Monique-Anne et Jeanine, Orantes de l'Assomption à 94000 VITRY SUR SEINE lisent la Parole de Dieu, les Pères de l'Eglise chaque jour et désirent partager spiritualité et découvertes avec tous. Venez prier et adorer à notre oratoire. Venez vivre un temps de lectio pendant l'Avent et le Carême. Nous désirons partager avec tous nos lecteurs la richesse des commentaires de Pères de l'Eglise. Ils nous enseignent des chemins d'intériorité.
jeudi 29 septembre 2011
Saint François d’Assise, Admonitions
4 octobre fête de Saint François d'Assise
Fête de notre Fondateur, le Père François Picard,
(1831-1903), Augustin de l'Assomption.
Savoir pour mieux agir
L'Apôtre dit : La lettre tue, mais l'esprit fait vivre.
La lettre tue ceux dont la curiosité s'arrête aux mots du texte; ce qu'ils veulent, c'est paraître plus savants que les autres, et pouvoir acquérir ainsi de grandes richesses dont ils feront profiter leurs parents et amis.
La lettre tue les religieux qui ne veulent pas approfondir l'esprit de la sainte Écriture, mais qui préfèrent s'en tenir uniquement à la connaissance et au commentaire des mots.
L'esprit de la sainte Écriture fait vivre ceux qui n'attribuent pas à leur valeur personnelle la science qu'ils possèdent ou désirent posséder, mais qui, par la parole et par l'exemple, en font hommage au Très haut Seigneur Dieu à qui appartient tout bien.
http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Fdassise/admonit.html#8
mercredi 14 septembre 2011
Saint Cyrpien, La prière humble et secrète
Evêque de Carthage au milieu du IIIe siècle, Saint Cyprien est une des figures de l'Église primitive. Vers 250, il écrit un traité sur la prière, influencé par Tertullien. Il subit le martyre sous la persécution de Valérien le 14 septembre 258.
Chez l’homme qui prie, la parole et la demande doivent être paisibles et modestes en présence de Dieu. Il faut que le regard divin trouve plaisir à l'attitude du corps et au ton de la voix. Le Seigneur nous a dit de prier dans le secret, dans des lieux cachés et retirés et même dans notre chambre. C'est ce qui s'accorde le mieux avec la foi, car nous savons que Dieu est présent partout, que par la plénitude de Sa gloire Il pénètre dans ce qu'il y a de secret et de caché. « Je suis un Dieu proche, et non un Dieu lointain. Si un homme s'enfonce dans des retraites, est-ce que moi, je ne le verrai pas ? ».
Lorsque nous nous rassemblons avec nos frères, et que nous célébrons les sacrifices divins avec le prêtre de Dieu, nous devons rester attentifs à la modestie et au bon ordre. Nous ne devons pas éparpiller nos prières en paroles informes ni jeter vers Dieu dans un bavardage bruyant, une requête qui devrait être portée par la modestie. Dieu écoute non la voix mais le cœur, et nous n'avons pas à attirer par nos cris l'attention de Celui qui voit les pensées. « Que toutes les Églises le sachent : moi, je sonde les reins et les cœurs ».
Au premier livre des Rois, Anne préfigure l'Église. Elle n'implorait pas Dieu à grands cris, mais le priait en silence dans le secret de son cœur. Sa prière était cachée, mais sa foi était manifeste ; elle parlait non des lèvres mais du cœur, car elle savait que Dieu entend ce langage. C'est pourquoi elle a obtenu ce qu'elle demandait, car elle suppliait avec foi. « Elle parlait dans son cœur, elle remuait les lèvres, mais on n'entendait pas sa voix ; et le Seigneur l'exauça ». De même nous lisons dans les Psaumes : « Parlez dans vos cœurs, et regrettez vos fautes ». Par Jérémie, le Saint-Esprit nous donne le même enseignement : « C'est dans notre esprit qu'il faut T'adorer, Seigneur ».
Celui qui adore ne doit pas ignorer comment le publicain priait dans le Temple à côté du pharisien. Le publicain ne levait pas les yeux vers le ciel avec effronterie, il ne tendait pas les mains avec insolence. Il se frappait la poitrine, il reconnaissait ses péchés intérieurs et cachés et implorait le secours de la divine miséricorde. Alors que le pharisien se complaisait en lui-même, le publicain obtint d'être sanctifié de préférence à celui-ci, car il priait sans mettre l'espérance de son salut dans son innocence, puisque personne n'est innocent. Mais il priait en confessant ses péchés, et sa prière fut exaucée par celui qui pardonne aux humbles.
