mercredi 24 février 2010

Silouane, La voie la plus courte pour arriver au salut



Staretz Silouane du Mont Athos
http://www.mariedenazareth.com/

1866-1932, mystique russe orthodoxe


Starets Silouane écrit :

Voici la voie la plus courte et la plus facile pour arriver au salut :

Sois obéissant, sobre, ne juge personne, garde ton esprit des mauvaises pensées ; pense que tous les hommes sont bons et que le Seigneur les aime. Pour ces pensées humbles, la grâce du Saint Esprit vivra en toi, et tu diras : « Le Seigneur est bon ».

Mais si tu juges les autres, si tu murmures et que tu aimes accomplir ta propre volonté, alors, quand bien même tu prierais beaucoup, ton âme s’appauvrira et tu diras « le Seigneur m’a oublié ». Mais ce n’est pas le Seigneur qui t’a oublié.

Archimandrite Sophrony, Starets Silouane, moine du Mont Athos, Vie – Doctrine – Ecrits – Edition Présence, Belley, 1982, 304.


mardi 16 février 2010

St Léon le Grand, mercredi des cendres

Le mercredi des Cendres : Mt 6,1-6 - Mt 6,16-18

Commentaire du jour de

Saint Léon le Grand (?-v. 461)
 pape et docteur de l'Église


« C'est maintenant le jour favorable, c'est maintenant le jour du salut » , 2Co 6, 2

« Voici maintenant le jour du salut ! » Certes, il n'est pas de saison qui ne soit pleine des dons divins ; la grâce de Dieu nous ménage en tout temps l'accès à sa miséricorde. Pourtant, c'est maintenant que tous les coeurs doivent être stimulés avec plus d'ardeur à leur avancement spirituel et animés de plus de confiance, car le jour où nous avons été rachetés nous invite, par son retour, à toutes les oeuvres spirituelles. Ainsi célébrerons-nous, le corps et l'âme purifiés, le mystère qui l'emporte sur tous les autres : le sacrement de la Pâque du Seigneur.

De tels mystères exigeraient un effort spirituel sans défaillance..., en sorte que nous demeurions toujours sous le regard de Dieu, tels que devrait nous trouver la fête de Pâques. Mais cette force spirituelle n'est le fait que d'un petit nombre d'hommes ; pour nous au milieu des activités de cette vie, par la faiblesse de la chair, le zèle se détend... Pour rendre la pureté à nos âmes, le Seigneur a donc prévu le remède d'un entraînement de quarante jours, au cours desquels les fautes des autres temps puissent être rachetées par les bonnes oeuvres et consumées par les saints jeûnes... Prenons donc soin d'obéir au commandement de l'apôtre Paul : « Purifiez-vous de toute souillure de la chair et de l'esprit », 2 Co 7,1.

Mais que notre manière de vivre soit en accord avec notre abstinence. Le tout du jeûne n'est pas dans la seule abstention de nourriture ; il n'y a aucun profit à soustraire les aliments au corps si le coeur ne se détourne pas de l'injustice, si la langue ne s'abstient pas de la calomnie... Ce temps, c'est celui de la douceur, de la patience, de la paix...; aujourd'hui, que l'âme forte s'habitue à pardonner les injustices, à compter pour rien les affronts, à oublier les injures... Mais que la retenue spirituelle ne soit pas triste ; qu'elle soit sainte. Qu'on n'entende pas le murmure des plaintes, car à ceux qui vivent ainsi la consolation des joies saintes ne manqueront jamais.

Quatrième sermon pour le Carême, 1-2 , trad. SC 49 bis, p. 101 rev.



http://www.levangileauquotidien.org/main

mardi 9 février 2010

St Benoît de Nursie, L'appel à la conversion


L'enfant prodique ou le père miséricordieux.


Bartolomé Esteban Murillo.
Le Retour du fils prodigue. 1670-74.
The National Gallery
of Art Washington, USA.



Extrait du Prologue de la Règle de saint Benoît de Nursie (vs. 8-18, 35-38).

