
Monique-Anne et Jeanine, Orantes de l'Assomption à 94000 VITRY SUR SEINE lisent la Parole de Dieu, les Pères de l'Eglise chaque jour et désirent partager spiritualité et découvertes avec tous. Venez prier et adorer à notre oratoire. Venez vivre un temps de lectio pendant l'Avent et le Carême. Nous désirons partager avec tous nos lecteurs la richesse des commentaires de Pères de l'Eglise. Ils nous enseignent des chemins d'intériorité.
jeudi 23 juillet 2009
Lectio divina

jeudi 9 juillet 2009
La prière est un miroir devant ta face, St Ephrem, IVe s

St Ephrem est né vers 306.
Il aime à développer les thèmes de la foi et de la vie intérieure.
Il est surnommé "la lyre du Saint Esprit". Son influence sur la liturgie byzantine et sur la liturgie syriaque dure encore.
La prière est un miroir devant ta face.
Que soient cernées, Seigneur, ta beauté et ta splendeur.
Que n'y ait point accès le Malin,
de peur qu'il ne laisse son empreinte et sa souillure.
Le miroir capte l'image de qui s'y profile :
Que nos pensées n'envahissent pas notre prière !
Puissent les mouvements de ton visage s'y imprimer
et que le miroir cerne ta beauté !
mardi 30 juin 2009
Tout doit prier en moi, Mère Isabelle, Fondatrice Orante de l'Assomption
.jpg)
décès de Mère Isabelle
le 3 juillet 1921 à Sceaux (92)
Quand on veut que l'eau coule vers un endroit défini, il faut creuser le sol pour lui donner un passage. De même, si nous voulons que nos pensées et nos aspirations soient transformées par la grâce, il faut creuser un chemin surnaturel dans nos âmes...
Ayez bien cette conviction que vous devez constamment prier... Ayez à coeur de chercher Dieu véritablement ; ne vous laissez pas aller à de petits mécontentements et à des craintes, laissez-vous pénétrer de la présence de Dieu et abandonnez-vous à lui comme à votre père. Si vous gardez des préoccupations, des désirs de paraître, de vous adonner davantage aux choses qui vous intéressent, alors vous ne creusez pas ce sentier qui doit vous conduire à l'union à Dieu.
Instructions sur l'oraison, 25 août 1917.
lundi 22 juin 2009
LA PAROLE A LA LUMIERE DES PERES DE L’EGLISE

disait Saint Jérôme, 342-420.
« Tu nous as fait pour Toi » murmurait Saint Augustin (345-430)
Il résume ainsi l’unité des Ecritures : « Dieu, qui est l’inspirateur et l’auteur des livres de l’un et l’autre Testaments, a fait, avec sagesse, en sorte que le Nouveau Testament fût caché dans l’Ancien et que l’Ancien Testament fût dévoilé dans le Nouveau. »
Il nous rassure : « C’est d’une manière cachée que Dieu parle, c’est dans le coeur qu’il dit beaucoup de choses ; une grande sonorité se produit là, dans le grand silence du coeur, quand il dit d’une grande voix : c’est moi ton salut. » et pour nous aider encore quand Dieu se tait, il dit : « Veux-tu être exaucé ? Sois pauvre. Que ce soit la détresse et non le ressentiment qui crie en toi. »
« C’est un regard sur Dieu seul, écrit Cassien, un grand feu d’amour. L’âme s’y fond et s’abîme en la sainte dilection et s’entretient avec Dieu, comme avec son propre père, très familièrement, dans une tendresse de piété toute particulière... »..
lundi 15 juin 2009

suite 4/4 fin
Saint Grégoire le Grand
(v. 540-604),
pape et docteur de l'Église
4. L'homme n'est pas à la mesure de l'Esprit
Il y a disproportion entre ce que l'Esprit donne à entendre et la capacité de l'homme. Ce que l'Esprit fait voir en un instant au coeur du prophète, celui-ci ne peut l'exprimer d'un seul mot. L'Esprit-Saint lui fait voir une immensité ; la bouche de l'homme devra se multiplier pour en révéler quelque chose. La puissance de l'Esprit dépasse même la capacité des coeurs spirituels : il est le vin nouveau qui fait éclater les outres, fussent-elles neuves. Le prophète peut voir la grâce de l'Esprit-Saint à l'oeuvre dans le monde ; il voudrait bien voir sa gloire telle qu'elle est en elle-même : c'est impossible. Tant qu'il demeure en cette vie et malgré tous ses efforts, l'homme ne peut voir la gloire de Dieu. L'Esprit ne donne de lui-même aux hommes qu'une connaissance limitée parce que leur faiblesse ne leur permet pas de le recevoir tel qu'il est. Il se fait brise légère, mais c*est encore trop pour eux ; cette brise leur fait l'effet d'un vent violent. L'Esprit nous touche légèrement mais ce toucher nous fait chanceler, sa lumière nous perturbe. La chair, en sa faiblesse, ne peut saisir les choses de l'Esprit ; l'homme n'est pas à la mesure des choses de Dieu ; l'être humain, conduit au-delà de ses limites pour les voir, ne peut en porter le poids, il peut en tomber malade.
