samedi 27 décembre 2025

Sainte famille

 

Quand et comment célèbre-t-on la Sainte Famille ?

La fête de la Sainte Famille est instaurée par l’Église en 1893. 

Elle était fixée au premier dimanche après l’Épiphanie jusqu’en 1969.

 Puis, une réforme liturgique l’a finalement déplacée au dimanche qui suit immédiatement Noël (25 décembre) ou bien le 30 décembre si Noël tombe un dimanche.

Lors de la messe de la fête de la Sainte Famille, le prêtre propose une lecture de passages spécifiques des Évangiles. En fonction de l’année liturgique en cours (cycle de 3 ans), les lectures changent. Lors de l’’année A sont lus les évangiles se référant à la Fuite en Égypte, l’année B ceux liés à la Présentation au Temple et l’année C ceux liés au Recouvrement de Jésus dans le Temple par Marie et Joseph.

 

 

Si 3,2-6.12-14 ; Col 3,12-21 ; Mt 2,13-15.19-23 

Homélie

          Tout au long de l’Ancien Testament, mais surtout chez les prophètes – Osée en particulier – l’amour conjugal est présenté comme l’image par excellence des relations entre Dieu et son peuple et comme le modèle de toute communion entre personnes humaines. Dans le Nouveau Testament, ce même amour conjugal devient l’image de la relation entre le Christ et son Église et le modèle de toute forme de communion au sein de l’Église. D’ailleurs en créant l’homme et la femme à son image, Dieu en avait fait des êtres de communion, et lorsque leur union trouve un fruit dans la venue au monde d’un enfant, ils reproduisent sur terre le mystère de la Trinité, où l’Esprit jaillit de l’amour unissant le Père et le fils.

          Au cours des deux autres années liturgiques (années B et C) nous lisons en ce jour deux récits de Luc racontant la montée de Jésus à Jérusalem avec ses parents – la présentation de Jésus au Temple par ses parents dans un cas, le pèlerinage de Jésus à Jérusalem avec ses parents, lorsqu’il avait douze ans, dans l’autre cas. Cette année nous lisons l’Évangile de Matthieu qui nous raconte un événement plus dramatique : la fuite forcée en Égypte.

          Dès que deux personnes qui s’aiment ont uni leurs destinées par les liens du mariage, tout ce qui arrive à l’un affecte l’autre, et toutes les décisions de chacun doivent prendre l’autre en considération. C’est là le modèle de toute relation humaine, y compris les relations au sein d’une communauté. À partir du moment où nous nous sommes liés les uns aux autres par les liens de la communion dans une communauté, tout ce qui arrive à chacun d’entre nous affecte tous les autres, et chacune de nos décisions personnelles, même les plus intimes, doit prendre tous nos frères en considération.

          Marie et Joseph étaient fiancés au moment de l’Annonciation. Suivant la recommandation de Dieu qui lui fut communiquée en songe, Joseph prit Marie chez lui comme son épouse. À partir de ce moment-là, la vie de l’un et de l’autre fut radicalement changée. C’est ensemble qu’ils montèrent vers Bethléhem pour s’inscrire lors du recensement ; et la naissance de Jésus transforma leur vie d’une façon imprévue.

          La cellule familiale, qui comprenait jusqu’alors deux personnes en comprend maintenant trois, et c’est le sort de la plus faible de ces trois personnes qui conditionne la vie des deux autres. Pour protéger la vie de leur enfant, ils doivent fuir en Égypte. Après quelques années d’exil ils reviennent en Israël et s’installent non pas en Judée, par crainte d’Archélaüs, le fils d’Hérode, mais en Galilée.

          Dès sa naissance Jésus connaît donc dans sa chair les difficultés et les épreuves des pauvres et des opprimés, avec qui il s’identifiera toujours. Combien de familles de nos jours, comme tout au long des siècles, sont disloquées par la guerre, les déplacements forcés de populations, l’exil. D’ailleurs tous les personnages qui apparaissent dans ce deuxième chapitre de l’Évangile de Matthieu, sont des figures emblématiques encore plus que des personnages historiques. Les « Mages » représentent une humanité inquiète et en recherche de salut, capable de reconnaître Dieu dans l’histoire et disposée à sortir d’elle-même et de sa sécurité pour aller à la rencontre de Dieu. Hérode et son fils Archélaüs représentent le pouvoir exploiteur et oppresseur, jaloux de son hégémonie et ayant peur de la perdre, prêt à toute cruauté pour défendre ses privilèges. Dans un certain sens les seuls personnages « vrais » sont Marie, Joseph et l’Enfant.