Levons-nous donc enfin, l'Écriture nous y invite : "L'heure est venue, dit-elle, de sortir de notre sommeil", Rm 13,11. Les yeux ouverts à la Lumière déifiante, les oreilles frappées du tonnerre, écoutons la voix puissante de Dieu qui chaque jour nous presse : "Aujourd'hui, écoutez Sa voix, n'endurcissez pas votre coeur", Ps 95,8. Et encore "Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises", Ap. 2,7. Et que dit-Il? "Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur", Ps 34,12. "Courez tant que la vie vous éclaire, pour que les ténèbres de la mort ne vous enveloppent pas", Jn 12,35. Et le Seigneur, se cherchant un ouvrier dans la multitude, dit encore : "Quel est l'homme qui veut la vie?" , Ps 33,13. Si tu L'entends et réponds "me voici," Dieu te dit "Veux-tu la vraie vie, l'éternelle?" Alors "garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles trompeuses. Détourne-toi du mal et fais le bien, cherche la paix avec ardeur et persévérance" , Ps 33,14-15. Et quand vous agirez de la sorte, Je poserai les yeux sur vous, Je prêterai l'oreille à vos prières, "et avant même que vous ne M'invoquiez, Je vous dirai: Me voici", Ps 33,16.


[..]

Ceci dit, le Seigneur attend de nous que, chaque jour, nous répondions à ses saints conseils par des actes. Car les jours de cette vie nous sont concédés comme un sursis en vue de l’amendement de notre mauvaise conduite, selon le mot de l'Apôtre : "Ne sais-tu pas que la patience de Dieu t’est donnée pour t’amener à changer de vie?", Rom. 2,4. Car le Seigneur dit dans Sa tendresse : "Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive", Éz. 18, 23; 33, 11.

lundi 1 février 2010

L'appel de la basse-cour, réflexion pour ce carême


Une volée de canards sauvages se déplaçait en formation, gagnant le sud à l’occasion de l’hiver. Les canards sauvages formaient un superbe V dans le ciel. Ils étaient admirés par tous ceux qui les voyaient en levant le regard.

Un jour, Daffy, l’un des canards sauvages en formation, aperçut quelque chose au sol, qui l’intrigua. C’était une basse-cour avec toute une quantité de canards apprivoisés qui vivaient dans une ferme. Ils marchaient en se dandinant, émettaient leur coin-coin joyeusement et se nourrissaient du grain qui leur était distribué sur le sol chaque jour. Daffy fut séduit par ce qu’il voyait. « Ce serait agréable d’avoir ainsi des grains à sa disposition chaque jour, au lieu de se fatiguer comme nous le faisons. Et si j’allais me dandiner avec eux pendant un moment ».

Après avoir réfléchi, le canard sauvage finit par quitter la formation en V de ses congénères, fit un grand tour vers la gauche, et se dirigea vers la basse-cour. Comme les canards domestiques, il se dandina, couina, et mangea les grains sur le sol. Les canards sauvages continuaient leur course vers le sud ; mais Daffy ne s’en souciait pas, trop content d’avoir ainsi de la nourriture facile. « Je les rejoindrai quand ils repasseront en sens inverse pour aller vers le nord », se dit-il.

Plusieurs mois plus tard, c’est ce qui arriva. Les canards sauvages en formation, en V, passaient au-dessus de la basse-cour pour regagner le nord. Ils étaient toujours aussi beaux à voir. Daffy les vit ; il était d’ailleurs fatigué de la vie en basse-cour. « C’est le moment de partir », se dit-il.

Daffy secoua ses ailes de toutes ses forces pour rejoindre les canards sauvages. Mais il avait pris du poids à force de manger des grains sur le sol ; et il n’avait pas exercé ses ailes depuis des lustres. Ayant avec peine rejoint le groupe en formation, il n’arriva pas à les suivre. Le rythme était trop soutenu. Il abandonna et regagna la basse-cour, en se disant : « Je réessayerai dans quelques mois lorsqu’ils redescendront à nouveau vers le sud ».

Mais quelques mois plus tard, il fut encore moins capable de rejoindre ses congénères lorsqu’ils passèrent au-dessus de la basse-cour. Il n’avait simplement plus la force.

Tous les six mois, il vit alors passer au-dessus de sa tête ses anciens amis, sans se soucier vraiment de les rejoindre. Il ne les remarquait qu’à peine. Après tout, il était devenu un canard domestique.

Nous sommes parfois fatigués d’être des canards sauvages et il n’est pas toujours facile de nous discipliner pour voler dans les hauteurs. De la même manière, c’est quelque fois fatiguant et ce n’est pas toujours très simple de désirer suivre le Christ. Le malin  nous tente, et nous attire avec les « avantages » supposés de la basse-cour.


Regardez ce qui est arrivé à Daffy. Il croyait n’expérimenter la basse-cour que pendant un laps de temps limité. Mais il a été piégé de manière durable. Le péché est ainsi. C’est un piège, dont il n’est pas toujours facile de s’échapper…


Mais nous pouvons compter sur le Christ, sur sa victoire et sur son pardon !

blogperelhirondel.pelerin.info

mercredi 27 janvier 2010

Saint Bernard, La sagesse consiste pour toi

    Canal Chateaulin 29
                                               
La sagesse consiste pour toi
à jouer le rôle d’un bassin
et non pas d’un canal.

