samedi 28 avril 2012

Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.


Basile de Séleucie (mort vers 468) - Homélie 26 sur le Bon Pasteur, Jn 10,11



Regardons notre berger, le Christ ; voyons son amour pour les hommes et sa douceur pour les conduire au pâturage. Il se réjouit des brebis qui l’entourent comme il cherche celles qui s’égarent. Monts ni forêts ne lui font obstacle ; il court dans la vallée de l’ombre, Ps 22,4, pour parvenir jusqu’à l’endroit où se trouve la brebis perdue…
Pilate a vu ce pasteur, les juifs l'ont vu, conduit à la croix pour son troupeau, comme le chœur des Prophètes qui, bien avant la Passion, annonçaient clairement : « Comme un agneau il est conduit à la boucherie, comme devant les tondeurs une brebis muette. » II ne refuse pas la mort, il ne fuit pas le jugement, il ne repousse pas ceux qui le crucifient.
Il n'a pas subi la Passion, il l'a voulue pour ses brebis : « J'ai le pouvoir de déposer ma vie, dit-il, et le pouvoir de la reprendre. » II détruit la passion par sa Passion, la mort par sa mort ; par son tombeau, il ouvre les tombeaux, il ébranle les enfers, il en fait sauter les verrous. Les tombeaux sont scellés et la prison fermée tant que le Berger ne descend dans la mort pour y annoncer la libération à celles de ses brebis qui sont endormies. On le voit aux enfers ; il donne l'ordre d'en sortir. On le voit renouveler là l'appel à la vie. « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis» : c'est ainsi qu'il cherche l'amour de ses brebis. Aime le Christ celui qui sait entendre sa voix.

vendredi 27 avril 2012

Tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître


Saint Grégoire le Grand (né vers 540, mort en 604), 64 ème pape , Docteur et Père de l'Eglise. 

Homélie sur l'Évangile Jn 15, 14-15
"Maintenant, je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître. Mais je vous appelle amis, car tout ce que j'ai entendu de mon Père, je vous l'ai fait connaître".

Ce que Jésus a entendu de son Père, ce qu'il a voulu faire connaître à ses serviteurs pour en faire ses amis, qu'est-ce, sinon cette fête de la patrie d'en-haut qui chaque jour laisse une trace dans nos âmes, par le Souffle de son amour ?

En effet, après avoir entendu parler des réalités d'au-delà des cieux, nous les aimons. Après les avoir aimées, nous les connaissons désormais, car l'amour lui-même est connaissance.


Il avait donc tout fait connaître à ceux qui, dégagés des désirs terrestres, brûlaient des feux de l'amour d'en-haut.

samedi 21 avril 2012

La Résurrection du Christ est au coeur de notre foi


Saint Romain le Mélode est né en 493 et décédé vers 555/565


« Les femmes porteuses d’aromates envoyèrent en avant Marie-Madeleine au sépulcre selon le récit de Jean le Théologien. Il faisait noir, mais l’amour l’éclairait. [Quand Marie eut reconnu le Seigneur, Il lui dit] : "Que ta bouche désormais publie ces merveilles, femme, et les explique aux fils du Royaume qui attendent que je m’éveille, moi le Vivant ; va, Marie, rassemble mes disciples… Eveille-les tous comme d’un sommeil afin qu’ils viennentvà ma rencontre avec des flambeaux allumés. Va dire : l'Epoux s'est éveillé Celui qui offre aux hommes déchus la résurrection." "Mon deuil s’est soudain transformé en liesse, tout m’est devenu joie et allégresse", s’écrie Marie. "Je n’hésite pas à le dire : j’ai reçu la même gloire que Moïse ; j’ai vu, oui, j’ai vu, non sur la montagne, mais dans le sépulcre… le maître des incorporels et des nuées, celui qui est, qui était et qui vient, me dire : hâte-toi Marie, va révéler à ceux qui m’aiment que je suis ressuscité… Il est revenu à la vie, celui qui offre aux hommes déchus la résurrection." »

O Christ, lumière et salut du monde, répands le feu de ton Esprit sur ceux qui confessent ta Résurrection.

dimanche 15 avril 2012

L'impatience du Père Picard


 Père Picard († 16 avril 1903)


Au retour d’Osma où il est allé visiter en Espagne le noviciat, le Père Picard rentre à Madrid le 25 novembre 1882. Il voyage dans une carriole attelée à une mule qui ne veut pas avancer. Craignant de rater le train, le Père Picard impatienté saisit le fouet et lui administre une volée de coups. La mule part si brusquement que le Père Picard se heurte violemment la jambe contre le tablier du siège.

