dimanche 2 septembre 2012

Thérèse d'Avila, l'oraison 4/4


4.  La pluie abondante

Cette eau du ciel tombe souvent lorsque le jardinier y pense le moins. Dans les débuts, il est vrai ce n'est généralement qu'après une longue oraison mentale. Car le Seigneur, après avoir conduit de degré en degré ce petit oiseau, le place enfin dans le nid pour qu'il y repose. Il l'a vu voltiger pendant longtemps et s'aider de son intelligence, de sa volonté, de toutes ses forces enfin, pour chercher son Dieu et lui plaire ; Il veut lui donner une récompense même en cette vie ; et quelle récompense magnifique ! En un instant, l'âme est dédommagée de tous les travaux d'ici-bas, Vie 18,9.

L'âme sort de cette oraison et de cette union toute remplie d'une extrême tendresse pour Dieu. L'âme se sent animée d'un très grand courage. Elle donne déjà des signes qu'elle possède des trésors célestes ; elle brûle du désir de les distribuer ; et elle supplie le Seigneur de ne pas la laisser seule dans une telle abondance. Elle procure le bien spirituel du prochain, presque à son insu et sans rien faire par elle-même dans ce but ; mais les autres le comprennent, car les fleurs de son jardin répandent un tel parfum qu'ils désirent s'en approcher. Ils comprennent qu'elle est enrichie de vertus et comme elle, ils voudraient s'en nourrir, Vie 19,1-2.

Prière

 

Je suis vôtre, pour vous je suis née.
Que voulez-vous faire de moi ?
Si Vousle voulez, donnez-moi l'oraison,
Sinon, donnez moi les sécheresses ;
Si Vous le voulez, donnez-moi l'abondance de vos biens.
Sinon la disette.
Que demandez-Vous de moi ?

Que je me taise ou que je parle,
Que je fasse du bien ou que je n'en fasse pas,
Que la Loi ancienne me découvre mes plaies,
Ou que je goûte les douceurs de l'Évangile,
Que je sois dans la peine ou dans la joie,
Pourvu seulement que Vous viviez en moi
.
  

dimanche 19 août 2012

Thérèse d'Avila, l'oraison 3/4



Troisième manière : Amener l'eau soit d'une rivière, soit d'un ruisseau

S'il y a quelques fatigues à la diriger, l'arrosage cependant coûte beaucoup moins. Le Seigneur, en effet, veut aider si bien le jardinier, qu'il prend, pour ainsi dire, sa place et fait presque tout le travail…

L'âme est tellement abreuvée de l'eau de la grâce, qu'elle ne peut avancer, elle ne sait d'ailleurs comment, ni retourner en arrière : elle veut seulement jouir de cette gloire immense, Vie 15,1.

La volonté n'a qu'à accepter les faveurs dont elle jouit dans cet état, et à s'abandonner généreusement à tout ce que la véritable sagesse voudra opérer en elle,Vie 17,1.

Il faut alors ce me semble… s'abandonner entièrement entre les bras de Dieu, Vie 17,2.

mercredi 8 août 2012

Thérèse d'Avila, l'oraison 2/4

      
2. Tourner à l'aide d'une manivelle une noria garnie de godets

« Le jardinier, en faisant marcher une noria, puise une quantité d'eau plus grande et il se fatigue moins. La personne commence ici à se recueillir ; elle touche aux choses surnaturelles ; mais elle ne peut y parvenir par elle-même, malgré tous ses efforts. Je veux dire que l'eau est plus proche de nous, parce que la grâce se fait alors connaître à l'âme avec plus de clarté. Ceci est un recueillement des facultés pour jouir de ce contentement avec plus de saveur. Mais les facultés ne sont ni perdues, ni endormies. La volonté seule est occupée, sans savoir comment, à se rendre captive. Elle ne peut que donner son consentement, pour que Dieu l'emprisonne, assurée qu'elle est de devenir la captive de Celui qu'elle aime », Vie 14,2.

« Ô Jésus ! Ô mon Dieu ! Comme votre amour nous aide ici ! Il tient le nôtre tellement enchaîné qu'il ne lui laisse pas la liberté d'aimer autre chose que vous ».

« Cette oraison de quiétude est donc une petite étincelle de son véritable amour que le Seigneur commence à allumer dans l'âme. Il veut lui faire comprendre peu à peu ce que c'est que cet amour si plein de délices. Cette quiétude, ce recueillement et cette petite étincelle sont l'effet de l'Esprit de Dieu », Vie 15,4.

mardi 24 juillet 2012

Sainte Thérèse d'Avila, oraison 1/4



 

Sainte Thérèse d'Avila a fait part de son expérience de prière à ses sœurs carmélites. L'Église propose son enseignement à tous ceux qui désirent s'engager sur le chemin de la prière.