5. La saveur de l'Esprit
L'Esprit-Saint est cependant réellement aussi brise légère : il sait s'introduire dans la conscience, s'adapter à la faiblesse de l'homme. Sa présence se manifeste comme un toucher, on pourrait dire comme une caresse. L'Esprit-saint est le doigt de Dieu
“Mais si c'est par l'Esprit de Dieu que j'expulse les démons, c'est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous”, Mt 12,28.
Dieu touche du doigt le coeur des saints quand il leur donne la grâce du Saint-Esprit. Celui dont le coeur a été rempli par l'Esprit goûte la saveur des biens célestes. On ne trouve délicieuses les nourritures terrestres que si l'on n'a pas encore connu le plaisir procuré par les réalités d'en haut. Percevoir la venue en soi de l'Esprit est une expérience ineffablement savoureuse. Ceux qui se gardent des désirs mauvais font l'expérience de cette saveur intérieure par la grâce de l'Esprit-Saint en entendant les paroles des prédicateurs : cette saveur les nourrit. Quand la grâce de l'Esprit-Saint se répand en nous, elle nous remplit de miel et de beurre :
“Il ne connaîtra plus les ruisseaux d'huile, les torrents de miel et de laitage”, Jb 20,17.
Le miel qui vient de l'air (qui vient du ciel) évoque la divinité et le beurre tiré de la chair symbolise l'Incarnation ; l'Esprit du Christ en effet remplit de joie celui à qui il fait goûter la douceur de la divinité et la foi en l'Incarnation : la connaissance profonde de Dieu est pour l'âme une nourriture délicieuse et la grâce de l'Incarnation un onguent mystérieux. L'Esprit-Saint mérite bien son nom de Paraclet ou consolateur.
mercredi 10 juin 2009

Insaisissable, l'Esprit laisse cependant des traces de son passage, il laisse dans le coeur une expérience de l'invisible. L'Esprit a été envoyé dans nos coeurs par le Fils unique du Père pout nous donner la vie, pour nous donner la possibilité de croire à ce que nous ne connaissons pas encore par expérience. En ce sens, l'Esprit est le gage de notre héritage
“C'est en lui que vous aussi, après avoir entendu la Parole de vérité, l'Évangile de votre salut, et y avoir cru, vous avez été marqués d'un sceau par l'Esprit de la Promesse, cet Esprit Saint qui constitue les arrhes de notre héritage, et prépare la rédemption du Peuple que Dieu s'est acquis, pour la louange de sa gloire”, Ep 1,13-14.
Grégoire affirme donc deux choses qui semblent contradictoires :
1. D'une part, l'Esprit nous est donné comme témoin pour secourir notre foi parce que nous ne pouvons pas encore connaître d'expérience l'invisible. C*est une impossibilité radicale tant que dure l'encore de la vie présente. “Nous ne connaissons pas encore pleinement », dit ailleurs Saint Grégoire. Maintenant, nous avons le gage de l'Esprit; alors, dans la patrie, nous parviendrons aux joies d'en haut. On nous donne un gage pour nous donner l'assurance qu'une promesse sera tenue et cela renforce la certitude de notre espérance.
“Lui qui nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos coeurs les arrhes de l'Esprit”, 2 Co 1,22.
“Et Celui qui nous a faits pour cela même, c'est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l'Esprit”, 2 Co 5,5.
2. D'autre part, il y a des chrétiens, qui ont déjà par l'Esprit-Saint l'expérience de l'invisible ; l'Esprit-Saint en est pour eux plus que le garant ; ils ont reçu de l'invisible une connaissance aussi assurée que l'est celle donnée par la vue dans les choses de ce monde.
Les chrétiens ordinaires ont reçu par l'Esprit-Saint la certitude de l'invisible mais ils ne le connaissent pas encore d'expérience ; ils ont déjà la certitude de son existence puisqu'ils en ont touché le gage, mais ils n'ont que l'expérience du gage, ils n'ont pas celle de la réalité elle-même.
Les mystiques par contre sont des hommes qui ont de l'invisible la certitude que donne l'expérience de la vision.
Pour la plupart des chrétiens, l'invisible est objet de foi, pour les mystiques, il est objet d'expérience, quasi de constatation.
lundi 1 juin 2009
St Grégoire le Grand les Voies de l'Esprit Saint
2/42. La venue de l'Esprit est inopinée
La venue de l'Esprit est toujours inopinée. Aussi l'Ecriture dit-elle que l’Esprit tombe sur ceux qu'il visite. L'action de l'Esprit est rapide comme celle de l'éclair ; il est présent à tous et a chacun au même moment. L'Esprit de Dieu n'a pas besoin des détours du langage humain pour se faire comprendre ; les mots qu'il emploie sont comme des paroles ; en fait une force intérieure intime à l'homme ce qu'il doit faire. C'est l'Esprit qui dit au coeur de Philippe : “Rejoins ce char”, Ac 8,29 ; c'est lui qui fait entendre à l'esprit de Pierre : “Voici trois hommes qui te cherchent. Debout, descends et pars avec eux”, Ac 10,19-20. En un instant les coeurs sont mis au courant de ce qu'ils ignoraient.
