spiritualite lectio orante assomption
Monique-Anne et Jeanine, Orantes de l'Assomption à 94000 VITRY SUR SEINE lisent la Parole de Dieu, les Pères de l'Eglise chaque jour et désirent partager spiritualité et découvertes avec tous. Venez prier et adorer à notre oratoire. Venez vivre un temps de lectio pendant l'Avent et le Carême. Nous désirons partager avec tous nos lecteurs la richesse des commentaires de Pères de l'Eglise. Ils nous enseignent des chemins d'intériorité.
samedi 7 mars 2026
Saint Jean 4,5-52, la Samaritaine
samedi 21 février 2026
TRAITÉ DE SAINT IRÉNÉE CONTRE LES HÉRÉSIES, L'amitié de Dieu
Matthieu 4.11-11 1er dimanche de carême
Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté (Mt 4, 1-11)
TRAITÉ DE SAINT IRÉNÉE CONTRE LES HÉRÉSIES
L'amitié de Dieu.
Notre Seigneur, le Verbe de Dieu, a d'abord amené les hommes à Dieu pour
qu'ils soient ses serviteurs, puis il a libéré ceux qui lui étaient
soumis, comme il le dit lui-même à ses disciples : Je ne vous
appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître,
mais je vous appelle mes amis, car tout ce que j'ai appris du Père, je
vous l'ai révélé. ~
En effet, l'amitié de Dieu confère à ceux qui y accèdent l'immortalité.
Au commencement, Dieu modela Adam non par besoin, mais pour pouvoir
cristalliser en lui ses bienfaits. Car c'est non seulement avant Adam,
mais avant toute création que le Verbe glorifiait le Père, tout en
demeurant en lui et lui-même était glorifié par le Père, comme il le dit
lui-même : Père, glorifie-moi de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que le monde fût.
Ce n'est pas non plus par besoin de notre service qu'il nous ordonne de
le suivre, mais pour nous procurer le salut. Car suivre le Sauveur,
c'est participer à la lumière.
Les hommes qui sont dans la lumière n'illuminent pas, eux, la lumière,
mais par elle sont illuminés et par elle resplendissent : loin
d'apporter quoi que ce soit à la lumière, ils en bénéficient et sont
illuminés par elle.
Ainsi en va-t-il du service de Dieu : à Dieu, il n'apporte rien, car
Dieu n'a pas besoin du service humain. Mais à ceux qui le suivent et le
servent, Dieu procure la vie incorruptible et la gloire éternelle. Il
accorde ce bienfait à ceux qui le servent, parce qu'ils le servent, et à
ceux qui le suivent, parce qu'ils le suivent, mais ne reçoit d'eux nul
bienfait : car il est riche, parfait, et sans besoin.
Dieu sollicite le service des hommes par bonté et miséricorde pour
combler de bienfaits ceux qui le servent avec persévérance. Car autant
Dieu n'a besoin de rien, autant l'homme a besoin de la communion de
Dieu.
La gloire de l'homme, c'est de persévérer et demeurer au service de
Dieu. Et c'est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : Ce n 'est pas vous qui m'avez choisi, mais moi qui vous ai choisis ;
il voulait dire par là qu'eux ne le glorifiaient pas en le suivant,
mais que, pour avoir suivi le Fils de Dieu, ils étaient par lui
glorifiés. Et il disait encore : Je veux que là où je suis, là ils soient aussi, pour qu'ils voient ma gloire.
AELF — Office des lectures — 21 févr. 2026
samedi 14 février 2026
Saint Léon Le Grand, Commentaire du mercredi des cendres
Le Carême : un temps pour renouveler notre foi, notre espérance et notre charité
Can. 1252 - Sont tenus par la loi de l'abstinence, les fidèles qui ont quatorze ans révolus ; mais sont liés par la loi du jeûne tous les fidèles majeurs jusqu'à la soixantième année commencée.
« C'est maintenant le jour favorable, c'est maintenant le jour du salut » , 2 Co 6, 2
« Voici maintenant le jour du salut ! » Certes, il n'est pas de saison qui ne soit pleine des dons divins ; la grâce de Dieu nous ménage en tout temps l'accès à sa miséricorde. Pourtant, c'est maintenant que tous les coeurs doivent être stimulés avec plus d'ardeur à leur avancement spirituel et animés de plus de confiance, car le jour où nous avons été rachetés nous invite, par son retour, à toutes les oeuvres spirituelles. Ainsi célébrerons-nous, le corps et l'âme purifiés, le mystère qui l'emporte sur tous les autres : le sacrement de la Pâque du Seigneur.