Pour Thérèse d'Avila, « l'oraison n'est qu'un échange intime d'amitié où l'on s'entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sent aimé », Vie 8,5.

L'oraison est au service du parfait amour évangélique, dont de la sainteté. « Faire oraison, c'est devenir serviteur de l'Amour ».

« Je vais parler maintenant de ceux qui commencent à être les serviteurs de l'amour, car il me semble que nous ne sommes pas autre chose, lorsque nous nous déterminons à suivre par ce chemin de l'oraison Celui qui nous a tant aimés », Vie 11,1.

Thérèse explique quatre manières de faire oraison en faisant une comparaison : "Celui qui débute doit considérer attentivement qu'il va préparer dans un jardin très ingrat et rempli de très mauvaises herbes, un jardin où le Seigneur puisse prendre ses délices. Sa Majesté arrache les mauvaises herbes et doit planter les bonnes. Or, ce travail est déjà fait quand l'âme se détermine à pratiquer l'oraison et qu’elle est entrée dans cette voie. Néanmoins, nous devons en bon jardinier, veiller avec l'aide de Dieu, à faire croître ces plantes, et à prendre soin de les arroser », Vie 11,6. Thérèse nous parle alors de quatre manières d'arroser le jardin.


1. Tirer de l'eau d'un puits à force de bras

« Les personnes qui commencent à faire oraison sont celles qui tirent péniblement l'eau du puits. Elles se fatiguent, en effet, pour recueillir leurs sens habitués à se répandre au dehors. C'est là un grand travail. Leur devoir est de s'appliquer à méditer la vie de Jésus-Christ », Vie 15,9.
« Nous pouvons par la pensée nous mettre en présence du Christ, nous embraser peu à peu du plus grand amour pour sa Sainte humanité, lui tenir toujours compagnie, lui parler, lui recommander nos besoins, nous plaindre à lui dans nos peines, nous réjouir avec lui dans les consolations, nous garder de l'oublier dans la prospérité. Ne cherchons point à lui faire de beaux discours ; parlons-lui simplement pour lui exprimer nos désirs et nos besoins. C'est là une méthode excellente, elle nous fait avancer en très peu de temps. Celui qui essaie de vivre dans cette précieuse compagnie,  y puise un amour sincère pour ce Maître auquel nous sommes redevables de tant de bienfaits ; celui-là, je l'affirme, est avancé dans la voie de l'oraison », Vie 12,2.

mardi 17 juillet 2012

Marie, Rachel et Jean ( 4 / 4 )

SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits


LE TEMPS DE « L’EXTENSIO »  [En latin, extensio : action d'étendre].

Marie figurait la vie éternelle mais elle ne la tenait pas encore.
Dans le commentaire du Ps 148, saint Augustin insiste sur le fait que notre occupation doit être la louange de Dieu, parce qu’elle sera notre joie de la vie future et que personne ne peut devenir apte à la vie éternelle s’il ne s’y est exercé dès maintenant. Saint Augustin reconnaît que cette expérience demeure assez rare : la contemplation est le fait de quelques uns.

Marie vivait du Verbe, mais à travers la parole humaine. Elle était assise, en son humilité, comme une vallée toute prête à recevoir l’eau courante. Mais au fond du cœur, elle était debout, dans la permanence de l’attente. Oisive et paisible, elle remet au Maître tout jugement sur son propre compte. La contemplation de l’unique détournait Marie du souci de multiples détails.

Une vocation du même ordre rendait Rachel stérile. Comme sa sœur Lia aux yeux malades était pour Jacob une épouse féconde, de même, ceux qui prêchent l’Évangile au milieu des tribulations, engendrent au Royaume de Dieu beaucoup d’enfants en annonçant le Christ crucifié. Or Rachel, resplendissante de beauté, voit dans le Verbe, Dieu auprès de Dieu ; elle veut à son tour enfanter des enfants à Jacob, mais c’est en vain. C’est ainsi que la vie contemplative voudrait communiquer ce qu’elle sait.

Jean voit le Verbe dans la Trinité. Son charisme est d’avoir été élevé à la vision des mystères du Verbe, à une certaine expérience et expression de la transcendance.


Marie, Rachel et Jeansont dans l’attente et, par éclairs, rassasiés de la vision du Verbe de Dieu dans sa vie Trinitaire. Ce n’est pas encore la vision face à face impossible ici-bas, c’est la vision en énigme et comme dans un miroir. La fruition totale de la Sagesse n’appartient qu’à la vie éternelle.

