lundi 6 mai 2019

SAINT GRÉGOIRE LE GRAND, mes brebis écoutent ma voix, Jn 10



Jean 10, 1-10 
Jésus est le Bon Pasteur et la porte des brebis

Jean 10, 11-18 
 Le Bon Pasteur donne Sa Vie pour ses brebis 

Jean 10, 27-30 
  Le Bon Pasteur donne la Vie à ses brebis







 «Mes brebis écoutent ma voix, et moi je leur donne la vie éternelle »

»Moi, je suis le bon Pasteur. Et je connais mes brebis (c’est-à-dire je les-aime),
Et mes brebis me connaissent. C'est comme s'il disait clairement : Ceux qui m'aiment
m'obéissent. Car celui qui n'aime pas la vérité, maintenant même ne la connaît pas du tout.

Puisque vous avez entendu, frères très chers, le péril qui nous menace, nous les
pasteurs, évaluez, grâce aux paroles du Seigneur, le péril qui est le vôtre. Voyez si vous
êtes ses brebis, voyez si vous le connaissez, voyez si vous percevez la lumière de la
vérité. Je parle de percevoir, non par la foi, mais par l’amour. Je parle de percevoir non
par la croyance, mais par l'action, Car saint Jean, qui parle dans notre évangile, atteste
cela lorsqu'il dit ailleurs: Celui qui prétend connaître Dieu, et qui ne garde pas ses
commandements, est un menteur.

C'est pourquoi, dans notre passage, le Seigneur ajoute aussitôt : 
Comme le Père me connaît, moi je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis. 
C'est comme s'il disait clairement : 
Ce qui prouve que je connais le Père et que je suis connu de lui, c'est que je donne ma vie pour mes brebis ; c'est-à-dire : 
je montre combien j'aime le Père par l'amour qui me fait mourir pour mes brebis. 

~ Au sujet des brebis, il dit encore :   
Mes brebis entendent ma voix, et moi je les connais, elles me suivent, et je leur donne la vie éternelle. 
Et un peu plus haut il avait dit à leur sujet : 
Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé; il pourra entrer et sortir, et il trouvera un pâturage. 
Il entrera pour avoir la foi; il sortira en passant de la foi à la vision, de la croyance à la contemplation, 
et il trouvera un pâturage en arrivant au festin éternel.
Les brebis du bon Pasteur trouvent donc un pâturage parce que tout homme qui le
suit avec un cœur simple est nourri dans la pâture des prairies intérieures. 
Et quel est  le pâturage de ces brebis-là, sinon les joies éternelles d'un paradis toujours vert ? 
Car le pâturage des élus, c'est le visage de Dieu, toujours présent: puisqu'on le regarde sans
interruption, l'âme se rassasie sans fin de l'aliment de vie. ~

Recherchons donc, frères très chers, ce pâturage où nous trouverons notre joie au cœur de la fête célébrée par tant de nos concitoyens. Que leur allégresse nous y invite. 

~ Réchauffons nos cœurs, mes frères, que notre foi se ranime envers ce qu'elle croit, que
nos désirs s'enflamment pour les biens célestes : c'est déjà partir à leur rencontre que de
les aimer.

Aucun obstacle ne doit enlever la joie de la solennité intérieure, car si l’on désire se rendre à un endroit qu'on s'est fixé, aucune difficulté ne peut changer ce désir. Aucune prospérité flatteuse ne doit nous en détourner; il est fou, le voyageur qui, apercevant sur sa route de gracieuses prairies, oubli le but de son voyage.

vendredi 19 avril 2019

Hymne de Pâques, Jean Damascène, 8ème s

Le plus célèbre des canons composé par Jean Damascène est sans doute celui de la fête de Pâques : 

 
C’est le jour de la résurrection : 
peuples rayonnons de joie.
C’est la Pâque, la Pâque du Seigneur ; 
de la mort à la vie,
de la terre aux cieux,
Christ Dieu nous a menés.
Chantons l’hymne de la victoire.
Venez, buvons le breuvage nouveau.
Ce n’est pas la source qu’un miracle
fit jaillir du rocher.
 