          L’Enfant et sa mère sont inséparables. Jésus n’est, en quelque sorte, pas encore totalement séparé de sa mère. L’expression « l’enfant et sa mère » revient trois fois en ce bref texte : Après le départ des Mages, l’ange dit à Joseph : « prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte ». Alors, dans la nuit, Joseph « prit l’enfant et sa mère » et s’enfuit. Quelques années après, l’ange lui dit : « prends l’enfant et sa mère, et reviens au pays d’Israël ». Joseph a la responsabilité de veiller sur les deux et de les protéger.

          Cette famille de Marie, Joseph et Jésus, dans son existence mouvementée, demeure un modèle très concret pour toute famille humaine. Le texte de Paul dans sa lettre aux Colossiens (notre deuxième lecture) décrit l’attitude qui assure une vie familiale harmonieuse. Ses recommandations pratiques, à la fin du texte, en particulier lorsqu’il parle de la « soumission » des femmes à leur mari, appartiennent à un contexte culturel différent du nôtre (et d’ailleurs ne rendent pas Paul particulièrement populaire auprès de beaucoup de femmes d’aujourd’hui). Mais toute la première partie du texte, qui est très belle, décrit l’attitude requise de toutes les personnes au sein d’une famille comme au sein d’une communauté. Puisque nous sommes tous les bien-aimés de Dieu, nous devons, dit-il, revêtir nos coeurs de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur et de patience, nous supportant mutuellement et même nous pardonnant lorsque nous avons quelque reproche à nous faire, nous souvenant que nous avons été nous-mêmes pardonnés par le Seigneur.

          Voilà un modèle qui vaut pour chacun d’entre nous : jeunes couples avec ou sans enfants, couples âgés dont les enfants sont déjà adultes, ou célibataires vivant en communauté religieuse comme la nôtre ou dans toute autre forme de communauté.

Armand VEILLEUX, abbé 

site  https://www.scourmont.be

dimanche 21 décembre 2025

Théodote d'Ancyre + après 438, Il s'est fait pauvre

 

25 décembre - Nativité du Seigneur A

Commencement de l'Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1,1-25 ; lecture brève: 1,18-25

Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham : Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères.

ou bien

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14

En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre.


Le Seigneur de tous est venu sous la forme de l'esclave, revêtu de pauvreté, comme un chasseur qui ne veut pas effaroucher son gibier. Il choisit pour naître un village obscur dans une région inconnue. Il naît d'une vierge qui est pauvre et il adopte tout ce qui est pauvre, afin de partir sans bruit à la chasse du salut de l'homme. Car s'il était né dans la gloire et les richesses, les incroyants diraient assurément que le monde a été transformé par ses largesses. S'il avait choisi pour naître la grande ville de Rome, ils attribueraient à la puissance de ses concitoyens les changements de l'univers. S'il avait été fils d'empereur, on aurait expliqué ses bienfaits par sa puissance. S'il avait été fils d'un sénateur, on aurait attribué à ses lois les progrès réalisés.

Or, qu'a-t-il fait ? Uniquement des actions pauvres et banales, tout ce qui était modeste et ignoré du plus grand nombre, afin que le monde sache que la divinité seule a réorganisé le monde. C'est pour cela qu'il a choisi une mère pauvre, et une patrie plus pauvre encore. Il n'avait aucune ressource, et cette indigence nous est signalée par la crèche. Car, puisqu'on n'avait pas de lit pour coucher le Seigneur, on le mit dans une mangeoire et ce manque du nécessaire devint une glorieuse annonce prophétique. Car il est déposé dans une mangeoire pour annoncer qu'il sera la nourriture de ceux qui ne savent pas parler élégamment. Le Verbe de Dieu attirait à lui les riches et les pauvres, les hommes éloquents et ceux qui s'expriment avec difficulté, puisqu'il vit dans la pauvreté, lui qui couche dans une mangeoire. Voilà comment l'indigence devient une prophétie, comment la pauvreté de celui qui pour nous s'est fait chair (Jn 1,14) a montré à tous combien il est accessible.

Car personne n'a manqué de confiance pour avoir été intimidé par les richesses inouïes du Christ ; personne n'a été empêché de l'aborder par la hauteur de son pouvoir. Il est apparu banal et pauvre, lui qui s'est offert à tous pour leur salut. Car dans la crèche, c'est le Verbe de Dieu qui se présente au moyen du corps, afin que l'ignorant aussi bien que l'intellectuel puisse accéder à cet aliment qui nous sauve. Et c'est peut-être cela aussi que le prophète proclamait à l'avance quand il disait, en dévoilant le mystère de cette crèche : Le boeuf connaît son propriétaire, et l'âne la crèche de son maître. Israël ne me connaît pas, mon peuple ne comprend pas (Is 1,3).