In Livre des jours, le Cerf/DB, p. 856-857.
lundi 5 septembre 2011
Ave Maria Stella, Hymne latine datant du Xe siècle environ
8 septembre fête de la Nativité de la Vierge Marie
Ave Maria Stella
Salut, Étoile de la mer,
Sainte Mère de Dieu,
Toi, toujours vierge,
bienheureuse porte du ciel...
Brise les chaînes des pécheurs,
rends la lumière aux aveugles,
délivre-nous de nos misères,
obtiens pour nous les vrais biens.
Montre-nous que tu es mère,
et que le Christ par toi accueille nos prières
lui qui, né pour nous,
accepta d'être ton fils.
Vierge sans pareille
et douce entre toutes,
obtiens le pardon de nos fautes,
rends nos cœurs humbles et purs.
Accorde-nous une vie sainte,
rends sûre notre route
pour que, contemplant Jésus,
nous partagions sans fin ta joie.
Hymne latine datant du Xe siècle environ
vendredi 19 août 2011
Saint Augustin, extrait commentaire de la 1ère Epitre de St Jean
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| Saint Augustin et sainte Monique (sa mère) fêtés le 28 et 27 août |
jeudi 11 août 2011
Saint Bernard, la Parole déjà est tout en tous
Saint Bernard, Sermons divers, 1, Desclée de Brouwer, 197.
dimanche 7 août 2011
Abbaye de Tamié, Homélie pour la solennité de l'Assomption de Marie
Cette homélie provient du site des homélies des moines de Tamié - Vous pouvez la retrouver ainsi que beaucoup d'autres commentaires.
Ap 12, 1-6, 10 - 1 Co 15, 20-26 - Lc 1, 39-56
Dans ce Salut réalisé par le Christ, Marie joue un rôle essentiel. Elle est l’image de l’Église, la femme qui enfante. Et cet enfantement durera tant que dure l’Église et que, grâce au baptême naissent pour Dieu de nouveaux enfants. L’enfant que cette femme met au monde s’affronte aux puissances du mal et de la mort qui en veulent à sa vie. Mais il est enlevé auprès de Dieu. Au matin de sa résurrection, Jésus disait aux femmes : « Allez dire à mes frères : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ». Si l’Église fuit au désert, c’est pour y continuer ce combat mais avec l’assurance de la victoire déjà acquise dans le Christ. Et cette victoire, nous la célébrons ce matin en Marie, première des rachetés, première des sauvés. L’Assomption de Marie, comme la fête de Toussaint, célèbre la Pâque de l’Église, la Pâque de tous ceux qui, dans le Christ sont passés de la mort à la vie. Telle est notre foi, telle est notre espérance.
Mais revenons à l’évangile. Il nous ramène aux scènes si familières de notre vie. Marie se rend vers les montagnes. Elle visite sa cousine âgée et enceinte comme elle. Quoi de plus humain que cette scène ? Toutes deux s’émerveillent du mystère de vie qui est en elles. Et cet émerveillement partagé libère une parole d’action de grâce. Nous sommes invités à entrer dans cette action de grâce, celle d’Élisabeth mais plus encore celle de Marie : son Magnificat n’est-il pas dans la liturgie l’action de grâce quotidienne de toute l’Église.
Après trois mois, Marie retourne chez elle comme chacun de vous au terme de ce temps de vacances. On pourrait dire à son sujet, comme pour les Mages, qu’elle s’en retourne par un autre chemin tant cette rencontre avec Élisabeth l’a transformée. Sa maternité miraculeuse et jusque-là tenue secrète est devenue annonce de la Bonne Nouvelle : « le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom ! » La reconnaissance de ce mystère n’a pu qu’illuminer son existence comme elle doit aujourd’hui illuminer la nôtre.
Chacun de nous, frères et sœurs, est porteur d’un mystère, le mystère d’être aimé de Dieu, d’être l’objet d’un appel, d’une vocation particulière : vocation de maternité ou vocation de célibat, vocation de compassion et de service des autres, vocation de prière et de solitude, vocation d’annonce de l’Évangile. Comme Marie, vivons cet appel dans l’Église et pour l’Église.