C’est le Christ, 
la Source incorruptible qui s’élance du tombeau
et nous donne sa puissance.

Tout est inondé de lumière,
le ciel, la terre,
et l’enfer. 

Que toute créature célèbre la résurrection du Christ.
En Lui, elle est fortifiée.
Christ est ressuscité des morts,
par la mort, il a vaincu la mort.
A ceux qui sont dans le tombeau
il a donné la vie. »

dimanche 14 avril 2019

« A la descente du Christ, l'éternelle nuit des enfers a resplendi », Eusèbe Le Gallican, 5ème siècle

        Eusèbe le Gallican (5ème siècle), moine, puis évêque

Pour l'office des lectures du samedi saint

« Ciel, exulte ! Et toi, terre, réjouis-toi ! », Ps 95,11. 
Ce jour a resplendi pour nous de l'éclat du tombeau, 
plus qu'il n'a brillé des rayons du soleil. 

Que les enfers acclament, car ils ont désormais une issue ; 
qu'ils se réjouissent, car c'est pour eux le jour de la visite ; 
qu'ils exultent, car ils ont vu, après des siècles et des siècles, 
une lumière qu'ils ne connaissaient pas, 
et dans l'obscurité de leur nuit profonde ils ont enfin respiré ! 

O belle lumière que l'on a vue poindre du sommet du ciel blanchissant..., 
tu as revêtu de ta clarté soudaine 
« ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort » (Lc 1,79). 

Car, à la descente du Christ, 
l'éternelle nuit des enfers a resplendi 
aussitôt et les cris des affligés ont cessé ; 
les liens des condamnés se sont rompus et sont tombés ; 
les esprits malfaisants ont été saisis de stupeur, 
comme frappés d'un coup de tonnerre...
 

Dès que le Christ descend, 
les sombres portiers, 
aveugles dans leur noir silence et courbant le dos sous la crainte, 
murmurent entre eux : 

« Qui est ce redoutable, éblouissant de blancheur ? 
Jamais notre enfer n'en a reçu de pareil ; 
jamais le monde n'en a rejeté de pareil dans notre gouffre... 
S'il était coupable, il n'aurait pas cette audace. 
Si quelque délit le noircissait, 
il ne pourrait jamais dissiper nos ténèbres par son éclat. 

Mais s'il est Dieu, que fait-il au tombeau ? 
S'il est homme, comment ose-t-il ? 
S'il est Dieu, pourquoi vient-il ? 
S'il est homme, comment délivre-t-il les captifs ?... 

Oh, cette croix qui déjoue nos plaisirs et qui enfante notre malheur ! 
Le bois nous avait enrichis et le bois nous ruine. 
Cette grande puissance, toujours redoutée des peuples, a péri ! »
 
Une homélie du 5e siècle attribuée à Eusèbe Le Gallican  -
 Homélie 12 A ; CCL 101, 145 (trad. Solesmes, Lectionnaire, vol. 3, p. 21 rev.)
 http://notredamedesneiges.over-blog.com

mercredi 3 avril 2019

Scruter les Ecritures, Saint Isidore de Séville



Lorsque nous  prions, c’est nous parlons avec Dieu ; et lorsque nous lisons, c’est Dieu qui parle avec nous.

La lecture comporte une double recherche : d’abord comment comprendre les Ecritures ? Ensuite, quelle utilité ou quelle dignité fait leur valeur ? En effet, il faut d’abord vouloir comprendre ce qu’on lit ; c’est ensuite qu’on est capable d’exprimer ce que l’on a appris. Le lecteur courageux sera  beaucoup plus disposé à accomplir ce qu’il lit qu’à rechercher la science. Il et en effet moins pénible d’ignorer ce qu’on l’on désire savoir que de ne pas accomplir ce que l’on connaît. De même qu’en lisant nous désirons savoir, de même en connaissant devons-nous accomplir ce que nous avons appris de bien.