Il s'est fait pauvre à notre profit, lui qui était riche en raison de sa divinité, afin de rendre le salut facilement accessible à tous. C'est ce que voulait dire saint Paul: Lui qui était riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riche par sa pauvreté (2 Co 8,9). Et qui donc était ce riche ? Et de quoi était-il riche, et comment celui-là est-il devenu pauvre à cause de nous ? Dites-le-moi : qui donc, quand il était riche, est devenu pauvre de ma pauvreté ? C'est Dieu, dit saint Paul, qui était riche par sa création. Donc Dieu même s'est fait pauvre, adoptant la pauvreté de celui qui devenait visible. Car lui-même est riche de sa divinité, et en même temps s'est fait pauvre pour nous.

1 Homélies pour Noël, 1, PG 77, 1360 1361


Saint Bède le Vénérable + 735, Dieu fait homme pour nous sauveer

 

4ème dimanche de l'avent A


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1,18-24

Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint.


Dieu fait homme, pour nous sauver





L'évangéliste Matthieu, avec peu de mots, mais pleins de vérité, rapporte la naissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, par laquelle, étant fils éternel de Dieu avant les siècles, il est apparu dans le temps comme un fils d'homme. Il avait rappelé les générations de ses ancêtres, depuis Abraham jusqu'à Joseph, l'époux de Marie. Et certes, il convenait de toute façon que Dieu, puisqu'il voulait devenir homme par amour pour les hommes, ne naquît pas d'une autre que d'une vierge et que, lorsqu'il arriverait qu'une vierge enfantât, elle ne put procréer un autre fils que Dieu lui-même : Voici, dit le prophète, la Vierge portera et enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, nom qui se traduit : Dieu avec nous, Is 7,14.

Le nom de Sauveur "Dieu-avec-nous", donné par le prophète, signifie les deux natures de son unique personne. En effet, celui qui est Dieu, né du Père avant tous les siècles, c'est lui-même qui est Emmanuel à la fin des temps, c'est-à-dire Dieu avec nous. Il l'est devenu dans le sein de sa mère, parce qu'il a daigné accepter la fragilité de notre nature dans l'unité de sa personne, quand le Verbe s'est fait chair et a habité parmi nous, Jn 1,14. C'est-à-dire qu'il a commencé d'une manière admirable à être ce que nous sommes, sans cesser d'être ce qu'il était, en assumant notre nature, de façon à ne pas perdre ce qu'il était en lui-même.

Marie mit donc au monde son fils premier-né, Lc 2,7, c'est-à-dire le fils de sa substance; elle enfanta celui qui, avant toute créature, était Dieu, né de Dieu, et qui, dans l'humanité où il était créé, devançait en mérite toute créature.

Et elle lui donna le nom de Jésus, Lc 2,21. Donc, le nom de Jésus est celui du fils qui, né de la Vierge, signifie selon l'explication de l'ange qu'il sauvera son peuple de ses péchés. Or, celui qui sauve des péchés, c'est évidemment lui aussi qui sauvera des corruptions de l'âme et du corps, qui sont les suites du péché.

Quant au nom du Christ, c'est le titre d'une dignité sacerdotale et royale. Car les prêtres et les rois, sous la loi ancienne, étaient appelés Christs à cause de la chrismation. Cette onction d'huile sainte préfigurait celui qui, en venant dans le monde comme vrai roi et pontife, a été consacré d'une onction de joie, comme aucun de ses semblables, Ps 44,8. A cause de cette onction ou chrismation, le Christ en personne et ceux qui participent à la même onction, c'est-à-dire à la grâce spirituelle, sont appelés "chrétiens".

Du fait qu'il est Sauveur, le Christ peut nous sauver de nos péchés; du fait qu'il est pontife, il peut nous réconcilier avec Dieu le Père; du fait qu'il est roi, qu'il daigne nous donner le royaume éternel de son Père, Jésus Christ notre Seigneur qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Homélies pour la Vigile de Noël, 5, CCL 122, 32-36, Clerus, homéliaires


samedi 13 décembre 2025

Saint Ambroise + 397, St Jean Baptiste, symbole de la loi ancienne

 

 3ème dimanche de l'Avent, LA JOIE




Le rose est la couleur de l’aurore. 
Cette couleur liturgique revient deux fois dans l’année. 
Le troisième dimanche de l'Avent et 
le 4e dimanche de Carême, celui de Laetare. 
L’église fait entrevoir la joie qui se prépare : 
la Nativité, et la Résurrection du Christ. 

