mardi 12 juillet 2011

Jean Danielou, Lire l’Écriture pour écouter le Verbe et entrer en relation avec Dieu : c’est une grâce.


                 Saint Benoît écrit
Lire l’Écriture pour écouter le Verbe et entrer en relation avec Dieu : c’est une grâce.

“Il faut accepter les voies de Dieu et un dépassement par rapport aux grâces passées. Il ne faut pas essayer de retenir la grâce, mais il faut “cueillir le fruit et jeter la branche”. Les grâces nous sont données pour nous aider à un moment donné. Ce qui importe, c’est plus le fruit qu’elles ont produit dans nos vies que la saveur qu’elles ont eues et qui n’en était que l’écho superficiel. A chaque moment de nos vies, nous recevons les grâces dont nous avons besoin, et la meilleure grâce est toujours celle du moment présent. Seulement, très souvent, nous vivons dans l’avenir ou dans le passé et nous passons à côté du présent. Nous ne savons pas reconnaître Dieu là où Il est vraiment, c’est-à-dire toujours dans le présent. Nous le cherchons là où Il n’est pas, c’est-à-dire dans le souvenir du passé ou dans les rêves de l’avenir”, Jean Daniélou, Oraison et abandon, conférence donnée au Cercle Jean-Baptiste et publié dans le Bulletin du Cercle de 1952 ; repris dans Christus 148 (1990), 409-413.


              “ Pour aller vers ce que tu ne sais pas,
                il faut passer par où tu ne sais pas.
                Pour aller vers ce que tu ne possèdes pas,
                il faut passer par ce que tu ne possèdes pas”.

                                                  Saint Jean de la Croix.

mercredi 6 juillet 2011

Commencer l’été avec les conseils de Lectio divina, Guillaume de Saint Thierry


À des heures déterminées, il faut vaquer à une lecture déterminée. Une lecture de rencontre, sans suite, trouvaille de hasard, bien loin d’édifier l’âme, la jette dans l’inconstance. Accueillie à la légère, elle disparaît de la mémoire plus légèrement encore. Au contraire, il faut s’attarder dans l’intimité de maîtres choisis et l’âme doit se familiariser avec eux. Les Écritures, en particulier, demandent à être lues et pareillement comprises, dans l’esprit qui les a dictées. Tu n’entreras jamais dans la pensée de Paul si, par l’attention suivie à le lire et l’application assidue à le méditer, tu ne t’imprègnes au préalable de son esprit. Jamais tu ne comprendras David, si ta propre expérience ne te revêt des sentiments exprimés par les psaumes. Ainsi des autres auteurs. Au reste, quel que soit le livre, l’étude et la lecture diffèrent autant l’une de l’autre que l’amitié de l’hospitalité, l’affection confraternelle d’un salut occasionnel. Il faut aussi chaque jour détacher quelque bouchée de la lecture quotidienne et la confier à l’estomac de la mémoire : un passage que l’on digère mieux et, qui, rappelé à la bouche, fera l’objet d’une fréquente rumination ; une pensée plus en rapport avec notre genre de vie, capable de soutenir l’attention, d’enchaîner l’âme et de la rendre insensible aux pensées étrangères. De la lecture suivie, il faut tirer d’affectueux élans, former une prière qui interrompe la lecture. Pareilles interruptions gênent moins l’âme qu’elles ne la ramènent aussitôt plus lucide à la compréhension du texte. La lecture est au service de l’intention. Si vraiment le lecteur cherche Dieu dans sa lecture, tout ce qu’il lit travaille avec lui et pour lui dans ce but et sa pensée rend captive ou asservit l’intelligence du texte en hommage au Christ. Mais s’il s’écarte de cette fin, son intention entraîne tout après elle. Il ne trouve alors rien de si saint, de si pieux dans les Écritures, qu’il n’arrive, par vaine gloire, perversion de sentiment ou dépravation d’esprit, à faire servir à sa malice et à sa vanité. C’est que la crainte du Seigneur doit être au principe de toute lecture des Ecritures : en elle s’affermit d’abord l’intention du lecteur ; de son sein jaillissent ensuite, harmonisés, l’intelligence et le sens du texte.
Lettre aux frères du Mont-Dieu, SC n° 223, p. 239-241.

lundi 27 juin 2011

Mère Isabelle, chercher Dieu comme à tâtons

Photo d'archives O.A.
Mère Isabelle
vers 1896-1901


3 juillet 2011,
90ème anniversaire du décès
de Mère Isabelle,
Fondatrice des Orantes de l'Assomption






... Le silence tant intérieur qu'extérieur est un des plus puissants moyens de se disposer à la communication intime avec Dieu dans l'oraison, qui est comme l'âme de notre vie. L'âme de notre vie, c'est l'oraison, c'est la prière. Nous voyons dans l'épître tirée des Actes des Apôtres, que Saint Paul, dans son discours à l'Aréopage, dit que nous devons chercher Dieu comme à tâtons.