De
tels mystères exigeraient un effort spirituel sans défaillance..., en
sorte que nous demeurions toujours sous le regard de Dieu, tels que
devrait nous trouver la fête de Pâques. Mais cette force spirituelle
n'est le fait que d'un petit nombre d'hommes ; pour nous au milieu des
activités de cette vie, par la faiblesse de la chair, le zèle se
détend... Pour rendre la pureté à nos âmes, le Seigneur a donc prévu le
remède d'un entraînement de quarante jours, au cours desquels les fautes
des autres temps puissent être rachetées par les bonnes oeuvres et
consumées par les saints jeûnes... Prenons donc soin d'obéir au
commandement de l'apôtre Paul : « Purifiez-vous de toute souillure de la chair et de l'esprit »,
Mais
que notre manière de vivre soit en accord avec notre abstinence. Le
tout du jeûne n'est pas dans la seule abstention de nourriture ; il n'y a
aucun profit à soustraire les aliments au corps si le coeur ne se
détourne pas de l'injustice, si la langue ne s'abstient pas de la
calomnie... Ce temps, c'est celui de la douceur, de la patience, de la
paix...; aujourd'hui, que l'âme forte s'habitue à pardonner les
injustices, à compter pour rien les affronts, à oublier les injures...
Mais que la retenue spirituelle ne soit pas triste ; qu'elle soit
sainte. Qu'on n'entende pas le murmure des plaintes, car à ceux qui
vivent ainsi la consolation des joies saintes ne manqueront jamais. http://www.levangileauquotidien.org/main
Saint Jean Chrysostome, Faire la paix
6ème dimanche du temps ordinaire année A
Évangile de Jésus Christ selon
saint Matthieu 5,17-37
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur
la montagne, il leur disait: "Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi
ou les Prophètes: je ne suis pas venu abolir, mais accomplir."
Le Christ a donné sa vie pour toi et tu continues
à détester celui qui est un serviteur comme toi. Comment peux-tu t'avancer vers
la table de la paix ? Ton Maître n'a pas hésité à endurer pour toi toutes les
souffrances, et tu refuses même de renoncer à ta colère ! Qu'est-ce qui te
retient, dis-moi ? L'amour est la racine, la source et la mère de tous les biens.
"Un tel m'a gravement offensé, dis-tu, il a été tant de fois injuste
envers moi, il m'a menacé de mort !" Qu'est-ce que cela ? Il ne t'a pas
encore crucifié comme les Juifs ont crucifié le Seigneur.
Si tu ne pardonnes pas les offenses de ton prochain, ton Père qui est dans les
cieux ne te pardonnera pas non plus tes fautes. Que dit ta conscience quand tu
prononces ces paroles : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit
sanctifié (Mt 6,9),
et celles qui suivent ? Le Christ n'a pas fait la différence. Son sang, il l'a
versé aussi pour ceux qui ont versé le sien. Pourrais-tu faire quelque chose de
semblable ? Lorsque tu refuses de pardonner à ton ennemi, c'est à toi que tu
causes du tort, pas à lui. Tu as pu, en effet, le faire souffrir souvent dans
la vie présente, mais toi, ce que tu te prépares, c'est un châtiment
irrémissible, au jour du jugement. Car personne ne s'attire plus sûrement
l'inimitié de Dieu, et ne lui inspire plus d'aversion, que l'homme rancunier,
celui qui a le coeur enflé et dont l'âme brûle de colère.
Écoute ce que dit le Seigneur: Lorsque tu vas présenter ton offrande sur
l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton
frère, et ensuite viens présenter ton offrande (Mt 5,23-24).
Mais tu dis : "Vais-je laisser là l'offrande et le sacrifice ?" "Certainement, répond-il, puisque le
sacrifice est justement offert pour que tu vives en paix avec ton frère."