Lorsque vous faites une ascension en montagne, vous perdez de vue parfois le sommet, mais des signes vous indiquent que vous êtes sur le bon chemin. Sachez reconnaître durant ce temps de vacances les nombreux signes, souvent modestes, que Dieu met sur votre chemin. Cette Eucharistie déjà est un signe.
Toute visite reçue, toute rencontre d’amitié devrait nous rappeler en écho ces paroles d’Élisabeth : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? » Saint Benoît, dans la Règle, dit au portier : « Dès que quelqu’un aura frappé ou qu’un pauvre aura appelé, il répondra : Deo gratias avec crainte de Dieu et un cœur brûlant de charité ». (c. 66)
Le récit de la Visitation lu en cette fête de l’Assomption souligne ainsi le lien qui unit trois mystères : l’accueil de Dieu par Marie à l’Annonciation, l’accueil par Dieu de Marie en son Assomption, mais aussi l’accueil de Dieu dans notre quotidien par toute rencontre et tout service de charité. « Qui accueille un de ces petits, un de ces pauvres, c’est moi qu’il accueille ». Quand nous disons que Marie est entrée dans la gloire avec son corps cela veut dire qu’elle y est entrée avec toute sa vie corporelle, sa vie de femme, une vie sans péché, une vie toute de foi et d’amour. Sa maternité miraculeuse, ses tâches domestiques, sa prière, son amour pour Joseph, sa sollicitude pour Élisabeth comme pour les convives à Cana, sa présence discrète et priante dans l’Église naissante, tout est assumé dans la plénitude de Dieu et constitue aujourd’hui sa gloire et sa joie.
Que la lumière de cette fête éclaire nos actions, les transfigure, nous en révèle le sens profond et leur valeur d’éternité. C’est cela croire en l’Incarnation : croire que Dieu s’est fait homme dans le sein de Marie, croire que Marie est associée avec son humanité à la résurrection de son Fils. Elle nous précède et nous ouvre un chemin de lumière, de joie et de grande espérance.
Frères et sœurs, c’est d’une façon bien différente, vous l’aurez remarqué, que chacune des trois lectures de cette messe nous introduit dans le mystère de l’Assomption de Marie. L’évangile de la Visitation (Lc 1, 39-56) nous est familier. Il est comme une invitation à vivre ce mystère dans tous nos gestes humains de rencontre, de visite, si fréquents en cette période de vacances. En première lecture, l’Apocalypse (12, 1-10) par un langage à la fois symbolique et biblique nous a ouvert le ciel nous faisant découvrir le sens mystérieux de nos situations humaines marquées par la souffrance, les combats, la crainte. « Alors j’entendis dans le ciel une voix puissante qui proclamait : Voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu et le pouvoir de son Christ ». La mort n’a plus le dernier mot, les puissances du mal sont déjà vaincues par la résurrection du Christ. C’est ce que redisait saint Paul dans la 2e lecture (1 Co 15, 20-26).
mardi 2 août 2011
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, douce lumière
Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix,
Copatronne de l'Europe
Edith Stein, (1891-1942) juive convertie au christianisme, elle entre au Carmel de Cologne en 1933.
Philosophe remarquable, collaboratrice de Husserl et brillant écrivain, elle a eu une grande influence sur les femmes de son temps, et une influence croissante dans les milieux intellectuels et philosophiques de l'Allemagne d'aujourd'hui et du monde entier.
Ses écrits sont source d’inspiration et d’espérance pour tous ceux dont la vie est marquée par la Croix. Elle a offert sa vie pour son peuple. Elle est morte dans les chambres à gaz à Auschwitz le 9 août 1942.
Le pape Jean Paul II a béatifié Soeur Thérèse Bénédicte de la Croix le 1er mai 1987, et l’a canonisée le 11 Octobre 1998.
Qui es-tu, douce lumière ?
Qui es-tu douce lumière qui me combles
et illumines la ténèbre de mon cœur ?
Comme la main d’une mère, tu me conduis
et, si tu me lâchais,
je ne saurais faire un pas de plus.
Tu es l’espace enveloppant mon être
et l’abritant en toi.
Le rejetterais-tu,
il coulerait à pic dans l’abîme du néant
d’où tu le tiras pour l’élever vers la lumière.