Un an a passé. Le père Gery écrit aux novices d’Osma : « Le Père Picard peut marcher un peu à l’intérieur de la maison. Il se fait transporter en voiture pour aller chez les Dames de l’Assomption à Auteuil et à Sèvres chez les Oblates. Mardi, le feu a pris dans sa cheminée ; ne pouvant plus faire de feu dans sa chambre, il doit passer maintenant toute la journée dans le petit salon à côté. Ce dérangement, très gênant dans l’état où il est, le laisse tout aussi calme que les souffrances  quelquefois assez fortes qu’il ressent. Je l’avais pourtant bien connu autrefois au noviciat, mais je l’ai trouvé tel que je ne le connaissais pas encore : il a des paroles de foi plus fortes et plus pénétrantes que jamais qui remuent jusqu’au fond. C’est ainsi que devaient parler les saints et tous ceux qui l’approchent disent que, depuis son mal, il se sanctifie d’une manière extraordinaire. C’est ainsi que cette épreuve est une bénédiction pour lui et pour les siens ».
Sa blessure ne guérit pas et ne guérira pas, les médecins ne comprennent pas pourquoi, mais le Père Picard le sait sans aucun doute. Son mal n’est-il pas la guérison de son impatience ?
Dans cette rude épreuve, Dieu donna au Père Picard une inaltérable patience. Il avait un empire absolu sur lui-même et ses premiers mouvements, alors qu’il était vif par nature. Mais dès le jour où il se blessa la jambe, il entra pleinement dans cette vie de dépendance qu’il devait mener durant 21 ans, sans jamais se plaindre, ni même dire que cela le gênait dans sa charge de supérieur général, calme, serein et abandonné en Dieu.

vendredi 13 avril 2012

L’impatience de Thomas

Basile de Séleucie, près de Bagdad ( + 468)

Jésus entre, toutes portes closes. Ceux qui doutaient de sa Résurrection, sont alors frappés de stupeur. Mais Thomas, alors absent, demeure incrédule.
Thomas désire voir Jésus de ses propres  yeux. L’impatience le brûle quand il dit : « Si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son flanc, je ne croirai pas ».  Je veux être moi-même témoin du Seigneur.

Et le Seigneur réapparaît, il dissipe la tristesse de son disciple et vient combler son attente.


Jésus entre, toutes portes closes.
Cet exploit inouï confirme sa résurrection inouïe.

« Mets ton doigt dans la marque des clous », lui dit-il. Je connais ton désir. Je sais ce que tu penses. Je connais tes doutes, et je t’ai fait attendre, pour mieux regarder ton impatience.

« Mets ton doigt dans la marque des clous, mets ta main dans mon flanc, et ne sois plus incrédule, mais crois. »  Alors Thomas le touche, toute sa défiance tombe, et comblé d’une foi sincère et de tout l’amour que l’on doit à son Dieu, il s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Et le Seigneur lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ! ». Thomas, porte la nouvelle de ma résurrection à ceux qui ne m’ont point vu. Dis-leur qu’ils sont appelés par grâce, et contemple leur foi. « Heureux en vérité ceux qui n’ont pas vu et ont cru ! »

Telles sont les œuvres de la grâce et la moisson de l’Esprit. Ils ont suivi le Christ sans l’avoir vu, ils l’ont cherché et ils ont cru. Ils l’ont reconnu avec les yeux de la foi, non les yeux du corps. Ils n’ont pas mis leurs doigts dans les marques des clous, mais, par la grâce,  ils se sont attachés au Christ et ils ont fait leur cette parole du Seigneur : « Heureux ceux qui n’ont pas vu et ont cru ! »

dimanche 1 avril 2012

L’acte d’amour parfait de Jésus qui monte au calvaire pour mourir pour nous.

Carlo Caretto (1910 - 1988), Lettre du désert
La veille au soir, j’étais passé par Irafok. Lorsqu’on était arrivé au village, la population était accourue, se pressant autour de la jeep. J’avais remarqué que le vieux Khada tremblait de froid. L’idée me vont de lui donner une des deux couvertures qui composaient mon « ghess », mais j’éludai facilement cette pensée. J’imaginais la nuit que j’allais passer à trembler moi aussi. Le peu de charité qui était en moi remonta à l’assaut, me suggérant que ma peau ne valait pas plus cher que la sienne, que je ferais bien de lui donner une de mes couvertures.

