mercredi 10 octobre 2012

La crainte de Dieu est le commencement de la vertu








Isaac le Syrien (7ème siècle)

86 discours ascétiques

 

 



Tel est le commencement du chemin de la vie : toujours méditer les Paroles de Dieu, et demeurer dans la pauvreté. L'intelligence qui est irriguée par l'étude des Paroles de Dieu aide à parvenir à la pauvreté. Réciproquement accéder à la dépossession donne le loisir de s'adonner à l'étude des Paroles de Dieu.

Nul ne peut approcher Dieu s'il ne s'éloigne pas du monde. Telle est la vertu : que l'intelligence cesse de s'occuper des choses du monde. Le cœur ne peut découvrir la sérénité ni se dégager de tout ce qu'il imagine, tant qu'agissent les sensations. Sans le désert, ni les passions du corps ne disparaissent, ni les mauvaises pensées ne s'effacent.

Quand la grâce a augmenté en l’homme, dès lors qu’il craint Dieu, il trouve dans son âme de nombreuses raisons de supporter le malheur. Ce qui le fait souffrir est tenu pour rien à ses yeux en comparaison de ce qu’il espère dès maintenant. Dieu permet que nous soyons tentés : il n’est pas possible autrement que nous connaissions la vérité.

Dieu veille sur l’homme. Il n’est pas un homme qui ne soit sous son regard, et surtout ceux qui sont partis à sa recherche et souffrent pour Lui. Mais quand l’homme s’est par trop privé de la grâce, alors toutes les choses contraires se trouvent devant lui. La connaissance par laquelle il examine le monde, lui est plus grande que la foi. Il considère qu’il n’y a pas lieu de se confier à Dieu en tout.

Le commencement de la vraie vie de l’homme est la crainte de Dieu. Mais cette crainte ne saurait demeurer dans l’âme en même temps que la distraction. Le cœur est détourné du plaisir de Dieu par le service des sens. Dans ce qu’elles sentent, les pensées du cœur sont liées aux sens qui les servent.

Quand le désir de la chair l’emporte, les nombreux obstacles qui entourent ce que tu désires empêchent d’être intrépide. Celui qui recherche les honneurs du monde ne peut échapper aux causes de la tristesse. L’homme chaste est celui qui dans la vérité de son cœur, assagit la vision de son intelligence afin que celle-ci ne tende pas vers l’intempérance. Sa pudeur est suspendue comme un voile dans le lieu secret de ses pensées. Rien n’est plus capable de rejeter de l’âme les présomptions de l’intempérance et de chasser les souvenirs qui viennent se lever dans la chair et l’embraser d’une flamme trouble, que de se plonger dans le désir de l’instruction et de rechercher le sens profond de l’Écriture. 

Et l’âme est prise par ce qu’elle rencontre de nouveau sur l’océan des mystères de l’Écriture.

samedi 29 septembre 2012

Dieu désire notre salut et notre perfection


Jean Cassien, 5ème siècle, moine
Institutions de Cassien, Mame, Tours 1872, p. 248-250.

 
 
Tous les anciens Pères ont pensé qu’on ne peut se purifier des vices grossiers de nos sens, si on n’est pas bien convaincu que tous nos efforts pour atteindre la perfection seront inutiles sans la miséricorde et le secours de Dieu. Et il faut en être bien persuadé par sa propre expérience. Tous les efforts de l’homme ne compensent pas la grâce de Dieu que sa bonté infinie veut bien accorder à nos désirs.

Je ne dis pas cela pour décourager les efforts de l’homme et l’arrêter dans ses généreuses intentions. Je ne fais que répéter ce qu’ont dit nos Pères. L’homme ne peut acquérir la perfection sans efforts ; mais sans la grâce de Dieu, ses efforts seraient inutiles. Oui, l’homme ne peut rien, sans le secours de Dieu, mais sa miséricorde et sa grâce ne s’accordent qu’à ceux qui travaillent avec ardeur ; et comme le dit l’Apôtre, à ceux qui manifestent de la bonne volonté et qui courent, Notre Seigneur a dit lui-même qu’il était donné à ceux qui demandaient, qu’il était ouvert à ceux qui frappaient, et que ceux qui cherchaient, trouveraient. Mais cette demande, cette recherche, ces instances, seraient insuffisantes, si la miséricorde de Dieu ne donnait pas ce que nous demandons, n’ouvrait pas quand nous frappons, et ne nous faisait pas trouver ce que nous cherchons. Dieu est prêt à tout nous accorder, dès qu’il voit le concours de notre bonne volonté ; car il désire notre salut et notre perfection plus que nous-mêmes.

Si nous voulons réellement parvenir à la vraie perfection, nous devons suivre ces grands disciples qui ne s’endorment pas en de vains discours, mais qui ont acquis la science de l’expérience, et peuvent ainsi nous montrer la voie la plus sûre pour l’atteindre.