Toi, qui m’es plus proche que je ne le suis moi-même,
qui m’es plus intérieur que mon propre cœur,
et pourtant insaisissable, inconcevable,
au-delà de tout nom,
Saint-Esprit, éternel Amour !
vendredi 22 juillet 2011
SIMONE WEIL, la porte
Ouvrez-nous donc la porte et nous verrons les vergers,
Nous boirons leur eau froide où la lune a mis sa trace.
La longue route brûle ennemie aux étrangers.
Nous errons sans savoir et ne trouvons nulle place.
Nous voulons voir des fleurs. Ici la soif est sur nous.
Attendant et souffrant, nous voici devant la porte.
S’il le faut nous romprons cette porte avec nos coups.
Nous pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.
Il faut languir, attendre et regarder vainement.
Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;
Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.
La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.
Nous n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir...
La porte en s’ouvrant laissa passer tant de silence
Que ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;
Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
Fut soudain présent de part en part, combla le cœur,
Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière.
mardi 12 juillet 2011
Jean Danielou, Lire l’Écriture pour écouter le Verbe et entrer en relation avec Dieu : c’est une grâce.
mercredi 6 juillet 2011
Commencer l’été avec les conseils de Lectio divina, Guillaume de Saint Thierry
lundi 27 juin 2011
Mère Isabelle, chercher Dieu comme à tâtons
Mère Isabelle
vers 1896-1901
3 juillet 2011,
90ème anniversaire du décès
de Mère Isabelle,
Fondatrice des Orantes de l'Assomption
... Le silence tant intérieur qu'extérieur est un des plus puissants moyens de se disposer à la communication intime avec Dieu dans l'oraison, qui est comme l'âme de notre vie. L'âme de notre vie, c'est l'oraison, c'est la prière. Nous voyons dans l'épître tirée des Actes des Apôtres, que Saint Paul, dans son discours à l'Aréopage, dit que nous devons chercher Dieu comme à tâtons.
Certainement Dieu est près de nous, dans notre coeur, et nous pouvons converser avec Lui sans cesse. Nous le cherchons dans un grand silence, car c'est dans le silence que nous le trouvons le mieux. Dans les créatures, on cherche la conversation, les paroles; mais pour Dieu, c'est toujours dans ce silence dont parle Bossuet : "Ce silence où il se dit tant de choses." La voix de Dieu est, pour ainsi dire, souvent comme un léger murmure, on ne l'entend que si on prête une oreille attentive. Nous devons le chercher d'autant plus dans ce silence, dans cette obscurité dont parlent Saint Jean de la Croix et tous les mystiques. Nous devons arrêter sur Lui un simple regard dans l'attention, dans la fidélité extérieure et intérieure. Ce simple regard ne signifie pas l'oisiveté, la distraction. Dès que l'âme s'aperçoit qu'elle est distraite, elle s'empresse de mettre dans son coeur une pensée sainte. Mais quand elle a ramené son esprit, elle n'a pas besoin de toujours produire des pensées, mais d'écouter alors le murmure divin, de ne pas laisser pénétrer [en elle] les bruits du monde, d'avoir cette foi que Dieu est toujours tout près de nous, qu'Il nous entend toujours, que pas un cheveu ne tombe de notre tête sans sa permission.
Il faut vivre ces choses dans le silence de l'âme. Non pas seulement le silence intérieur, mais aussi le silence extérieur. Il faut s'y appliquer, non seulement pour soi-même, mais par charité pour les autres. Il faut pour cela avoir la présence intime de Dieu. Mais si, par maladresse, on manque à ce silence, il faut se laisser envahir par Dieu, marcher en sa présence et oublier tout le reste.
Mère Isabelle, Instruction, Chapitre XII, Du silence, 9 Octobre 1915.
mercredi 22 juin 2011
Guillaume de St Thierry, c'est Dieu qu'il aime dans son amour
Je te trouve donc Toi, Seigneur, dans mon amour, et plaise à Dieu que je te trouve toujours ! Quand l’amour ne s’exerce pas, il n’existe plus ; mais pour Toi je ressens une volonté puissante, je veux dire un amour qui me propulse vers toi, mais alors pourquoi donc ne suis-je pas toujours en train de t’expérimenter ? Faut-il dire que l’amour et l’expérimentation par cet amour, cela fait deux ? Si je vois bien, l’amour c’est quelque chose de la nature ; T’aimer, c’est un effet de ta grâce ; T’expérimenter c’est une faveur spéciale de la grâce, ce qui fait dire à l’Apôtre : « A chacun est donnée une faveur spéciale de l’Esprit Saint pour l’utilité commune ».
lundi 13 juin 2011
Syméon le Nouveau Théologien, prière à l'Esprit saint
Toi qui m'enflammes,
Et qui allumes en mon cœur en peine,
L'amour infini de Dieu et de mes frères.