Lorsque je partis, les 2 couvertures étaient encore dans la jeep. Maintenant elles étaient devant moi et j’en éprouvais une grande gêne. J’essayais de m’endormir, les pieds appuyés sur le grand rocher, sans trouver le sommeil. Un mois auparavant, un targhi avait été écrasé par un bloc de pierre, pendant qu’il faisait la sieste. Je m’assurais de la stabilité du bloc.
Je m’étendis à nouveau sur le sable. Je rêvais que je dormais sous la grande pierre et qu’à un moment… je sentis le bloc basculer sur moi. Je me crus mort. Non : vivant, mais le corps écrasé. Je m’étonnais de ne pas souffrir. J’étais totalement immobilisé. J’ouvris les yeux et je vis Khada qui tremblait devant moi à Irafok. Alors, je n’hésitais plus à lui donner la couverture, d’autant plus qu’elle était inutilisée, et à un mètre de moi. J’essayais d’allonger la main pour la lui offrir mais le bloc qui m’avait écrasé m’empêchait de faire le moindre mouvement. Je compris que j’étais au purgatoire et que la souffrance de l’âme était « de ne pas pouvoir accomplir ce que l’on pouvait accomplir auparavant et que l’on aurait dû faire ». Qui sait pendant combien de temps j’allais devoir contempler, dans cette position incommode, cette couverture tout près de moi, preuve tangible de mon égoïsme et de mon état d’homme encore incapable d’entrer dans le Royaume de l’Amour.

J’essayais de savoir combien de temps j’allais rester sous cette pierre. Je trouvais la réponse dans le catéchisme : « Jusqu’à ce que tu sois capable d’un acte d’amour parfait ». Et je ne m’en sentais pas encore capable. L’acte d’amour parfait, c’est l’acte de Jésus qui monte au calvaire pour mourir pour nous. Et moi, membre de son Corps mystique, on me demandait si j’étais arrivé à cette maturité d’amour qui fait désirer suivre le Maître au calvaire, pour le salut de ses frères… Moi qui étais capable de voir trembler l’un de mes frères et d’en détourner les yeux, comment aurais-je été capable de mourir pour lui, comme Jésus mourut pour tous les hommes ? Et là, je compris que j’étais perdu et que, si Quelqu’un n’était pas venu m’aider, j’aurais passé des ères géologiques sans pouvoir bouger. Je regardais ailleurs, et je m’aperçus que toutes ces pierres n’étaient autres que les tombeaux des autres hommes. Eux aussi, jugés dans l’Amour et trouvés tièdes en cet Amour, ils étaient là, immobiles, attendant Celui qui un jour avait dit : « Je vous ressusciterai au dernier jour ».

mercredi 28 mars 2012

Aujourd’hui s’avance la croix et les enfers sont ébranlés.

Saint Éphrem le Syrien (en syriaque : ܐܦܪܝܡ ܣܘܪܝܝܐ  ; en grec : φραιμ Συρος ; en latin : Ephraem Syrus) naquit à Nisibe vers 306 emourut en 373.


                Rameaux


Aujourd’hui s’avance la croix, la création exulte, la croix, chemin des égarés, espoir des chrétiens, prédication des Apôtres, sécurité de l’univers, fondement de l’Église, fontaine pour ceux qui ont soif.

Aujourd’hui s’avance la croix et les enfers sont ébranlés.
Jésus est conduit à la Passion : il est conduit au jugement de Pilate qui siège au prétoire ;
à la sixième heure, on le raille ;
jusqu’à la neuvième heure, il supporte la douleur des clous, puis sa mort met fin à sa Passion.
À la douzième heure, il est déposé de la croix : on dirait un lion qui dort.

Pendant le jugement, la Sagesse se tait et la Parole ne dit rien.
Ses ennemis le méprisent et le mettent en croix.
Aussitôt, l’univers est ébranlé, le jour disparaît et le ciel s’obscurcit.