Personne ne peut connaître le sens de l’Ecriture sainte sans en avoir acquis la familiarité par une lecture fréquente, selon ce qui est écrit : Aime la sagesse et elle t’élèvera ; elle te glorifiera si tu l’embrasses (Pr 4,8). Plus on fréquente assidûment la parole divine, plus on en comprend les richesses, de même que la terre, plus on la cultive, plus elle porte de riches récoltes.

Sans le secours de la grâce, l’enseignement a beau entrer dans les oreilles, il ne descend jamais jusque dans le cœur ; il faut du bruit à l’extérieur mais sans aucun profit à l’intérieur. La Parole de Dieu entrée par les oreilles parvient au fond du cœur lorsque la grâce de Dieu touche intérieurement l’esprit pour qu’il comprenne.

Saint Isidore de Séville, Le livre des sentences, « , 8-10, trad. P. Roguet, Office romain des lectures, Livre des jours, Paris, 1984, p.1388-1389, in Magnificat, N° 317, p. 81

samedi 23 février 2019

L'abeille ce qu'elle nous enseigne, saint Jean Chrysostome,

« L'abeille 
vous enseignera l'amour du travail, 
plus l'amour du beau et de l'honnête, 
et l'amour du prochain. 
Oui, l’abeille travaille 
et se donne de la peine, 
et c'est moins pour elle que pour nous ; 
or, c'est surtout le propre du chrétien 
de rechercher l'intérêt des autres 
plutôt que le sien.


L'abeille parcourt les prés, 
voltige tout le jour sur les fleurs pour composer un aliment qui n'est pas pour elle ; 
fais de même, ô homme ! 
Si tu amasses de l'argent, que ce soit pour en faire part à ton prochain ; 
si tu possèdes les trésors de la doctrine, n'enfouis pas tes talents, 
mais fais-en profiter les indigents ; 
en un mot, mes frères, quelque avantage que vous possédiez en propre, 
faites en profiter ceux qui en sont privés par eux-mêmes. 

Pourquoi l'abeille jouit-elle d'une estime plus grande que d'autres animaux ? 
ne le voyez-vous pas ? 
c'est moins parce qu'elle travaille que parce qu'elle travaille pour les autres. 
L'araignée aussi travaille, et file délicatement, et les toiles dont elle tapisse nos murailles surpassent l'art de la femme la plus adroite ; 
néanmoins, c'est un insecte peu noble, parce que son ouvrage n'est d'aucune utilité pour nous. 

Tels sont tous ceux qui ne travaillent que pour eux-mêmes. 
Imitez la simplicité de la colombe, 
imitez l'attachement de l'âne et du bœuf pour leur maître,
 imitez la sécurité et la confiance des oiseaux. 

Oui, il y a beaucoup à gagner aux exemples des animaux pour la correction des mœurs. »

St Jean Chrysostome, XIIe Homélie (2), in "Œuvres complètes" Tome III (Homélies sur les Statues, au Peuple d'Antioche), Trad. M. Jeannin, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.

dimanche 17 février 2019

La Parole est semblable à une semence, Origène, 3ème s

La Parole est semblable à une semence


Chaque Parole de la divine Écriture est semblable à une semence dont la nature est de se multiplier et de se répandre selon son espèce, une fois jetée en terre et remontée en épi. Le rendement sera d’autant plus riche qu’elle aura reçu les soins d’un agriculteur expérimenté et bénéficié d’un sol généreux. C’est ainsi que grâce à une culture vigilante, une graine minuscule comme la graine de moutarde qui est la plus petite de toutes les semences, dépasse toutes les plantes et devient un grand arbre, dans les branches duquel les oiseaux du ciel viennent habiter, Mt 13,31-32.

Ainsi en est-il de la Parole qu’on vient de nous lire dans le Livre sacré. Au premier abord, elle semble maigre et petite. Mais si elle rencontre un jardinier expert et diligent qui la cultive et la traite spirituellement, aussitôt elle prend la taille d’un arbre et s’étale en branches et en ramures.