Tous nous assurent que c’est plus par la foi que par leurs efforts, qu’ils ont pu grandir à la vraie Vie.

mercredi 19 septembre 2012

Saint Matthieu - 21 septembre



Il y avait à Capharnaüm un poste de douane tenu par Lévi ou Matthieu, fils d'Alphée. Un matin, Jésus l'appelle. Matthieu laisse ses registres de douanier et suit Jésus, il l'invite à dîner, il invite ses amis. Le fonctionnaire devient missionnaire et il sera aussi le premier évangéliste.

 

 
 
 
Bède le vénérable, (672-735), moine lettré anglo-saxon, traducteur d’œuvres grecques et latines des premiers Pères de l'Église, Docteur de l'Église.


L’appel
Jésus vit Matthieu le publicain, Il l’aima et Il lui dit : « Suis-moi », c’est-à-dire imite-moi. Jésus l’invite à se conduire comme Lui. Comme Jésus était à table chez Matthieu, des publicains et des pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, Mt 9, 10. Lors de sa conversion, Matthieu  entraîne à sa suite les pécheurs sur le chemin du salut. Matthieu n’offre pas seulement un repas corporel dans sa demeure terrestre, mais il offre au Seigneur un festin dans la demeure de son cœur par sa foi et son amour, comme en témoigne Celui qui a dit : Voici que Je me tiens à la porte, et Je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, J'entrerai chez lui ; Je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi, Ap 3, 20.

Oui, le Seigneur se tient à la porte et Il frappe lorsqu’Il rend notre cœur attentif à sa volonté, soit par la bouche de l’homme qui enseigne, soit par une inspiration intérieure. Nous ouvrons notre porte à l’appel de Sa voix quand nous donnons notre libre assentiment à ses avertissements intérieurs ou extérieurs, et quand nous mettons en œuvre ce que nous avons compris que nous devons faire.

Et Il entre pour manger, Lui avec nous et nous avec Lui, parce qu’Il habite dans le cœur de ses élus par la grâce de son amour, Il entre pour les nourrir sans cesse par la lumière de sa Présence, afin qu’ils élèvent progressivement leurs désirs, et que Lui-même se nourrisse de leur zèle pour Sa Vie.

jeudi 13 septembre 2012

14 septembre


Saint Bernard de Clairveaux, Extraits

 

La Croix glorieuse

Reviens à ton cœur, reviens, et vois comment l'Adam nouveau t'a cherché et t'a retrouvé. Il n'eut de cesse qu'il n'ait couru après toi qui fuyais, t'appelant dans sa miséricorde, à travers les coups et le fouet et les dérisions inouïes. Il t'a suivi jusqu'au supplice de la croix et là il te trouva déjà mourant et te saisit.

Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne, Lc 23, 42. Je pouvais manger et goûter de tous les arbres du paradis et maintenant je suis crucifié et je meurs sur ce bois. Souviens-toi de moi ; je t'avais oublié, mais toi, dans ton emportement tu t'es souvenu de ta miséricorde.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché, Ps 50, 3. Je la vois en toi cette miséricorde grande et qui est bien tienne, qui t'a fait condescendre à te configurer à ma misère. Tu ne pouvais me suivre plus loin. D'où viens-tu ? Tu es sorti du plus haut des cieux. Du sein de la Vierge, tu es venu, toi, le plus beau des enfants des hommes, et avec moi, tu pends sur le bois de la croix. Qui t'a conduit là, sinon Ta seule miséricorde ?  

Pitié pour moi, Seigneur, dans ta grande miséricorde. Je suis ta création que tu as faite à ton image et à ta ressemblance. Pitié, Seigneur, pour ton image.

La croix est ta gloire. La croix est plus belle que tous les arbres du paradis. Le Christ a désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec nous, avant de mourir. Il a mangé la Pâque en souffrant sa Passion, lorsqu'il passa de ce monde à son Père.

Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi, Jn 12, 32, tout : le ciel, la terre et les enfers.

Le Christ a attiré à lui son Père, car son cri est monté devant sa face, à ses oreilles, et la terre a tremblé et les pierres se sont fendues et les tombeaux se sont ouverts car ils avaient entendu la voix du Fils de l'homme. Médiateur de Dieu et des hommes, l'homme Jésus-Christ, entre ciel et terre mangeait la Pâque.

Qui pourrait désormais craindre la croix ? Sur la croix, celui qui est uni à son Seigneur peut lui dire : Et toi, Seigneur, mon bouclier, ma gloire, tu tiens haute ma tête, Ps 3, 4.

 

Personne ne te cherche, personne ne te trouve, sinon sur la croix.