C’est en servant le Verbe fait chair, qu’il nous faut apprendre à écouter le Verbe hors du temps.
« J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa Beauté et m'attacher à son temple », Ps 26, 4.
Cette prière est celle que l’Esprit Saint présente Lui-même à Dieu en nous.

mardi 10 juillet 2012

Marie ( 3 / 4 )

SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits

MARIE, FIGURE DE L’ÉGLISE DANS L’ÉTERNITÉ

Marie assise aux pieds du Seigneur, recueillant ses paroles, signifie la vision face à face :
« Nous le connaîtrons tel qu’Il est », 1 Jn 3, 2. Ce sera la contemplation.
L’unique occupation de l’Église sera la fruition [ du mot 'fruit' : action de jouir de quelque chose ]de la Sagesse. Quand le Christ remettra le Royaume à son Père, se réalisera la promesse : « Votre joie, personne ne vous l'enlèvera », Jn 16, 22.

« Tu resteras Seul pour être tout en tous ; et, éternellement, nous ne chanterons plus ensemble qu’une seule louange, la Tienne, devenus nous-mêmes Un seul dans Ton Unité ». « Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous », 1 Co 15, 28.

C’est la fruition [du mot ‘fruit’ : action de jouir de quelque chose] de l’unité entre nous et en Dieu qui sera le bonheur de l’éternité.
Marie est toute occupée de l’Unique, c’est ce qui fait sa supériorité.
Le ciel sera la possession de l’Unité suprême, celle de la Sainte Trinité. Et cette unité se réalisera dans un repas dont le pain sera la Vérité. Dieu Lui-même recevra ses serviteurs fidèles à sa table, selon la promesse rapportée par saint Luc : « Heureux les serviteurs que le Maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : Il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour », Lc 12, 37. Ceux qui l’auront servi dans la personne des plus petits d’entre les siens, Il les recevra et les nourrira de la pleine Vérité qu’Il est Lui-même. Mystère de la Pâque, au-delà duquel aura lieu le banquet éternel dont le Christ sera à la fois le ministre et le pain.
Cette vie future sera marquée du sceau de la permanence : ce sera la patrie par opposition au chemin. « Marie a choisi la meilleur part : elle ne lui sera pas ôtée ». « Bien loin de passer, cette part croîtra sans cesse », Sermo179, 6.  Jean représente cette vie bienheureuse où nous recevrons du Christ la plénitude de la science par opposition à la plénitude de patience que représente la vie de l’Église présente.

dimanche 1 juillet 2012

3 juillet 1921 - 3 juillet 2012


       
 Instruction  sur le Directoire,
Mère Isabelle, 26 août 1916

Adoration de la Sainte Trinité



               


Nous sommes ici uniquement pour aimer Dieu. Il nous arrive quelquefois de penser à autre chose, et alors nous manquons tout à fait à notre but, car notre but, c'est de chercher à nous unir à Dieu, pour arriver à cette union qui fait les saints, qui est d'être un autre Jésus-Christ, de Lui être donné, de vivre sans cesse avec Lui. Nous sommes ici pour avoir une vie de prière.
Dans tout ce que nous faisons, nous cherchons l'amour de Dieu, dans la prière ou dans le travail, [...] C'est l'amour de Notre-Seigneur que nous cherchons en toute chose, dans nos actions, nos pensées, même dans notre sommeil.
"Je dors, mais mon coeur veille", Ct 5, 2,Il faut que tout en nous veille dans la prière, dans l'amour de Dieu. [...] Ce n'est pas par nos propres forces que nous pouvons atteindre ce but que Dieu Lui-même nous a assigné. [...] Mais Dieu, dans sa miséricorde, a permis qu'il n'y eût pas que saint Jean qui pût reposer sur son coeur, qui fût appelé à cette vie d'amour. Madeleine, avant de pouvoir entrer dans cette vie d'amour, essuie les pieds de Notre-Seigneur, [mouillés]de ses larmes. Saint Augustin est humilié et ses Confessions sont l'expression la plus belle et la plus douloureuse du repentir et de l'amour. Prions Saint Augustin de nous mettre dans ces sentiments d'humilité et d'amour. Que ce soit notre vie et notre respiration comme il en était pour Saint Augustin. C'est notre Père, demandons-lui de partager son amour.
Nous pouvons aimer Notre-Seigneur avec des flammes d'amour non senties, mais réelles ; pour cela, humilions-nous, reconnaissons combien nous sommes indignes de cette vie d'amour.
Demandons à Saint Augustin de nous aider dans cette voie d'humilité, de repentir et d'amour.




jeudi 28 juin 2012

Marthe et Marie ( 2 / 4 )


SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits


MARTHE OU L’ÉGLISE DU TEMPS PRÉSENT


Le ministère de Marthe est marqué du sceau de la nécessité. Elle s’adonne aux œuvres de miséricorde parce que la miséricorde est nécessaire à la misère. Marthe a reçu le Saint Lui-même dans sa maison. Et saint Augustin admire le don qui est fait à Marthe de pouvoir recevoir le Seigneur. Le souci d’Augustin est d’amener son peuple à considérer l’infinie miséricorde par laquelle le Seigneur Jésus a accepté d’avoir besoin des services de ses créatures. Ce n’est pas par indigence de nature, c’est par grâce envers nous. Et d’ailleurs, de qui Marthe tenait-elle ce qu’elle donnait au Maître, sinon du Maître Lui-même ?
Marthe, recevant le Seigneur dans sa chair mortelle, a réalisé ce qu’Abraham avait autrefois figuré en accueillant des anges. Saint Augustin rappelle ce verset de l’évangile de Matthieu : « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait », Mt 25, 40, pour conclure que le ministère de Marthe durera jusqu’à la fin des temps.

 « Marthe s'affairait et dit: "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m'ait laissée seule à faire le service? Dis-lui donc de m'aider." Le Seigneur lui répondit: "Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée », Lc 10, 40-42.
Ainsi, malgré l’excellence du ministère de Marthe, il y a une part meilleure. La prédilection de Jésus pour Marie, son amour de préférence pour Jean, et l’attente passionnée de Rachel par Jacob en témoignent. Le Seigneur attache du prix à l’attention de Marie à ses Paroles, Jean se nomme lui-même le disciple que Jésus aimait, et c’est pour Rachel et non pour Lia que Jacob accepte de servir Laban pendant 14 ans. Cependant le zèle de Marthe est manifeste et le Seigneur l’a béni en acceptant d’en être bénéficiaire. Lia a donné un grand nombre d’enfants à Jacob. Pierre aimait le Christ plus que les autres. Mais le ministère de Marthe cessera, parce qu’un jour cesseront les multiples œuvres de miséricorde. Marie a choisi ce qui demeurera toujours.

Pierre représente l’Église dans le temps, dans les tribulations, dans les tentations. Et le Christ nous aime moins dans cet état, où il doit nous libérer du mal, que dans l’éternité où plus rien en nous ne lui déplaira. Et c’est pourquoi il aime Jean plus que Pierre. Jean représente la vie qui nous rendra heureux, et le Seigneur nous aime moins misérables que bienheureux. Quant à nous, sur terre, nous aimons davantage la miséricorde du Seigneur que la contemplation de la Vérité.
Marthe et Marie sont des figures, mais elles sont aussi des personnages historiques. Marthe, en s’affairant à de multiples choses, c’est l’Église du temps présent exercée en de multiples difficultés. Certains termes qui parlent de Marie concernent l’Église à venir, d’autres essaient de traduire une expérience qui appartient déjà au temps présent. Expérience exceptionnelle, faite par quelques uns qui, entre le régime de la foi obscure et celui de la claire vision, ont une connaissance de Dieu.  « À présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse, mais alors, ce sera face à face. À présent, ma connaissance est limitée, alors, je connaîtrai comme je suis connu », 1 Co 13, 12.

Le service des saints cessera un jour. Il n’a pas sa fin en lui-même, mais il est ordonné à la vision de Dieu. La tâche de Marthe est transitoire et le repos sera sa récompense. Multiples sont les œuvres de Marthe, mais ce sont ces multiples choses qui représentent la voie ordonnée à la recherche de l’Unique, le chemin qui conduit à la patrie, le labeur au repos. Quelles sont ces multiples choses, sinon les œuvres de miséricorde ?
Semblable à Jacob soutenu par le désir d’obtenir Rachel, c’est-à-dire la doctrine de la Sagesse, et d’accéder à la vision du Principe, tout vrai serviteur de Dieu, sorti du péché, accepte de prendre Lia pour épouse, c’est-à-dire de pratiquer d’abord les commandements de Dieu envers le prochain, et puis les béatitudes.
Dans son commentaire des béatitudes, saint Augustin insiste sur cette condition d’accès à la vision de Dieu qu’est la charité fraternelle :

« En aimant ton prochain, tu purifies ton œil pour voir Dieu », Tract. in Io. 17, 8.

« La vision de Dieu n’appartiendra qu’à ceux qui auront gardé entre eux la Paix », Sermo 23, 17 – 18.


mercredi 20 juin 2012

Lia et Rachel, Marthe et Marie, Pierre et Jean ( 1 / 4 )

SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits

 Les deux vies 




Marthe et Marie ont choisi, l’une de servir le Verbe fait chair, l’autre d’écouter le Verbe auprès de Dieu, Sermo 104, 3. « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu », Jn 1, 1.  Voici Celui que Marie écoutait. « Le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous », Jn 1, 14. Voici Celui que Marthe servait.


Fixons les yeux, dès l’abord, sur cet axe christologique de la pensée augustinienne.

