samedi 20 juin 2026

Saint Augustin, Les membres du Christ souffrants

 

Saint Augustin, Les membres du Christ souffrants

 






Évangile de Jésus Christ selon saint Mt 10,26-33

Jésus disait aux douze Apôtres : "Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu."

 

 

 



Grâces soient rendues au grain de froment, car il a consenti à mourir pour se multiplier. Grâces soient rendues au Fils unique de Dieu, notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, qui n'a pas jugé indigne de subir notre mort, pour nous rendre dignes de partager sa vie. Voyez comme il était seul avant de faire ce passage ! Aussi avait-il dit dans le psaume : 
Seul, moi, je passerai, Ps 140,10. Il y avait néanmoins une si grande fécondité dans ce grain solitaire qu'il a pu en produire une multitude d'autres. Quand nous célébrons l'anniversaire des martyrs, nous exultons à la pensée que tant de grains ont imité sa passion !

Vous le savez, et nous vous l'avons répété bien des fois, ses membres si nombreux sont unis sous une seule tête, notre Sauveur même, par le lien de l'amour et de la paix. Ils ne forment qu'un seul homme et leur voix se fait entendre souvent dans les psaumes comme la voix d'un seul. Et la voix de cet homme crie vers Dieu comme si c'était leurs voix à tous, car tous ne font qu'un en lui.

Écoutons donc cette voix nous dire les souffrances des martyrs et les furieuses tempêtes de haine qui se sont abattues sur eux en ce monde. Ils pouvaient craindre non pas tant d'y laisser la vie du corps qu'ils auraient à abandonner un jour, mais surtout d'y perdre la foi. N'allaient-ils pas, s'ils cédaient aux atroces souffrances infligées par leurs persécuteurs ou aux attraits de la vie d'ici-bas, laisser s'échapper le fruit des promesses divines ?

Dieu les a libérés de toute peur par sa parole et aussi par son exemple. Par sa parole, en leur disant: 
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme, Mt 10,28. Par son exemple, en pratiquant ce que ses discours enseignaient. Ainsi, il n'a pas voulu se soustraire aux mains qui l'ont flagellé, ni échapper à ceux qui l'ont souffleté, couvert de crachats, couronné d'épines et fait mourir sur la croix. Alors qu'il n'était nullement obligé de les endurer, il n'a voulu se dérober à aucun de ces supplices, à cause de ceux à qui ces souffrances étaient nécessaires. Il a fait de sa personne un remède pour les malades.

Les martyrs ont donc souffert, mais ils auraient sans doute renoncé s'ils n'avaient pas eu toujours auprès d'eux celui qui a dit: 
Et moi, je suis avec vous jusqu'à la fin du monde, Mt 28,20.

Homélies sur les psaumes, ps 69, 1 ; CCL 39, 930-931.

Clerus, homéliaires

12e dimanche du temps ordinaire A


samedi 13 juin 2026

Saint Jean Chrysostome (+ 407), Homélie sur la moisson évangélique


 

11e dimanche du temps ordinaire A



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,36-10,8

Jésus, voyant les foules, eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit à ses disciples: "La moisson est abondante, et les ouvriers peu nombreux."

 

 
Tous les travaux de l'agriculteur aboutissent naturellement à la moisson. Comment donc, dis-moi, le Christ a-t-il appelé une oeuvre qui en était encore à ses débuts une moisson ? L'idolâtrie régnait sur toute la terre. Partout, la fornication, l'adultère, la débauche, la cupidité, le vol, les guerres. La terre était emplie de tant de maux! Aucune semence n'y avait encore été jetée. Les épines, les chardons et les mauvaises herbes, qui recouvraient le sol, n'avaient pas encore été arrachés. Aucune charrue n'avait encore été tirée, aucun sillon tracé.

Comment donc Jésus peut-il dire que la moisson est abondante ? Oui, comment donne-t-il ce nom à l'Évangile dans de telles circonstances juste avant d'envoyer ses Apôtres partout dans ce monde ? Ils sont probablement bouleversés et déconcertés, ils doivent se faire ces réflexions : "Comment pourrons-nous même ouvrir la bouche, nous tenir debout, discuter, paraître devant tant de milliers d'hommes ? Nous, les Onze, comment corrigerons-nous tous les habitants de la terre ? Saurons-nous, ignorants, aborder des savants; nous, qui sommes dépouillés, des hommes armés; nous, des subordonnés, des autorités ? Nous qui ne connaissons qu'une langue, arriverons-nous à discuter dans tant de dialectes, avec les peuples barbares qui parlent des langues étrangères ? Qui nous supportera sans même comprendre notre langue ?"