Ô Croix de gloire, enracine-toi en moi, pour que je sois trouvé en toi.

dimanche 2 septembre 2012

Thérèse d'Avila, l'oraison 4/4


4.  La pluie abondante

Cette eau du ciel tombe souvent lorsque le jardinier y pense le moins. Dans les débuts, il est vrai ce n'est généralement qu'après une longue oraison mentale. Car le Seigneur, après avoir conduit de degré en degré ce petit oiseau, le place enfin dans le nid pour qu'il y repose. Il l'a vu voltiger pendant longtemps et s'aider de son intelligence, de sa volonté, de toutes ses forces enfin, pour chercher son Dieu et lui plaire ; Il veut lui donner une récompense même en cette vie ; et quelle récompense magnifique ! En un instant, l'âme est dédommagée de tous les travaux d'ici-bas, Vie 18,9.

L'âme sort de cette oraison et de cette union toute remplie d'une extrême tendresse pour Dieu. L'âme se sent animée d'un très grand courage. Elle donne déjà des signes qu'elle possède des trésors célestes ; elle brûle du désir de les distribuer ; et elle supplie le Seigneur de ne pas la laisser seule dans une telle abondance. Elle procure le bien spirituel du prochain, presque à son insu et sans rien faire par elle-même dans ce but ; mais les autres le comprennent, car les fleurs de son jardin répandent un tel parfum qu'ils désirent s'en approcher. Ils comprennent qu'elle est enrichie de vertus et comme elle, ils voudraient s'en nourrir, Vie 19,1-2.

Prière

 

Je suis vôtre, pour vous je suis née.
Que voulez-vous faire de moi ?
Si Vousle voulez, donnez-moi l'oraison,
Sinon, donnez moi les sécheresses ;
Si Vous le voulez, donnez-moi l'abondance de vos biens.
Sinon la disette.
Que demandez-Vous de moi ?

Que je me taise ou que je parle,
Que je fasse du bien ou que je n'en fasse pas,
Que la Loi ancienne me découvre mes plaies,
Ou que je goûte les douceurs de l'Évangile,
Que je sois dans la peine ou dans la joie,
Pourvu seulement que Vous viviez en moi
.
  

dimanche 19 août 2012

Thérèse d'Avila, l'oraison 3/4



Troisième manière : Amener l'eau soit d'une rivière, soit d'un ruisseau

S'il y a quelques fatigues à la diriger, l'arrosage cependant coûte beaucoup moins. Le Seigneur, en effet, veut aider si bien le jardinier, qu'il prend, pour ainsi dire, sa place et fait presque tout le travail…

L'âme est tellement abreuvée de l'eau de la grâce, qu'elle ne peut avancer, elle ne sait d'ailleurs comment, ni retourner en arrière : elle veut seulement jouir de cette gloire immense, Vie 15,1.

La volonté n'a qu'à accepter les faveurs dont elle jouit dans cet état, et à s'abandonner généreusement à tout ce que la véritable sagesse voudra opérer en elle,Vie 17,1.

Il faut alors ce me semble… s'abandonner entièrement entre les bras de Dieu, Vie 17,2.

mercredi 8 août 2012

Thérèse d'Avila, l'oraison 2/4

      
2. Tourner à l'aide d'une manivelle une noria garnie de godets

« Le jardinier, en faisant marcher une noria, puise une quantité d'eau plus grande et il se fatigue moins. La personne commence ici à se recueillir ; elle touche aux choses surnaturelles ; mais elle ne peut y parvenir par elle-même, malgré tous ses efforts. Je veux dire que l'eau est plus proche de nous, parce que la grâce se fait alors connaître à l'âme avec plus de clarté. Ceci est un recueillement des facultés pour jouir de ce contentement avec plus de saveur. Mais les facultés ne sont ni perdues, ni endormies. La volonté seule est occupée, sans savoir comment, à se rendre captive. Elle ne peut que donner son consentement, pour que Dieu l'emprisonne, assurée qu'elle est de devenir la captive de Celui qu'elle aime », Vie 14,2.

« Ô Jésus ! Ô mon Dieu ! Comme votre amour nous aide ici ! Il tient le nôtre tellement enchaîné qu'il ne lui laisse pas la liberté d'aimer autre chose que vous ».

« Cette oraison de quiétude est donc une petite étincelle de son véritable amour que le Seigneur commence à allumer dans l'âme. Il veut lui faire comprendre peu à peu ce que c'est que cet amour si plein de délices. Cette quiétude, ce recueillement et cette petite étincelle sont l'effet de l'Esprit de Dieu », Vie 15,4.

mardi 24 juillet 2012

Sainte Thérèse d'Avila, oraison 1/4



 

Sainte Thérèse d'Avila a fait part de son expérience de prière à ses sœurs carmélites. L'Église propose son enseignement à tous ceux qui désirent s'engager sur le chemin de la prière.


Pour Thérèse d'Avila, « l'oraison n'est qu'un échange intime d'amitié où l'on s'entretient souvent seul à seul avec ce Dieu dont on se sent aimé », Vie 8,5.