Un canal rend presqu’immédiatement
ce qu’il recoit.

Un bassin, au contraire,
attend d’être rempli
pour communiquer sans dommages
ce dont il surabonde…

Laisse-toi combler par Dieu
avant de pouvoir partager
avec les autres.

Saint BERNARD, Sermon XVIII, Cant 17.

mardi 19 janvier 2010

Athanase d'Alexandrie, le livre des psaumes

Athanase d’Alexandrie (295-373), évêque, Père de l’Eglise
                                                      
   Lettre à Marcellin


"Le livre des psaumes a une certaine grâce propre et réclame une attention toute spéciale. Outre ce qu'il possède de commun avec les autres ouvrages de la Bible, il a en propre de receler tous les mouvements de l'âme, ses changements et ses redressements, convenablement exprimés et montrés... A celui qui court après la vertu et veut savoir comment Notre Seigneur s'est conduit durant sa vie mortelle, ce livre divin rappelle en priorité ce que sont les mouvements de l'âme... Dans l'affliction, sa lecture apporte une grande consolation; dans la tentation et la persécution, on en tire une plus grande résistance et l'on est protégé par le Seigneur qui a protégé l'auteur du psaume... Dans le péché, on rentre en soi-même et l'on renonce; sans péché, on se trouve dans la joie parce qu'on tend vers les biens qui nous sont offerts. Dans la lutte, le chant des psaumes procure la force... Qu'ils soient aussi l'objet de ton occupation; lis-les avec sagesse et tu pourras, conduit par l'Esprit, comprendre le sens propre de chacun. Tu imiteras la vie des saints qui, portés par la vie de Dieu, ont écrit ces textes."

mercredi 13 janvier 2010

St Augustin, Mystère du Verbe incarné





 Comme Tu nous as aimés, Père bienveillant. Tu n’as pas épargné Ton Fils unique, mais Tu L’as livré pour nous, les incrédules. Tu nous as tant aimés. C’est pour nous que Lui, qui sans usurpation se tenait pour ton égal, s’est soumis jusqu’à mourir en croix ; Lui, le seul qui fût libre entre les morts. Il avait le pouvoir de déposer sa vie, et le pouvoir de la reprendre. Pour nous, Il s’est fait devant Toi à la fois victorieux et victime, victorieux parce que victime. Il s’est fait pour Toi à la fois prêtre et sacrifice, prêtre parce que sacrifice. Pour Toi, Il fait de nous, Tes serviteurs, des fils. En naissant de Toi, Il est devenu notre serviteur.

Avec Lui et en Lui, j’ai le ferme espoir que Tu guériras toutes mes maladies, par Celui qui est assis à Ta droite, qui intercède pour nous auprès de Toi.

Sinon, je serais au désespoir. Mes maladies sont si nombreuses, si graves. Mais ton remède est plus fort encore. Nous aurions pu penser que Ta Parole n’était pas prête de s’unir à l’humanité, et désespérer de nous s’Il n’avait pris chair et habité parmi nous.

Atterré par mes fautes et ma misère, le cœur troublé, j’avais fait le projet de fuir dans la solitude. Mais Tu m’en as empêché et Tu m’as rendu des forces en disant : 2 Co 5, 15 ‘Christ est mort pour tous, pour que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort pour eux’.

Voilà, Seigneur, je jette en Toi mon souci. Je vais regarder les merveilles de Ta Loi. Tu connais mon ignorance et ma faiblesse. Instruis-moi et guéris-moi. Ton Fils unique, en qui se trouvent cachés tous les trésors de la sagesse et de la science, m’a racheté de son sang. Que les puissants cessent de m’injurier, car je pense à Lui, ma rançon, je Le mange et je Le bois et je L’offre à tous. Dans ma pauvreté, je veux me rassasier de Lui, avec ceux qui s’en nourrissent et se rassasient. Oui,

Ps 22,27 ‘Ils loueront le Seigneur, ceux qui Le cherchent’

Confessions 10,43,69-70

mercredi 6 janvier 2010

St Grégoire le Thaumaturge, Il parlait et il bénissaite Dieu



St Grégoire le Thaumaturge,
Evêque de Néocésarée
vit le jour vers 214,
mort vers 275





homélie de St Grégoire le Thaumaturge

« Il parlait et il bénissait Dieu »