On le couvre d’un vêtement dérisoire, on le crucifie entre deux brigands.
Ceux à qui, hier, il avait donné son corps en nourriture, ils le regardent mourir de loin.
Pierre, le premier des apôtres, a fui le premier.
André aussi a pris la fuite.
Jean qui reposait sur son côté n’a pas empêché un soldat de percer ce côté de sa lance.
Le chœur des Douze s’est enfui. Ils n’ont pas dit un mot pour lui, eux pour qui il donne sa vie.
Lazare n’est pas là, qu’il a rappelé à la vie.
L’aveugle n’a pas pleuré celui qui a ouvert ses yeux à la lumière.
Et le boiteux qui grâce à lui pouvait marcher, n’a pas couru auprès de lui.

Seul un bandit, crucifié à son côté, le confesse et l’appelle son roi.
Ô larron, fleur précoce de l’arbre de la croix, premier fruit du bois du Golgotha !
La croix rend la lumière à l’univers entier, elle chasse les ténèbres
et rassemble les nations de l’Occident, du Nord, de la mer et de l’Orient, en une seule Église,
une seule foi, un seul baptême dans la charité.
La croix se dresse au centre du monde, fixée sur le calvaire.

dimanche 25 mars 2012

25 mars

Maurice Zundel, prêtre suisse, écrivain et théologien (1897-1975), Notre Dame de la Sagesse, éditions du Cerf, 1936, pages 35-37.



   Annonciation

Marie savait sans doute par cœur les Écritures ; elle avait compris leur mouvement secret, l’orientation christique de chaque parole, où le souffle brûlant de l’Esprit consume toutes les scories de l’humanité impure à laquelle sont confiés les gestes de Dieu.

Elle y cherche une Présence, elle y trouve une Personne où toute l’espérance humaine est contenue.

Son cœur ne bat que dans cet appel : « Que la Vierge conçoive et enfante un fils », Is 7, 14.

Elle n’a jamais pensé qu’il pût être question d’elle. Son regard n’a qu’une direction dont il ne se départit jamais. Son regard est simple : elle ne s’est jamais aperçue d’elle-même.

Quand éclate l’apparition de l’Ange et que résonne le premier Ave, elle se trouble : que signifie ce message et quel est ce message ? S’il dit vrai, s’il vient de Dieu, il faut que sa parole ne contrarie pas le propos virginal dont Dieu lui-même lui a inspiré le vouloir :

«  - Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? »
« - L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre », Lc 1, 34-35.
Sûre que c’est Dieu qui l’appelle, elle consent par ce mot qui a suscité la création dans une admirable dignité, et qui la rétablit plus admirablement encore : Fiat.

« Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole », Lc 1, 38.

vendredi 16 mars 2012


Saint Joseph  -  19 mars
Frère Pierre, fraternité de Jérusalem, Magdala, Sologne.

Tel Fils, tel Père.
Sous la lumière de lEsprit Saint, le regard de Joseph s’était transformé. Le juste qui vit par la foi allait au-delà des apparences et voyait l’invisible. Dans le fils du charpentier, Joseph contemplait l’Artisan de l’univers, qui fait tout avec « poids et mesure ». Tout basculait. Il lui avait donné son nom, Jésus ; mais Jésus était aussi l’Emmanuel, "Dieu-avec-nous".
À l’écoute des Écritures, Joseph contemplait la réalisation des prophéties le concernant, celle d’Isaïe en particulier, où il était dit que cet enfant qui avait grandi sous son regard, s’était fortifié, était aussi  « le Conseiller-Merveilleux, le Dieu Fort » et même, qui le croirait, « Père-à-jamais », Is 9,5. Loin de se brouiller dans son esprit, cette révélation apportait un surcroît de lumière.