L'oraison est au service du parfait amour évangélique, dont de la sainteté. « Faire oraison, c'est devenir serviteur de l'Amour ».

« Je vais parler maintenant de ceux qui commencent à être les serviteurs de l'amour, car il me semble que nous ne sommes pas autre chose, lorsque nous nous déterminons à suivre par ce chemin de l'oraison Celui qui nous a tant aimés », Vie 11,1.

Thérèse explique quatre manières de faire oraison en faisant une comparaison : "Celui qui débute doit considérer attentivement qu'il va préparer dans un jardin très ingrat et rempli de très mauvaises herbes, un jardin où le Seigneur puisse prendre ses délices. Sa Majesté arrache les mauvaises herbes et doit planter les bonnes. Or, ce travail est déjà fait quand l'âme se détermine à pratiquer l'oraison et qu’elle est entrée dans cette voie. Néanmoins, nous devons en bon jardinier, veiller avec l'aide de Dieu, à faire croître ces plantes, et à prendre soin de les arroser », Vie 11,6. Thérèse nous parle alors de quatre manières d'arroser le jardin.


1. Tirer de l'eau d'un puits à force de bras

« Les personnes qui commencent à faire oraison sont celles qui tirent péniblement l'eau du puits. Elles se fatiguent, en effet, pour recueillir leurs sens habitués à se répandre au dehors. C'est là un grand travail. Leur devoir est de s'appliquer à méditer la vie de Jésus-Christ », Vie 15,9.
« Nous pouvons par la pensée nous mettre en présence du Christ, nous embraser peu à peu du plus grand amour pour sa Sainte humanité, lui tenir toujours compagnie, lui parler, lui recommander nos besoins, nous plaindre à lui dans nos peines, nous réjouir avec lui dans les consolations, nous garder de l'oublier dans la prospérité. Ne cherchons point à lui faire de beaux discours ; parlons-lui simplement pour lui exprimer nos désirs et nos besoins. C'est là une méthode excellente, elle nous fait avancer en très peu de temps. Celui qui essaie de vivre dans cette précieuse compagnie,  y puise un amour sincère pour ce Maître auquel nous sommes redevables de tant de bienfaits ; celui-là, je l'affirme, est avancé dans la voie de l'oraison », Vie 12,2.

mardi 17 juillet 2012

Marie, Rachel et Jean ( 4 / 4 )

SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits


LE TEMPS DE « L’EXTENSIO »  [En latin, extensio : action d'étendre].

Marie figurait la vie éternelle mais elle ne la tenait pas encore.
Dans le commentaire du Ps 148, saint Augustin insiste sur le fait que notre occupation doit être la louange de Dieu, parce qu’elle sera notre joie de la vie future et que personne ne peut devenir apte à la vie éternelle s’il ne s’y est exercé dès maintenant. Saint Augustin reconnaît que cette expérience demeure assez rare : la contemplation est le fait de quelques uns.

Marie vivait du Verbe, mais à travers la parole humaine. Elle était assise, en son humilité, comme une vallée toute prête à recevoir l’eau courante. Mais au fond du cœur, elle était debout, dans la permanence de l’attente. Oisive et paisible, elle remet au Maître tout jugement sur son propre compte. La contemplation de l’unique détournait Marie du souci de multiples détails.

Une vocation du même ordre rendait Rachel stérile. Comme sa sœur Lia aux yeux malades était pour Jacob une épouse féconde, de même, ceux qui prêchent l’Évangile au milieu des tribulations, engendrent au Royaume de Dieu beaucoup d’enfants en annonçant le Christ crucifié. Or Rachel, resplendissante de beauté, voit dans le Verbe, Dieu auprès de Dieu ; elle veut à son tour enfanter des enfants à Jacob, mais c’est en vain. C’est ainsi que la vie contemplative voudrait communiquer ce qu’elle sait.

Jean voit le Verbe dans la Trinité. Son charisme est d’avoir été élevé à la vision des mystères du Verbe, à une certaine expérience et expression de la transcendance.


Marie, Rachel et Jeansont dans l’attente et, par éclairs, rassasiés de la vision du Verbe de Dieu dans sa vie Trinitaire. Ce n’est pas encore la vision face à face impossible ici-bas, c’est la vision en énigme et comme dans un miroir. La fruition totale de la Sagesse n’appartient qu’à la vie éternelle.

C’est en servant le Verbe fait chair, qu’il nous faut apprendre à écouter le Verbe hors du temps.
« J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa Beauté et m'attacher à son temple », Ps 26, 4.
Cette prière est celle que l’Esprit Saint présente Lui-même à Dieu en nous.

mardi 10 juillet 2012

Marie ( 3 / 4 )

SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits

MARIE, FIGURE DE L’ÉGLISE DANS L’ÉTERNITÉ

Marie assise aux pieds du Seigneur, recueillant ses paroles, signifie la vision face à face :
« Nous le connaîtrons tel qu’Il est », 1 Jn 3, 2. Ce sera la contemplation.
L’unique occupation de l’Église sera la fruition [ du mot 'fruit' : action de jouir de quelque chose ]de la Sagesse. Quand le Christ remettra le Royaume à son Père, se réalisera la promesse : « Votre joie, personne ne vous l'enlèvera », Jn 16, 22.