Les sages et les raisonneurs de ce monde, 1 Co 1,20, peuvent venir. Comme les oiseaux du ciel avec leurs ailes légères, c’est-à-dire avec l’éclat sonore des mots, ils se livrent à des spéculations hautes et difficiles. Prisonniers de leurs raisonnements, ils voudraient habiter dans ces branches, qui ne sont pas matière à éloquence mais principe de vie.
Homélies sur l’Exode, Sources chrétiennes 16, p. 77,Origène (3ème siècle)

mercredi 6 février 2019

La pêche miraculeuse, abbaye de Tamié, Père F. de Sales

 
 Is 6, 1-8 - 1 Co 15, 1-11   - Luc 5, 1-11 

5ème dimanche du temps ordinaire


C'est aujourd'hui la journée chrétienne de la communication et les textes de la liturgie nous donnent aussi des passages de la Bible qui parlent de l'appel de Dieu : dimanche de la communication !



Pour communiquer, il faut avoir reçu un message.

- Nous avons reçu le message de Dieu, l'Évangile, la bonne Nouvelle, ce que dit saint Paul dans la seconde lecture : "C'est le Christ, envoyé par Dieu, mort pour nos péchés, ressuscité le troisième jour, apparu aux Apôtres pour les envoyer en mission."

-Tous, nous qui avons reçu l'annonce de l'Évangile, nous sommes appelés à le communiquer par la vie, souvent plus que par la parole. Et Jésus nous donne une belle illustration de cette mission dans l'appel de Pierre, le premier apôtre. Jésus est allé rencontrer les hommes de son temps dans leur lieu de travail, la pêche, il monte même dans la barque et il enseigne. Quand il a fini d'enseigner, il envoie Pierre à la pêche alors qu'il avait travaillé toute la nuit sans rien prendre.
Pierre pas mal déconcerté qui a passé une nuit éreintante d'une pêche infructueuse pose bien son objection en artisan compétent : "Nous avons travaillé en vain toute la nuit ! Mais sur ton ordre je veux essayer". Et c'est une pêche miraculeuse : il y a tellement de poissons qu'ils ne peuvent plus s'en tirer seuls, ils appellent leurs compagnons d'infortune : "Venez nous aider !" Sans le savoir, ils sont messagers.
Mais la suite est encore plus étonnante. Pierre est subjugué par la personne de Jésus : "Éloigne toi de moi car je suis un homme pécheur !" Mais Jésus le rassure : "Sois sans crainte !" Et tout de go, lui dit ce qu'il attend de lui : finie la pêche sur le lac, "désormais ce sont des hommes que tu prendras."
Ils ont fait une belle pêche mais qu'en font-ils ? On ne sait pas. "Laissant tout ils le suivirent" pas seulement Pierre, mais ses compagnons. Voilà ce qui arrive quand on est subjugué par Jésus.

Comme le dit très bien le poète Péguy :
Si Dieu t'appelle, si Dieu travaille une âme,
On a beau faire, il faut se rendre, il faut marcher.
On ne peut pas y échapper, on ne peut pas en réchapper.
La main de Dieu est lourde.
Le travail de Dieu, l'opération secrète est un feu qui consume.

Mais voilà nous sommes tous appelés par le Seigneur dans la vocation, l'appel qui nous est propre. Il y a de la place et du travail pour tous.

Une femme vertueuse, mariée qui en 48 ans avait donné toutes les marques d'une vie parfaite dans l'intérieur et dans l'extérieur a profondément édifiée saint François de Sales. Il écrit : "Elle a été une Monique dans son ménage (la mère de saint Augustin), une Madeleine dans l'oraison (assise aux pieds de Jésus à l'écouter). A qui tient-il que nous soyons saints parmi tant d'exemples domestiques (à la maison) et étrangers (ailleurs) en la ville et au champ ? Tout nous prêche en faveur de la sainteté et nous n'y allons que fort lentement. Les ignorants et les gens sans culture se lèvent et se levant devant nous, ils ravissent les cieux et nous, nous croupissons dans notre négligence. Au moins, parmi cette misère, soyons humbles et Dieu nous bénira et relèvera notre bassesse par sa sainte miséricorde. " (St François de Sales, lettre 360).