Quand l’Esprit veut instruire quelqu'un, son action ne souffre aucun retard. Il lui suffit de toucher l'esprit de l'homme; son simple toucher enseigne tout. Le coeur est changé aussitôt qu'illuminé ; instantanément il n'est plus ce qu'il était et il devient ce qu'il n'était pas.
Grégoire affirme que l'Esprit ne s'attarde pas, il ne fait que passer ; nous ne voyons l'invisible que d'une manière furtive; sa contemplation est fugace. L'Esprit vient dans tous les fidèles ; sur le Christ seul il est demeuré d'une manière permanente et unique.
“Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit: "Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint", Jn 1,33.
Chez les fidèles, il n'est pour ainsi dire que de passage ; on ne peut jouir à volonté et de manière continue des dons de l'Esprit. L'Esprit n'est qu'en visite dans les âmes. Cependant il faut ajouter que chez certains, parce que leur vie est pure, l'Esprit réside en permanence. Autre chose bien sûr est l'habitation de l'Esprit dans tous les baptisés : c'est lui qui donne la vie aux âmes et il est présent partout. L'Esprit se rend présent puis il se retire ; il est mobile, ainsi que le dit le Livre de la Sagesse.
“En elle est, en effet, un esprit intelligent, saint, unique, multiple, subtil, mobile, pénétrant, sans souillure, clair, impassible, ami du bien, prompt”, Sg 7,22. L’Esprit court parmi les parfaits ; s’il quitte leur coeur, ce n*est pas pour longtemps. Il se porte même à la rencontre de ceux qui ne le connaissent pas.
mercredi 27 mai 2009
Les voies de l'Esprit Saint St Grégoire le Grand

Le Pape Saint Grégoire le Grand
1/4 Les voies de l'Esprit sont mystérieuses
2/4 La venue de l'Esprit est inopinée
Les voies de l*Esprit sont mystérieuses. On ne sait comment viennent ses dons, ni d*où, ni quand. Grégoire cite plusieurs fois le verset : “L'Esprit souffle où il veut ; tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d'où il vient ni où il va”, Jn 3,8. Même celui qui a été illuminé par l'Esprit ne peut découvrir comment sa voix s'est introduite jusqu'à l'oreille de son coeur. Il est incapable de décrire les voies par lesquelles sa force invisible a pénétré en lui, comment il vient et comment il se retire.
Personne ne peut connaître d'avance les résultats d'ne prédication ; personne ne peut prévoir dans quels coeurs entrera l'Esprit. Dieu sème dans les âmes d'ne manière incompréhensible. On ne voit pas l'ction de Dieu dans les coeurs, on ne voit pas comment il y entre, on ne connaît pas les voies qu'l prend pour les illuminer et cependant il les change. Nous voyons le résultat, nous ignorons le comment.
“Quelle voie prend la lumière pour se répandre ? » demande Dieu à Job, Jb 38,24. Cette voie est invisible à nos yeux, répond Grégoire.
La sagesse, comme l'Esprit, se répand secrètement dans les coeurs. La parole de l'Esprit se fait entendre sans bruit à l'oreille du coeur. C*est une parole à l'intérieur, c'est une voix qui ne fait pas de bruit mais qui donne la science au-dedans et instruit les coeurs, c'est une brise légère. Transmise sans bruit au coeur du croyant, la parole de l'Esprit est incommunicable. On peut percevoir son inspiration, non l'exprimer par des mots. N'est-ce pas le propre de l'expérience de ne pouvoir se transmettre ? On ne peut savoir ce qu*est une parole de l'Esprit-Saint si on ne l'a pas reçue.
mardi 19 mai 2009
St Augustin, L’Ascension du Seigneur

Lui a déjà été élevé au dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter? Et il avait dit aussi: J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance et la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel?
Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui.
Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était déjà là-haut, tout en étant ici-bas; lui-même en témoigne: Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel. Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous: il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui.
C’est bien pourquoi saint Paul affirme: Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas: Le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit: De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté ; non pas que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête."
De saint Augustin, sermon pour l’Ascension, 98, 1-2 (PLS 2, 494-495)
Prière
Dieu qui élèves le Christ au dessus de tout, ouvre nous à la joie et à l’action de la grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen
Préparé par le Département de Théologie Spirituelle deL’Université Pontificale de la Sainte-Croix
http://www.vatican.va/spirit/documents/spirit_20010525_agostino_fr.html
lundi 4 mai 2009
St Grégoire le Grand, Accueillir les événements est une ascèse
On s’interroge souvent aujourd’hui sur l’ascèse pour en récuser certaines formes dites traditionnelles. Il y a l’ascèse que l’homme s’impose lui-même, et il y a d’autre part cette immense ascèse qui consiste à accueillir les événements. La vie des justes est remplie d’adversités : c’est une constatation, mais c’est aussi une nécessité, affirme Saint Grégoire ; nous ne pouvons retourner aux joies éternelles que par les maux temporels. Ces maux temporels ne sont pas un désavantage ni un malheur ultime ; bien au contraire, l’adversité est un gain pour ceux qui sont bien disposés : les adversités sont fâcheuses mais utiles ; elles sont une aide.