« Tu resteras Seul pour être tout en tous ; et, éternellement, nous ne chanterons plus ensemble qu’une seule louange, la Tienne, devenus nous-mêmes Un seul dans Ton Unité ». « Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous », 1 Co 15, 28.

C’est la fruition [du mot ‘fruit’ : action de jouir de quelque chose] de l’unité entre nous et en Dieu qui sera le bonheur de l’éternité.
Marie est toute occupée de l’Unique, c’est ce qui fait sa supériorité.
Le ciel sera la possession de l’Unité suprême, celle de la Sainte Trinité. Et cette unité se réalisera dans un repas dont le pain sera la Vérité. Dieu Lui-même recevra ses serviteurs fidèles à sa table, selon la promesse rapportée par saint Luc : « Heureux les serviteurs que le Maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : Il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour », Lc 12, 37. Ceux qui l’auront servi dans la personne des plus petits d’entre les siens, Il les recevra et les nourrira de la pleine Vérité qu’Il est Lui-même. Mystère de la Pâque, au-delà duquel aura lieu le banquet éternel dont le Christ sera à la fois le ministre et le pain.
Cette vie future sera marquée du sceau de la permanence : ce sera la patrie par opposition au chemin. « Marie a choisi la meilleur part : elle ne lui sera pas ôtée ». « Bien loin de passer, cette part croîtra sans cesse », Sermo179, 6.  Jean représente cette vie bienheureuse où nous recevrons du Christ la plénitude de la science par opposition à la plénitude de patience que représente la vie de l’Église présente.

dimanche 1 juillet 2012

3 juillet 1921 - 3 juillet 2012


       
 Instruction  sur le Directoire,
Mère Isabelle, 26 août 1916

Adoration de la Sainte Trinité



               


Nous sommes ici uniquement pour aimer Dieu. Il nous arrive quelquefois de penser à autre chose, et alors nous manquons tout à fait à notre but, car notre but, c'est de chercher à nous unir à Dieu, pour arriver à cette union qui fait les saints, qui est d'être un autre Jésus-Christ, de Lui être donné, de vivre sans cesse avec Lui. Nous sommes ici pour avoir une vie de prière.
Dans tout ce que nous faisons, nous cherchons l'amour de Dieu, dans la prière ou dans le travail, [...] C'est l'amour de Notre-Seigneur que nous cherchons en toute chose, dans nos actions, nos pensées, même dans notre sommeil.
"Je dors, mais mon coeur veille", Ct 5, 2,Il faut que tout en nous veille dans la prière, dans l'amour de Dieu. [...] Ce n'est pas par nos propres forces que nous pouvons atteindre ce but que Dieu Lui-même nous a assigné. [...] Mais Dieu, dans sa miséricorde, a permis qu'il n'y eût pas que saint Jean qui pût reposer sur son coeur, qui fût appelé à cette vie d'amour. Madeleine, avant de pouvoir entrer dans cette vie d'amour, essuie les pieds de Notre-Seigneur, [mouillés]de ses larmes. Saint Augustin est humilié et ses Confessions sont l'expression la plus belle et la plus douloureuse du repentir et de l'amour. Prions Saint Augustin de nous mettre dans ces sentiments d'humilité et d'amour. Que ce soit notre vie et notre respiration comme il en était pour Saint Augustin. C'est notre Père, demandons-lui de partager son amour.
Nous pouvons aimer Notre-Seigneur avec des flammes d'amour non senties, mais réelles ; pour cela, humilions-nous, reconnaissons combien nous sommes indignes de cette vie d'amour.
Demandons à Saint Augustin de nous aider dans cette voie d'humilité, de repentir et d'amour.




jeudi 28 juin 2012

Marthe et Marie ( 2 / 4 )


SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits


MARTHE OU L’ÉGLISE DU TEMPS PRÉSENT


Le ministère de Marthe est marqué du sceau de la nécessité. Elle s’adonne aux œuvres de miséricorde parce que la miséricorde est nécessaire à la misère. Marthe a reçu le Saint Lui-même dans sa maison. Et saint Augustin admire le don qui est fait à Marthe de pouvoir recevoir le Seigneur. Le souci d’Augustin est d’amener son peuple à considérer l’infinie miséricorde par laquelle le Seigneur Jésus a accepté d’avoir besoin des services de ses créatures. Ce n’est pas par indigence de nature, c’est par grâce envers nous. Et d’ailleurs, de qui Marthe tenait-elle ce qu’elle donnait au Maître, sinon du Maître Lui-même ?
Marthe, recevant le Seigneur dans sa chair mortelle, a réalisé ce qu’Abraham avait autrefois figuré en accueillant des anges. Saint Augustin rappelle ce verset de l’évangile de Matthieu : « Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait », Mt 25, 40, pour conclure que le ministère de Marthe durera jusqu’à la fin des temps.