Le rose est la couleur de l'aurore :
dans le désert à cet instant, 
la nuit noire enveloppe encore tout mais 
à l’horizon une couleur rosée se répand,
elle annonce la venue d’une lumière éblouissante !





Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,2-11

Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : "Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?


Jean Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? Il n'est pas simple de comprendre ces simples paroles, ou bien elles contredisent ce qui précède. Comment, en effet, Jean ignore-t-il maintenant celui que plus haut il a reconnu par révélation de Dieu le Père ? Comment a-t-il reconnu alors celui qu'il ignorait jusque-là, et ignore-t-il maintenant celui qu'il connaissait naguère ? Je ne le connaissais pas, dit-il, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : C'est celui sur lequel tu verras l'Esprit Saint descendre du ciel Jn 1,33. Et Jean Baptiste crut à cette parole, il reconnut celui qui lui fut montré, il l'a adoré après l'avoir baptisé, et il a prophétisé son avènement. Enfin, dit-il, j'ai vu et je rends ce témoignage : C'est lui le Fils de Dieu Jn 1,34.

Puisque l'intelligence immédiate de ces paroles présente un sens contradictoire, cherchons leur signification spirituelle. Jean, nous l'avons dit précédemment, représente la Loi qui annonçait le Christ. Or il est exact que la Loi, retenue matériellement captive dans les coeurs rebelles comme dans des prisons obscures, enfermée dans des cachots pourvoyeurs de supplices, derrière des barreaux d'inconscience, ne pourrait pousser jusqu'au bout le témoignage en faveur de l'économie divine de notre salut sans la garantie de l'Évangile.

Jean envoie donc ses disciples au Christ, pour qu'ils obtiennent un supplément d'information, parce que le Christ est la plénitude de la Loi.

Enfin le Seigneur, sachant que sans l'Évangile personne ne peut avoir une foi plénière - car si la foi commence par l'Ancien Testament, c'est dans le Nouveau qu'elle s'accomplit - n'éclaire pas les questions qu'on lui pose sur lui-même par des paroles, mais par des faits.
Allez, dit-il, rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les sourds entendent, les lépreux sont purifiés, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres (Lc 7,22).

Pourtant ce ne sont encore là que des exemples mineurs du témoignage apporté par le Christ. Ce qui fonde la plénitude de la foi, c'est la croix du Seigneur, sa mort, son ensevelissement. Et c'est pourquoi, après la réponse que nous avons citée, il dit encore:
Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi Lc 7,23 ! En effet, la croix pourrait provoquer la chute des élus eux-mêmes, mais il n'y a pas de témoignage plus grand d'une personne divine, il n'y a rien qui paraisse davantage dépasser les forces humaines que cette offrande d'un seul pour tous : par cela seul, le Seigneur se révèle pleinement. Et enfin c'est ainsi que Jean l'a désigné : Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde Jn 1,29. Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ces deux hommes, les disciples de Jean, mais à nous tous, afin que nous croyions au Christ, si les événements confirment cette annonce.

Commentaire sur l'évangile de Luc, 5, 93-95 99-102 109, SC 45, 216

Clerus,org

samedi 6 décembre 2025

LOGO DE NOTRE INSTITUT LA CROIX SON SENS

C'est notre croix de congrégation qui nous sert de logo. Elle parle de notre spiritualité :

 

 


 

 

 


 La croix est avant tout celle du Christ et signifiant le Christ lui-même. Appartenant à la famille de l'Assomption nous sommes christocentriques, centrées sur le Christ. Cela signifie que le Christ mort et ressuscité est au centre de notre vie : - nous voulons le contempler et l'écouter sans cesse (institut de vie contemplative...) ; - le reconnaître (et si possible le transmettre) en toutes personnes et situations (présence contemplative au monde); - avec lui nous voulons nous tenir au centre de l’Église, sans dévotion particulière ; - la prière étant à la fois notre activité première et notre apostolat : elle est personnelle et silencieuse ou publique dans nos chapelles ouvertes à tous, elle veut se continuer intérieurement tout au long du jour dans les activités et le travail nécessaire pour gagner notre vie, nous espérons donner ainsi par surcroît à d'autres le goût de la prière et l'aide pour y avancer.