Si donc le but du sacrifice est la paix avec ton prochain, et que tu ne
sauvegardes pas la paix, il ne sert à rien que tu prennes part, même par ta
présence, au sacrifice. La première chose que tu aies à faire c'est bien de
rétablir la paix, cette paix pour laquelle, je le répète, le sacrifice est
offert. De celui-ci, alors, tu tireras un beau profit. Car le Fils de l'homme est
venu dans le monde pour réconcilier l'humanité avec son Père. Comme Paul le dit
: Maintenant Dieu a réconcilié avec lui toutes choses (Col 1,22), par
la croix, en sa personne, il a tué la haine (Ep 2,16).
Aussi celui qui est venu faire la paix nous proclame-t-il également
bienheureux, si nous suivons son exemple, et il nous donne son nom en
partage. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu (Mt 5,9).
Ce qu'a fait le Christ, le Fils de Dieu, réalise-le aussi autant qu'il est au
pouvoir de l'homme. Fais régner la paix chez les autres comme chez toi. Le
Christ ne donne-t-il pas le nom de fils de Dieu à l'ami de la paix ?
Voilà pourquoi la seule bonne disposition qu'il requiert de nous : c'est que nous soyons réconciliés avec nos
frères. Il nous montre par là que de toutes vertus la charité est la plus
grande.
Homélie sur la
trahison de Judas, 2, 6;
PG 49, 390-391.
http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/jza.htm#b5
samedi 7 février 2026
Le sel, la lampe et la ville, Mt 5,13-16
samedi 24 janvier 2026
Lansperge le Chartreux (+ 1539), Le Christ, lumière de notre vie
Matthieu 4,12-23 3ème dimanche du temps ordinaire année A
Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste,
il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaum,
ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
Sermon 5, Opera omnia, 3, 315-317
samedi 17 janvier 2026
Saint Cyrille d'Alexandrie +444, L'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde
2ème dimanche du temps ordinaire année A
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,29-34
Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui,
il dit :
"Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde."
Jean voit Jésus venir vers lui et il dit: Voici l'Agneau de
Dieu qui enlève le péché du monde, Jn 1,29.
Ce n'est plus le temps de dire : Préparez...Mt 3,3,
puisque Celui dont la venue a été préparée se laisse voir, il s'offre désormais
aux regards. La nature de l'événement demande un autre discours. Il faut faire
connaître Celui qui est là, expliquer pourquoi il est descendu du ciel et venu
jusqu'à nous. C'est pourquoi Jean déclare : Voici l'Agneau de Dieu.
Le prophète Isaïe nous l'a annoncé en disant qu'il est traîné à l'abattoir
comme une brebis, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent, Is 53,7.
La loi de Moïse l'a préfiguré, mais, étant figure et ombre, elle ne procurait
qu'un salut incomplet et sa miséricorde ne s'étendait pas à tous les hommes.
Or, aujourd'hui, l'Agneau véritable, représenté jadis par des symboles, la
victime sans reproche est menée à l'abattoir.
C'est pour chasser le péché du monde, renverser l'Exterminateur de la terre,
détruire la mort en mourant pour tous, briser la malédiction qui nous frappe et
mettre désormais fin à ceci : Tu es poussière et à la poussière tu
retourneras, Gn 3,19.
Devenu ainsi le second Adam, d'origine céleste et non terrestre, il
est la source de tout bien pour l'humanité, le destructeur de la corruption qui
était étrangère à notre nature, le médiateur de la vie éternelle, le garant du
retour à Dieu, le principe de la piété et de la justice, la voie qui mène au
Royaume des cieux. Car un seul Agneau est mort pour tous, recouvrant pour Dieu
le Père tout le troupeau de ceux qui habitent la terre ; un seul est mort pour
tous, afin de les soumettre tous à Dieu ; un seul est mort pour tous afin de
les gagner tous, afin que tous désormais n'aient plus leur vie centrée sur
eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux, 2 Co 5,15.
Nous vivions, en effet, dans nos nombreux péchés, et, de ce fait, nous avions à
acquitter une dette de mort et de corruption. Aussi le Père a-t-il livré son
Fils en rançon pour nous, un seul pour tous, car toutes choses sont en lui et
il est au-dessus de tout. Un seul est mort pour tous afin que nous vivions tous
en lui, car la mort, qui avait englouti l'Agneau sacrifié pour tous, les a tous
restitués en lui et avec lui. En effet, nous étions tous dans le Christ qui est
mort pour nous et à notre place, et qui est ressuscité.
