notre exode quêtant notre désir pour y creuser un passage en profondeur. Comme avec la samaritaine, il nous invite à abandonner les puits aux eaux stagnantes de nos craintes, de nos histoires et de nos peurs. Mais comme avec la samaritaine, ce puits ne se décèle dans notre cœur avec son eau vive qu'à la mesure où nous nous quittons nous-mêmes toujours au détour de l'autre. Quitter nos idées reçues, nos préjugés, nos certitudes sur l'autre, quitter notre quant-à-soi sans cesse. Marcher à la rencontre de l'autre par le dialogue et par l'écoute pour que se décèle peut-être le puits de celui qui vient en esprit et en vérité nous révéler sa présence par l'autre et nous en abreuver par l'autre et faire de nous aussi alors des puits vivants pour les autres. Amen.


fr. Nathanaël
https://www.encalcat.com/3-dimanche-de-careme-

samedi 21 février 2026

TRAITÉ DE SAINT IRÉNÉE CONTRE LES HÉRÉSIES, L'amitié de Dieu

 Matthieu 4.11-11 1er dimanche de carême

 

Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté (Mt 4, 1-11)


TRAITÉ DE SAINT IRÉNÉE CONTRE LES HÉRÉSIES

L'amitié de Dieu.

Notre Seigneur, le Verbe de Dieu, a d'abord amené les hommes à Dieu pour qu'ils soient ses serviteurs, puis il a libéré ceux qui lui étaient soumis, comme il le dit lui-même à ses disciples : Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître, mais je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris du Père, je vous l'ai révélé. ~

En effet, l'amitié de Dieu confère à ceux qui y accèdent l'immortalité.

Au commencement, Dieu modela Adam non par besoin, mais pour pouvoir cristalliser en lui ses bienfaits. Car c'est non seulement avant Adam, mais avant toute création que le Verbe glorifiait le Père, tout en demeurant en lui et lui-même était glorifié par le Père, comme il le dit lui-même : Père, glorifie-moi de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que le monde fût.

Ce n'est pas non plus par besoin de notre service qu'il nous ordonne de le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur, c'est participer à la lumière.

Les hommes qui sont dans la lumière n'illuminent pas, eux, la lumière, mais par elle sont illuminés et par elle resplendissent : loin d'apporter quoi que ce soit à la lumière, ils en bénéficient et sont illuminés par elle.

Ainsi en va-t-il du service de Dieu : à Dieu, il n'apporte rien, car Dieu n'a pas besoin du service humain. Mais à ceux qui le suivent et le servent, Dieu procure la vie incorruptible et la gloire éternelle. Il accorde ce bienfait à ceux qui le servent, parce qu'ils le servent, et à ceux qui le suivent, parce qu'ils le suivent, mais ne reçoit d'eux nul bienfait : car il est riche, parfait, et sans besoin.

Dieu sollicite le service des hommes par bonté et miséricorde pour combler de bienfaits ceux qui le servent avec persévérance. Car autant Dieu n'a besoin de rien, autant l'homme a besoin de la communion de Dieu.

La gloire de l'homme, c'est de persévérer et demeurer au service de Dieu. Et c'est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : Ce n 'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi qui vous ai choisis ; il voulait dire par là qu'eux ne le glorifiaient pas en le suivant, mais que, pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient par lui glorifiés. Et il disait encore : Je veux que là où je suis, là ils soient aussi, pour qu'ils voient ma gloire.

 AELF — Office des lectures — 21 févr. 2026

 

samedi 14 février 2026

Saint Léon Le Grand, Commentaire du mercredi des cendres

 

Le Carême : un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité

Can. 1252 - Sont tenus par la loi de l'abstinence, les fidèles qui ont quatorze ans révolus ; mais sont liés par la loi du jeûne tous les fidèles majeurs jusqu'à la soixantième année commencée.

 

Commentaire du jour du  mercredi des Cendres : Mt 6,1-6 - Mt 6,16-18


Saint Léon Le Grand (né vers 391 + 10 novembre 461
 pape et docteur de l'Église


« C'est maintenant le jour favorable, c'est maintenant le jour du salut » , 2 Co 6, 2

« Voici maintenant le jour du salut ! » Certes, il n'est pas de saison qui ne soit pleine des dons divins ; la grâce de Dieu nous ménage en tout temps l'accès à sa miséricorde. Pourtant, c'est maintenant que tous les coeurs doivent être stimulés avec plus d'ardeur à leur avancement spirituel et animés de plus de confiance, car le jour où nous avons été rachetés nous invite, par son retour, à toutes les oeuvres spirituelles. Ainsi célébrerons-nous, le corps et l'âme purifiés, le mystère qui l'emporte sur tous les autres : le sacrement de la Pâque du Seigneur.

