vendredi 4 octobre 2019


4 octobre fête de Notre fondateur père François Picard

Fondateur avec Isabelle Clermont-Tonnerre, Comtesse d'Ursel

des Orantes de l'Assomption le 8 décembre 1896.




PREMIERE INSTRUCTIONS DU PERE PICARD
Le jour de la Fondation, le Père, pour rassurer Mère Marie de la Compassion (O.A), luí avait promis de se faire lui-même le maitre des novices du petit Couvent. II tint parole dans toute la mesure du possible.


Les deux premiers jours, le Père montre a ses filles le but apostolique de leur vie contemplative, en commentant pour elles les deux devises chères à leur famille religieuse: 
"Adveniat regnum tuum", que ton règne vienne et 
"Propter amorem Domini nostri Jesu Christi", l'amour envers notre Seigneur Jésus Christ.
....
"Pour cela,dit-il, il faut unifier toutes vos actions vers ce seul point; l'oraison". II faut tout ramener la pour conserver vos âmes dans la vie d'union avec Notre-Seigneur.Tout doit vous garder dans ce recueillement intérieur de l'âme qui parle a Dieu...Le temps des emplois, des repas, de l'étude, de la récréation, tout doit être unifié avec votre oraison...
L'esprit de l'Assomption que vous voulez et que vous devez avoir est un esprit d'apostolat et de prière, mais chez vous il doit être plus unifié, plus vif, plus ardent, puisque vous devez être des âmes contemplatives dans l'Assomption. ...
Extrait : Histoire de notre famille religieuse, les dix premières années 1896-1906, T 1, collection archive N° 2, première instruction du père Picard aux Orantes de l'Assomption, p. 11.



dimanche 1 septembre 2019

Un triple renoncement, Saint Jean Cassien

23ème dimanche du temps ordinaire Saint Luc 14,25-33

De grandes foules faisaient route avec Jésus; il se retourna et leur dit: "Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple."

Un triple renoncement
Selon la tradition des Pères et l'autorité des saintes Écritures, les renoncements sont au nombre de trois, et chacun de nous doit mettre tout son zèle à les pratiquer.  
Le premier concerne ce qui est matériel: il nous fait mépriser toutes les richesses et les biens du monde.  
Par le deuxième, nous répudions notre ancienne manière de vivre, avec les vices et les passions de l'âme et de la chair. 
Par le troisième, nous détachons notre esprit de toutes les réalités présentes et visibles pour ne contempler que les réalités futures et ne désirer que les invisibles. Ces renoncements doivent être observés tous les trois, comme le Seigneur l'a ordonné à Abraham, lorsqu'il lui a dit: Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père, Gn 12,1.

Il a dit en premier lieu: Quitte ton pays, c'est-à-dire les biens de ce monde et les richesses de la terre. En second lieu: Quitte ta famille, c'est-à-dire la façon de vivre, les habitudes et les vices passés qui, en s'attachant à nous depuis notre naissance, nous sont étroitement unis par une sorte d'affinité et de parenté. En troisième lieu: Quitte la maison de ton père, c'est-à-dire tout souvenir du monde actuel qui se présente à nos yeux.
Ce détachement devient réalité lorsque, morts avec le Christ aux éléments de ce monde, nous contemplons, comme le dit l'Apôtre, non pas ce qui se voit, mais ce qui ne se voit pas; ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel, 2 Co 4,7-18. Il en va de même lorsque, abandonnant de coeur cette demeure temporelle et visible, nous tournons les yeux de notre âme vers celle que nous habiterons éternellement. Et nous y parviendrons, dès que, vivant dans la chair, mais non selon la chair, nous engagerons le combat, 2 Co 10,3 pour le Seigneur, et que nous proclamerons par nos actions vertueuses ces paroles de l'Apôtre: Nous, nous sommes citoyens des cieux, Ph 3,20.