Certainement Dieu est près de nous, dans notre coeur, et nous pouvons converser avec Lui sans cesse. Nous le cherchons dans un grand silence, car c'est dans le silence que nous le trouvons le mieux. Dans les créatures, on cherche la conversation, les paroles; mais pour Dieu, c'est toujours dans ce silence dont parle Bossuet : "Ce silence où il se dit tant de choses." La voix de Dieu est, pour ainsi dire, souvent comme un léger murmure, on ne l'entend que si on prête une oreille attentive. Nous devons le chercher d'autant plus dans ce silence, dans cette obscurité dont parlent Saint Jean de la Croix et tous les mystiques. Nous devons arrêter sur Lui un simple regard dans l'attention, dans la fidélité extérieure et intérieure. Ce simple regard ne signifie pas l'oisiveté, la distraction. Dès que l'âme s'aperçoit qu'elle est distraite, elle s'empresse de mettre dans son coeur une pensée sainte. Mais quand elle a ramené son esprit, elle n'a pas besoin de toujours produire des pensées, mais d'écouter alors le murmure divin, de ne pas laisser pénétrer [en elle] les bruits du monde, d'avoir cette foi que Dieu est toujours tout près de nous, qu'Il nous entend toujours, que pas un cheveu ne tombe de notre tête sans sa permission.

Il faut vivre ces choses dans le silence de l'âme. Non pas seulement le silence intérieur, mais aussi le silence extérieur. Il faut s'y appliquer, non seulement pour soi-même, mais par charité pour les autres. Il faut pour cela avoir la présence intime de Dieu. Mais si, par maladresse, on manque à ce silence, il faut se laisser envahir par Dieu, marcher en sa présence et oublier tout le reste.

Mère Isabelle, Instruction, Chapitre XII, Du silence, 9 Octobre 1915.

mercredi 22 juin 2011

Guillaume de St Thierry, c'est Dieu qu'il aime dans son amour

              moine, XIIè siècle
C’est Dieu qu’il aime dans son amour, mais il voudrait trouver, expérimenter
Je te trouve donc Toi, Seigneur, dans mon amour, et plaise à Dieu que je te trouve toujours ! Quand l’amour ne s’exerce pas, il n’existe plus ; mais pour Toi je ressens une volonté puissante, je veux dire un amour qui me propulse vers toi, mais alors pourquoi donc ne suis-je pas toujours en train de t’expérimenter ? Faut-il dire que l’amour et l’expérimentation par cet amour, cela fait deux ? Si je vois bien, l’amour c’est quelque chose de la nature ; T’aimer, c’est un effet de ta grâce ; T’expérimenter c’est une faveur spéciale de la grâce, ce qui fait dire à l’Apôtre : « A chacun est donnée une faveur spéciale de l’Esprit Saint pour l’utilité commune ».

Tant que le corps de corruption appesantit l’âme et  que cette demeure terrestre abat l’esprit dans la multiplicité des soucis qui s’agitent, il faut bien que l’âme aimante éprouve des hauts et des bas. Cette expérience de l’amour vient à point pour la soutenir ici, pour l’empêcher de s’exalter là, autrement elle tomberait si brutalement qu’aucun effort ne pourrait la relever jamais.
Guillaume de Saint Thierry, Méditations et prières, Présentation, traduction et notes de Robert Thomas, O.E.L.L., 1985, 182-183.

lundi 13 juin 2011

Syméon le Nouveau Théologien, prière à l'Esprit saint



Esprit Saint,
c'est toi qui m'environnes,
Toi qui m'enflammes,
Et qui allumes en mon cœur en peine,
L'amour infini de Dieu et de mes frères.
Car c'est toi le docteur des prophètes,
Le compagnon de tous les apôtres,
La force des martyrs,
L'inspiration des Pères et des docteurs,
Et la perfection de tous les saints.


Illustration de psaume par Benn

mercredi 8 juin 2011

Sr Jeanine Gindrey, orante, L’œuvre de l’Esprit



Soeur Jeanine Gindrey, Orante de l’Assomption : des repères selon Sainte Thérèse d’Avila, Œuvres Complètes, Éditions du Seuil, 1949.



L'oeuvre de l'Esprit



Sainte Thérèse d’Avila nous invite au discernement : « C’est par les effets et les œuvres qui suivent que l’on reconnaît la vérité de ce qui se passe dans l’oraison… Il n’y a pas de meilleur creuset pour en faire l’épreuve », 877.