 Notre croix est en bois et simple Elle nous invite à trouver dans le Christ notre vraie richesse et à mener une vie simple et pauvre à la suite du Christ pauvre comme il nous en a donné l'exemple par sa vie entièrement donnée, sans richesses matérielles, dans la simplicité du travail {Nazareth) le partage du compagnonnage avec ses disciples et une proximité fraternelle de compassion (qui guérit et relève) offerte dans les circonstances ordinaires de la vie, surtout aux pauvres et aux moins considérés. Elle nous rappelle l'exhortation de nos fondateurs à toujours vouloir et vivre la simplicité, l'humilité, la pauvreté et que la vraie richesse n'est pas dans l'avoir ou le paraître mais dans la recherche de l'union à Dieu.

 C'est la croix du Ressuscité Elle ne représente pas le Crucifié : ll est ressuscité et ne pourrait être couché sur l'arrête de cette croix aux branches taillées en pointe. Elle nous rappelle que Croix et Résurrection vont de pair, l'une ne va pas sans l'autre : pas de dimanche sans vendredi et inversement, Nous sommes morts et ressuscités avec le Christ.

 Elle nous rappelle ainsi également la vie eucharistique, livrée par amour et comblée par grâce, qui marque la vie Orante et nous invite à nous offrir dans le réel quotidien par amour et dans l'action de grâce, Nos fondateurs nous montrent des chemins d'offrande de soi et de sacrifice par amour. A leur suite, vivons dans l'espérance et la foi que la vie peut jaillir de la croix quand elle se présente.

 Notre croix est de section triangulaire et nous rappelle ainsi la vie trinitaire Celle-ci est au centre de la spiritualité augustinienne et à la base de la vie communautaire qui est la nôtre. A la lumière trinitaire, St Augustin nous recommande de vivre charité et intériorité : C'est à sa suite que nous menons une vie de prière consacrée e en communauté fraternelle. 

 Texte provisoire écrit par srs Anne et Aurélie les 2-3 octobre 2020 en réponse aux demandes de plusieurs maisons de formation or.a.


Saint AUGUSTIN +430, Il est temps

 

2e dimanche de l'avent A


Évangile de Jésus Christ selon saint Mt 3,1-12

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : "Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche! "


Nous venons d'entendre l'évangile où Jésus critique ceux qui savaient reconnaître l'aspect du ciel, mais n'étaient pas capables de découvrir le temps où il était urgent de croire au Royaume des cieux, Lc 12,54. C'est aux Juifs qu'il disait cela, mais cette parole parvient jusqu'à nous. Or le Seigneur Jésus Christ lui-même a commencé ainsi sa prédication : Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche Mt 4,17. Jean Baptiste, son précurseur, avait commencé de la même façon : Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche, Mt 3,2. Et maintenant le Seigneur les blâme parce qu'ils ne veulent pas se convertir alors que le Royaume des cieux est proche, ce Royaume des cieux dont il dit lui-même qu'il ne vient pas de manière visible, Lc 17,20, et aussi qu'il est au milieu de vous, Lc 17,21.

Que chacun ait donc la prudence d'accepter les avertissements de notre Maître, pour ne pas laisser échapper le temps de sa miséricorde, ce temps qui se déroule maintenant, pendant lequel il épargne encore le genre humain. Car, si l'homme est épargné, c'est pour qu'il se convertisse, et que personne ne soit condamné.

C'est à Dieu de savoir quand viendra la fin du monde: quoi qu'il en soit, c'est maintenant le temps de la foi. La fin du monde trouvera-t-elle ici-bas l'un d'entre nous ? Je l'ignore, et il est probable que non.

Pour chacun de nous le temps est proche, parce que nous sommes mortels. Nous marchons au milieu des dangers. Si nous étions de verre, nous les redouterions moins. Quoi de plus fragile qu'un récipient de verre ? Pourtant on le conserve et il dure des siècles. Car on redoute pour lui une chute, mais non pas la vieillesse ni la fièvre. Nous sommes donc plus fragiles et plus faibles, et cette fragilité nous fait craindre chaque jour tous les accidents qui sont constants dans la vie des hommes. Et s'il n'y a pas d'accidents, il y a le temps qui marche. L'homme évite les heurts, évite-t-il la dernière heure ? Il évite ce qui vient de l'extérieur, peut-il chasser ce qui naît au-dedans de lui ? Parfois n'importe quelle maladie le domine subitement. Enfin, l'homme aurait-il été épargné toute sa vie, lorsqu'à la fin la vieillesse est venue, il n'y a plus de délai.

Sermon 109, 1; PL 38, 636.