Cela étant, il ne nous servirait pas à grand-chose d'exercer, fût-ce avec la foi la plus ardente, le premier renoncement, si nous n'accomplissions pas le deuxième avec le même zèle et la même ardeur. De même, après avoir pratiqué celui-ci, nous serons en mesure de passer également au troisième. Nous sortirons ainsi de la maison de notre ancien père, celui qui était, nous le savons, notre père selon le vieil homme, dès notre naissance, quand nous étions par nature voués à la colère comme tous les autres Ep 2,3 et nous porterons toute l'attention de notre esprit aux choses célestes.

Nous mériterons dès lors d'atteindre à la vraie perfection de ce troisième renoncement lorsque notre âme aura été débarrassée, en effet, de toute la pesanteur de la chair qui l'engourdissait, et purifiée de toute attache et disposition terrestre, grâce à un polissage très soigneux. Notre âme s'élèvera alors jusqu'au monde invisible par la méditation constante des choses de Dieu et la contemplation spirituelle, si bien qu'elle n'aura plus conscience d'être enfermée dans un corps fragile et un lieu particulier, tant elle sera attentive aux réalités célestes et incorporelles.

Saint Jean Cassien (+ 435), Conférences 3, 6-7, CSEL 13/2, 73-75, in http://www.catho.org/9.php?d=cq0.

dimanche 4 août 2019

Saint Théodore le Studite, Tenez vos lampes allumées


Tenez vos lampes allumées, 


St Luc 12,32-48, Mt 25,1-4


Il y a un temps pour les semailles et un temps pour la moisson, un temps pour la paix et un temps pour la guerre, un temps pour le travail et un temps pour le loisir. Mais pour le salut de l'âme, tout moment est propice, et toute journée est favorable, si du moins nous le voulons. Ainsi donc, soyons toujours en mouvement vers le bien, faciles à mouvoir, mettant la Parole en actes.



C'est toujours le temps de la prière, le temps de la réconciliation après les fautes, le temps de ravir le Royaume des cieux. Voici l'époux, dit l'Évangile, sortez à sa rencontre. Et les vierges sages sont allées à sa rencontre avec des lampes brillantes et elles sont entrées pour les noces ; tandis que les vierges folles retardées par l'absence de bonnes oeuvres criaient :

- Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !

Mais il a répondu : - En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas.

Et il ajoute : - Veillez donc car vous ne savez ni le jour ni l'heure.

Il faut donc veiller et éveiller l'âme à la sobriété, à la sainteté, à la purification, à l'illumination, pour éviter que la mort ne nous ferme la porte. Qu'ils sont heureux les serviteurs que le Maître, à son retour, trouvera vigilants.

Pour moi qui suis ton serviteur indigne, Dieu, veuille m'éveiller du sommeil de mon indolence. Fait brûler en moi le feu de Ton Amour divin ; que grandisse sans cesse au-dedans de moi mon désir de répondre à ton infinie tendresse. Ah! S'il m'était donné de pouvoir tenir à longueur de nuit ma lampe allumée et ardente dans Ton temple, Seigneur ! Si elle pouvait éclairer tous ceux qui pénètrent dans la maison de mon Dieu !

Seigneur, accorde-moi cet amour qui se garde de tout relâchement, que je sache tenir toujours ma lampe allumée, sans jamais la laisser s'éteindre ; qu'en moi elle soit lumière pour mon prochain.

Ô Christ, daigne allumer toi-même nos lampes, toi notre Sauveur, fais-les brûler sans fin dans ta demeure, et recevoir de Toi, une lumière indéfectible, éternelle. Que ta lumière dissipe nos propres ténèbres, et que par nous elle fasse reculer les ténèbres du monde.

Seigneur Jésus, allume ma lampe à Ta propre lumière. Qu'à Ta lumière je ne cesse de Te voir, de tendre vers Toi tout mon être. Alors, dans mon coeur, je ne verrai que Toi seul, et en Ta présence, ma lampe sera toujours allumée et ardente.