Auteur: Didier Paravel
Chorêvêque de l'Eglise d'Antioche

Jean Baptiste disait : En ta présence, Seigneur Jésus, je ne peux pas me taire, car « je suis la voix, et la voix de celui qui crie à travers le désert : préparez le chemin du Seigneur. C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » (Mt 3,3.14)

Moi, quand je suis né, j’ai effacé la stérilité de celle qui m’enfantait ; et quand j’étais un tout nouveau-né, j’ai porté remède au mutisme de mon père en recevant de toi la grâce de ce miracle. Mais toi, né de la Vierge Marie de la manière que tu as voulue et que tu es seul à connaître, tu n’as pas effacé sa virginité, tu l’as protégée en lui ajoutant le titre de mère ; ni sa virginité n’a empêché ton enfantement, ni ton enfantement n’a souillé sa virginité. Ces deux réalités incompatibles, l’enfantement et la virginité, se sont rejointes en une harmonie unique, ce qui est à la portée du Créateur de la nature.

Moi, qui suis un homme, je ne fais que participer à la grâce divine ; mais toi, tu es à la fois Dieu et homme, parce que tu es par nature l’ami des hommes.

mardi 29 décembre 2009

Venir à la lumière, St Grégoire de Naziance


St Grégoire de Naziance

330-390

Evêque, Docteur de l'Eglise

Nous te bénissons, Père des lumières,
Christ, Verbe de Dieu, splendeur du Père,
Lumière de lumière, et source de lumière,
Esprit de feu, souffle du Fils comme du Père.

Trinité Sainte, lumière indivisée,
Tu dissipas les ténèbres pour créer
Un monde lumineux, d'ordre et de beauté,
Qui porterait ta ressemblance.

De raison et sagesse tu éclairas l'homme,
L'illuminas du sceau de ton image,
Pour que dans ta lumière, il vît la lumière (Ps 36,10)
Et tout entier devînt lumière.

Tu fis briller au ciel d'innombrables lumières,
Ordonnas au jour et à la nuit
De s'entendre à se partager le temps
Tour à tour, paisiblement.

La nuit met fin au travail du corps fatigué,
Le jour appelle aux oeuvres que tu aimes,
Nous apprend à fuir les ténèbres, à nous hâter
Vers ce jour qui n'aura pas de nuit.

Hymne 32, PG 37, 511-512.

mardi 22 décembre 2009

J'avais devant les yeux les ténèbres, Victor Hugo






icône de la Mère de Dieu


son histoire sur



http://spiritualite-orthodoxe.blogspot.com/






J'avais devant les yeux les ténèbres.

L'abîme
qui n'a pas de rivage et qui n'a pas de cime
était là, morne, immense et rien n'yremuait.
Je me sentais perdu dans l'infini muet.


Au fond, à travers l'ombre, impénétrablevoile,
on apercevait Dieu comme une sombre étoile.


Je m'écriai : Mon âme! Mon âme! il faudrait,
pour traverser ce gouffre où nul bord n'apparaît,
et pour qu'en cette nuit jusqu'à ton Dieu tu marches,
bâtir un pont géant sur des millions d'arches.


Qui le pourra jamais ? Personne! Ô deuil !Effroi !
Pleure ! - Un fantôme blanc se dressa devant moi
pendant que je jetais sur l'ombre un oeil d'alarme,
et ce fantôme avait la forme d'une larme ;


C'était un front de vierge avec des mains d'enfant,
Il ressemblait au lys que sa blancheur défend ;
ses mains en se joignant faisaient de la lumière.
Il me montra l'abîme où va toute poussière,
Si profond que jamais un écho n'y répond,
et me dit : - Si tu veux, je bâtirai le pont.


Vers le pâle inconnu je levai ma paupière.
Quel est ton nom ? lui dis-je. Il me dit : - la prière

Victor Hugo (1802-1885)

mardi 15 décembre 2009

St Athanase d'Alexandrie, un ruisseau a jailli


icône grecque
Né à Damanhour
près d'Alexandrie d'Égypte
en 298,

consacré évêque en 328,
appelé dans la liturgie copte " l'apostolique ",
ses titres de gloire sont innombrables :
phare de l'Orient,
colonne de la foi,
défenseur du Concile de Nicée.
Il meurt le 2 mai 373

Le Verbe s'est fait "porteur de chair"
pour que les hommes
puissent devenir "porteur de l'Esprit".


Un ruisseau a jailli.
Il est devenu un torrent, (...)
Il a inondé l'univers,
il l'a emporté vers le Temple.
Obstacles et digues n'ont pu l'arrêter.

(...)