De tels mystères exigeraient un effort spirituel sans défaillance..., en sorte que nous demeurions toujours sous le regard de Dieu, tels que devrait nous trouver la fête de Pâques. Mais cette force spirituelle n'est le fait que d'un petit nombre d'hommes ; pour nous au milieu des activités de cette vie, par la faiblesse de la chair, le zèle se détend... Pour rendre la pureté à nos âmes, le Seigneur a donc prévu le remède d'un entraînement de quarante jours, au cours desquels les fautes des autres temps puissent être rachetées par les bonnes oeuvres et consumées par les saints jeûnes... Prenons donc soin d'obéir au commandement de l'apôtre Paul : « Purifiez-vous de toute souillure de la chair et de l'esprit »,  
2 Co 7,1.

Mais que notre manière de vivre soit en accord avec notre abstinence. Le tout du jeûne n'est pas dans la seule abstention de nourriture ; il n'y a aucun profit à soustraire les aliments au corps si le coeur ne se détourne pas de l'injustice, si la langue ne s'abstient pas de la calomnie... Ce temps, c'est celui de la douceur, de la patience, de la paix...; aujourd'hui, que l'âme forte s'habitue à pardonner les injustices, à compter pour rien les affronts, à oublier les injures... Mais que la retenue spirituelle ne soit pas triste ; qu'elle soit sainte. Qu'on n'entende pas le murmure des plaintes, car à ceux qui vivent ainsi la consolation des joies saintes ne manqueront jamais.

Quatrième sermon pour le Carême, 1-2 , trad. SC 49 bis, p. 101 rev. 

http://www.levangileauquotidien.org/main

Saint Jean Chrysostome, Faire la paix

 

6ème dimanche du temps ordinaire année A

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,17-37

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait: "Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir."



Le Christ a donné sa vie pour toi et tu continues à détester celui qui est un serviteur comme toi. Comment peux-tu t'avancer vers la table de la paix ? Ton Maître n'a pas hésité à endurer pour toi toutes les souffrances, et tu refuses même de renoncer à ta colère ! Qu'est-ce qui te retient, dis-moi ? L'amour est la racine, la source et la mère de tous les biens. "Un tel m'a gravement offensé, dis-tu, il a été tant de fois injuste envers moi, il m'a menacé de mort !" Qu'est-ce que cela ? Il ne t'a pas encore crucifié comme les Juifs ont crucifié le Seigneur.

Si tu ne pardonnes pas les offenses de ton prochain, ton Père qui est dans les cieux ne te pardonnera pas non plus tes fautes. Que dit ta conscience quand tu prononces ces paroles : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié (Mt 6,9), et celles qui suivent ? Le Christ n'a pas fait la différence. Son sang, il l'a versé aussi pour ceux qui ont versé le sien. Pourrais-tu faire quelque chose de semblable ? Lorsque tu refuses de pardonner à ton ennemi, c'est à toi que tu causes du tort, pas à lui. Tu as pu, en effet, le faire souffrir souvent dans la vie présente, mais toi, ce que tu te prépares, c'est un châtiment irrémissible, au jour du jugement. Car personne ne s'attire plus sûrement l'inimitié de Dieu, et ne lui inspire plus d'aversion, que l'homme rancunier, celui qui a le coeur enflé et dont l'âme brûle de colère.

Écoute ce que dit le Seigneur: Lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande (Mt 5,23-24). Mais tu dis : "Vais-je laisser là l'offrande et le sacrifice ?"  "Certainement, répond-il, puisque le sacrifice est justement offert pour que tu vives en paix avec ton frère."

Si donc le but du sacrifice est la paix avec ton prochain, et que tu ne sauvegardes pas la paix, il ne sert à rien que tu prennes part, même par ta présence, au sacrifice. La première chose que tu aies à faire c'est bien de rétablir la paix, cette paix pour laquelle, je le répète, le sacrifice est offert. De celui-ci, alors, tu tireras un beau profit. Car le Fils de l'homme est venu dans le monde pour réconcilier l'humanité avec son Père. Comme Paul le dit : Maintenant Dieu a réconcilié avec lui toutes choses (Col 1,22), par la croix, en sa personne, il a tué la haine (Ep 2,16). Aussi celui qui est venu faire la paix nous proclame-t-il également bienheureux, si nous suivons son exemple, et il nous donne son nom en partage. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5,9).