Daigne répandre en nous assez de Ton amour pour que nous aimions Dieu comme il convient. Que Ton amour nous possède tout entiers, pour que nous ne sachions plus rien aimer sinon toi, qui est éternel. Qu'en nous se réalise comme tu veux ce progrès de l'amour par ta grâce, Seigneur Jésus Christ, à qui est la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

Saint Théodore le Studite (759-826)
Moine du Studion [monastère de Constantinople] dans l'Église byzantine.

samedi 27 juillet 2019

Demandez, on vous donnera, saint Luc 11,1-13




Saint Augustin Luc 11,5-9

Quels sont ces trois pains, sinon l'aliment céleste que nous offrent les divins mystères? Or, il peut se faire qu'on ne puisse satisfaire à la demande d'un ami, et on reconnaît alors qu'on n'a pas ce qu'on devrait lui donner. Ainsi, un ami vous arrive de voyage, c'est-à-dire, de la vie du monde, où tous les hommes passent comme des voyageurs, où ils n'ont ni véritable propriété ni demeure permanente, mais où tout homme s'entend dire : Passez, faites place à celui qui doit vous succéder. Ou encore, cet ami vous arrive fatigué d'un mauvais voyage, c'est-à-dire, d'une vie coupable, il n'a pas trouvé la vérité qu'il eût été si heureux d'entendre et de recevoir; il vient donc à vous, qui êtes chrétien, et il vous dit: Veuillez m'instruire. Or, peut-être vous demande-t-il ce que vous ignorez dans la simplicité de votre foi, vous ne pouvez donc apaiser la faim qui le tourmente, et vous êtes obligé de recourir aux livres du Seigneur, car, peut-être, ce qu'il vous demande se trouve dans les saints Livres, mais enveloppé d'obscurité. Vous ne pouvez interroger Paul, ni Pierre, ni aucun prophète, car toute cette famille repose avec son maître. Cependant l'ignorance du monde est profonde, c'est le milieu de la nuit; votre ami, pressé par la faim, insiste auprès de vous, la foi dans sa simplicité ne lui suffit pas, faudra-t-il l'abandonner ? Allez donc trouver le Seigneur lui-même, avec lequel toute sa famille se repose, et frappez à la porte par vos prières: « De l'intérieur de la maison il vous répondra: Ne m'importunez pas ». Mais s'il tarde à vous donner, c'est pour vous faire désirer plus vivement ce qu'il diffère de vous accorder, et vous rendre ses dons plus précieux.

Saint Jean Chrysostome Luc 11,10-13
En nous disant: «Demandez», c'est la prière qu'il nous recommande: «Cherchez», c'est le zèle et la sollicitude dans la prière. En effet, ce qui est l'objet de nos recherches, exige de grands soins, surtout dans les choses de Dieu, où notre intelligence rencontre tant d'obstacles. Cherchons donc Dieu avec la même sollicitude que nous cherchons l'or que nous avons perdu. Le Sauveur nous apprend encore à persévérer dans la prière, bien qu'il n'ouvre pas aussitôt la porte : «Frappez, et l'on vous ouvrira»; si vous ne vous lassez pas de chercher, vous trouverez infailliblement, la porte n'est fermée que pour vous obliger de frapper, et s'il tarde à se rendre à vos désirs, c'est pour que vous demandiez avec plus d'instances.

https://www.apologetique.net/EvangilePere/EvangilePere

vendredi 12 juillet 2019

Semez ! Saint Bernard de Clairvaux



A l'occasion de Saint Benoît 11 juillet 2019
Semez !

Le bienheureux Benoît fut un arbre, 
grand, couvert de fruits, 
tel « l’arbre planté près d'un ruisseau», Ps 1,3.  

On sait que les branches se développent selon la quantité des racines, et on dit qu’autant un arbre a de racines pour le fixer, autant il a de branches pour le parer. 