Une fois le péché détruit, comment la mort qui a en lui son principe et sa
cause, échapperait-elle à la destruction complète ? Une fois la racine morte,
comment le germe qui en sort pourrait-il encore se conserver ? Une fois le
péché effacé, pour quelle faute encore devrions-nous mourir ? Célébrons donc
dans la joie l'immolation de l'Agneau, en disant : O mort, où est ta
victoire ? O enfer, où est ton dard venimeux 1Co 15,55
?
Comme le chantait le Psalmiste, toute injustice, en effet, fermera sa
bouche, Ps 106,42,
incapable qu'elle est désormais d'accuser ceux qui pèchent par
faiblesse. Car c'est Dieu qui justifie, Rm 8,33. Le
Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi, en devenant pour nous objet
de malédiction, Ga 3,13,
afin que nous échappions à la malédiction du péché.
Commentaire sur l'évangile de Jean, 2, Prol, PG 73, 192-193
Clerus
samedi 10 janvier 2026
Saint Grégoire de Naziance, Le baptême
Patriarche de Constantinople, docteur de l'Eglise, + 390 Matthieu 3,13-17
« Le Baptême est une splendeur pour les âmes,
un changement de vie,
le don fait à Dieu d’une conscience bonne.
Le baptême est le dépouillement de la chair,
l’obéissance à l’Esprit,
la communion au Verbe,
la restauration de la créature,
la purification du péché,
la participation à la Lumière,
la destruction des ténèbres.
Le Baptême est un char qui nous conduit vers Dieu,
une mort avec le Christ,
l’appui de la foi,
la perfection de l’esprit,
la clef du Royaume des cieux,
le changement de la vie,
la fin de notre servitude,
la délivrance de nos liens,
la conversion de nos mœurs.
Le Baptême est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu.
Nous l’appelons don, grâce, baptême, onction, illumination, vêtement
d’incorruptibilité, bain de régénération, sceau, et tout ce qu’il y a de plus précieux.
Don, parce qu’il est conféré à ceux là qui n’apportent rien ;
grâce, parce qu’il est donné même à des coupables,
baptême, parce que le péché est enseveli dans l’eau ;
onction, parce qu’il est sacré et royal (tels sont ceux qui sont oints),
illumination, parce qu’il est lumière éclatante ;
vêtement, parce qu’il voile notre honte ;
bain, parce qu’il lave ;
sceau, parce qu’il nous garde et qu’il est le signe de la seigneurie de Dieu.
Saint Grégoire de Naziance (Or. ; 40/34 – P.G. 36/361)
samedi 3 janvier 2026
Saint Bruno de Segni +1123, L'or, l'encens et la myrrhe
L’épiphanie, la manifestation de Dieu, Mt 2,1-12
La fête de l’Épiphanie est le prolongement de la fête de Noël. Le mot « Épiphanie » signifie « manifestation » : c’est la « manifestation » de Dieu aux hommes. De tous temps, en effet, les hommes ont aspiré à voir Dieu, mais « nul n’a jamais vu Dieu », Saint Jean 1, 18. Pour nous Le faire connaître, Jésus, Dieu le Fils, est descendu sur la terre.
Sa naissance à Bethléem, le jour de Noël, est la manifestation de Dieu au peuple Juif. Mais le salut promis aux hommes ne se limite pas au seul peuple d’Israël : Dieu, en effet, veut que TOUS les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, 1 Timothée 2, 4.
Les Mages à Bethléem
Trois mages venus d’Orient, conduits par une étoile, arrivent à Bethléem pour adorer l’Enfant Jésus et Lui offrent en hommage de l’or, de l’encens et de la myrrhe, Saint Matthieu 2, 1-12. En la personne des mages, c’est maintenant à tous les hommes que Dieu se manifeste, qu’Il se fait connaître. C’est l’objet de la fête de l’Épiphanie :
« Aujourd’hui, Seigneur, Tu as révélé ton Fils unique aux Nations grâce à l’étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui Te connaissons déjà par la foi, d’être conduits jusqu’ à la claire vision de ta splendeur »., Prière d’ouverture de la messe.
Les « Nations », ou « Gentils », c’est l’ensemble des peuples païens qui ne connaissent pas le vrai Dieu.