Ce qu'a fait le Christ, le Fils de Dieu, réalise-le aussi autant qu'il est au pouvoir de l'homme. Fais régner la paix chez les autres comme chez toi. Le Christ ne donne-t-il pas le nom de fils de Dieu à l'ami de la paix ?

Voilà pourquoi la seule bonne disposition qu'il requiert de nous  : c'est que nous soyons réconciliés avec nos frères. Il nous montre par là que de toutes vertus la charité est la plus grande.

Homélie sur la trahison de Judas, 2, 6; PG 49, 390-391.
http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/jza.htm#b5

samedi 7 février 2026

Le sel, la lampe et la ville, Mt 5,13-16



Voici donc le sel, puis la lampe et la ville. 
Trois images communes. 
Trois vérités proclamées. 
Trois exigences à vivre. 
           Matthieu 5,13-16 
  





 Le sel est connu à tous les niveaux du monde entier. 
À toute nourriture, il donne goût et saveur, Jb 6,6. 
Il assainit, conserve, vivifie. 

On connaît bien sa symbolique biblique. 
Il figure la sagesse, exprime l’amitié, 
traduit partout l’animation, la joie fraternelle, la vie, Col 4,6. 

Il s’agit donc tout d’abord 
de rester dans ce monde sans être de ce monde, Jn 17,15; 
...

Nous avons à communiquer à la terre la saveur du Royaume ! 
Nous devons révéler au monde les secrets de la sagesse de Dieu, 1 Co 2,6-13 ! 
Car nous sommes porteurs d’une parole. 
La Parole de Dieu qui est le sel de la vie. 
Mais si le sel s’affadit, avec quoi salera-t-on ? Mt 5,132. 

Vous êtes la lumière du monde, Mt 5,14. 
La deuxième image employée par Jésus 
est celle de la lampe que l’on n’allume pas pour la mettre sous le boisseau, 
mais bien sur le lampadaire afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison ,5,15. 
 ... 

Avec saint Augustin, nous devons commencer par le reconnaître : 
«Avoue que toi-même tu n’es pas la lumière... 
La lumière que j’ai ne vient pas de moi. 
C’est une lumière participée qui me vient toute de toi, mon Dieu» . 
L’Église elle-même n’est pas la lumière, 
mais le reflet de Sa lumière. 
C’est «le Christ», dit le Concile, dans Lumen Gentium justement, 

Mais c’est, avant toute chose, la lumière de l’amour.
Ce qu’avec le prophète Isaïe on pourrait appeler le pur rayonnement de la vraie charité : 
Alors ta lumière jaillira comme l’aurore... 
Ta lumière se lèvera dans les ténèbres 
et ta nuit sera comme la lumière du plein midi, 58,8-10. 
Voilà où réside la véritable illumination du monde. 
Dans ce rayonnement de clarté qui jaillit des actes de pur amour. 
À ce signe, tous vous reconnaîtront pour mes disciples, nous dit le Christ, 
à l’amour que vous aurez les uns pour les autres, Jn 13,35. 
La visibilité de la communauté est celle du bien qu’elle fait. 
C’est parce qu’ils ont pu dire : «Voyez comme ils s’aiment» 
que l’entourage des premiers chrétiens a pu reconnaître au milieu d’eux la présence du Christ. 
Et que beaucoup, à l’appel de cette lumière, Ac 2,42-47 ; 6,7 ; Ph 2,15 ; 1 Th 5,5-8, 
sont devenus chrétiens à leur tour. 
Là où est l’amour, là est Dieu, est-il écrit, 1 Jn 4.7. 
C’est donc bien notre amour qui est lumière de Dieu !

La troisième image est la plus brièvement mentionnée. 
Elle n’est pas pour autant la moins belle. 
C’est celle de la ville sise au sommet d’un mont et qui ne peut être cachée, Mt 5,14. 
À première vue, le rapprochement avec la lumière peut paraître étonnant. 
Le voyageur égaré en pleine nature dans la nuit comprend vite 
pourtant ce que peut représenter pour tous ceux qui marchent ou errent au loin, 
dans la campagne, toutes ces lampes ainsi allumées d’une ville haute habitée. 