Trois portraits de l’Église actuelle : Lia, Marthe et Pierre. Le nom de Lia veut dire « celle qui travaille ou enfante ». Lia figure l’action humaine et mortelle, dans laquelle nous vivons de la foi. Lia est la première épouse de Jacob. Marthe recevant le Christ dans sa demeure signifie l’Église qui existe maintenant, recevant le Seigneur dans son cœur. Pierre était simplement un homme, mais quand il eut reçu le pouvoir des clefs, Mt 16, 19, il représentait l’Église universelle.

En regard de ces 3 portraits, 3 esquisses de l’Église à venir : Rachel, Marie et Jean. Le nom de Rachel veut dire « la vision du Principe ». C’est l’espoir de l’éternelle contemplation de Dieu, et c’est pourquoi on dit que Rachel était belle. Marie, assise aux pieds du Seigneur, attentive à sa Parole, figure le repos éternel. Jean figure la vie éternelle et bienheureuse.

Les deux vies personnifiées sont l’une et l’autre excellentes. Augustin remarque que « La vie d’iniquité était absente de cette maison : elle n’était ni avec Marthe ni avec Marie ; et si quelquefois elle y fut, le Seigneur en entrant la mit en fuite ». Nous sommes ici dans un climat de liberté par rapport à l’esclavage du péché. Chez Lia, Marthe et Pierre, comme chez Rachel, Marie et Jean, leur vie ne présente aucune nuance de culpabilité librement consentie. « En ces deux femmes, sont figurées deux vies : vie présente et vie future, vie de labeur et vie de repos, vie de souffrance et vie de bonheur, vie du temps et vie de l’éternité ».

La vie qui appartient à la nécessité est laborieuse, la vie qui appartient à la joie est délicieuse. Les deux épouses libres de Jacob, Lia et Rachel, nous annoncent deux vies dans le Corps du Christ : une vie temporelle de travail, une vie éternelle en laquelle nous contemplerons la joie de Dieu ».
Saint Augustin oppose ces 2 vies beaucoup plus sur le plan ecclésial, communautaire, que sur le plan individuel. Il s’agit bien de la vie menée ici-bas par le Corps ecclésial du Christ et de celle qui l’attend dans le siècle futur, plutôt que de la condition personnelle de chacun. La Parole de Jésus à Pierre : Toi, suis-moi, s’adressera à tous les fidèles, car Pierre représente toute l’Église.

samedi 16 juin 2012

Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive !

Saint Augustin et la Bible, Dany Dideberg, Éd. Beauchesne, 1986, Extraits 192 - 201

Saint Jean est appelé le « disciple que Jésus aimait ». Est-ce que Jésus n’aimait pas les autres disciples dont saint Jean a dit : « Jésus les aima jusqu’à la fin », Jn 13, 1 ? Et le Seigneur a dit : « Personne n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », Jn 15, 13.  Augustin reconnaît que le Seigneur a aimé tous ses disciples. « Mais qui ne serait encore désireux de savoir, dit Augustin, pourquoi, de Pierre et Jean, le Seigneur aimait davantage Jean » ?


Augustin est embarrassé. « Autant que je puisse en juger, je serais porté à dire meilleur, celui qui aime le plus le Christ, mais plus heureux, celui que le Christ aime le plus, si je voyais comment défendre la justice de notre divin libérateur qui aime plus celui qui l’aime moins », Tract. In Io. 124, 4.

Saint Jean est le disciple bien-aimé parce qu’il a reposé à la dernière Cène sur la poitrine de son Maître. Dans le texte latin de Jn 13, 23-25utilisé par Augustin, « étant allongé » et « se renversant en arrière » sont traduits par un même verbe « se coucher pour manger, se reposer ». Le disciple précise que Jean reposait sur la poitrine de Jésus à la Cène, pour indiquer par là qu’il buvait les plus profonds secrets à l’intime de son cœur. La poitrine est le lieu de la Vérité, des secrets, de la Sagesse. Augustin dit du disciple Jean qu’il se présente à nous comme un ruisseau qui découle de la Source. Jean n’est que le ruisseau. Et Augustin poursuit : Le ruisseau vient à moi et me dit : ‘Bois en toute confiance’ ».

« Dans les quatre livres de l’unique Évangile, le saint apôtre Jean qui a été comparé à l’aigle au sens spirituel, a voulu que nos cœurs s’élèvent dans le sillage de son élévation. Jean a parlé de la divinité du Seigneur comme aucun autre ne l’a fait. Il proclamait ce qu’il avait bu, car ce n’est pas sans raison qu’il est raconté de lui, Jn 13, 25 et 21, 20, qu’à la dernière Cène, il reposait sur la poitrine du Seigneur. À cette poitrine, il buvait donc en secret. Mais ce qu’il a bu en secret, il l’a proclamé au grand jour, afin que soient enseignés à toutes les nations non seulement l’incarnation du Fils de Dieu, sa passion et sa résurrection, mais encore ce qu’était avant l’incarnation l’Unique du Père, le Verbe du Père, coéternel à Celui qui l’engendre, égal à Celui qui l’a envoyé, devenu dans sa mission inférieur du Père et moindre que Lui», Tract. In Io. 36, 1.