La fête de l’Épiphanie, c’est l’espérance du salut ouverte à tous les hommes. Le sens de cette fête est clairement exprimé dans l’encyclique Mediator Dei de Pie XII sur la Liturgie en 1947 :
« Par la solennité de l’Épiphanie, l’Église rappelle la vocation des « Gentils » à la foi chrétienne. Son intention par là est de nous inviter à rendre grâces tous les jours à l’Éternel de ce grand bienfait et, à l’exemple des rois mages, rechercher avec une foi agissante le Dieu Vivant et Vrai, nous appliquer à acquérir une intelligence pieuse et profonde des réalités surnaturelles, et nous plaire au silence et à la méditation qui permettent de contempler plus facilement et de recevoir les dons du ciel. »
Présenter à Dieu des offrandes dignes de Lui…
« Les mages offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. L’or convient à un roi, tandis que l’encens sert pour le service divin ; mais avec la myrrhe, on embaume les corps des morts. Par leurs présents mystiques, les mages proclament donc Celui qu’ils adorent : l’or indique un Roi, l’encens un Dieu, la myrrhe, un homme mortel. » Saint Grégoire.
L’offrande des Mages est l’expression concrète de leur adoration, de leur reconnaissance et dépendance du Souverain Roi. Leur exemple est pour nous une leçon : que pourront être pour nous ces hommages dignes de Dieu ? Quels dons allons-nous offrir à Jésus ? Concrètement, allons-nous Lui apporter, comme nous y invite Saint Grégoire Le Grand, de l’or, de l’encens, de la myrrhe ?
Ces offrandes, nous le comprenons, ont une valeur mystique, symbolique :
« Celui que les Mages ont adoré petit enfant dans une crèche, adorons-Le tout-puissant dans les cieux. Et, comme les Rois firent de leurs trésors des offrandes mystiques au Seigneur, à notre tour, tirons de nos cœurs des dons qui méritent d’être offerts à Dieu », Saint Léon.
L’or, l’encens, la myrrhe
L’or offert au Roi est le signe de :
1. Notre soumission à Dieu, une
soumission faite d’amour et de confiance. Les âmes des justes sont dans la main
de Dieu… « Dieu
les a éprouvés comme l’or dans la fournaise, et les a acceptées comme une
offrande parfaite », Sagesse 3, 1. 5-6.
2. La perfection (comme l’or purifié
par le feu) : on ne peut offrir au Roi que ce qu’on a de plus beau.
« Montre-toi
patient, car l’or est éprouvé au feu… Mets en Dieu ta confiance, et Il te
viendra en aide », Si
5,6. « Que
la patience s’accompagne d’œuvres parfaites, afin que vous soyez parfaits,
irréprochables, ne laissant rien à désire,
Jc 1, 2-4.
3. Le détachement :
faire toutes choses pour le Roi Jésus, et non pour notre propre satisfaction,
notre intérêt ou notre gloire personnelle : c’est « l’esprit de
pauvreté ». En tout, laisser à Jésus la première place, parce qu’on
l’aime.
L’encens
L’encens du latin incensum, brûler que l’on fait brûler devant Dieu et qui dégage un parfum agréable, signifie :
1. L’adoration :
la créature s’anéantit devant son créateur, comme l’encens se consume devant
Dieu.
« Grand
est mon Nom parmi les nations. En tout lieu on présente à mon Nom un sacrifice
d’encens et une offrande pure. Car grand est mon Nom. Parole du Seigneur »,
Mi 1,11.
2. La prière,
qui s’élève devant Dieu comme la fumée de l’encens.
« Que ma
prière, Seigneur, monte comme l’encens en ta présence… »
Ps 140, 2.
3. La grâce que
Dieu répand dans les âmes, comme la bonne odeur qu’exhale l’encens dans
l’église.
« Nous
sommes pour Dieu la bonne odeur du Christ… « , 2 Co 2, 15.
4. L’obéissance,
ou soumission de notre volonté : quand on jette l’encens dans le feu, il
se consume en une fumée odorante qui monte vers le ciel. Ce feu, c’est
l’obéissance ; l’encens, notre volonté. Notre volonté soumise à Dieu est
comme un sacrifice d’agréable odeur que nous offrons à Dieu.