Devant certains dons de Dieu, la durée courte confirme que c’est de Dieu. Mais la longueur ou la syncope ne peuvent venir que de notre nature faible, 194, 961, 962, 864,1116, 1118.



Des effets positifs sont souvent les fruits de l’action de Dieu :



- La paix, la joie, la lumière, la douceur, l’amour immense, 687, 148,875

- Le cœur est dilaté, 876, 150

- L’action de grâce et l’humilité devant les bienfaits de Dieu, la confusion, 167, 98, 953, 954

- Après le trouble, la crainte du début, il s’établit une certitude, l’entendement n’agit pas, c’est Dieu, comme il veut, qui donne par miséricorde et dévoile les secrets des demeures, ce que notre imagination serait incapable d’approcher, ni l’intelligence, 288, 963, 1039, 804, 864, 119, 322, 913

- Le désir d’avancer et de ne pas abandonner l’oraison, 887, 880



Certains signes sont négatifs :





La solitude, la sécheresse, la peine, les pensées peuvent venir de Dieu, qui veut nous faire connaître l’abîme de notre misère, 110, et ceci pour notre progrès.



Il s’agit donc d’agir avec prudence. Que la vie soit dans la joie ou dans la peine, le critère majeur, c’est que l’expérience vécue conduise à une soumission en tout à l’Église. Rien ne peut être opposé à la foi catholique ou à la loi de Dieu, 510, 511, 812.





Ce critère peut nous préserver de notre aveuglement, de nos goûts, des plaisirs, des promesses trompeuses suscitées par l’esprit du mal, 1472,944.



Sainte Thérèse évoque des expériences :



- En lisant, subitement, on a le sentiment de la présence de Dieu, 95.



- Dieu donne à l’entendement (l’intelligence) de quoi admirer, il lui donne une compréhension subite, 119,322.



- L’âme reconnaît que le Maître Divin l’enseigne sans faire entendre aucun bruit de paroles, 708,709.



Toutes ces faveurs que nous recevons servent à fortifier notre faiblesse pour acquérir peu à peu une vie semblable à celle du Fils, 1052.



mardi 31 mai 2011

Catéchèse de St Cyrille de Jérusalem sur le Saint-Esprit




"L'eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. C'est une eau toute nouvelle, vivante, et jaillissante, jaillissant pour ceux qui en sont dignes. Pour quelle raison le don de l'Esprit est-il appelé une "eau" ? C'est parce que l'eau est à la base de tout ; parce que l'eau produit la végétation et la vie ; parce que l'eau descend du ciel sous forme de pluie ; parce qu'en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. [...] Elle est différente dans le palmier, différente dans la vigne, elle se fait toute à tous. Elle n'a qu'une seule manière d'être, et elle n'est pas différente d'elle-même. La pluie ne se transforme pas quand elle descend ici ou là mais, en s'adaptant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle produit en chacun ce qui lui convient.

L'Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l'eau, produit des bourgeons, de même l'âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, porte des fruits de justice. Bien que l'Esprit soit simple, c'est lui, sur l'ordre de Dieu et au nom du Christ, qui anime de nombreuses vertus.

Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse : il éclaire par la prophétie l'âme de celui-là ; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons ; à un autre encore celui d'interpréter les divines Ecritures. Il fortifie la chasteté de l'un, il enseigne à un autre l'art de l'aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l'ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différent chez les différents hommes, il n'est pas différent de lui-même, ainsi qu'il est écrit : Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.


Son entrée en nous se fait avec douceur, on l'accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d'un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l'esprit : chez celui qui le reçoit, tout d'abord ; et ensuite, par celui-ci, chez les autres.


Un homme qui se trouvait d'abord dans l'obscurité, en voyant soudain le soleil, a le regard éclairé et voit clairement ce qu'il ne voyait pas auparavant : ainsi celui qui a l'avantage de recevoir le Saint-Esprit a l'âme illuminée, et il voit de façon surhumaine ce qu'il ne connaissait pas."


Catéchèse de St Cyrille de Jérusalem sur le Saint-Esprit : Extraits de la Catéchèse 18 sur le Symbole de la Foi, 23-25 . http://peresdeleglise.free.fr/textesvaries/esprit.htm

dimanche 29 mai 2011

Saint Bernard de Clairvaux, homélie pour l'Ascension



Actes des Apôtres 1,1-11
St Paul aux Ephésiens, 1,17-23
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,16-20

Croître... en descendant

Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel, Ac 1,11. Il reviendra ainsi, disent-ils : s'agit-il donc de cette venue, aussi singulière qu'universelle, dans laquelle, précédé par les anges, suivi de tous les hommes, il descendra pour juger les vivants et les morts ? Oui, il viendra de la sorte ; mais ce sera comme il est monté, non comme il est descendu : humble, il est venu afin de sauver les hommes ; sublime, il viendra pour ressusciter le cadavre et le rendre semblable à son corps glorieux. On le verra alors dans toute sa puissance et dans sa majesté, lui qui jadis s'était caché dans la faiblesse de la chair.
Etant Dieu, le Christ ne pouvait grandir, car il n'y a rien au-delà de Dieu. Il a cependant, en venant s'incarner, souffrir, mourir pour nous éviter la mort éternelle. Aussi Dieu l'a exalté. Jésus est ressuscité, il est monté, il s'est assis à la droite de Dieu. Va, et fais de même.