« Celui qui reposait sur la poitrine du Seigneur, qu’a-t-il bu, pensons-nous ? Ne pensons pas mais buvons : en effet nous venons d’entendre ce que nous avons à boire », Sermon 119, 1.


mercredi 13 juin 2012

Le Cœur divin, Source de Vie


Solennité du Sacré Coeur


Dès les premiers siècles, les Pères de l'Église et les théologiens réfléchissent sur des versets bibliques qui, par la plaie au côté du Christ en Croix, les amènent à découvrir le Cœur divin.



Saint Justin (v.100-v.165)commente le Ps 21 : « Comme de l'eau se sont écoulés et ont été dispersés mes os, mon cœur est devenu comme une cire fondue au milieu de mes entrailles », Ps 21,15,était aussi une prédiction. C'est ce qui Lui est arrivé cette nuit-là où ils s'en vinrent contre Lui sur le Mont des Oliviers pour Le saisir. Car dans les « Mémoires » que j'ai dit que Ses apôtres et leurs disciples ont composées, il est écrit qu'une sueur comme faite de caillots de sang Lui coulait tandis qu'Il priait en disant : « Que s'éloigne si c'est possible ce calice ! ». C'est que son Cœur était tout tremblant, de même ses os ; son Cœur était comme une cire fondante qui coulait dans ses entrailles, afin que nous ne disions pas que, Fils de Dieu, Il ne sentait pas ce qui Lui arrivait et survenait. […] Nous autres chrétiens, nous avons été taillés dans son cœur comme des pierres arrachées au Rocher".

Saint Irénée (v.130-v.202),évêque de Lyon, dit que l'Église est la source d'eau vive qui vient à nous du Cœur du Christ.

Un auteur syriaque du IV° siècleécrit que"Son Cœur s'est rempli de tristesse à cause de nos iniquités, c'est-à-dire comme effet de son amour envers les créatures exposées à se perdre. […] Le Seigneur s'est attristé en voyant ceux qui l'avaient trahi et crucifié, et Il a prié pour eux avec des larmes, pour nous donner l'exemple, afin que nous priions nous aussi pour ceux qui nous font du mal, versant nos larmes pour implorer leur pardon, comme Lui-même l'a fait pour nous devant son Père".

Saint Hippolyte de Rome (v.170-235), martyr, voit dans ce fleuve d'eau vive la réalisation de la figure des quatre fleuves qui arrosaient le Paradis, fleuve qui refait toutes choses nouvelles.

Origène (v.185-v.252) voit dans le Cœur transpercé du Christ la source à laquelle le chrétien doit s'abreuver.

Saint Cyprien (v.200-258),évêque de Carthage, écrit que "C'est par la vertu de la mort du Christ que la sentence de notre condamnation fut déchirée, que nos péchés furent effacés, et que nous avons recouvré notre liberté ; et, par un privilège spécial, la charte de notre pardon fut scellée du sceau de la plaie latérale". "O chrétien, voyez donc la profondeur de cette plaie et, par cela même, l'étendue de l'amour du Christ ; par elle, la vraie fontaine vous est ouverte, c'est-à-dire le Cœur de Jésus dans lequel vous pouvez entrer ; pénétrez-y donc, car il peut vous contenir tout entier".

Saint Athanase (v.296-373),patriarche d'Alexandrie, dit que "De toutes les plaies du Sauveur, aucune n'est comparable à celle de son côté d'où s'écoule du sang et de l'eau. La Rédemption et la Réparation nous sont venues du côté ouvert du second Adam : la Rédemption par le sang et la Purification par l'eau".

Saint Ambroise (340-397),évêque de Milan, invite les fidèles à s'abreuver au Christ lui-même :

"Abreuve-toi auprès du Christ, car il est le Rocher dont les eaux découlent, 
 Abreuve-toi auprès du Christ, car il est la source de vie,
 Abreuve-toi auprès du Christ, car il est le fleuve dont le torrent réjouit la cité de Dieu,
 Abreuve-toi auprès du Christ, car il est la paix,
 Abreuve-toi auprès du Christ, car des fleuves d'eau vive jaillissent de son sein."

samedi 9 juin 2012

Que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance

Saint Isaac le Syrien (7ème siècle)

Que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance, jusqu’à ce que tu sentes en toi-même la miséricorde que Dieu éprouve pour le monde. Que notre propre état devienne ainsi  un miroir dans lequel nous contemplerons en nous-mêmes la ressemblance et l’empreinte de ce qui appartient par nature à la divine essence.