La myrrhe
La myrrhe est une résine
aromatique produite par le balsamier (arbuste des pays chauds) : on s’en
servait en Orient pour embaumer les morts. Mêlée à du vin, elle constituait un
breuvage narcotique (anesthésique) qu’on offrait aux condamnés pour amortir le
sentiment de la douleur. Parfum au goût amer, elle a la propriété de préserver
les corps des morts de la corruption (ou pourrissement), c’est pourquoi elle
est signe de pureté.
La myrrhe est donc le symbole de la souffrance et de la mort.
Offerte à l’humanité de Jésus en prévision de sa mort pour nos péchés, la
myrrhe nous rappelle la nécessité de la mortification* : notre nature
humaine, déviée par le péché, a toujours besoin, pour combattre ses mauvaises
tendances, d’être corrigée, redressée, « mortifiée » par des efforts
de maîtrise de soi.
* Mortification : Privation ou souffrance que l’on s’impose, dans une intention spirituelle ou morale, en vue d’une plus grande maîtrise de soi. La mortification doit toujours tendre à l’humiliation de l’amour-propre.
https://toulouse.catholique.fr/L-Epiphanie-la-manifestation-de-Dieu
Saint Bruno de Segni (+ 1123), L'or, l'encens et la myrrhe
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2,1-12
Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : "Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?"
Frères très chers, le dernier verset de la lecture de l'Evangile qui vient de retentir à nos oreilles vise à édifier les fidèles ; les mages, guidés par l'étoile, venant d'Orient jusqu'à Bethléem, entrèrent dans la maison où la bienheureuse Vierge Marie demeurait avec l'enfant ; ouvrant leurs trésors, ils offrirent trois dons au Seigneur : l'or, l'encens et la myrrhe, par lesquels ils le confessèrent vrai Dieu, vrai homme et vrai roi.
Ce sont bien les dons que la sainte Église ne cesse d'offrir à Dieu son Sauveur. Elle offre l'encens lorsqu'elle le confesse et croit en lui comme étant le véritable Seigneur, créateur de l'univers ; elle offre la myrrhe lorsqu'elle affirme qu'il a pris la substance de notre chair, dans laquelle il a voulu souffrir et mourir pour notre salut; elle offre l'or quand elle n'hésite pas à proclamer qu'il règne éternellement avec le Père et l'Esprit Saint.
Cette offrande peut recevoir un autre sens mystique. L'or signifie la sagesse céleste selon Salomon : Le trésor le plus désirable se trouve dans la bouche du sage, Pr 21,20. Et ailleurs : Les lèvres du juste redisent la sagesse (Ps 36,30). L'encens y symbolise la prière pure, selon le Psalmiste : Que ma prière, Seigneur, s'élève devant toi comme un encens, Ps 140,2. Car, si notre prière est pure, elle exhale vers Dieu un parfum plus pur que la fumée de l'encens ; et de même que cette fumée monte vers le ciel, ainsi notre prière se dirige vers le Seigneur. La myrrhe symbolise la mortification de notre chair.
Donc nous offrons l'or au Seigneur lorsque nous resplendissons devant lui par la lumière de la sagesse céleste. Nous lui offrons de l'encens lorsque nous élevons vers lui une prière pure. Et de la myrrhe lorsque, par l'abstinence, mortifiant notre chair avec ses vices et ses convoitises, Ga 5,24, nous portons la croix à la suite de Jésus. chers, le dernier verset de la lecture de l'Evangile qui vient de retentir à nos oreilles vise à édifier les fidèles ; les mages, guidés par l'étoile, venant d'Orient jusqu'à Bethléem, entrèrent dans la maison où la bienheureuse Vierge Marie demeurait avec l'enfant ; ouvrant leurs trésors, ils offrirent trois dons au Seigneur : l'or, l'encens et la myrrhe, par lesquels ils le confessèrent vrai Dieu, vrai homme et vrai roi.
Ce sont bien les dons que la sainte Église ne cesse d'offrir à Dieu son Sauveur. Elle offre l'encens lorsqu'elle le confesse et croit en lui comme étant le véritable Seigneur, créateur de l'univers ; elle offre la myrrhe lorsqu'elle affirme qu'il a pris la substance de notre chair, dans laquelle il a voulu souffrir et mourir pour notre salut ; elle offre l'or quand elle n'hésite pas à proclamer qu'il règne éternellement avec le Père et l'Esprit Saint.
Sermons sur l'Epiphanie, 1 ; PL 165, 863-864.
http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/jzn.htm#f5








