jeudi 11 novembre 2010

Mère Isabelle au Père Picard, A.A., 2 septembre 1896



EN 1895



Le 17 novembre, nous fêtons Mère Isabelle,

fondatrice des soeurs Orantes de l'Assomption.

Fondées le 8.12.1896, avec la famille de l'Assomption, nous fêtons le Père d'Alzon le 21 novembre qui est le jour de l'approbation de nos Premières Constitutions par le Cardinal Richard.











Pendant mon action de grâce après la Communion, j'ai senti la parole de Dieu, non cette parole qui subjugue et absorbe, mais cette parole qui demande un effort pour chasser la distraction et se recueillir pour écouter la voix du Maître. Il y a entre ces deux paroles une grande différence, en ce sens que dans la première l'âme est certaine que Dieu a parlé et a fait taire tout le reste, tandis que dans la seconde l'âme n'est pas certaine de n'avoir pas opéré elle-même, de n'avoir pas fait elle-même la demande et la réponse. Et cependant l'effet semble être le même. ­-



Quoiqu'il en soit, que j'aie appelé Dieu ou que Dieu m'ait appelée, j'ai en tous cas prié avec recueillement et reçu la lumière de Dieu. Ce n'est pas une lumière nouvelle, mais la lumière qui fait pénétrer plus avant la vérité dans l'âme ...



- Notre-Seigneur fait quelques fois sentir à l'âme un immense besoin d'être purifiée. Il le lui fait sentir en la rejetant en quelque sorte. Ce n'est pas cela que j'ai éprouvé. Notre-Seigneur, si je puis m'exprimer ainsi, semblait tranquille avec moi dans l'état où je suis après m'avoir fait passer par la purification pour y atteindre. - ‘Ne m'avait-il pas assez aimée pour s'approcher de moi, pour m'adresser les paroles et les invitations les plus tendres avant toute purification ? A plus forte raison pouvait-il s'approcher de moi maintenant que j'avais traversé une purification. Mon âme était donc libre, absolument libre de ne pas passer par une nouvelle purification’. - Et, en effet, je me sentais libre, absolument libre, tandis qu'en général, quand Notre-Seigneur impose une demande, il pèse si fort sur l'âme qu'il lui serait impossible de ne pas céder sans être infidèle. - Ainsi, je n'ai pas pensé à mon voeu de ne jamais résister à la grâce, mais, y eussé-je pensé, que je ne crois pas que je me serais sentie obli­gée. - Une chose me gênait c'est cette audace dans la prière que le Père m'a dit de conserver et que je craignais de perdre dans une purification nouvelle. Notre-Seigneur m'a rassurée. Cette audace me restera dans la souffrance de la purification, mais ce sera - je ne sais pas bien comment dire quoiqu'il me semble comprendre que ce sera comme une flèche, comme un trait de feu qui, parti du fond de mon abjection, déchirera mon âme au passage... Rassurée sur ce point, confiante dans l'obéissance et dans la grâce qui me sera donnée, désireuse d'être purifiée pour aimer davantage Notre-Seigneur et lui gagner des âmes, j'ai demandé cette purification nouvelle. - Je sens qu'il faut surtout la demander et ne pas résister à ses effets, mais que je n'y ferais pas activement grand chose par moi-même. Il faut que mon âme soit passive sous la main de Dieu qui saura bien prendre les moyens nécessaires extérieure­ment et intérieurement. - Cependant pour témoigner de ma correspondance à la grâce Notre-Seigneur m'a indiqué deux choses à faire : dans le courant de la journée m'exercer à voir les qualités, les vertus des autres, me mettre au-dessous de tous dans ma propre estime. - Dans la prière me présenter comme pécheresse au-dessous de tous les pécheurs, m'abritant en quelque sorte derrière leur ignominie, y mêlant ma propre ignominie, l'ignominie de mon orgueil qui fait que je ne puis me préférer à au­cun.... là, au fond de cet abîme d'ignominie, si je l'accepte dans son entier, si je m'en laisse en quelque sorte pénétrer par la honte et la contrition de mon orgueil, ce n'est pas le désespoir que je trouverai mais Notre-Seigneur portant les péchés du monde. - ­Je dois commencer ma prière en me présentant ainsi devant Dieu si je veux passer par la purification. C'est mon travail à moi, c'est ma façon de montrer ma bonne volonté d'entrer dans cette voie ou plutôt d'y rentrer, mais le vrai travail d'humiliation intime c'est Dieu qui le fera d'après mon désir et non parce qu'il me l'a imposé.­ -



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