Il est venu sur toute la surface de la terre
et l'a remplie entièrement.
Ils ont bu, tous les assoiffés,
et leur soif a été étanchée
car le Très-Haut a donné le breuvage.

(...)

Ils vivent pour l'eau vivante
pour l'éternité.Alleluia !


Athanase d'Alexandrie,
Odes de Salomon, 6 p. 53
Olivier Clément, Sources,
Les mystiques chrétiens des origines,
textes et commentaires, Stock.

jeudi 10 décembre 2009

St Augustin, cherche au-dessus de nous


St Augustin, hospice de Simplon,
Klaus et Barbara Kegelmann
Habillé en apôtre greco-romain
il écrit les premiers mots de sa règle de vie qu'il donna aux clercs
Saint Augustin Les Confessions, X, VI, 9

J’ai interrogé la terre et elle a dit : "Ce n’est pas moi." Et tout ce qui est en elle a fait le même aveu. J’ai interrogé la mer, les abîmes, les êtres vivants qui rampent. Ils ont répondu : "Nous ne sommes pas ton Dieu ; cherche au-dessus de nous."

J’ai interrogé les brises qui soufflent ; et tous les espaces aériens ont dit avec ceux qui les habitent : "Anaximène se trompe : je ne suis pas Dieu."

J’ai interrogé le ciel, le soleil, la lune, les étoiles : "Nous non plus nous ne sommes pas le Dieu que tu cherches", disent-ils.

Et j’ai dit à tous les êtres qui entourent les portes de ma chair : "Dites-moi sur mon Dieu, puisque vous vous ne l’êtes pas, dites-moi sur lui quelque chose." Ils se sont écriés d’une voix puissante : "C’est lui même qui nous a faites."

Mon interrogation c’était mon attention ; et leur réponse, leur beauté.

jeudi 3 décembre 2009


en silence

avec la Parole de Dieu

- enseignement et



accompagnement spirituel


- prière liturgique avec la communauté


Retraite en week-end
du vendredi 19h au dimanche après 14h

18 au 20 décembre
15 au 17 janvier 2010
19 au 21 février
19 au 21 mars
16 au 18 avril
21 mai au 24 mai
18 juin au 20 juin

Retraite de 3 ou 7 jours
Pour entrer en carême

du samedi 20 février 19 h
au samedi 27 février après-midi

dans la lumière de la Résurrection avec les Actes des Apôtres
du samedi 17 avril 19 h
au samedi 24 avril après-midi

avec Saint Luc
du samedi 3 juillet 19 h
au samedi 10 juillet après-midi

Retraite en ligne :

parcours guidé dans les évangiles du temps liturgique

pendant l’Avent
du dimanche 29 novembre à Noël

pendant le Carême
du mercredi des Cendres 17 février
au dimanche de Pâques 4 avril


La méthode proposée prend en compte
le temps dont dispose le retraitant.

Vivre le Triduum Pascal avec la communauté des Orantes
du Jeudi Saint 1er avril
au dimanche de Pâques 4 avril

Possibilité de retraite individuelle
avec ou sans accompagnement

Pour d'autres périodes, renseignez-vous.

Enseignement spirituel
aux groupes qui le souhaitent

Orantes de l’Assomption
Chemin de Noncienne
78830 BONNELLES
Tél 09 50 82 89 42
Email monique.giroux@laposte.net


L'argent ne doit pas être un obstacle,
Si vous avez une difficulté financière
partagez-la au moment de l'inscription

lundi 30 novembre 2009

Anniversaire de la fondation des Orantes de l'Assomption, 8 décembre...



8 décembre 1896
8 décembre 2009

fondation

chez les Oblates de l’Assomption
14 Rue Berton 75016 PARIS


En 1913-1914, Mère Isabelle lit
le journal dans le jardin
de la communauté
Rue Desbordes-Valmore, N° 11,
75016 PARIS

Notre âme a une histoire et cette histoire est faite de toutes les fluctuations de notre vie intérieure. L’effort nous est souvent recommandé ; néanmoins, sachez que la vie intérieure n’est pas une vie d’effort, mais une vie de simplicité (...). Parler à Dieu, penser à Dieu devrait être la respiration de notre âme, et nous devrions aller tout simplement à Dieu. En premier lieu, la vie intérieure est donc une vie de simplicité.

Ensuite, c’est une vie de fidélité parce que nous devons obéir aux moindres touches de la grâce. Dès que Dieu donne une lumière, il faut la suivre aussitôt ; si nous ne la suivons pas, il nous arrive ordinairement un grand détriment ; la lumière passe, elle est longtemps parfois avant de revenir, et quelque fois, elle ne revient pas. C’est une grâce perdue, un progrès que nous n’avons pas accompli, que nous n’accomplirons jamais (...).