Car c'est toi le docteur des prophètes,
Le compagnon de tous les apôtres,
La force des martyrs,
L'inspiration des Pères et des docteurs,
Et la perfection de tous les saints.
Illustration de psaume par Benn
mercredi 8 juin 2011
Sr Jeanine Gindrey, orante, L’œuvre de l’Esprit

Soeur Jeanine Gindrey, Orante de l’Assomption : des repères selon Sainte Thérèse d’Avila, Œuvres Complètes, Éditions du Seuil, 1949.
L'oeuvre de l'Esprit
Sainte Thérèse d’Avila nous invite au discernement : « C’est par les effets et les œuvres qui suivent que l’on reconnaît la vérité de ce qui se passe dans l’oraison… Il n’y a pas de meilleur creuset pour en faire l’épreuve », 877.
Devant certains dons de Dieu, la durée courte confirme que c’est de Dieu. Mais la longueur ou la syncope ne peuvent venir que de notre nature faible, 194, 961, 962, 864,1116, 1118.
Des effets positifs sont souvent les fruits de l’action de Dieu :
- La paix, la joie, la lumière, la douceur, l’amour immense, 687, 148,875
- Le cœur est dilaté, 876, 150
- L’action de grâce et l’humilité devant les bienfaits de Dieu, la confusion, 167, 98, 953, 954
- Après le trouble, la crainte du début, il s’établit une certitude, l’entendement n’agit pas, c’est Dieu, comme il veut, qui donne par miséricorde et dévoile les secrets des demeures, ce que notre imagination serait incapable d’approcher, ni l’intelligence, 288, 963, 1039, 804, 864, 119, 322, 913
- Le désir d’avancer et de ne pas abandonner l’oraison, 887, 880
Certains signes sont négatifs :
La solitude, la sécheresse, la peine, les pensées peuvent venir de Dieu, qui veut nous faire connaître l’abîme de notre misère, 110, et ceci pour notre progrès.
Il s’agit donc d’agir avec prudence. Que la vie soit dans la joie ou dans la peine, le critère majeur, c’est que l’expérience vécue conduise à une soumission en tout à l’Église. Rien ne peut être opposé à la foi catholique ou à la loi de Dieu, 510, 511, 812.
Ce critère peut nous préserver de notre aveuglement, de nos goûts, des plaisirs, des promesses trompeuses suscitées par l’esprit du mal, 1472,944.
Sainte Thérèse évoque des expériences :
- En lisant, subitement, on a le sentiment de la présence de Dieu, 95.
- Dieu donne à l’entendement (l’intelligence) de quoi admirer, il lui donne une compréhension subite, 119,322.
- L’âme reconnaît que le Maître Divin l’enseigne sans faire entendre aucun bruit de paroles, 708,709.
Toutes ces faveurs que nous recevons servent à fortifier notre faiblesse pour acquérir peu à peu une vie semblable à celle du Fils, 1052.
mardi 31 mai 2011
Catéchèse de St Cyrille de Jérusalem sur le Saint-Esprit

"L'eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. C'est une eau toute nouvelle, vivante, et jaillissante, jaillissant pour ceux qui en sont dignes. Pour quelle raison le don de l'Esprit est-il appelé une "eau" ? C'est parce que l'eau est à la base de tout ; parce que l'eau produit la végétation et la vie ; parce que l'eau descend du ciel sous forme de pluie ; parce qu'en tombant sous une seule forme, elle opère de façon multiforme. [...] Elle est différente dans le palmier, différente dans la vigne, elle se fait toute à tous. Elle n'a qu'une seule manière d'être, et elle n'est pas différente d'elle-même. La pluie ne se transforme pas quand elle descend ici ou là mais, en s'adaptant à la constitution des êtres qui la reçoivent, elle produit en chacun ce qui lui convient.
L'Esprit Saint agit ainsi. Il a beau être un, simple et indivisible, il distribue ses dons à chacun, selon sa volonté. De même que le bois sec, associé à l'eau, produit des bourgeons, de même l'âme qui vivait dans le péché, mais que la pénitence rend capable de recevoir le Saint-Esprit, porte des fruits de justice. Bien que l'Esprit soit simple, c'est lui, sur l'ordre de Dieu et au nom du Christ, qui anime de nombreuses vertus.