Oui, le sel de la terre que peuvent devenir nos vies 
salées par le feu de la parole de Dieu, Mc 9,49 ; 
La lumière du monde que peuvent être nos liturgies 
éclairée par l’amour fraternel et la foi rayonnante, Ph 2,15 ; 
la ville haute que peuvent représenter nos communautés 
élevées dans l’unité en messagères de paix, Ph 4,4-9 ; 
tout cela n’a qu’un but : la gloire de Dieu ! 
Alors, nous dit Jésus, en voyant ce que vous faites de bien, 
les hommes rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. 

 http://jerusalem.cef.fr/homelies/index.php?hid=136 
Frère Pierre-Marie, St Gervais, Paris

samedi 24 janvier 2026

Lansperge le Chartreux (+ 1539), Le Christ, lumière de notre vie


 Matthieu 4,12-23                                                  3ème dimanche du temps ordinaire année A




Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste,

 il se retira en Galilée. 

Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaum, 

ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière, Is 9,1. Mes frères, nul n'ignore que nous sommes tous nés dans les ténèbres et que nous y avons vécu autrefois. Mais faisons en sorte de ne plus y rester, maintenant que le soleil de justice s'est levé pour nous.

Le Christ est donc venu illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l'ombre de la mort, pour guider leurs pas dans le chemin de la paix. De quelles ténèbres parlons-nous ? Tout ce qui se trouve dans notre intelligence, dans notre volonté ou dans notre mémoire, et qui n'est pas Dieu ou n'a pas sa source en Dieu, autrement dit tout ce qui en nous n'est pas à la gloire de Dieu et fait écran entre Dieu et l'âme, est ténèbres.

Aussi le Christ, ayant en lui la lumière, nous l'a-t-il apportée pour que nous puissions voir nos péchés et haïr nos ténèbres. Vraiment, la pauvreté qu'il a choisie quand il n'a pas trouvé de place à l'hôtellerie, est pour nous la lumière à laquelle nous pouvons connaître dès maintenant le bonheur des pauvres en esprit, à qui appartient le Royaume des cieux.

L'amour dont le Christ a témoigné en se consacrant à notre instruction et en s'exposant à endurer pour nous les épreuves, l'exil, la persécution, les blessures et la mort sur la croix, l'amour qui finalement l'a fait prier pour ses bourreaux, est pour nous la lumière grâce à laquelle nous pouvons apprendre à aimer aussi nos ennemis.

Elle est pour nous lumière, l'humilité avec laquelle il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur, Ph 2,7, et, refusant la gloire du monde, voulut naître dans une étable plutôt que dans un palais et subir une mort honteuse sur un gibet. Grâce à cette humilité nous pouvons savoir combien détestable est le péché d'un être de limon, un pauvre petit homme de rien, lorsqu'il s'enorgueillit, se glorifie et ne veut pas obéir, tandis que nous voyons le Dieu infini, humilié, méprisé et livré aux hommes.

Elle est aussi pour nous lumière, la douceur avec laquelle il a supporté la faim, la soif, le froid, les insultes, les coups et les blessures, lorsque comme un agneau il a été conduit à l'abattoir et comme une brebis devant le tondeur il n'a pas ouvert la bouche, Is 53,7. Grâce à cette douceur, en effet, nous voyons combien inutile est la colère, de même que la menace, nous consentons alors à souffrir et nous ne servons pas le Christ par routine. Grâce à elle, nous apprenons à connaître tout ce qui nous est demandé : pleurer nos péchés dans la soumission et le silence, et endurer patiemment la souffrance quand elle se présente. Car le Christ a enduré ses tourments avec tant de douceur et de patience, non pour des péchés qu'il n'a pas commis, mais pour ceux d'autrui.

Dès lors, frères très chers, réfléchissez à toutes les vertus que le Christ nous a enseignées par sa vie exemplaire, qu'il nous recommande par ses exhortations et qu'il nous donne la force d'imiter avec l'aide de sa grâce.

Sermon 5, Opera omnia, 3, 315-317

http://www.clerus.org/bibliaclerusonline

samedi 17 janvier 2026

Saint Cyrille d'Alexandrie +444, L'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde

2ème dimanche du temps ordinaire     année A

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,29-34

Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit :

 "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde."







Jean voit Jésus venir vers lui et il dit: Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, Jn 1,29. Ce n'est plus le temps de dire : Préparez...Mt 3,3, puisque Celui dont la venue a été préparée se laisse voir, il s'offre désormais aux regards. La nature de l'événement demande un autre discours. Il faut faire connaître Celui qui est là, expliquer pourquoi il est descendu du ciel et venu jusqu'à nous. C'est pourquoi Jean déclare : Voici l'Agneau de Dieu.