Un cœur dur et sans miséricorde ne peut parvenir à la pureté. Un homme miséricordieux est le médecin de sa propre âme, car il chasse de son intérieur le sombre nuage des passions, comme par un vent violent.

« Heureux les miséricordieux :
         ils obtiendront miséricorde !», Mt 5, 7.



Un homme a atteint la pureté du cœur lorsqu’il voit tous les hommes comme bons, et lorsqu’aucun ne lui paraît impur et souillé.

          « L’œil bon ne voit pas le mal », Ha 1,13.

mercredi 30 mai 2012

31 mai - Annonciation



1843
En ce jour de l’Annonciation, je renouvelle, Ô mon Dieu, tous les vœux que j’ai faits, et selon l’espérance et le très ardent désir que vous avez imprimés dans mon cœur, je m’offre à vous pour être à jamais une dépendance et une appartenance à votre Incarnation. Autant qu’il me soit possible et permis de le faire moi-même, je me voue, me donne, me consacre à Jésus-Christ mon Seigneur, pour que tout ce qui est en moi serve d’hommage à ses états divins.

dimanche 20 mai 2012

27 mai - Pentecôte


Isaac de l’Étoile, moine théologien du 12ème  siècle

Sermon 3 pour la Pentecôte, 1-14



La charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné  
Il ne suffisait pas que le Fils de Dieu nous fût donné, il fallait encore qu’on nous fasse don de l’Esprit Saint. Et le Père lui-même ne nous sera-t-il pas donné un jour, pour que nous qui ne sommes rien, nous recevions le Tout, et que nous soyons enrichis de toute la divinité ?
La lumière est née dans les ténèbres,
et la naissance du Christ pour nous, de nous, chez nous, Dieu nous l’a aussi proposée.
Ce fut le baptême du Christ pour nous,
comme une autre naissance qui nous fît naître en Lui, Lui qui était né en nous.

Le Fils de l’homme est venu pour nous servir et se livrer en rançon pour la multitude. Notre Seigneur est en tout notre serviteur. C’est pour nous qu’Il naît, pour nous qu’Il vit, pour nous qu’Il meurt, pour nous qu’Il ressuscite, pour nous qu’Il s’élève, comme Il l’a dit : “Je vais vous préparer une place”.



Que pourra faire de plus l’Esprit Consolateur ? Voici que l’homme “tombe sept fois le jour” ? S’il tombe, qui le relèvera ? Sans l’Esprit, il est seul.
Il vous est bon, dit-il, que je m’en aille ; autrement, le Paraclet ne viendra pas”.

L’esclave qui avait été libéré par le Fils, devient ami par l’Esprit. L’amour couvre tout, il ne compte pas, il supporte tout, il excuse tout, il pardonne tout.

Celui qui a été justifié par le Christ tombe sept fois le jour par sa faute, et sept fois le jour, il est relevé par l’Esprit.
Par le Christ, Dieu pardonne tout ; par l’Esprit, Dieu ne demande compte de rien.
Le Christ est médiateur pour la vérité, l’Esprit est médiateur pour la charité.
Le Christ est médiateur pour remettre les péchés ; l’Esprit est médiateur pour conserver la grâce.
Le Christ est médiateur pour pardonner ; l’Esprit est médiateur pour persévérer.
Le Christ est médiateur pour délier ; l’Esprit est médiateur pour unir.

Le Christ et l’Esprit opèrent tout indivisiblement.
Car le Père, le Fils et l’Esprit Saint opèrent tout ensemble et pareillement, eux qui sont un sans confusion et trois sans division.

mercredi 16 mai 2012

17 mai - Ascension

Le progrès spirituel chez Grégoire de Nysse  (4èmesiècle)

La grâce de l’Esprit et l’œuvre bonne, concourant à la même fin, comblent de cette vie bienheureuse l’âme dans laquelle elles se réunissent. Séparées au contraire, elles ne procureraient à l’âme aucun profit. Car la grâce de Dieu est de telle nature qu’elle ne peut visiter les âmes qui refusent le salut ; et le pouvoir de la vertu humaine ne suffit pas à lui seul pour élever jusqu’à la forme de la vie [céleste] les âmes qui ne participent pas à la grâce. "Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain ; si le Seigneur ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes", Ps 126, 1.