Magnificat, Juin 2011, N° 223, 50-51

mercredi 11 mai 2011

Splendeur jaillie du sein de Dieu d'après Saint Ambroise





Illustration de psaume Benn








"Splendeur jaillie du sein de Dieu,
Lumière née de la lumière,
Avant que naisse l'univers,
Tu resplendis dans les ténèbres.

Nous t'adorons, Fils Bien-Aimé,
Objet de toute complaisance.
Le Père qui t'a envoyé
Sur toi fait reposer sa grâce.

Tu viens au fond de notre nuit
Pour tous les hommes de ce monde.
Tu es la Source de la Vie
Et la Lumière véritable"

(D'après St Ambroise, 6ème siècle)

mercredi 4 mai 2011

Saint Augustin, La présence du Christ


Tableau, pélerin d'Emmaüs, Louvre



St Luc, 24,13-35


3ème dimance de Pâques




La présence du Christ


Jésus parut : il se montrait à leurs yeux mais il ne se laissait pas reconnaître. Le Maître cheminait avec eux, et il était lui-même leur chemin. Mais eux n’étaient pas encore en chemin ; Jésus les rencontra tout à l’écart.

Quand le Seigneur les aborda, les disciples n’avaient pas la foi. Les disciples ne croyaient pas qu’il pût ressusciter. Ils avaient perdu la foi. Ils avaient perdu l’espérance. Ils marchaient, morts, avec un vivant, ils marchaient morts, avec la vie. Avec eux marchait la vie. Mais en leur cœur, nulle vie n'était renée.

Ils l’ont retenu : Reste avec nous, car le jour tombe. L’hospitalité leur a rendu ce que le doute leur avait pris. Le Seigneur s’est manifesté dans la fraction du pain. Le Seigneur s’est laissé reconnaître et après cette reconnaissance, il a disparu pour toujours. Les disciples l’ont perdu de corps lorsqu’ils l’ont tenu avec la foi. Le Seigneur a quitté corporellement toute son église et il est monté au ciel, afin que la foi se fortifie.

Il viendra, sois-en sûr il viendra. Nous sommes tous appelé à la résurrection : un jour viendra où tous ceux qui gisent dans les tombeaux, entendront la voix du Fils de Dieu et en sortiront : ceux qui auront fait le bien pour ressusciter à la vie…

Extrait, Saint Augustin La présence du Christ, in les mystères de Pâques, Lettres chrétiennes N° 10, Grasset, 1965, 224-227.

mardi 26 avril 2011

Grégoire le Grand, Marie une quête ardente





Jean 20,11-18



« Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait.

Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau ».

Elle avait pourtant déjà vu qu’il était vide et elle avait annoncé la disparition du Seigneur. Pourquoi se penche-t-elle encore, pourquoi désire-t-elle encore voir ? Parce que l’amour ne se contente pas d’un seul regard, l’amour est une quête toujours plus ardente. Elle l’a déjà cherché mais en vain. Elle s’obstine et finit par le découvrir.



Ct 3, 1-4 Dans le Cantique des Cantiques, l’Église disait du même Époux :



« Au long de la nuit, j’ai cherché celui que mon cœur aime.

Je l‘ai cherché mais ne l’ai pas trouvé.

Il faut que je me lève et que je fasse le tour de la ville ;

Dans les rues et les places, avez-vous vu celui que mon cœur aime ?

Je l‘ai cherché mais ne l’ai pas trouvé.

Les gardes m’ont rencontrée, ceux qui font le tour de la ville:

« Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? »




A peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon cœur aime.

Quand cherchons-nous l’Aimé ? Nous le cherchons la nuit, car si notre esprit veille déjà sur Lui, nos yeux ne voient encore que l’ombre. Cherchons les pas de l’Aimé. Pourquoi se joue-t-il de nos recherches et vient-il si tard ? Pour qu’à sa vue, nous l’étreignions avec plus d’ardeur encore.

Ce désir d’amour faisait dire à David cette prière.



Ps 41

Comme un cerf altéré cherche l’eau vive,

Ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu.

Mon âme a soif du Dieu vivant ;

Quand pourrais-je m’avancer, paraître face à Dieu ?