Il faut avoir l’ouïe fine pour écouter le Saint Esprit. La condition pour le bien écouter, c’est de songer à cette purification de l’âme que Dieu poursuit par tous les moyens. Les sacrements sont des moyens, les sacramentaux aussi, comme l’eau bénite, le signe de la croix, etc, qui peuvent effacer nos fautes, nos infidélités. Ayons toujours cette pensée de nous purifier, sans y mettre de scrupule, mais en ôtant de nous tout ce qui serait un obstacle au passage de la lumière.

(...) Trois choses sont nécessaires à la vie intérieure : simplicité, fidélité, purification qui permettront à la lumière de Dieu de pénétrer en nous sans obstacle.

Instruction de Mère Isabelle aux Orantes de l'Assomption, extrait, De la vie intérieure, 7 mars 1914.

mardi 24 novembre 2009

Jean Cassien, être vivifié par l'aliment des Ecritures, les psaumes

Jean Cassien naquit vers 350, selon les uns en Egypte, selon les autres en Scythie, suivant le plus grand nombre dans les Gaules. Il s'accoutuma, dès sa jeunesse, aux exercices de la vie ascétique, dans un monastère de Bethléem.La haute réputation de sainteté qu'avaient les solitaires qui habitaient les déserts de l'Egypte l'engagea, vers l'an 390, à aller les visiter. Il fut accompagné par Germain, son parent et son compatriote. Frappés l'un et l'autre des beaux exemples de vertu qu'ils avaient sous les yeux, ils passèrent plusieurs années dans la solitude de Scété et dans la Thébaïde. Ils allaient nu-pieds comme les moines du pays, étaient pauvrement vêtus, et n'avaient pour subsister que le travail de leurs mains. Leur vie était fort austère, et ils mangeaient à peine par jour 2 pains de 6 onces chacun.

En 403, ils se rendirent tous deux à Constantinople, et y entendirent les instructions que faisait saint Jean Chrysostome. Cassien fut ordonné diacre et employé au service de l'église de cette ville. Le saint archevêque ayant été exilé, Cassien et Germain allèrent à Rome. Ils étaient, au rapport de Pallade, porteurs des lettres dans lesquelles le clergé de Constantinople prenait la défense de son pasteur persécuté. Cassien fut élevé au sacerdoce dans l'Occident, après quoi il se retira à Marseille, où il fonda, vers 413, deux monastères, l'un pour les hommes et l'autre pour les femmes. Saint-Victor de Marseille (Sanctus Victor Massiliensis) est une très-ancienne et illustre abbaye qui passera quelques siècles après à l'Ordre de Saint-Benoît, double, comme nous venons de le faire remarquer. Celui des hommes fut bâti dans le lieu où était anciennement " la Confession " ; celui des femmes fut consacré sous le titre de Saint-Sauveur.
http://%20hodiemecum.hautetfort.com/archive/2008/07/23/...


Jean Cassien, conférence - les psaumes

CELUI qui est vivifié par l'aliment des Écritures dont il ne cesse de se nourrir, se pénètre à ce point de tous les sentiments exprimés dans les psaumes qu'il les récite désormais. non pas comme ayant été composés par le Prophète, mais comme s'il en était lui-même l'auteur, et comme une prière personnelle, dans les sentiments de la plus profonde componction du cœur: il estime du moins, qu'ils ont été faits exprès pour lui, et il reconnaît que ce qu'ils expriment ne s'est pas réalisé seulement autrefois par le ministère du prophète ou dans la personne du prophète, mais trouve encore tous les jours en sa propre personne son accomplissement.

C'est qu'en effet les divines Écritures se découvrent à nous plus clairement, et c'est leur cœur en quelque sorte et leur moelle qui nous sont manifestés, lorsque notre expérience, non seulement nous permet d'en prendre connaissance, mais fait que nous prévenons cette connaissance elle-même, et que le sens des mots ne nous est pas découvert par quelque explication, mais par l'épreuve que nous en avons faite. Le cœur pénétré des mêmes sentiments que ceux dans lesquels le psaume a été chanté ou composé, nous en devenons, pour ainsi dire, les auteurs; et nous en prévenons la pensée, plutôt que nous ne la suivons: nous saisissons le sens, avant d'en connaître la lettre.