 « Marthe s'affairait et dit: "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m'ait laissée seule à faire le service? Dis-lui donc de m'aider." Le Seigneur lui répondit: "Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et t'agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C'est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée », Lc 10, 40-42.
Ainsi, malgré l’excellence du ministère de Marthe, il y a une part meilleure. La prédilection de Jésus pour Marie, son amour de préférence pour Jean, et l’attente passionnée de Rachel par Jacob en témoignent. Le Seigneur attache du prix à l’attention de Marie à ses Paroles, Jean se nomme lui-même le disciple que Jésus aimait, et c’est pour Rachel et non pour Lia que Jacob accepte de servir Laban pendant 14 ans. Cependant le zèle de Marthe est manifeste et le Seigneur l’a béni en acceptant d’en être bénéficiaire. Lia a donné un grand nombre d’enfants à Jacob. Pierre aimait le Christ plus que les autres. Mais le ministère de Marthe cessera, parce qu’un jour cesseront les multiples œuvres de miséricorde. Marie a choisi ce qui demeurera toujours.

Pierre représente l’Église dans le temps, dans les tribulations, dans les tentations. Et le Christ nous aime moins dans cet état, où il doit nous libérer du mal, que dans l’éternité où plus rien en nous ne lui déplaira. Et c’est pourquoi il aime Jean plus que Pierre. Jean représente la vie qui nous rendra heureux, et le Seigneur nous aime moins misérables que bienheureux. Quant à nous, sur terre, nous aimons davantage la miséricorde du Seigneur que la contemplation de la Vérité.
Marthe et Marie sont des figures, mais elles sont aussi des personnages historiques. Marthe, en s’affairant à de multiples choses, c’est l’Église du temps présent exercée en de multiples difficultés. Certains termes qui parlent de Marie concernent l’Église à venir, d’autres essaient de traduire une expérience qui appartient déjà au temps présent. Expérience exceptionnelle, faite par quelques uns qui, entre le régime de la foi obscure et celui de la claire vision, ont une connaissance de Dieu.  « À présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse, mais alors, ce sera face à face. À présent, ma connaissance est limitée, alors, je connaîtrai comme je suis connu », 1 Co 13, 12.

Le service des saints cessera un jour. Il n’a pas sa fin en lui-même, mais il est ordonné à la vision de Dieu. La tâche de Marthe est transitoire et le repos sera sa récompense. Multiples sont les œuvres de Marthe, mais ce sont ces multiples choses qui représentent la voie ordonnée à la recherche de l’Unique, le chemin qui conduit à la patrie, le labeur au repos. Quelles sont ces multiples choses, sinon les œuvres de miséricorde ?
Semblable à Jacob soutenu par le désir d’obtenir Rachel, c’est-à-dire la doctrine de la Sagesse, et d’accéder à la vision du Principe, tout vrai serviteur de Dieu, sorti du péché, accepte de prendre Lia pour épouse, c’est-à-dire de pratiquer d’abord les commandements de Dieu envers le prochain, et puis les béatitudes.
Dans son commentaire des béatitudes, saint Augustin insiste sur cette condition d’accès à la vision de Dieu qu’est la charité fraternelle :

« En aimant ton prochain, tu purifies ton œil pour voir Dieu », Tract. in Io. 17, 8.

« La vision de Dieu n’appartiendra qu’à ceux qui auront gardé entre eux la Paix », Sermo 23, 17 – 18.


mercredi 20 juin 2012

Lia et Rachel, Marthe et Marie, Pierre et Jean ( 1 / 4 )

SAINT AUGUSTIN ET LA BIBLE, Anne-Marie La Bonnardière, Éd. Beauchesne, 1986, 411 – 425, Extraits

 Les deux vies 




Marthe et Marie ont choisi, l’une de servir le Verbe fait chair, l’autre d’écouter le Verbe auprès de Dieu, Sermo 104, 3. « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu », Jn 1, 1.  Voici Celui que Marie écoutait. « Le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous », Jn 1, 14. Voici Celui que Marthe servait.


Fixons les yeux, dès l’abord, sur cet axe christologique de la pensée augustinienne.

Trois portraits de l’Église actuelle : Lia, Marthe et Pierre. Le nom de Lia veut dire « celle qui travaille ou enfante ». Lia figure l’action humaine et mortelle, dans laquelle nous vivons de la foi. Lia est la première épouse de Jacob. Marthe recevant le Christ dans sa demeure signifie l’Église qui existe maintenant, recevant le Seigneur dans son cœur. Pierre était simplement un homme, mais quand il eut reçu le pouvoir des clefs, Mt 16, 19, il représentait l’Église universelle.