Extrait, Grégoire le Grand,+604, La Grâce de Dieu (P.L., 76, 1188-1196. Homélie 25 sur l'évangile. Traduction F. Quéré-Jaulmes.

Extrait, Le mystère de Pâques, Textes des Pères de l'Eglise, Lettres chrétiennes, Le Centurion/Grasset, 292.

vendredi 22 avril 2011

Saint Syméon le théologien, Prière orthodoxe



Saint Syméon le théologien,

949 + 1024



Prière orthodoxe


Tu m’as touché de ta main divine, moi gisant ;
En la voyant, je me suis levé aussitôt, plein de joie,
Car elle brillait d’un éclat plus grand que le soleil.
J’essayai, malheureux, de la retenir.
Mais elle se déroba à mes yeux, disparut,
Et de nouveau je restai dans les ténèbres.
Alors je tombai à terre, pleurant et gémissant,
Soupirant du désir de voir ta main divine.
Tu la tendis et Tu m’apparus plus clairement encore ;
Et je l’embrassai, je la baisai en pleurant.
Ô grâce, ô joie, ô béatitude !
Le Créateur me donne à baiser sa main.
Main qui conserve tout par sa toute-puissante force.
… J’ai laissé le monde et tout ce qui est dans le monde,
J’ai fermé à la fois tous les sens ; j’ai clos
Les yeux, les oreilles, les narines, la bouche et les lèvres,
Je mourus pour tous mes amis et parents.
En vérité ma volonté expira,
Ne cherchant que la main divine seule ;
Elle, en voyant ce que j’avais fait par amour,
Secrètement touchant la mienne, l’a prise,
Et me conduisit, moi qui étais dans les ténèbres,
Me conduisit à la Lumière.

dimanche 10 avril 2011

Eusèbe Le Gallican, A la descente du Christ, l'éternelle nuit des enfers a resplendi


Samedi saint


Heb 4,1-11

Jn 20,1-9


Eusèbe Le Gallican

5e siècle

moine, évêque





Ciel, exulte !

Terre, réjouis-toi !

Ce jour a resplendi pour nous de l'éclat du tombeau, plus qu'il n'a brillé des rayons du soleil. Que les enfers acclament, car ils ont désormais une issue ; qu'ils se réjouissent, car c'est pour eux le jour de la visite ; qu'ils exultent, car ils ont vu, après des siècles et des siècles, une lumière qu'ils ne connaissaient pas, et dans l'obscurité de leur nuit profonde ils ont enfin respiré ! O belle lumière que l'on a vue poindre du sommet du ciel blanchissant, tu as revêtu de ta clarté soudaine « ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort ».


A la descente du Christ, l'éternelle nuit des enfers a resplendi aussitôt et les cris des affligés ont cessé ; les liens des condamnés se sont rompus et sont tombés ; les esprits malfaisants ont été saisis de stupeur, comme frappés d'un coup de tonnerre...



Dès que le Christ descend, les sombres portiers, aveugles dans leur noir silence et courbant le dos sous la crainte, murmurent entre eux : « Qui est ce redoutable, éblouissant de blancheur ? Jamais notre enfer n'en a reçu de pareil ; jamais le monde n'en a rejeté de pareil dans notre gouffre... S'il était coupable, il n'aurait pas cette audace. Si quelque délit le noircissait, il ne pourrait jamais dissiper nos ténèbres par son éclat.


Mais s'il est Dieu, que fait-il au tombeau ?

S'il est homme, comment ose-t-il ?

S'il est Dieu, pourquoi vient-il ?

S'il est homme, comment délivre-t-il les captifs ?...


Oh, cette croix qui enfante notre malheur ! Le bois nous avait enrichis et le bois nous ruine. Cette grande puissance, toujours redoutée des peuples, a péri !

Homélie 12 A ; CCL 101, 145 (trad. Solesmes, Lectionnaire, vol. 3, p. 21 rev.

mardi 5 avril 2011

Orantes de l'Assomption 78830 Bonnelles

La résurrection de Lazare, Saint Jean 11,1-45

5e dimanche de carême A Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11, 1-45 Un homme était tombé malade. C’était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe.