Il en va de même pour nous : bien que nous n’en fassions pas, les miracles de notre père Benoît doivent être pour nous un grand réconfort. 

Le Seigneur aussi est lui-même un arbre. 
Il est vraiment un arbre et une plante céleste, mais plantée en terre, 
selon qu’il est écrit « la vérité germera de la terre» Ps 84,12.

Vous aussi, semez-vous, 
perdez-vous ! 
Il se perd bien lui-même, 
celui qui ne fait jamais rien pour lui, 
mais dont toute l’intention et tout le désir tendent au bon plaisir de Dieu et à l’utilité de ses frères.

Ainsi, semez, vous aussi,
ainsi, portez du fruit. Semez, vous aussi, car il y en a tant qui ont semé avant vous ;
portez du fruit, car c’est pour vous qu’ils ont semé.
Ô race d’Adam ! Qu’ils furent nombreux ceux qui ont semé en toi, et quelle précieuse semence !
Elle a semé en notre terre, la Trinité toute entière ; ils ont également semé, les anges et les Apôtres, ils ont semé, les martyrs, et les confesseurs, et les vierges.

Le Père a semé le Pain venu du Ciel, Jn 6,32 ; le Fils a semé la Vérité ; le Saint Esprit, la Charité.

Saint Bernard de Clairvaux (+ 1153), moine de Cîteaux, a fait rayonner au XIIème siècle l’ordre cistercien dans toute l’Europe.

lundi 1 juillet 2019

Mère Isabelle, prier pour toutes les branches de l'Assomption


Anniversaire du décès de Mère Isabelle

3 juillet 1921 à Sceaux


Nous devons prier pour

toutes les branches de l'Assomption




Notre vie doit être de vivre en Dieu, de demeurer dans la charité. Toutes les oeuvres de Saint Augustin étaient remplies de charité, de l'amour du prochain, du pardon des ennemis, de la charité envers Dieu, de la bonté envers les amis… Si on a la charité, on doit véritablement vouloir ce qui coûte et faire ce qui coûte le plus. Si on n'a pas cette énergie, on n'aime pas véritablement Dieu… Les vertus qu'on peut acquérir, Dieu les donne à mesure qu'on les désire, qu'on les demande : il ne faut donc pas se décourager, quand on se sent incapable, misérable, distraite, lâche…

Demandons cette flamme d'amour qu'avait saint Augustin. Nous devons l'honorer en priant pour toutes les oeuvres de l'Assomption. Dieu a permis que nous devions des prières particulières à toutes les branches de l'Assomption. Dieu, qui nous sait faibles, oublieuses, légères, a permis que nous ayons un devoir de reconnaissance envers ceux pour qui nous devons prier. D'abord, les Pères qui ont soin de nos âmes, qui ont à accomplir l'oeuvre augustinienne par la prédication, la vie religieuse au milieu de difficultés qui seraient inextricables si Dieu ne les tenait dans sa main… Nous avons aussi à prier pour les Oblates, nous leur devons une reconnaissance très particulière, puisque c'est là notre berceau ; elles nous ont donné leur sève, nous ont initiées à la vie religieuse ; nous avons envers elles une dette de charité. Nous connaissions moins les Petites Soeurs, mais l'épreuve de la grippe, cet hiver, nous en a davantage rapprochées et nous devons prier pour leurs oeuvres, pour leurs missions, leurs pauvres ; que tous les soins qu'elles donnent aux corps aident à la transfiguration des âmes. Notre prière doit s'étendre au monde entier ; et particulièrement où nous avons des soeurs, la charité fraternelle doit s'étendre. Nous devons prendre leurs oeuvres par la charité, les faire nôtres, avoir ce zèle des âmes qui embrasse tout et la sanctification des membres de notre congrégation, Instruction de Mère Isabelle aux Orantes de l'Assomption 23 août 1919.