Le prophète Isaïe nous l'a annoncé en disant qu'il est traîné à l'abattoir comme une brebis, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent, Is 53,7. La loi de Moïse l'a préfiguré, mais, étant figure et ombre, elle ne procurait qu'un salut incomplet et sa miséricorde ne s'étendait pas à tous les hommes. Or, aujourd'hui, l'Agneau véritable, représenté jadis par des symboles, la victime sans reproche est menée à l'abattoir.

C'est pour chasser le péché du monde, renverser l'Exterminateur de la terre, détruire la mort en mourant pour tous, briser la malédiction qui nous frappe et mettre désormais fin à ceci : Tu es poussière et à la poussière tu retourneras, Gn 3,19. Devenu ainsi le second Adam, d'origine céleste et non terrestre, il est la source de tout bien pour l'humanité, le destructeur de la corruption qui était étrangère à notre nature, le médiateur de la vie éternelle, le garant du retour à Dieu, le principe de la piété et de la justice, la voie qui mène au Royaume des cieux. Car un seul Agneau est mort pour tous, recouvrant pour Dieu le Père tout le troupeau de ceux qui habitent la terre ; un seul est mort pour tous, afin de les soumettre tous à Dieu ; un seul est mort pour tous afin de les gagner tous, afin que tous désormais n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux, 2 Co 5,15.

Nous vivions, en effet, dans nos nombreux péchés, et, de ce fait, nous avions à acquitter une dette de mort et de corruption. Aussi le Père a-t-il livré son Fils en rançon pour nous, un seul pour tous, car toutes choses sont en lui et il est au-dessus de tout. Un seul est mort pour tous afin que nous vivions tous en lui, car la mort, qui avait englouti l'Agneau sacrifié pour tous, les a tous restitués en lui et avec lui. En effet, nous étions tous dans le Christ qui est mort pour nous et à notre place, et qui est ressuscité.

Une fois le péché détruit, comment la mort qui a en lui son principe et sa cause, échapperait-elle à la destruction complète ? Une fois la racine morte, comment le germe qui en sort pourrait-il encore se conserver ? Une fois le péché effacé, pour quelle faute encore devrions-nous mourir ? Célébrons donc dans la joie l'immolation de l'Agneau, en disant : O mort, où est ta victoire ? O enfer, où est ton dard venimeux 1Co 15,55 ?

Comme le chantait le Psalmiste, toute injustice, en effet, fermera sa bouche, Ps 106,42, incapable qu'elle est désormais d'accuser ceux qui pèchent par faiblesse. Car c'est Dieu qui justifie, Rm 8,33. Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en devenant pour nous objet de malédiction, Ga 3,13, afin que nous échappions à la malédiction du péché.

Commentaire sur l'évangile de Jean, 2, Prol, PG 73, 192-193

Clerus

samedi 10 janvier 2026

Saint Grégoire de Naziance, Le baptême

 

 Patriarche de Constantinople,  docteur de l'Eglise, + 390                                                                           Matthieu 3,13-17



« Le Baptême est une splendeur pour les âmes,
un changement de vie,
le don fait à Dieu d’une conscience bonne.


Le baptême est le dépouillement de la chair,
l’obéissance à l’Esprit,
la communion au Verbe,
la restauration de la créature,
la purification du péché,
la participation à la Lumière,
la destruction des ténèbres.  

 

 

Le Baptême est un char qui nous conduit vers Dieu,
une mort avec le Christ,
l’appui de la foi,
la perfection de l’esprit,
la clef du Royaume des cieux,
le changement de la vie,
la fin de notre servitude,
la délivrance de nos liens,
la conversion de nos mœurs.

 
Le Baptême est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu.  

Nous l’appelons don,  grâce,  baptême,  onction,  illumination,  vêtement
d’incorruptibilité,  bain de régénération,  sceau,  et tout ce qu’il y a de plus précieux.

 
Don, parce qu’il est conféré à ceux­ là qui n’apportent rien ;
grâce, parce qu’il est donné même à des coupables,
baptême, parce que le péché est enseveli dans l’eau ;

 
onction,  parce qu’il est sacré et royal (tels sont ceux qui sont oints),
illumination, parce qu’il est lumière éclatante ;
vêtement, parce qu’il voile notre honte ;

 
bain, parce qu’il lave ;

 
sceau, parce qu’il nous garde et qu’il est le signe de la seigneurie de Dieu.

 Saint Grégoire de Naziance (Or. ; 40/3­4 – P.G. 36/361)