Personne ne peut être parfait s’il n’a supporté patiemment le mal que lui infligent les hommes. Pas d’Abel sans Caïn ; pas de Joseph sans ses frères qui le vendent comme esclave, etc. Ceux-là sont vraiment bons qui peuvent garder leur bonté même au milieu des méchants. Pour que la vertu de Job arrivât à son comble, il était nécessaire qu’il souffrît de la part des hommes. La vertu de patience ne peut trouver à se manifester quand tout va pour le mieux. Est patient celui qui sait garder la rectitude de son espérance et louer Dieu même quand il est accablé par l’adversité.
Dans l’épreuve, l’homme apprend ce qu’il vaut en vérité. L’épreuve nous met en question. Ce n’est plus tellement l’homme qui interroge Dieu sur le bien-fondé de l’épreuve qui lui advient ; c’est l’épreuve qui le scrute et le soupèse. Personne ne sait ce qu’il vaut si ce n’est par l’épreuve. C’est alors qu’on voit en vérité la mesure de grâce que chacun a reçue. L’épreuve démolit la façade et manifeste l’intérieur. On y apprend combien on a progressé par la grâce de Dieu et combien on est faible par soi-même. L’épreuve nous éclaire et sonde notre cœur.
Les épreuves, en nous rabaissant à l’extérieur, nous rendent prudents à l’intérieur pour garder dans le silence les dons reçus… L’adversité a le pouvoir de transformer l’homme, de le renouveler intérieurement alors que l’extérieur pâtit ; et plus il souffre au dehors, plus il est comblé au-dedans des lumières de la vertu.
‘Encore que l’homme extérieur en nous s’en aille en ruines, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour’, 2 Cor 4, 16. L’adversité fortifie et l’expérience de la souffrance donne une certaine sensibilité pour compatir en vérité aux maux du prochain.
L’épreuve tend à désarçonner celui qu’elle atteint. Aussi les saints cultivent-ils une certaine prudence quand tout leur sourit, au temps de la paix et de la tranquillité. N’étant attachés à rien de ce qui est terrestre, soumis vraiment à Dieu seul, ils ne sont pas surpris par les épreuves. Ne se laissant pas corrompre par la prospérité, ils ne sont pas non plus abattus par l’adversité.
mercredi 29 avril 2009
Origène et la Parole

"Moïse écrivit leurs étapes à cause de la parole du Seigneur", Nb 33,2. Il écrivit ces choses pour qu'en les lisant, nous voyions combien d'étapes nous attendent dans ce voyage vers le Royaume, que nous nous préparions à cette route, qu'à la vue du chemin que nous devons faire, nous ne laissions pas se consumer dans la paresse et l'inaction la durée de notre vie, pour que nous ne nous attardions pas dans les vanités de ce monde, pour que les jours ne s'enfuient pas ainsi, pour que le temps ne s'écoule pas sans que nous nous hâtions de couvrir la distance de ce voyage à faire, pour que nous ne défaillions pas en route, que nous ne subissions pas le sort de ceux qui ne purent arriver au bout et dont "les membres sont tombés au désert".
Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de " vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands", Le 12,18. Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme".
(Homélies sur les Nombres XXVII, 7)
A LA LUMIERE DES PERES DE L’EGLISE
« Ce n’est pas une fois seulement que mon Seigneur Jésus est venu sur terre : il est venu également à Isaïe, il est venu à Moïse, au peuple aussi et à chacun des prophètes, il est venu ; toi non plus ne crains point : même si tu l’as déjà reçu, il reviendra à toi. » dit Origène. Car la parole nous met en contact direct avec la personne de Jésus.
C’est ainsi qu’ Origène, lorsqu’il commente le Cantique des Cantiques, s’écrie : « la forme divine de Jésus n’est perceptible qu’à ceux à qui il veut la révéler et qui sont prêts à accueillir cette révélation. Lorsque l’épouse, c’est à dire l’Eglise, se convertissant à Dieu, fut dépouillée du voile qui l’enveloppait, 2 Co 3,16, elle aperçut son Bien Aimé sautant sur les montagnes - les livres de la loi- bondissant sur les collines - les écrits des prophètes- et cette manifestation est si évidente, si dépourvue de toute illusion qu’il n’est pas dit de l’Epoux qu’il apparaît, mais qu’il bondit, comme si, feuilletant les écrits des prophètes, elle avait vu le Christ s’en échapper et courir au devant d’elle, comme si, pour avoir quitté le voile qui la couvrait, elle voyait le Christ jaillir de chaque endroit du texte, s’élancer vers elle et lui manifester tout à coup une présence qu’elle ne peut plus mettre en doute. »
« la Parole de Dieu s’installe dans les entrailles de l’homme » selon Origène.
mardi 21 avril 2009
LA PEDAGOGIE DIVINE DE LA LECTIO DIVINA
10. Lectio divina et lectures de la Messe. Il est évidemment possible de s’appuyer, pour la Lectio Divina, sur les lectures proposées pour la liturgie de la messe quotidienne. Beaucoup vivent déjà ainsi la prière de la Parole et avec profit. Cependant, les lectionnaires liturgiques ne sont pas faits pour constituer un programme de Lectio Divina ; il serait plus juste de dire qu’ils la présupposent et en sont le prolongement dans la célébration communautaire des mystères divins. La lectio divina a en effet, nous venons de le souligner une pédagogie propre.