Nous trouvons tous les sentiments exprimés dans les psaumes; mais, parce que nous voyons très clairement, comme dans un pur miroir, tout ce qui nous est dit, nous en avons une intelligence beaucoup plus profonde. Instruits par ce que nous sentons nous-mêmes, ce ne sont pas à proprement parler pour nous des choses que nous aurions apprises par ouï-dire, mais nous en palpons, pour ainsi parler, la réalité, pour les avoir perçues à fond: elles ne nous font pas l'effet d'être confiées à notre mémoire, mais nous les enfantons du fond de notre cœur, comme des sentiments naturels et qui font partie de notre être; ce n'est pas la lecture qui nous fait pénétrer le sens des paroles, mais l'expérience acquise auparavant. Par cette voie, notre âme parviendra à la pureté de la prière qui non seulement ne s'occupe à la considération d'aucune image, mais encore ne s'exprime ni par la parole ni avec des mots; mais jaillit dans un élan tout de feu, un ineffable transport. une impétuosité d'esprit insatiable. C'est alors que l'âme, ravie hors des sens et de tout le visible, épanche vers Dieu sa prière en des gémissements inénarrables et des soupirs.

www.servante-parole.net/index.php?...cassien...psaumes...cassien...

mardi 17 novembre 2009

Hilaire de Poitiers Christ-Roi


22 novembre 2009 Christ Roi

" Où se tiendra le trône éternel de Dieu ? Où sera son repos à tout jamais ? Où sera son temple pour qu'il y habite ? L'Apôtre Paul nous répond : le temple de Dieu, c'est vous ; en vous habite l'Esprit de Dieu. Voilà la maison et le temple de Dieu [...] Mais cette demeure, c'est Dieu qui l'édifie. Construite de main d'homme, elle ne durerait pas, ni même si elle était fondée sur les doctrines humaines. Nos vains labeurs et nos inquiétudes ne suffisent pas à la protéger. Elle repose sur les Prophètes et les Apôtres ; elle se construit sans cesse de pierres vivantes. Elle se développera jusqu'aux ultimes dimensions du corps du Christ. Sans cesse son édification se poursuit..." (Hilaire de Poitiers)


Hilaire est certainement le personnage le plus remarquable de l'histoire de Poitiers.Il vécu au 4ème siècle, la ville qui deviendra Poitiers s'appelait alors Lemonum, nous sommes en Gaule, les Royaumes Francs n'existent pas encore et l'administration est romaine.
Nous ne disposons pas d'informations certaines sur la plus grande partie de la vie d'Hilaire. Les sources antiques disent qu'il naquit à Poitiers, probablement vers l'année 310. Issu d'une famille de l'aristocratie gallo-romaine de la cité de Lemonum, il reçut une solide formation littéraire, bien évidente dans ses écrits. Il ne semble pas qu'il ait grandi dans un milieu chrétien. Lui-même nous parle d'un chemin de recherche de la vérité, qui le conduisit peu à peu à la reconnaissance de Dieu créateur et du Dieu incarné, mort pour nous donner la vie éternelle. Baptisé à 35 ans (vers 345), il est père de famille lorsqu'il devient évêque de la ville, élu par ses coreligionnaires autour de 353-354. Certaines sources (Robert Favreau, historien, spécialiste de l'histoire du Poitou) le présente comme le premier évêque de la ville ("Les évêques précédant Saint-Hilaire relèvent largement de la légende. Seul Agon paraît avéré."), sur
le site du diocèse de Poitiers il est présenté comme le 9ème.Au cours des années suivantes, Hilaire écrivit sa première œuvre, le Commentaire à l'Evangile de Matthieu. Il s'agit du plus ancien commentaire en langue latine qui nous soit parvenu de cet Evangile.

cf : lardeau.net

mercredi 11 novembre 2009

Patriarche ATHENAGORAS, 11 novembre


Le patriarche Athénagoras a joué un rôle déterminant dans l'évolution contemporaine de l'Église orthodoxe et du Mouvement œcuménique.Né dans l'Épire encore ottomane, il étudia à la faculté patriarcale de Halki puis devint secrétaire de l'évêque de Monastir, en Macédoine, pendant les guerres balkaniques et la Première Guerre mondiale. Il fit ainsi l'expérience de la diversité des hommes et des tragédies de l'histoire. Replié en Grèce en 1918, il fut désigné comme métropolite de Corfou et donna la mesure de ses qualités pastorales dans une des plus graves crises qu'ait connue la Grèce moderne en s'interposant entre la population de l'île et l'envahisseur italien, puis en assurant nourriture, logis, soins et travail aux réfugiés d'Asie Mineure.De 1931 à 1948, il fut archevêque de l'Église grecque d'Amérique : il la pacifia et l'organisa, établit de bonnes relations avec les présidents Roosevelt et Truman, acheva son apprentissage de l'universel. Élu patriarche de Constantinople, il se trouva bientôt dans la situation la plus précaire, la crise de Chypre exaspérant le nationalisme turc contre les Grecs orthodoxes d'Istanbul. Sa grandeur fut de transformer cette faiblesse historique en service désintéressé de l'unité chrétienne et de l'unité orthodoxe.[...], 1886-1972.