« Vous êtes tous fils du Très-Haut », Ps 82, 6, assurément ; mais Jésus l’était à un titre éminent : « Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut », Lc 1, 32, lui avait chuchoté Marie. C’était la parole de l’Ange.
Ainsi, regardant Jésus, Joseph avait tout pour adorer.
« Qui me voit, voit le Père », dira plus tard Jésus à Philippe, Jn 14, 9.
En Joseph, Jésus pouvait contempler un reflet, un miroir de la perfection de son propre Père du ciel, de sa sagesse, de sa sainteté, en somme la plénitude de son Père, dont il était toujours le Fils. Il n’avait pas cessé d’être Dieu en devenant homme.
En voyant Joseph travailler, beaucoup travailler, Jésus pourra dire : « Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi je travaille », Jn 5,17. Jésus était initié au travail par Joseph et l’imitait. Et Jésus dira : « Le Père me montre ce que je dois faire... Tout ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement ». « Le Fils ne peut rien faire qu’il ne le voit faire par le Père ». « Le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait », Jn 5,19s.
Jésus voyait en Joseph la providence qui conduisait sa vie. Son père lui donnait sa nourriture, l’éloignait des dangers, de la main d’Hérode en particulier. Au-delà, Jésus s’en remettait à la Providence divine, à la main de Dieu qui le dirigeait, sans pour autant le soustraire aux événements.
Jésus voyait en Joseph le juste qui vit de la foi, soumis en tout à la volonté de Dieu, de Dieu son Père. La grâce de Joseph pour Jésus fut de ne pas arrêter à lui-même le maître-mot d’Abba, Père, mais de le laisser filtrer au-delà de lui-même, son Abba, notre Abba. Amen.

mercredi 14 mars 2012

L'amour des ennemis

Admonitions de Saint François d’Assise,
http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Fdassise/admonit.html#8

Aimez vos ennemis, dit le Seigneur.
Aimer vraiment son ennemi, c'est d'abord ne pas s'affliger des torts qu'on a subis soi-même.
C'est ressentir douloureusement, mais comme une offense à l'amour de Dieu, le péché que l'autre a commis. Et c'est prouver à ce dernier, par des actes, qu'on l'aime toujours.

dimanche 4 mars 2012

Naissance de notre Fondatrice le 6 mars 1849

Instructions de chapitre de Mère Isabelle 
10 juillet 1920
Il faut avoir le recueillement extérieur qui parle aux âmes avec lesquelles on vit.
Il faut que ce recueillement soit général,
de tous les instants,
de toute la vie,
de toutes les actions.
C'est pour cela qu'il a été établi.

Il faut que l'âme se tienne unie à Dieu afin d'entendre la voix intérieure.
Il ne faut pas d'agitation, on peut troubler la paix intérieure des autres.
Notre-Seigneur ne parle pas toujours dans l'oraison, dans la communion. Il le fait quelquefois en dehors de tout exercice religieux, mais il le fait toujours dans le silence. C'est qu'il parle à l'âme, quand l'âme est attentive.

mercredi 22 février 2012

Dans la maison de ton âme


Jean Tauler, (vers 1300, + 1361), Dominicain théologien et mystique, disciple de Maître Eckart.

La pénitence, c'est quand ta bouche aimerait se répandre en paroles, et qu’elle garde le silence, quand tes yeux se délecteraient de voir et que tu les fermes, te privant d’un spectacle convoité ; de même pour tout objet vers lequel tes sens se tournent le plus souvent dans un  mouvement de convoitise, et que tu t’en détaches volontairement, que tu t’en détournes pour revenir en toi-même 
Syméon le nouveau théologien (949-1022), spirituel byzantin. Traités 2, 93-104

La demeure de ton âme doit être illuminée intérieurement, et éclairée à fond, par toutes les vertus spirituelles qui s'allument et brillent en toi grâce au feu divin, afin qu'il n'y ait plus là un seul endroit sombre. Quant aux pensées qui prennent forme de lumière, chacune d'elles doit briller sans qu'une seule pensée obscure s'attarde dans la maison de ton âme; absolument toutes, au contraire, doivent briller dans le feu de l'Esprit qui les consume sans cesse, de sorte que le discernement de tes pensées devienne source de lumière.

samedi 18 février 2012

Me voici, Seigneur !

Saint Benoît (né vers 480 ou 490 à Nursie – mort en 547), a largement inspiré le monachisme occidental. Sa Règle a eu un impact majeur sur le monachisme occidental et même sur la civilisation européenne médiévale.

Le Seigneur, cherchant son ouvrier dans la multitude du peuple à laquelle il fait entendre ses appels, dit encore : « Quel est celui qui désire la vie et souhaite voir des jours heureux » ?
Si tu lui réponds : « C’est moi »,
Dieu te réplique : « Si tu veux jouir de la vie véritable et éternelle, détourne-toi du mal et fais ce qui est bien ; recherche la paix et poursuis-la ».
Et lorsque vous agirez de la sorte, mes yeux veilleront sur vous et mes oreilles seront attentives à vos prières, et avant même que vous ne m’invoquiez, je vous dirai : « Me voici ».
Quoi de plus doux, mes frères, que cette voix du Seigneur qui nous invite ? Voyez comme le Seigneur lui-même, dans sa bonté, nous montre le chemin de la vie.