11. Parole de Dieu et Eucharistie. La liturgie eucharistique ne sépare pas l’accueil du Christ dans sa Parole et dans son Corps et son Sang. La contemplation, fruit de la prière de la Parole, et la Communion eucharistique se rejoignent et se nourrissent réciproquement. Ils célèbrent la présence réelle du Christ dans la vie du croyant, ils creusent la communion, dès « aujourd’hui », dans le Christ, avec le Père. L’Eglise offre au croyant, comme le rappelle saint Jérôme, de se nourrir de la chair et du sang du Christ non seulement dans le mystère de l’autel, mais aussi dans la lecture des Ecritures. De manière pédagogique, et sans réduire la Parole de Dieu à une simple étape préparatoire et secondaire, la démarche de la Lectio Divina peut s’accomplir dans l’adoration eucharistique et, plus encore, dans la participation à la messe.
12
. Marie, modèle de l’accueil de la Parole de Dieu. Marie, dans les Evangiles, est toujours très étroitement liée à l’accueil de la Parole. Elle est celle qui médite la Parole qu’elle garde fidèlement en son cœur, Lc 2,19.51 ; 8,21. Elle a été suffisamment disponible pour répondre à l’ange : « Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta Parole », Lc 1,38 et pour porter en elle le Verbe fait chair, afin de l’offrir au monde. Enfin, la Parole de Dieu, priée, méditée, enfouie en elle, lui a donné les mots pour exprimer sa prière dans le chant du Magnificat. Lorsque le vin manque au festin des hommes, la Mère de Jésus se tourne vers les servants du repas et leur dit – nous dit – : « Faites tout ce qu’il vous dira », Jn 2,5. Au pied de la Croix, la Mère de Jésus nous (si du moins nous nous reconnaissons comme « disciples bien-aimés ») est donnée pour mère ; nous lui sommes confiés comme ses enfants, Jn 19,26-27. La prière du chapelet, par exemple, nous invitant à parcourir les mystères de la vie du Christ avec Marie, peut ainsi être priée dans le prolongement de la Lectio Divina. samedi 11 avril 2009
Un grand silence règne aujourd'ui sur la terre, Epiphane homélie samedi saint

Eveille Toi, ô toi qui dors
Homélie ancienne pour le grand et saint Samedi
attribuée à Epiphane de Salamine
Que se passe-t-il ? Aujourd’hui, grand silence sur la terre ; grand silence et ensuite solitude parce que le roi sommeille.La terre a tremblé et elle s’est apaisée , parce que Dieu s’est endormi dans la chair et il a évéillé ceux qui dorment depuis les origines. Dieu est mort dans la chair et le séjour des morts s’est mis à trembler.
C’est le premier homme qu’il va chercher, comme la brebis perdue. Il veut aussi visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort . Oui c’est vers Adam captif, en même temps que vers Eve, captive elle aussi, que Dieu se dirige, et son Fils avec lui, pour les délivrer de leurs douleurs.
Le Seigneur s’est avancé vers eux, muni de la croix, l’arme de sa victoire. Lorsqu’il le vit, Adam, le premier homme, se frappant la poitrine dans sa stupeur, s’écria vers tous les autres : "Mon Seigneur avec nous tous !" Et le Christ répondit à Adam "Et avec ton esprit." Il le prend par la main et le relève en disant : Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.
"C’est moi ton Dieu, qui pour toi, suis devenu ton fils ; c’est moi qui, pour toi et pour tes descendants, te parle maintenant et qui, par ma puissance, ordonne à ceux qui sont dans tes chaînes : Sortez. A ceux qui sont endormis : Relevez-vous.
"Je te l’ordonne : Eveille-toi, ô toi qui dors, je ne t’ai pas crée pour que tu demeures captif du séjour des morts.
"Vois les crachats sur mon visage ; c’est pour toi que je les ai subis afin de te ramener à ton premier souffle de vie. Vois les soufflets sur mes joues : je les ai subis pour rétablir ta forme défigurée afin de la restaurer à mon image.
"Vois la flagellation sur mon dos, que j’ai subie pour éloigner le fardeau de tes péchés qui pesait sur ton dos. Vois mes mains solidement clouées au bois, à cause de toi qui as péché en tendant la main vers le bois.
"Je me suis endormi sur la croix, et la lance a pénétré dans mon côté, à cause de toi qui t’es endormi dans le paradis et, de ton côté, tu as donné naissance à Eve. Mon côté a guéri la douleur de ton côté ; mon sommeil va te tirer du sommeil des enfers. Ma lance a arrêté la lance qui se tournait vers toi.