Dans ce moment de gloire, saint Jean semble insister sur les manifestations de la nature humaine du Christ : il aime Lazare, il pleure avec Marie, il frémit intérieurement. Il est troublé, il demande "Où l'avez-vous mis?" Lui qui connaît toute chose ! Cette "faiblesse" fait pendant à la toute puissance divine en ces deux aspects contradictoires et pourtant réconciliés dans le Christ, vont être l'un et l'autre poussés jusqu'à leur paroxysme dans la Passion et dans la Résurrection. L'église orthodoxe nous répond : toutes les actions du Christ sont "théandriques", c'est-à-dire, à la fois divines et humaines, c'est l'Homme-Dieu que nous voyons pleurer, c'est l'Homme-Dieu qui fera sortir Lazare de son tombeau. Le choeur des fidèles chante : "O Christ, par ta venue au tombeau de Lazare Tu as confirmé, pour nous, tes deux natures..." D'une part, en Jésus, l'homme peut céder à l'émotion et s'affliger de la perte d'un ami, d'autre part, Dieu en Jésus peut commander à la mort avec autorité : "Il cria d'une voix forte : Lazare sors ! Le mort sortit..." Dieu est vivant, catéchisme pour les familles, par une équipe de chrétiens

Dieu est vivant, catéchisme pour les familles par une équipe de chrétiens orthodoxes, les éditions du Cerf, 1979, 192.

mardi 29 mars 2011

Saint Léon le Grand, homélie pour le carême


5ème siècle

"Il voulait prémunir..." : le Seigneur veut nous prémunir contre la tristesse, il veut nous prémunir contre la souffrance... Il veut que sa beauté soit notre joie, que sa gloire (joie lumineuse de Dieu) soit aussi notre gloire. Mais combien souvent nous recevons la lumière pour nous complaire dans les oeuvres d'obscurité ! "La lumière qui éclaire tout homme..." Puisse-t-elle, cette lumière être la joie de notre coeur, la joie de notre corps... Ne savons-nous pas que notre corps de baptisé est lumineux lui aussi ? Transfigurés avec le Christ pourquoi ne laissons-nous pas apparaître notre lumière aux yeux du monde, puisqu'elle est SA lumière, au lieu de dissimuler cette lumière par nos enfermements ?


Le Carême n'est pas un temps de tristesse, mais un temps où progressivement se révèle la lumière de la Résurrection pour qu'éclate à Pâques la gloire de Dieu aux yeux du monde. Mais cette lumière éclaire déjà l'horizon. Elle peut déjà irradier nos coeurs et nos corps si nous ne nous fermons pas à l'éclat de Dieu, insoutenable pour ceux qui se détournent, transfigurant pour ceux qui, comme Jacob, acceptent le corps à corps.


Persévérons dans l'espérance, tandis que retentit la voix du Père, et contemplons, même si c'est encore comme dans un miroir, la lumière de Dieu...


Homélie Carême, 51, 3-4,8

mercredi 23 mars 2011

Abbé Jean Compazieu, l'Annonciation


Isaïe 7,10-14 ; 8, 10
Ps 39,7-8a; 8b-9; 10, 11
Heb 10,4-10
Lc 1,26-38
Ce récit de l’Annonciation, nous le connaissons bien. C’est l’instant divin qui bouleversa l’humanité : L’ange Gabriel se rendit chez Marie pour lui annoncer qu’elle avait été choisie pour être la mère de son Fils. Marie répond librement : « Je suis la servante de Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »

Nous aussi nous sommes tous choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse, sa justice. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. L’Esprit Saint nous inspire. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire « oui ». A l’instant où nous disons oui, l’amour surgit comme un ras de marée emportant tout sur son passage. C’est une aventure magnifique qui commence. Il n’y a pas de plus grand honneur que d’être les serviteurs de l’amour.

Acceptions-nous la venue du Christ en nous et dans notre vie ? De notre oui dépendra notre futur éternel et la subite transformation de notre esprit et notre quotidien. Porter Dieu en soi et l’offrir au monde a pour conséquence une joie que nul ne peut nous ôter.

Comme la Vierge Marie, Quel que soit notre âge et notre état de santé, Dieu nous confie une mission. Il a besoin de nous et de notre accord. Ne craignons pas : Cette mission est tournée vers le bonheur, le nôtre et celui des hommes. Vivre sous le regard de Dieu c’est savoir que l’on avance avec Jésus et Marie sur un chemin grandiose. Ce chemin nous conduit là où ils sont déjà, dans le ciel de bonheur et de gloire. C’est là qu’ils nous attendent…Le Carême est là pour nous apprendre à dire le « oui » de Marie ; il est celui de notre baptême. Et en même temps, nous devons continuellement nous l’approprier, le développer, le faire pénétrer dans tous les recoins de notre existence. Marie a accompagné Jésus jusqu’au bout de son chemin terrestre. Soyons sûrs qu’elle nous portera jusqu’au bout de notre effort.