Il emploie la langue de celui-ci au service de la sagesse : il éclaire par la prophétie l'âme de celui-là ; il donne à un autre le pouvoir de chasser les démons ; à un autre encore celui d'interpréter les divines Ecritures. Il fortifie la chasteté de l'un, il enseigne à un autre l'art de l'aumône, il enseigne à celui-ci le jeûne et l'ascèse, à un autre il enseigne à mépriser les intérêts du corps, il prépare un autre encore au martyre. Différent chez les différents hommes, il n'est pas différent de lui-même, ainsi qu'il est écrit : Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.
Son entrée en nous se fait avec douceur, on l'accueille avec joie, son joug est facile à porter. Son arrivée est annoncée par des rayons de lumière et de science. Il vient avec la tendresse d'un défenseur véritable, car il vient pour sauver, guérir, enseigner, conseiller, fortifier, réconforter, éclairer l'esprit : chez celui qui le reçoit, tout d'abord ; et ensuite, par celui-ci, chez les autres.
Un homme qui se trouvait d'abord dans l'obscurité, en voyant soudain le soleil, a le regard éclairé et voit clairement ce qu'il ne voyait pas auparavant : ainsi celui qui a l'avantage de recevoir le Saint-Esprit a l'âme illuminée, et il voit de façon surhumaine ce qu'il ne connaissait pas."
Catéchèse de St Cyrille de Jérusalem sur le Saint-Esprit : Extraits de la Catéchèse 18 sur le Symbole de la Foi, 23-25 . http://peresdeleglise.free.fr/textesvaries/esprit.htm
dimanche 29 mai 2011
Saint Bernard de Clairvaux, homélie pour l'Ascension

Actes des Apôtres 1,1-11
St Paul aux Ephésiens, 1,17-23
Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28,16-20
Croître... en descendant
Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel, Ac 1,11. Il reviendra ainsi, disent-ils : s'agit-il donc de cette venue, aussi singulière qu'universelle, dans laquelle, précédé par les anges, suivi de tous les hommes, il descendra pour juger les vivants et les morts ? Oui, il viendra de la sorte ; mais ce sera comme il est monté, non comme il est descendu : humble, il est venu afin de sauver les hommes ; sublime, il viendra pour ressusciter le cadavre et le rendre semblable à son corps glorieux. On le verra alors dans toute sa puissance et dans sa majesté, lui qui jadis s'était caché dans la faiblesse de la chair.
Etant Dieu, le Christ ne pouvait grandir, car il n'y a rien au-delà de Dieu. Il a cependant, en venant s'incarner, souffrir, mourir pour nous éviter la mort éternelle. Aussi Dieu l'a exalté. Jésus est ressuscité, il est monté, il s'est assis à la droite de Dieu. Va, et fais de même.
Magnificat, Juin 2011, N° 223, 50-51
mercredi 11 mai 2011
Splendeur jaillie du sein de Dieu d'après Saint Ambroise

Illustration de psaume Benn
"Splendeur jaillie du sein de Dieu,
Lumière née de la lumière,
Avant que naisse l'univers,
Tu resplendis dans les ténèbres.
Nous t'adorons, Fils Bien-Aimé,
Objet de toute complaisance.
Le Père qui t'a envoyé
Sur toi fait reposer sa grâce.
Tu viens au fond de notre nuit
Pour tous les hommes de ce monde.
Tu es la Source de la Vie
Et la Lumière véritable"
(D'après St Ambroise, 6ème siècle)
mercredi 4 mai 2011
Saint Augustin, La présence du Christ

Tableau, pélerin d'Emmaüs, Louvre
St Luc, 24,13-35
3ème dimance de Pâques
La présence du Christ
Jésus parut : il se montrait à leurs yeux mais il ne se laissait pas reconnaître. Le Maître cheminait avec eux, et il était lui-même leur chemin. Mais eux n’étaient pas encore en chemin ; Jésus les rencontra tout à l’écart.
Quand le Seigneur les aborda, les disciples n’avaient pas la foi. Les disciples ne croyaient pas qu’il pût ressusciter. Ils avaient perdu la foi. Ils avaient perdu l’espérance. Ils marchaient, morts, avec un vivant, ils marchaient morts, avec la vie. Avec eux marchait la vie. Mais en leur cœur, nulle vie n'était renée.