"Lève-toi, partons d’ici . L’ennemi t’a fait sortir de la terre du paradis ; moi je ne t’installerai plus dans le paradis, mais sur un trône célèste. Je t’ai écarté de l’arbre symbolique de la vie ; mais voici que moi, qui suis la vie, je ne fais qu’un avec toi.
J’ai posté les cherubins pour qu’ils te gardent comme un serviteur ; je fais maintenant que les chérubins t’adorent comme un Dieu. "Le trône des chérubins est préparé, les porteurs sont alertés, le lit nuptial est dressé, les aliments sont apprêtés, les tentes et les demeures éternelles le sont aussi. Les trésors du bonheur sont ouverts et le royaume des cieux est prêt de toute éternité."
mercredi 8 avril 2009
LA PÉDAGOGIE DIVINE DE LA LECTIO DIVINA
5. La Parole de Dieu est transmise dans des œuvres littéraires qui ont leur cohérence interne. Chaque texte biblique fait partie d’un livre. Il ne s’agit pas de maximes juxtaposées les unes aux autres. C’est une évidence, mais l’habitude de recevoir les textes par les seules lectures liturgiques risque de faire perdre de vue cette réalité. C’est pourquoi dans la lectio divina, il est important à s’attacher à la lecture de textes bibliques dans leur continuité. Lire, méditer et prier un livre entier, ou du moins un ensemble cohérent de chapitres pour les livres les plus longs, en une lecture continue, sans choisir les passages qui semblent les plus faciles, les plus intéressants, c’est respecter cette Parole tel que l’Esprit Saint a voulu nous l’offrir.
6. L’unité profonde de l’Ancien et du Nouveau Testament. Toute l’Ecriture est révélation et Parole de Dieu. Elle déploie de multiples manières le projet divin qui a pour but de nous offrir le salut et de nous faire contempler la merveille de l’amour miséricordieux de notre Père, manifesté en son Fils. Les deux testaments s’éclairent mutuellement, « de telle sorte que le Nouveau Testament soit caché dans l’Ancien et que, dans le Nouveau, l’Ancien soit dévoilé », Dei Verbum, 16. La Lectio Divina s’enrichit donc de la lecture conjointe de passages des deux testaments, afin d’expérimenter cette harmonie profonde de l’Ecriture, fruit de l’Esprit-Saint. « l’Ecriture s’interprète par l’Ecriture » , Origène.
8. Lectio Divina et Exégèse. Il ne faut ni confondre, ni opposer ces deux approches des textes de la Bible. L’étude et la prière de la Parole de Dieu ont leurs exigences propres, mais elles sont faites pour se compléter, unissant l’intelligence et le cœur pour que la Parole nourrisse et éclaire toutes les dimensions de notre être. L’apport de l’exégèse pourra en particulier nourrir notre méditation de la Parole, par une plus juste compréhension des expressions qu’elle reçoit dans les différents livres bibliques.
mardi 31 mars 2009
LA PÉDAGOGIE DIVINE DE LA LECTIO DIVINA

1. La Parole de Dieu est une nourriture quotidienne. De même que nous nourrissons chaque jour notre corps, ainsi devons-nous accueillir la Parole de Dieu chaque jour pour que, aujourd’hui, elle continue à accomplir en nos cœurs ce qu’elle exprime. « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».
3. La Parole de Dieu demande à être accueillie comme un don. La pédagogie de la lectio divina nous aidera à creuser une disponibilité, une qualité d’écoute de la Parole de Dieu. Ne cherchons donc pas à mettre la main sur la Parole de Dieu, à la filtrer, à en faire un prétexte. Il faut l’accueillir telle qu’elle est, qu’elle nous semble facile ou non, connue ou non. Rendons-nous disponibles pour qu’elle porte aujourd’hui en nous le fruit que l’Esprit Saint veut épanouir.
4. La pédagogie divine de la lectio divina. Pour accueillir la Parole de Dieu telle qu’elle vient d’être présentée, une pédagogie est indispensable. Celle-ci, inscrite dans l’Ecriture elle-même et déployée par la tradition chrétienne, permettra au croyant d’être cette « bonne terre » (cf. Lc 8,4-15) qui pourra recevoir et faire fructifier le don de la Parole. Cette pédagogie divine nous aide à ôter tous les obstacles (pierres, ronces…, pour reprendre les images de la parabole évangélique du Semeur). Elle nous apprend à vivre la lectio divina dans la constance et la persévérance, dans la disponibilité et dans la mobilisation de tout notre être.
mercredi 25 mars 2009
Prière à Marie en temps de Carême
Quand vient pour nous l'heure du départ
Quand vient pour nous l'heure de l'incompréhension
Quand vient pour nous l'heure de l'intervention
Quand vient pour nous l'heure de l'attente
Et chaque jour,
quand sonne pour nous l'heure joyeuse du service
mardi 17 mars 2009
Origène le voyage spirituel

Origène (v. 185 - v. 252/254)
"Moïse écrivit leurs étapes à cause de la parole du Seigneur" (Nb 33,2). Il écrivit ces choses pour qu'en les lisant, nous voyions combien d'étapes nous attendent dans ce voyage vers le Royaume, que nous nous préparions à cette route, qu'à la vue du chemin que nous devons faire, nous ne laissions pas se consumer dans la paresse et l'inaction la durée de notre vie, pour que nous ne nous attardions pas dans les vanités de ce monde, pour que les jours ne s'enfuient pas ainsi, pour que le temps ne s'écoule pas sans que nous nous hâtions de couvrir la distance de ce voyage à faire, pour que nous ne défaillions pas en route, que nous ne subissions pas le sort de ceux qui ne purent arriver au bout et dont "les membres sont tombés au désert".
Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de " vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands", Lc 12,18. Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme", Homélies sur les Nombres XXVII, 7.
« oubliant tout le reste, être disponible pour Dieu ».
« Ce n’est pas une fois seulement que mon Seigneur Jésus est venu sur terre : il est venu également à Isaïe, il est venu à Moïse, au peuple aussi et à chacun des prophètes, il est venu ; toi non plus ne crains point : même si tu l’as déjà reçu, il reviendra à toi. » dit Origène. Car la parole nous met en contact direct avec la personne de Jésus.
C’est ainsi qu’Origène, lorsqu’il commente le Cantique des Cantiques, s’écrie : « la forme divine de Jésus n’est perceptible qu’à ceux à qui il veut la révéler et qui sont prêts à accueillir cette révélation. Lorsque l’épouse, c’est à dire l’Eglise, se convertissant à Dieu, fut dépouillée du voile qui l’enveloppait, 2 Co 3,16, elle aperçut son Bien Aimé sautant sur les montagnes - les livres de la loi- bondissant sur les collines - les écrits des prophètes- et cette manifestation est si évidente, si dépourvue de toute illusion qu’il n’est pas dit de l’Epoux qu’il apparaît, mais qu’il bondit, comme si, feuilletant les écrits des prophètes, elle avait vu le Christ s’en échapper et courir au devant d’elle, comme si, pour avoir quitté le voile qui la couvrait, elle voyait le Christ jaillir de chaque endroit du texte, s’élancer vers elle et lui manifester tout à coup une présence qu’elle ne peut plus mettre en doute. »
mardi 10 mars 2009
Dieu au terme de notre lectio
Si Dieu nous parle, c'est pour nous rencontrer et cela n'est possible que si nous nous tournons vers lui et lui ouvrons la porte de notre coeur, car il ne la forcera jamais."Voici je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi", Ap 3,20. Cette parole du Christ ressuscité dans l'Apocalypse est précédée d'une invitation pressante : "Moi tous ceux que j'aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi", Ap 3,19, c'est-à-dire : "Détourne-toi de tes péchés", Ez 18,27 et "reviens à moi, car je t'ai racheté", Is 44,22.
La parole est un instrument puissant pour nous ouvrir à la grâce. Le prophète Osée le savait déjà : "Prenez avec vous des paroles et revenez au Seigneur", Os 14,3. Plus près de nous dans le temps, sainte Thérèse d'Avila raconte dans le livre de sa vie qu'elle avait l'habitude de se servir d'un livre comme d'une amorce pour soulever son âme (Vida 4) "Souvent même, je n'avais qu'à ouvrir mon livre et c'était assez. Quelque fois je lisais un peu, d'autres fois beaucoup, selon la grâce que le Seigneur daignait m'accorder".
C'est alors que la lectio, après s'être faite supplication, quête, s'épanouit en louange, en action de grâces. Quand la parole s'est faite chair en Marie, bientôt a jailli le Magnificat. A cet égard la prière des psaumes est un lieu privilégié où nous apprenons à passer sans cesse de la lectio à la prière. Dans les psaumes la parole nous est donnée pour chercher Dieu en l'implorant et le trouver dans l'exultation. La parole reçue de Dieu devient notre parole pour nous adresser à lui. "Ton meilleur serviteur, remarque St Augustin au Livre X des Confessions, c'est celui qui est plus attentif non pas à entendre de toi ce qu'il veut lui-même, mais plutôt à vouloir ce qu'il entend de toi", Conf. X,XVI,37. La lectio nous éduque à cela, à unir notre volonté à celle de Dieu, ce qui, selon Saint Bernard, est la définition de l'amour, SC 71, 6.
En résumé
Dieu est à l'origine de notre lectio : en nous attirant vers sa parole, il fait naître en nos coeurs l'espérance. Dieu est au coeur de notre lectio : en nous révélant le Christ dans l'Esprit, il fait grandir nos vies dans la foi.Dieu est au terme de notre lectio : en nous unissant à lui par l'accord de notre volonté à la sienne, il achève notre être dans l'amour.