Prière de St Bernard
MARIE
Que son nom ne quitte pas tes lèvres,
qu’il ne quitte pas ton coeur.
En suivant Marie,
on ne dévie pas,
on ne désespère pas ;
Si elle te protège,
tu ne craindras pas ;
Si elle te guide,
tu ne connaîtras pas la fatigue.
Si elle est avec toi,
tu es sûr d’arriver au but.
Et quand les vents de la tempête se lèvent,
regarde l’Étoile qui s’appelle MARIE.
http://dimancheprochain.org

lundi 14 mars 2011

St Théophile d'Antioche, conversion du regard


Evêque d’Antioche au IIe siècle (+ 181)

Il était évêque de cette ville sous l'empereur Marc Aurèle.
Païen converti, de formation grecque et de vaste culture.

Originaire d'une famille grecque des rives de l'Euphrate, il reçut une excellente éducation classique.

Il se convertit à la lecture des Saintes Écritures.

Élu évêque d'Antioche, il gouverna cette métropole de l'Orient en défenseur de la Foi.

Nous avons de lui trois livres dédié à un païen, Autolycos.





"Si tu me dis: montre-moi ton Dieu, je te répondrai: montre-moi ton âme. Dieu se montre à ceux qui ont les yeux de l'âme grand ouvertsSi tu me dis : Montre-moi ton Dieu, je pourrais te répondre : Montre-moi l'homme que tu es, et moi je te montrerai mon Dieu. Montre donc comment les yeux de ton âme regardent, et comment les oreilles de ton coeur écoutent.

Ceux qui voient avec les yeux du corps observent ce qui se passe dans la vie et sur la terre; ils discernent la différence entre la lumière et l'obscurité, le blanc et le noir, le laid et le beau; entre ce qui est harmonieux, bien proportionné, et ce qui manque de rythme et de proportion; il en est de même pour ce qui tombe sous le sens de l'ouïe : sons aigus, ou graves, ou agréables. On pourrait, de la même façon dire des oreilles du coeur et des yeux de l'âme qu'il leur est possible de saisir Dieu.

Dieu, en effet, est perçu par ceux qui peuvent le voir, après que les yeux de leur âme se sont ouverts. Tous ont des yeux, mais certains ne les ont que voilés et ne voient pas la lumière du soleil. Si les aveugles ne voient pas, ce n'est pas parce que la lumière du soleil ne brille pas. C'est à eux-mêmes, et à leurs yeux, que les aveugles doivent s'en prendre; De même toi : les yeux de ton âme sont voilés par tes fautes et tes actions mauvaises.

L'homme doit avoir une âme pure, comme un miroir brillant. S'il y a de la rouille sur le miroir, l'homme ne peut plus y voir son visage. Ainsi, lorsqu'il y a une faute dans l'homme, cet homme ne peut plus voir Dieu.

Mais si tu le veux, tu peux guérir. Confie-toi au médecin et il opérera les yeux de ton âme et de ton coeur. Qui est ce médecin? C'est Dieu qui guérit et vivifie.

http://ch.dedreuille.pagesperso-orange.fr/pardon2.html
Théophile d'Antioche, extrait lettre à Autolycus, Livre des jours, P. 249.

lundi 7 mars 2011

Césaire d'Arles pour le Carême, extrait sermon 37


En 543 meurt Césaire,
moine et évêque du diocèse d’Arles.
Né vers 470 près de Chalon-sur-Saône,
Césaire partit à l’âge de vingt ans
au monastère de l’île de Lérins,
où il fut initié à la vie monastique.
En raison de ses excès en matière d’ascèse,
il fut contraint de se retirer à Arles,
auprès de l’évêque Eon,
qui lui confia la direction d’un monastère.
À la mort d’Eon, en 503,
Césaire fut élu pour le remplacer
dans l’administration du diocèse.

Prédicateur passionné de l’Évangile,
Césaire s’employa avec insistance

à transmettre aux prêtres et aux fidèles
son amour pour la parole de Dieu ;
homme de grand discernement,
il présida plusieurs synodes importants des Églises de Gaule et donna son élan à la vie monastique.

Dieu te dit : ce n'est pas moi qui tire de toi ma croissance, mais toi de moi. Je veux un sacrifice qui soit utile à l'homme, et s'il me parvient c'est parce qu'il t'est utile. Tu peux me dire : Je n'ai rien à donner à l'indigent, je ne peux pas jeûner fréquemment et m'abstenir de vin ou de viandes. Mais peux-tu me dire que tu ne peux avoir la charité ? Elle qu'on possède d'autant plus pleinement qu'on la dispense totalement.

De meilleur marché qu'un verre d'eau froide, il n'y a que la bonne volonté... Mais peut-être ai-je tort de dire que la bonne volonté est ce qu'il y a de meilleur marché ? oui, car elle est plus chère que tout et il a tout, celui qui a la bonne volonté. La bonne volonté, en effet, s'appelle charité.