Aujourd'hui qui aurait l'audace de Jésus d'envoyer un pêcheur, un homme sans culture religieuse pour en faire le chef des Apôtres ? Bien sûr, nous n'avons plus la présence visible de Jésus pour nous subjuguer par ses miracles, mais Jésus est tout autant présent, agissant la plupart du temps dans le secret des coeurs, mais parfois en étonnant tout le monde par le surgissement de personnes touchées par lui.
Il y aurait tant d'exemples à donner et si nous faisions attention, nous trouverions dans nos vies tant de cas où le Seigneur nous a touchés, il nous a brûlé le coeur et nous sommes retombés dans l'ordinaire de nos vies.
Si je puis vous donner une exemple dans ma propre vie : Je devais avoir 7 ou 8 ans. Mon saint curé qu'on appelait Jean du Bon Dieu, m'appelle et me dit : "Je vais t'apprendre à servir la messe". Nous commençons par nous mettre à genoux devant le tabernacle et il reste là pendant 5 minutes en silence et moi à genoux à ses côtés, je le regarde, émerveillé de son visage fixé sur le tabernacle et je me suis rendu compte alors qu'il y avait quelqu'un devant nous, que je ne voyais pas, sinon par la présence priante de cet homme. Il regardait Dieu, moi je regardais le visage de mon curé et Dieu a fait son oeuvre.

- Journée de la communication. Nous avons reçu, il nous faut communiquer là où nous sommes, la plupart du temps, nous aussi le Seigneur peut nous dire : « Viens suis-moi ! » et nous pouvons chanter ! « Christ est ressuscité, toujours parmi nous ! Alléluia ! »
 https://www.abbaye-tamie.com/communaute-tamie/homelies


vendredi 25 janvier 2019

Contempler le Christ Jardinier, saint Thérèse d'Avila



Le cœur humain, un jardin où Dieu veut prendre ses délices

« Voici maintenant une comparaison qui se présente à moi. (…) Celui qui débute considèrera attentivement qu’il va préparer, dans un terrain très ingrat et rempli de très mauvaises herbes, un jardin où le Seigneur puisse prendre ses délices. Il me semble qu’il y a quatre manières d’arroser un jardin. 

   D’abord en tirant l’eau d’un puits à force de bras, ce qui exige une grande fatigue de notre part. 
   Ou bien, en tournant, à l’aide d’une manivelle, une noria garnie de godets, comme je l’ai fait moi-même quelquefois : avec moins de travail, on puise une plus grande quantité d’eau. 
   Ou bien en amenant l’eau soit d’une rivière, soit d’un ruisseau : la terre est alors mieux arrosée et mieux détrempée ; il n’est pas nécessaire d’arroser aussi fréquemment, et le jardinier a beaucoup moins de travail.
   Enfin, il y a la pluie abondante : c’est le Seigneur qui arrose alors sans aucun travail de notre part, et ce mode d’arrosage est, sans comparaison, supérieur à tous ceux dont nous avons parlé », Vie 11, 6-8.

Si nous comparons avec la progression de « demeures en demeures » du Château intérieur, nous réalisons que ces eaux différentes correspondent à un passage, une traversée de la voie ascétique à la voie mystique. L’image qui vient alors à l’esprit de Thérèse est celle du ver à soie qui doit mourir pour donner naissance au papillon, Château V, 2, 1, 8 ; et elle cite alors un texte fondamental de la Lettre aux Colossiens 3,3-4 : « Vous êtes morts et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ; quand paraîtra le Christ, votre vie, vous serez manifestés avec lui, pleins de gloire. »
 https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/avec-therese-davila-3