Jésus ne veut pas que de pareils raisonnements les plongent dans le désarroi. Aussi appelle-t-il l'Évangile une moisson. C'est comme s'il leur disait : "Tout est préparé, toutes les dispositions ont été prises. Je vous envoie récolter le grain mûr, vous pourrez semer et moissonner le même jour. "

Quand l'agriculteur sort de chez lui pour aller faire la moisson, il déborde de joie et resplendit de bonheur. Il n'envisage ni les peines ni les difficultés qu'il pourra rencontrer. Ayant en tête la moisson qui va lui revenir, il court, se hâte de faire la récolte annuelle. Absolument rien ne peut le retenir, l'empêcher ou le faire douter de l'avenir: ni pluie, ni grêle, ni sécheresse, ni légions de sauterelles malfaisantes. Ceux qui s'apprêtent à moissonner ne connaissent pas ces inquiétudes, si bien qu'ils se mettent au travail en dansant et en bondissant de joie.

Vous devez être comme eux et aller par toute la terre avec une joie beaucoup plus grande encore. C'est la moisson qui l'emporte. La moisson que vous avez à faire est très facile, elle vous attend sur des champs tout préparés. Le seul effort qui vous est demandé est de parler. Prêtez-moi votre langue, dit le Christ, et vous verrez le grain mûr entrer dans les greniers du roi. Aussi les envoie-t-il ensuite en leur disant: Moi , je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde, Mt 28,20.

Homélie sur la moisson abondante, 10, 2-3; PG 63, 519-521.

samedi 6 juin 2026

Mère Isabelle, Fondatrice des Orantes de l'Assomption, Culte du Saint Sacrement - Océan de lumière

 




JEAN 6,51-58 Saint sacrement du corps et du sang du Christ




La lampe qui éclaire la Jérusalem des âmes, c’est Jésus-Christ. Et lucerna ejus est agnus : il doit en éclairer tous les replis.






Notre vie c’est le Christ ; notre lumière, Jésus au tabernacle. Notre vie doit se passer devant le tabernacle. C’est là que Notre-Seigneur se trouve pour ne faire qu’un avec nous. Il y a différents degrés dans cette union, et nous devons aspirer au degré qui nous unit le plus au Christ Jésus.

Tout dans le monde est unité et multiplicité. L’Eglise est une dans sa doctrine et une dans sa foi ; cependant elle est multiple dans ses oeuvres, dans sa direction des âmes. Dans les âmes, il y a aussi multiplicité et unité. On voit des âmes si différentes les unes des autres, et pourtant elles tendent toutes à Dieu.

De même, dans la vie religieuse, il y a l’unité de la vie religieuse, l’unité des vertus religieuses. L’ensemble des vertus religieuses sont les mêmes partout, néanmoins vous avez la multiplicité des oeuvres ; et nous, dans nos prières, nous devons avoir cette multiplicité qui va toujours à l’unité du salut des âmes, mais qui est pleine de zèle et s’étend sur le monde entier, car nous devons prier pour toutes les oeuvres. Et aujourd’hui nous devons prier saints Cyrille et Méthode qui ont travaillé pour les oeuvres d’Orient, les mêmes dont s’occupe l’Assomption. Dans notre adoration, dans la lumière de Dieu, demandons ce qu’il y a de plus parfait pour ces oeuvres ; demandons-le avec un grand zèle, un grand amour, en nous plongeant dans la lumière. Mais pour nous plonger dans la lumière, il faut que nous pratiquions les vertus que Notre-Seigneur nous enseigne dans son tabernacle. Notre vie est une par l’adoration ; elle doit être une adoration perpétuelle. Nous ne le comprenons pas assez. Il y a une unité non seulement dans la vie de prière, mais dans la vie tout entière. Il ne faut pas oublier que nous sommes des adoratrices. Nous l’oublions souvent dans nos actes. Nous oublions que nous sommes là pour demander des grâces pour les âmes, pour les pécheurs. L’adoration n’est pas une contention ; c’est un simple regard qui fait qu’on est toujours en adoration devant Dieu : les actes en ressortent tout naturellement.

Notre-Seigneur était toujours en adoration devant son Père, parce qu’Il était parfait. Plus nous sommes parfaits, plus nous sommes en adoration devant le Saint-Sacrement, devant le Christ Jésus qui est resté pour nous dans son sacrement d’amour. Plus nos actes, nos pensées sont imparfaits, plus nous nous éloignons du tabernacle, non de fait, mais spirituellement. Or, dans la vie mystique, c’est l’intérieur qui compte, l’effort sur nous-mêmes qui compte pour notre adoration. C’est un moyen de prouver à Notre-Seigneur que nous l’aimons... Instruction de Mère Isabelle aux Orantes, Culte du Saint Sacrement Océan de lumière, Directoire chapitre VI, 7 juillet 1917