Remarquez, frères, que l'aumône de la charité, sans être accompagnée de dons matériels, peut se suffire à elle-même, tandis qu'un don matériel qui n'émane pas d'un cœur bienveillant n'a pas de valeur. Ainsi, comme vous le voyez vous-mêmes, frères très aimés, pour la rémission de tous nos péchés, si l'on ne possède pas de biens terrestres, la charité et l'amour des ennemis sont plus que suffisants ; et à cet égard, nous n'aurons aucune excuse, au jour du jugement : personne ne pourra dire qu'il n'a pas eu de quoi racheter ses péchés.
Sermon 37, 1. 38,5 182, 3. in Verbum Caro, 90, Les Presses de Taizé, 1969. pp. 74-75

Lecture

Sœurs, quand vous travaillez en équipe, que l’une de vous fasse la lecture aux autres jusqu’à dix heures du matin ; le reste du temps, il ne faudra pas interrompre la méditation de la Parole de Dieu et la prière intérieure. Ayez un seul cœur et une seule âme dans le Seigneur ; ayez tout en commun, comme il est rapporté dans les Actes des Apôtres.Puis quand vous priez Dieu par des psaumes et des hymnes, que ce que vos voix prononcent se reflète dans votre cœur ! Quelles que soient vos occupations, quand vous n’y êtes pas adonnées à la lecture, méditez encore et toujours tel ou tel passage des divines Écritures.
Césaire d’Arles, Statuts des saintes vierges 20 et 22.

mardi 1 mars 2011

Mère Isabelle, prière, oraison, présence à Dieu



Mère Isabelle
de Clermont-Tonnerre,
fondatrice
des soeurs Orantes de l'Assomption,
en 1916,
dans le jardin,
de la communauté,
11 Rue Desbordes Valmore
75016 PARIS

Le 6 mars, nous fêtons
les 163 ans de sa naissance
(6 mars 1849
à Glisolles dans l'Eure).
Quelques extraits de ses enseignements :
La prière n'est pas un exercice réglé : la prière est notre vie toute entière... Elle doit aboutir à ce qu'on appelle "le simple regard'. Alors l'âme vit avec Dieu, vit près de lui, et Dieu vit en elle ; c'est une prière, un recueillement interrompu...
Instruction au chapitre, 24 juillet 1920
Nous arrivons peu à peu dans l'oraison à ne faire en quelque sorte qu'un même esprit avec Dieu. C'est l'effet que l'oraison doit produire dans l'âme. Que notre âme n'ait pas d'autre aspiration que celle que Dieu lui donne. Nous devons toujours nous conformer à la pensée de Dieu dans l'oraison. L'oraison est comme une communion dans laquelle Notre-Seigneur nous assimile à Lui, pourvu que nous soyons dans les dispositions voulues. Il ne suffit pas de se présenter devant Dieu pour faire son oraison, il faut y aller avec le désir d'apprendre son devoir. C'est une étude de Jésus-Christ. Il faut voir comment faisait Jésus-Christ ; quels étaient ses sentiments, nous conduire selon Lui, conformer nos pensées, nos sentiments, nos paroles aux siennes. C'est sous l'influence du Saint-Esprit que cela doit se passer...
Instruction au chapitre, 2 août 1919.

Il y a deux formes de présence de Dieu : la forme de l'amour envers Notre-Seigneur, forme de la tendresse, de l'union de l'Epoux avec l'épouse qui lui dit qu'elle veut partager sa vie, adorer ses mystères, les approfondir de manière à ce que sa vie ressemble à la sienne afin de montrer à Notre-Seigneur qu'Il n'est pas venu en vain sur la terre. Cette présence de Dieu est toute naturelle à des religieuses qui pensent à Lui avec un grand amour. Il y a une autre forme de la présence de Dieu : c'est celle de la reconnaissance des droits de Dieu sur nous. Tous les droits de Dieu sont absolument méconnus dans le monde maintenant. Nous n'avons pas le droit de les méconnaître, nous devons être soigneuses des droits de Dieu. Dans le commencement, Saint Michel a défendu les droits de Dieu contre les anges rebelles. Nous devons être, sur la terre, les anges qui défendent les droits de Dieu au prix de nos efforts, de nos labeurs, de nos sacrifices, en accomplissant nos devoirs. Par le temps qui court on a très peu la dévotion du devoir : ce qu'on doit faire, ce qu'on doit éviter, les règles générales établies par Dieu. Nous avons à protester contre les révoltes de l'univers envers Dieu. Nous le ferons par la fidélité à nos devoirs. Nous avons des devoirs d'état ; toutes nos pratiques ne sont pas obligatoires sous peine de péché. Il y a un devoir d'état qui est la reconnaissance des droits de Dieu sur nous...
Instruction au chapitre, 25 septembre 1919.