Le dernier mot revient encore à Saint Augustin qui entendit un jour chanter d'une maison voisine : "Prends, lis ! Prends, lis!", Conf. VIII,XII,29. Et il commente : " Tu as appelé, tu as crié et tu as brisé ma surdité ; tu as brillé, tu as resplendi et tu as dissipé ma cécité ; tu as embaumé, j'ai respiré et haletant j'aspire à toi ; j'ai goûté, et j'ai faim et j'ai soif ; tu m'as touché et je me suis enflammé pour ta paix. Quand j'aurai adhéré à toi de tout moi-même, nulle part il n'y aura pour moi douleur et labeur, et vivante sera ma vie toute pleine de toi", Conf.X,XXVI,38 - XXVII,39.
abbaye-ubexy.com
lundi 16 février 2009
Dieu au coeur de notre lectio

D'une part, en effet, la Parole de Dieu nous renvoie sans cesse au Christ. Toutes les Ecritures le concernent comme il le fera comprendre aux deux disciples d'Emmaüs, Lc 24,27.44. Il donne leur achèvement, leur plénitude de sens aux promesses faites aux patriarches, aux annonces des prophètes, à l'espérance des psalmistes : partout se découvre peu à peu son visage de Sauveur. Présence active et vivifiante qui, de page en page, vient à notre rencontre et nous appelle. Car s'il ouvre notre intelligence et fait brûler notre coeur, Lc 24,32, c'est pour que désormais et de plus en plus nous nous attachions à Lui sans retour.
Saint Athanase, évêque d'Alexandrie au IVè siècle, raconte comment saint Antoine le Grand, qu'on appellera un jour le père des moines, "entra dans une église. Il advint qu'on lut l'évangile et il entendit le Seigneur disant au riche : si tu veux être parfait, va, vends tut ce que tu as et donne-le aux pauvres, et viens, suis-moi, tu auras un trésor dans le ciel. Antoine ayant reçu de Dieu le souvenir des saints, comme si la lecture avait été faite pour lui, sortit aussitôt de l'église. Les biens qu'il avait de ses parents... il en fit cadeau aux gens du village pour n'en être pas embarrassé... Il vendit tous ses meubles et distribua aux pauvres tout l'argent qu'il en reçu ..." (Vita § 2). Ce fut pour lui l'aurore d'une vie nouvelle, toute ordonnée à l'amour du Seigneur qui, peu à peu, le conformait à lui.
Force de la parole qui nous conduit à ne plus rien préférer au Christ, Règle de st B 72,11). Entendue en Eglise ou méditée dans le secret de notre chambre, elle nous invite à renoncer à nous-mêmes et à le suivre, Mt 16,24. Cela, chaque jour, ainsi que Saint Benoît nous le rappelle : "Ecoutons d'une oreille attentive la voix puissante de Dieu qui chaque jour nous presse en disant : aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas votre coeur", Prol. 9 et 10. Car le temps de la rencontre est toujours au présent. Consentir à cette parole c'est recevoir le pouvoir de devenir dès maintenant enfant de Dieu, Jn 1,12. Par elle nous apprenons que "vivre, c'est Christ et mourir à nous-mêmes est un gain", Phil 1, 21.
Le signe que notre lectio a vraiment rencontré le Christ dans l'Esprit est notre adhésion, notre participation renouvelée à la vie de l'Eglise. Autrement dit : ceux que Dieu a engendré par la Parole de vérité, Jc 1,18 ; 1 Pi 1,23-25, l'Esprit en fait des membres vivants du corps du Christ. La dimension trinitaire de la lectio se déploie et s'approfondit en communion ecclésiale. Dans cette optique, ceux et celles qui nous ont précédés sur ce chemin deviennent pour nous des témoins et des amis qui nous aident à y progresser à notre tour. C'est pourquoi, après la Bible, les écrits des Pères et des saints de tous les temps constituent un trésor inépuisable où chacun peut reconnaître sous des formes multiples et variées, l'unique Esprit de Dieu transfigurant l'homme à l'image du Fils bien-aimé, 2 Co 3,14-18, si du moins il y consent.
lundi 9 février 2009
Dieu à l'origine de notre lectio

De là découle l'importance de l'écoute, d'une écoute profonde, ainsi que nous y invite Saint Benoît au début du prologue de sa Règle : "Ecoute, mon fils, les instructions du maître et prête l'oreille de ton coeur", Règle St Benoît Prol.1.
En effet, le trait essentiel, caractéristique de la parole de Dieu est d'être efficace, mieux encore salutaire, et cela parce qu'elle est vérité. "Moi le Seigneur je parle et j'accomplis" lisons-nous à la fin du chapitre 36 du livre d'Ezéchiel. Et Dieu se révèle à nous comme celui qui parle et accomplit afin que nous devenions ceux qui non seulement écoutent mais encore mettent en pratique, Dt 4,1 ; 6,3 ; RB Prol.1. Il nous attire vers sa parole pour que finalement nous la laissions prendre chair en nous. Aussi le modèle par excellence de notre lectio, c'est-à-dire de notre écoute et de notre réponse, va-t-il être Marie, la servante du Seigneur en qui le Verbe a pris vie, s'est incarné pour notre salut, Lc 1,38.41. A son exemple nous garderons la parole et nous la méditerons dans notre coeur, car comme le dit déjà le Deutéronome : "Il ne s'agit pas d'une parole sans importance pour nous ; cette parole c'est notre vie", Dt 32,47.




