3ème dimanche de l'Avent, LA JOIE
Le rose est la couleur de l'aurore :
dans le désert à cet instant,
Évangile
de Jésus Christ selon saint Matthieu
11,2-11
Jean
le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ.
Il lui envoya demander par ses disciples : "Es-tu celui qui doit
venir, ou devons-nous en attendre un autre?
Jean
Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au
Seigneur : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un
autre ?
Il n'est pas simple de comprendre ces simples paroles, ou bien elles
contredisent ce qui précède. Comment, en effet, Jean ignore-t-il
maintenant celui que plus haut il a reconnu par révélation de Dieu
le Père ? Comment a-t-il reconnu alors celui qu'il ignorait
jusque-là, et ignore-t-il maintenant celui qu'il connaissait naguère
? Je
ne le connaissais pas,
dit-il, mais
celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : C'est celui sur
lequel tu verras l'Esprit Saint descendre du ciel
Jn
1,33. Et
Jean Baptiste crut à cette parole, il reconnut celui qui lui fut
montré, il l'a adoré après l'avoir baptisé, et il a prophétisé
son avènement. Enfin, dit-il, j'ai
vu et je rends ce témoignage : C'est lui le Fils de Dieu
Jn
1,34.
Puisque
l'intelligence immédiate de ces paroles présente un sens
contradictoire, cherchons leur signification spirituelle. Jean, nous
l'avons dit précédemment, représente la Loi qui annonçait le
Christ. Or il est exact que la Loi, retenue matériellement captive
dans les coeurs rebelles comme dans des prisons obscures, enfermée
dans des cachots pourvoyeurs de supplices, derrière des barreaux
d'inconscience, ne pourrait pousser jusqu'au bout le témoignage en
faveur de l'économie divine de notre salut sans la garantie de
l'Évangile.
Jean envoie donc ses disciples au Christ, pour
qu'ils obtiennent un supplément d'information, parce que le Christ
est la plénitude de la Loi.
Enfin le Seigneur, sachant que
sans l'Évangile personne ne peut avoir une foi plénière - car si
la foi commence par l'Ancien Testament, c'est dans le Nouveau qu'elle
s'accomplit - n'éclaire pas les questions qu'on lui pose sur
lui-même par des paroles, mais par des faits. Allez,
dit-il, rapporter
à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les
sourds entendent, les lépreux sont purifiés, les morts
ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres
(Lc
7,22).
Pourtant
ce ne sont encore là que des exemples mineurs du témoignage apporté
par le Christ. Ce qui fonde la plénitude de la foi, c'est la croix
du Seigneur, sa mort, son ensevelissement. Et c'est pourquoi, après
la réponse que nous avons citée, il dit encore: Heureux
celui qui ne tombera pas à cause de moi
Lc
7,23 !
En effet, la croix pourrait provoquer la chute des élus eux-mêmes,
mais il n'y a pas de témoignage plus grand d'une personne divine, il
n'y a rien qui paraisse davantage dépasser les forces humaines que
cette offrande d'un seul pour tous : par cela seul, le Seigneur se
révèle pleinement. Et enfin c'est ainsi que Jean l'a désigné :
Voici
l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde
Jn
1,29.
Ces paroles ne s'adressent pas seulement à ces deux hommes, les
disciples de Jean, mais à nous tous, afin que nous croyions au
Christ, si les événements confirment cette annonce.
Commentaire sur l'évangile de Luc, 5, 93-95 99-102 109, SC 45, 216
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