"La guerre la plus dure, c’est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’amour chasse la peur.
Je lâche prise devant la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes, jalousement crispé sur mes richesses.

J’accueille et le partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé à comparer. Ce qui est bon, vrai, réel, reste pour moi le meilleur.


Ainsi je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur.

Si l’on se désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu-Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible."


jpmc.neuf.fr/Citations/athenagoras.htm

mercredi 4 novembre 2009

Frère Jean, Mont Athos, le vide



Moine Orthoxe du Mont Athos



Le vide

Le vide n’est pas le rien,
le vide est le lieu vierge où Dieu se révèle.

Avoir un lieu vierge en soi pour le Repos Divin,
pour communier à sa Présence.

Le vide n’est pas le néant,
silence sans écho.

Le vide est la plénitude du centre de la Croix
qui unit sans confusion les deux pôles d’une même réalité.
On ne peut le décrire
que par la négation ou par son contour
sans jamais pouvoir le définir.
Il est ce « trou noir » au cœur de l’homme
qui s’ouvre vers un au-delà infini.
La pureté ne peut s’obtenir que par la qualité du vide.
Le vide
est la totalité de l’instant résumé dans l’être.

extrait, Moines d'Egypte

mardi 27 octobre 2009

St Grégoire le Grand, Offrir sa volonté




St Grégoire le Grand, évêque et pape

Aux yeux de Dieu, une main n'est jamais vide de présents si le coeur est plein d'un trésor de bonne volonté, ce qui fait dire au psalmiste : "En moi, Dieu, sont les voeux dont je m'acquitterai, louanges pour toi, Ps 55, 13. Cela revient à dire en clair : même si, au-dehors, je n'ai pas de présent à t'offrir, je trouve pourtant au-dedans de moi-même quelque chose à déposer sur l'autel de ta louange, car, si tu ne te nourris pas de nos dons, tu te laisses apaiser par l'offrande du coeur. On ne peut rien offrir à Dieu de plus précieux qu'une bonne volonté. Or la bonne volonté, c'est redouter les revers pour un autre comme pour nous-mêmes, nous réjouir du succès du prochain comme de notre propre réussite ; c'est croire nôtres les pertes d'autrui, compter comme nôtres ses profits ; c'est aimer un ami non pour le monde mais pour Dieu, supporter un ennemi jusqu'à l'aimer ; c'est ne faire à personne ce qu'on ne voudrait pas subir, ne refuser à personne ce qu'on est en droit de désirer ; c'est non seulement courir au secours de notre prochain selon nos forces, mais vouloir lui être utile au-delà même de nos forces."

Grégoire le Grand : Homélies sur l'Evangile, V, 3.

mardi 20 octobre 2009

Le secret de la mort, Khalil Gibran



Khalil Gibran est né en 1883, à Bécharré, au Liban, dans une très ancienne famille chrétienne. Il fut l'un des pionniers du réveil des lettres arabes à la fin du XIXe siècle.

Vous voudriez connaître le secret de la mort. Mais comment le trouverez-vous sinon en le cherchant dans le cœur de la vie ?
La chouette dont les yeux faits pour la nuit sont aveugles au jour ne peut dévoiler le mystère de la lumière.
Si vous voulez vraiment contempler l'esprit de la mort, ouvrez amplement votre cœur au corps de la vie. Car la vie et la mort sont un, de même que le fleuve et l'océan sont un.
Dans la profondeur de vos espoirs et de vos désirs repose votre silencieuse connaissance de l'au-delà;
Et tels des grains rêvant sous la neige, votre cœur rêve au printemps.
Fiez-vous aux rêves, car en eux est cachée la porte de l'éternité.

Car qu'est-ce que mourir sinon se tenir nu dans le vent et se fondre dans le soleil?
Et qu'est-ce que cesser de respirer, sinon libérer le souffle de ses marées inquiètes, pour qu'il puisse s'élever et se dilater et rechercher Dieu sans entraves ?

C'est seulement lorsque vous boirez à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.
Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez enfin à monter.
Et lorsque la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment.


Source : Khalil Gibran. Le prophète. Casterman, 1983.