En regard de ces 3 portraits, 3 esquisses de l’Église à venir : Rachel, Marie et Jean. Le nom de Rachel veut dire « la vision du Principe ». C’est l’espoir de l’éternelle contemplation de Dieu, et c’est pourquoi on dit que Rachel était belle. Marie, assise aux pieds du Seigneur, attentive à sa Parole, figure le repos éternel. Jean figure la vie éternelle et bienheureuse.

Les deux vies personnifiées sont l’une et l’autre excellentes. Augustin remarque que « La vie d’iniquité était absente de cette maison : elle n’était ni avec Marthe ni avec Marie ; et si quelquefois elle y fut, le Seigneur en entrant la mit en fuite ». Nous sommes ici dans un climat de liberté par rapport à l’esclavage du péché. Chez Lia, Marthe et Pierre, comme chez Rachel, Marie et Jean, leur vie ne présente aucune nuance de culpabilité librement consentie. « En ces deux femmes, sont figurées deux vies : vie présente et vie future, vie de labeur et vie de repos, vie de souffrance et vie de bonheur, vie du temps et vie de l’éternité ».

La vie qui appartient à la nécessité est laborieuse, la vie qui appartient à la joie est délicieuse. Les deux épouses libres de Jacob, Lia et Rachel, nous annoncent deux vies dans le Corps du Christ : une vie temporelle de travail, une vie éternelle en laquelle nous contemplerons la joie de Dieu ».
Saint Augustin oppose ces 2 vies beaucoup plus sur le plan ecclésial, communautaire, que sur le plan individuel. Il s’agit bien de la vie menée ici-bas par le Corps ecclésial du Christ et de celle qui l’attend dans le siècle futur, plutôt que de la condition personnelle de chacun. La Parole de Jésus à Pierre : Toi, suis-moi, s’adressera à tous les fidèles, car Pierre représente toute l’Église.

samedi 16 juin 2012

Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive !

Saint Augustin et la Bible, Dany Dideberg, Éd. Beauchesne, 1986, Extraits 192 - 201

Saint Jean est appelé le « disciple que Jésus aimait ». Est-ce que Jésus n’aimait pas les autres disciples dont saint Jean a dit : « Jésus les aima jusqu’à la fin », Jn 13, 1 ? Et le Seigneur a dit : « Personne n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis », Jn 15, 13.  Augustin reconnaît que le Seigneur a aimé tous ses disciples. « Mais qui ne serait encore désireux de savoir, dit Augustin, pourquoi, de Pierre et Jean, le Seigneur aimait davantage Jean » ?


Augustin est embarrassé. « Autant que je puisse en juger, je serais porté à dire meilleur, celui qui aime le plus le Christ, mais plus heureux, celui que le Christ aime le plus, si je voyais comment défendre la justice de notre divin libérateur qui aime plus celui qui l’aime moins », Tract. In Io. 124, 4.

Saint Jean est le disciple bien-aimé parce qu’il a reposé à la dernière Cène sur la poitrine de son Maître. Dans le texte latin de Jn 13, 23-25utilisé par Augustin, « étant allongé » et « se renversant en arrière » sont traduits par un même verbe « se coucher pour manger, se reposer ». Le disciple précise que Jean reposait sur la poitrine de Jésus à la Cène, pour indiquer par là qu’il buvait les plus profonds secrets à l’intime de son cœur. La poitrine est le lieu de la Vérité, des secrets, de la Sagesse. Augustin dit du disciple Jean qu’il se présente à nous comme un ruisseau qui découle de la Source. Jean n’est que le ruisseau. Et Augustin poursuit : Le ruisseau vient à moi et me dit : ‘Bois en toute confiance’ ».

« Dans les quatre livres de l’unique Évangile, le saint apôtre Jean qui a été comparé à l’aigle au sens spirituel, a voulu que nos cœurs s’élèvent dans le sillage de son élévation. Jean a parlé de la divinité du Seigneur comme aucun autre ne l’a fait. Il proclamait ce qu’il avait bu, car ce n’est pas sans raison qu’il est raconté de lui, Jn 13, 25 et 21, 20, qu’à la dernière Cène, il reposait sur la poitrine du Seigneur. À cette poitrine, il buvait donc en secret. Mais ce qu’il a bu en secret, il l’a proclamé au grand jour, afin que soient enseignés à toutes les nations non seulement l’incarnation du Fils de Dieu, sa passion et sa résurrection, mais encore ce qu’était avant l’incarnation l’Unique du Père, le Verbe du Père, coéternel à Celui qui l’engendre, égal à Celui qui l’a envoyé, devenu dans sa mission inférieur du Père et moindre que Lui», Tract. In Io. 36, 1.

