vendredi 18 juin 2021

Saint Ephrem de Nisibe, elle toucha son vêtement


 
13ème dimanche du temps ordinaire

 Saint Marc 5,21-24,35b-43




 Louange à toi, Fils d’une substance cachée, parce   que, par les plaies cachées de cette Femme, la     guérison cachée que tu opéras en elle fut annoncée,   en sorte que, à travers cette femme visible, les gens   ont vu ta divinité invisible.






Avant que ne soient exposées les pensées secrètes de la femme, Notre Seigneur les connaissait. Il semblait ne pas savoir, puisqu’il demande qui l’a touché, mais il était pourtant conscient des choses secrètes, lui qui n’a guéri la femme qu’à cause de sa foi secrète. Il a d’abord vu la foi cachée de cette malade, avant de lui accorder la guérison. 

« Qui m’a touché ? » demande Jésus. Les disciples répondent : « La foule te presse de tous côtés et tu demandes qui t’a touché !» Les disciples indiquaient à Notre Seigneur que toute la foule le touchait, et Notre Seigneur indiqua aux disciples qu’une seule parmi tous l’avait touché. Tous le touchaient à cause de la bousculade des gens : une seule, cependant, dans sa douleur, l’avait réellement touché. Les disciples avaient voulu indiquer à Notre Seigneur combien les gens le touchaient physiquement, mais Notre Seigneur montra aux disciples que c’est la foi qui l’avait touché. Beaucoup le touchaient à ce moment, mais en tant qu’homme, alors qu’une seule l’avait touché en tant que Dieu. 

Celui donc qui s’approche de lui corporellement n’éprouve qu'un contact corporel, et celui qui s’approche spirituellement touche, à travers l’humanité palpable, la divinité impalpable. Celui qui s’approche de lui comme d’un homme, entre en contact avec son humanité, et celui qui s'approche de lui comme de Dieu, trouve en lui des trésors de guérison pour ses douleurs. 

Les ennemis de Notre Seigneur ont dû penser : « Il ignore la loi, car cette femme impure par son sang l’a touché et il ne s’en offusque pas ». Pauvres aveugles qui ne voient pas que la puissance qui purifie une femme impure n’est pas souillée par sa souillure. Si, en effet, la puissance du feu est capable de purifier des choses souillées sans se souiller, combien plus la puissance de la divinité du Seigneur ne purifie-t-elle sans devenir elle-même impure. Car le feu n’a pas besoin de purification ; bien plus, rien ne peut le souiller. Dieu n’est-il pas plus que le feu ! 

Si la femme, une fois guérie, s’était retirée en secret, elle aurait été privée d'une couronne. Or, il convenait de couronnes publiquement la foi qui avait brillé dans ce combat caché. C’est pourquoi Notre Seigneur orna la tête de la femme d’une couronne spirituelle, en disant : « Va en paix » La paix est la couronne de la victoire. Puis il ajouta : « Ta foi t’a sauvée ! » pour signifier que c’est pour sa foi qu'elle est couronnée. 

En fait, la foi de cette femme a volé au Seigneur sa guérison. Or, voilà qu'est magnifiée cette foi qui a dérobé ! Elle a pris par fraude, et elle est louée ! Voici une chose merveilleuse à entendre : alors que tous les vols conduisent les voleurs ä l'opprobre, le vol de la foi provoque la louange devant les hommes ! 

Louange à toi, Fils d’une substance cachée, parce que, par les plaies cachées de cette femme, la guérison cachée que tu opéras en elle fut annoncée, en sorte que, à travers cette femme visible, les gens ont vu ta divinité invisible. 

Daniel Bourguet, L'Evangile médité par les Pères, 53-54, Commentaire du Diatessaron, SC 121, Le Cerf 1966, p. 139-145. 

Éphrem le Syrien, Éphrem de Nisibe ou Éphrem le Syriaque, né vers 306 à Nisibe et mort en 373 à Édesse, était un diacre syrien et un théologien du IVᵉ siècle dans la région de l'Assyrie

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