Ils l’ont retenu : Reste avec nous, car le jour tombe. L’hospitalité leur a rendu ce que le doute leur avait pris. Le Seigneur s’est manifesté dans la fraction du pain. Le Seigneur s’est laissé reconnaître et après cette reconnaissance, il a disparu pour toujours. Les disciples l’ont perdu de corps lorsqu’ils l’ont tenu avec la foi. Le Seigneur a quitté corporellement toute son église et il est monté au ciel, afin que la foi se fortifie.
Il viendra, sois-en sûr il viendra. Nous sommes tous appelé à la résurrection : un jour viendra où tous ceux qui gisent dans les tombeaux, entendront la voix du Fils de Dieu et en sortiront : ceux qui auront fait le bien pour ressusciter à la vie…
Extrait, Saint Augustin La présence du Christ, in les mystères de Pâques, Lettres chrétiennes N° 10, Grasset, 1965, 224-227.
mardi 26 avril 2011
Grégoire le Grand, Marie une quête ardente

Jean 20,11-18
« Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait.
Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau ».
Elle avait pourtant déjà vu qu’il était vide et elle avait annoncé la disparition du Seigneur. Pourquoi se penche-t-elle encore, pourquoi désire-t-elle encore voir ? Parce que l’amour ne se contente pas d’un seul regard, l’amour est une quête toujours plus ardente. Elle l’a déjà cherché mais en vain. Elle s’obstine et finit par le découvrir.
Ct 3, 1-4 Dans le Cantique des Cantiques, l’Église disait du même Époux :
« Au long de la nuit, j’ai cherché celui que mon cœur aime.
Je l‘ai cherché mais ne l’ai pas trouvé.
Il faut que je me lève et que je fasse le tour de la ville ;
Dans les rues et les places, avez-vous vu celui que mon cœur aime ?
Je l‘ai cherché mais ne l’ai pas trouvé.
Les gardes m’ont rencontrée, ceux qui font le tour de la ville:
« Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? »
A peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon cœur aime.
Quand cherchons-nous l’Aimé ? Nous le cherchons la nuit, car si notre esprit veille déjà sur Lui, nos yeux ne voient encore que l’ombre. Cherchons les pas de l’Aimé. Pourquoi se joue-t-il de nos recherches et vient-il si tard ? Pour qu’à sa vue, nous l’étreignions avec plus d’ardeur encore.
Ce désir d’amour faisait dire à David cette prière.
Ps 41
Comme un cerf altéré cherche l’eau vive,
Ainsi mon âme te cherche, toi, mon Dieu.
Mon âme a soif du Dieu vivant ;
Quand pourrais-je m’avancer, paraître face à Dieu ?
Extrait, Grégoire le Grand,+604, La Grâce de Dieu (P.L., 76, 1188-1196. Homélie 25 sur l'évangile. Traduction F. Quéré-Jaulmes.
Extrait, Le mystère de Pâques, Textes des Pères de l'Eglise, Lettres chrétiennes, Le Centurion/Grasset, 292.
vendredi 22 avril 2011
Saint Syméon le théologien, Prière orthodoxe

En la voyant, je me suis levé aussitôt, plein de joie,
Car elle brillait d’un éclat plus grand que le soleil.
J’essayai, malheureux, de la retenir.
Mais elle se déroba à mes yeux, disparut,
Et de nouveau je restai dans les ténèbres.
Alors je tombai à terre, pleurant et gémissant,
Soupirant du désir de voir ta main divine.
Tu la tendis et Tu m’apparus plus clairement encore ;
Et je l’embrassai, je la baisai en pleurant.
Ô grâce, ô joie, ô béatitude !
Le Créateur me donne à baiser sa main.
Main qui conserve tout par sa toute-puissante force.
… J’ai laissé le monde et tout ce qui est dans le monde,
J’ai fermé à la fois tous les sens ; j’ai clos
Les yeux, les oreilles, les narines, la bouche et les lèvres,
Je mourus pour tous mes amis et parents.
En vérité ma volonté expira,
Ne cherchant que la main divine seule ;
Elle, en voyant ce que j’avais fait par amour,
Secrètement touchant la mienne, l’a prise,
Et me conduisit, moi qui étais dans les ténèbres,
Me conduisit à la Lumière.