Il faut à la fois mettre tout son entrain, toute sa charité, toute son espérance, dans les labeurs de la prière, du jeûne et des autres exercices, et rester cependant persuadé que les fleurs et les fruits de ce travail sont l’œuvre de l’Esprit. Si quelqu’un en effet, met le succès à son compte et attribue tout à ses efforts, la jactance et l’orgueil pousseront chez lui, au lieu des bons fruits. […] Que doit donc faire celui qui vit pour Dieu et pour son espérance ? Soutenir allègrement les combats de la vertu, mais fonder sur Dieu seul la liberté de l’âme […] et son ascension vers la cime des vertus.

La vie parfaite est celle dont aucune borne ne limite le progrès dans la perfection et que la croissance continuelle de la vie vers le meilleur est la voie pour l’âme vers la perfection.

Nulle limite ne saurait interrompre le progrès de la montée vers Dieu, puisque d’un côté le Beau n’a pas de borne et que de l’autre la croissance du désir tendu vers Lui ne saurait être arrêtée par aucune satiété.

samedi 12 mai 2012

Temps de Pâques - Où donc est Dieu ?




Bruno chenu, (1942 – 2003), religieux Assomptionniste et théologien

Quels rendez-vous Dieu nous fixe-t-il, lui qui nous a faits pour lui, tellement désirants de sa présence et de son salut ?
Une seule attitude est possible pour le chrétien : se mettre à l’école et à l’écoute de Jésus. Sa vie et sa mort attestent plus sûrement l’identité de Dieu que les créations de notre imagination. Au-delà du tombeau, Jésus nous désigne une communauté d’abord, un livre ensuite et surtout un mouvement comme trois rendez-vous pour vivre l’alliance de Dieu avec notre humanité.
Une communauté
Le chemin de Dieu passe par le peuple de Dieu ? L’Église, bien sûr, avec la diversité de ses visages et son sommet eucharistique, mais aussi la nuée des témoins de l’homme, des chercheurs de l’Absolu qui se trouvent dans toutes les religions et idéologies. La Jérusalem nouvelle est faite de la multitude des peuples, selon l’Apocalypse. C’est dans la fréquentation et la constitution d’une communauté de frères et de sœurs que Dieu se dit aujourd’hui. Il est le tiers présent à tous nos gestes de partage, de solidarité, de communion.
Un livre
Le corps du Christ a fait place au corps des Écritures. L’Évangile demeure à travers l’histoire le point d’encrage de notre relation à Dieu, le lieu privilégié de la critique des idoles que nous ressuscitons comme à plaisir. Et sans cesse, Jésus nous raconte les comportements de son Père dans des paraboles qui parlent à toutes les cultures. Dieu se rencontre à livre ouvert.
Un mouvement
Ce mouvement fait passer de la mort à la vie, de l’esclavage à la liberté, de la religion à la foi, de la détresse à l’espérance, du repli sur soi au don de soi, du mépris à l’amour. C’est un geste qui n’est pas d’abord œuvre humaine, mais grâce divine. C’est la Pâque, et Dieu se tient dans ce passage.

Quand la Parole met un peuple en mouvement de libération, de conversion, de résurrection, nul doute, Dieu est là. L’histoire chrétienne ne se termine pas au tombeau vide, mais prend le chemin d’Emmaüs et le chemin de la Galilée des nations. Jésus est le chemin.



vendredi 4 mai 2012

« Si quelqu'un m'aime, nous irons demeurer auprès de lui".


Jude demanda : « Seigneur, pour quelle raison vas-tu te manifester à nous, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui.», Jn 14, 22-23

Homélie de Saint Macaire le grand, 4ème siècle

Dieu se donne à ceux qui croient en Lui.
Dieu a créé le corps et l’âme de l’homme pour qu’ils soient sa demeure. Ni les sages, ni les prudents, n’ont pu comprendre la subtilité de l’âme, ni dire ce qu’elle est. Seuls ont pu le faire ceux à qui la compréhension a été révélée par l’Esprit Saint, ceux à qui la connaissance de l’âme a été donnée.
Dans son amour et sa compassion infinis, il a plu à Dieu d’habiter dans l’ouvrage de ses mains, « pour faire de nous les premiers appelés de toutes ses créatures », Jacques 1, 18, pour que nous soyons sa sagesse et sa communion, sa demeure et son épouse précieuse et pure.
Alors que de tels biens nous sont proposés, que de telles promesses nous sont faites, que tant de bienveillance nous est témoignée par le Seigneur, ne soyons pas négligents, ne tardons pas à nous élancer vers la vie éternelle et à nous livrer complètement à la volonté de Dieu.
Supplions le Seigneur pour que, dans son amour tout puissant, il nous délivre de la prison de nos passions.
Supplions-Le de prendre la défense de sa propre image et de son œuvre, pour qu’il la rende resplendissante et fasse devenir notre âme sainte et pure, et qu’ainsi nous soyons dignes de la communion de l’Esprit, glorifiant le Père, et le Fils, et le Saint Esprit, dans les siècles des siècles. Amen.