« Celui qui reposait sur la poitrine du Seigneur, qu’a-t-il bu, pensons-nous ? Ne pensons pas mais buvons : en effet nous venons d’entendre ce que nous avons à boire », Sermon 119, 1.


mercredi 13 juin 2012

Le Cœur divin, Source de Vie


Solennité du Sacré Coeur


Dès les premiers siècles, les Pères de l'Église et les théologiens réfléchissent sur des versets bibliques qui, par la plaie au côté du Christ en Croix, les amènent à découvrir le Cœur divin.



Saint Justin (v.100-v.165)commente le Ps 21 : « Comme de l'eau se sont écoulés et ont été dispersés mes os, mon cœur est devenu comme une cire fondue au milieu de mes entrailles », Ps 21,15,était aussi une prédiction. C'est ce qui Lui est arrivé cette nuit-là où ils s'en vinrent contre Lui sur le Mont des Oliviers pour Le saisir. Car dans les « Mémoires » que j'ai dit que Ses apôtres et leurs disciples ont composées, il est écrit qu'une sueur comme faite de caillots de sang Lui coulait tandis qu'Il priait en disant : « Que s'éloigne si c'est possible ce calice ! ». C'est que son Cœur était tout tremblant, de même ses os ; son Cœur était comme une cire fondante qui coulait dans ses entrailles, afin que nous ne disions pas que, Fils de Dieu, Il ne sentait pas ce qui Lui arrivait et survenait. […] Nous autres chrétiens, nous avons été taillés dans son cœur comme des pierres arrachées au Rocher".

Saint Irénée (v.130-v.202),évêque de Lyon, dit que l'Église est la source d'eau vive qui vient à nous du Cœur du Christ.

Un auteur syriaque du IV° siècleécrit que"Son Cœur s'est rempli de tristesse à cause de nos iniquités, c'est-à-dire comme effet de son amour envers les créatures exposées à se perdre. […] Le Seigneur s'est attristé en voyant ceux qui l'avaient trahi et crucifié, et Il a prié pour eux avec des larmes, pour nous donner l'exemple, afin que nous priions nous aussi pour ceux qui nous font du mal, versant nos larmes pour implorer leur pardon, comme Lui-même l'a fait pour nous devant son Père".

Saint Hippolyte de Rome (v.170-235), martyr, voit dans ce fleuve d'eau vive la réalisation de la figure des quatre fleuves qui arrosaient le Paradis, fleuve qui refait toutes choses nouvelles.

Origène (v.185-v.252) voit dans le Cœur transpercé du Christ la source à laquelle le chrétien doit s'abreuver.

Saint Cyprien (v.200-258),évêque de Carthage, écrit que "C'est par la vertu de la mort du Christ que la sentence de notre condamnation fut déchirée, que nos péchés furent effacés, et que nous avons recouvré notre liberté ; et, par un privilège spécial, la charte de notre pardon fut scellée du sceau de la plaie latérale". "O chrétien, voyez donc la profondeur de cette plaie et, par cela même, l'étendue de l'amour du Christ ; par elle, la vraie fontaine vous est ouverte, c'est-à-dire le Cœur de Jésus dans lequel vous pouvez entrer ; pénétrez-y donc, car il peut vous contenir tout entier".

Saint Athanase (v.296-373),patriarche d'Alexandrie, dit que "De toutes les plaies du Sauveur, aucune n'est comparable à celle de son côté d'où s'écoule du sang et de l'eau. La Rédemption et la Réparation nous sont venues du côté ouvert du second Adam : la Rédemption par le sang et la Purification par l'eau".

Saint Ambroise (340-397),évêque de Milan, invite les fidèles à s'abreuver au Christ lui-même :

"Abreuve-toi auprès du Christ, car il est le Rocher dont les eaux découlent, 
 Abreuve-toi auprès du Christ, car il est la source de vie,
 Abreuve-toi auprès du Christ, car il est le fleuve dont le torrent réjouit la cité de Dieu,
 Abreuve-toi auprès du Christ, car il est la paix,
 Abreuve-toi auprès du Christ, car des fleuves d'eau vive jaillissent de son sein."

samedi 9 juin 2012

Que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance

Saint Isaac le Syrien (7ème siècle)

Que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance, jusqu’à ce que tu sentes en toi-même la miséricorde que Dieu éprouve pour le monde. Que notre propre état devienne ainsi  un miroir dans lequel nous contemplerons en nous-mêmes la ressemblance et l’empreinte de ce qui appartient par nature à la divine essence.

Un cœur dur et sans miséricorde ne peut parvenir à la pureté. Un homme miséricordieux est le médecin de sa propre âme, car il chasse de son intérieur le sombre nuage des passions, comme par un vent violent.

« Heureux les miséricordieux :
         ils obtiendront miséricorde !», Mt 5, 7.



Un homme a atteint la pureté du cœur lorsqu’il voit tous les hommes comme bons, et lorsqu’aucun ne lui paraît impur et souillé.

          « L’œil bon ne voit pas le mal », Ha 1,13.