Ceignons donc nos reins par la foi et la pratique des bonnes œuvres ; sous la conduite de l’Évangile, avançons dans ses chemins, afin de mériter de voir un jour Celui qui nous a appelés dans son Royaume. Si nous voulons habiter dans le tabernacle de ce Royaume, sachons qu’on y parvient que si l’on y court par les bonnes actions.


                                                                                      Saint Benoît




mardi 7 février 2012

Saint Cyprien de Carthage, La voix du Fils


Converti du paganisme, évêque de Carthage, Cyprien + 258 fut un homme de prière au service de l'unité de l'Eglise et un éminent pasteur auprès de nombreuses Eglises d'Afrique.


La Prière du Seigneur, 2-3, trad. DDB 1982, p. 41 rev.

Parmi les avertissements bienfaisants et les préceptes divins par lesquels le Seigneur a pourvu au salut de son peuple, il nous a donné le modèle de la prière ; c’est lui-même qui nous a enseigné ce que nous devons demander dans la prière. Lui qui nous fait vivre nous apprend aussi comment prier, avec cette bonté qui l’a poussé à nous accorder tant d’autres bienfaits.
Ainsi lorsque nous parlons au Père avec la prière que le Fils nous a enseignée, nous sommes plus facilement écoutés. Il avait prévu que viendrait l’heure où « les vrais adorateurs adoreraient le Père en esprit et en vérité », Jn 4,24 et il a accompli ce qu’il avait promis. Sanctifiés par l’Esprit et la vérité qui viennent de lui, nous pouvons également, grâce à son enseignement, adorer en Esprit et en vérité.

Quelle prière pourrait être plus spirituelle que celle que le Christ nous a donnée, car c’est grâce à lui que nous avons reçu l’Esprit ? Quelle prière peut être plus vraie que celle-là, puisqu’elle est sortie de la bouche du Fils qui est la Vérité ? Prions donc, frères bien-aimés, comme notre divin Maître nous l’a enseigné. Implorer Dieu avec les paroles qui viennent de lui est une prière qu’il trouve aimable et filiale ; c’est faire parvenir à ses oreilles la prière du Christ.

Que le Père reconnaisse la voix de son Fils quand nous lui adressons notre demande. Que celui qui habite notre cœur soit également notre voix. Il est notre avocat auprès du Père ; il intercède pour nos péchés quand nous, pécheurs, nous demandons le pardon de nos fautes. Prononçons donc les paroles de notre avocat, car il a dit : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera » , Jn 16,23.

mercredi 1 février 2012

Tenez en main vos lampes allumées

Bienheureux Guerric d'Igny, (vers 1080-1157), abbé cistercien - Premier sermon pour la Purification.

   Présentation de Jésus au temple

« Tenez en main vos lampes allumées », Lc 12,35. Montrons ainsi la joie que nous partageons avec Syméon, qui porte en ses mains la lumière du monde [...] Soyons ardents par notre dévotion et rayonnants par nos œuvres, et avec Syméon nous porterons le Christ en nos mains [...] Qui donc aujourd'hui, tenant son flambeau allumé à la main, ne se souvient pas du bienheureux vieillard Syméon ? En ce jour il a pris en ses bras Jésus, le Verbe présent dans la chair, témoignant que c'était lui « la lumière destinée à éclairer les nations ». Syméon était lui-même « une lampe ardente et brillante », rendant témoignage à la lumière, Jn 5,35. C'est pour cela qu'il était venu au Temple, conduit par l'Esprit dont il était rempli, « pour recevoir, ô Dieu, ta miséricorde au milieu de ton Temple », Ps 47,10, et pour proclamer qu'elle était la miséricorde et la lumière de ton peuple.

Syméon, tu ne portais pas seulement la lumière en tes mains, tu étais si bien illuminé par le Christ que tu voyais à l'avance comment il illuminerait les nations [...]. Réjouis-toi maintenant, vois aujourd'hui ce que tu avais entrevu par avance : les ténèbres du monde se sont dissipées ; « les nations marchent à sa lumière »; « toute la terre est remplie de sa gloire », Is 60,3.




jeudi 26 janvier 2012

Garder la paix de l’âme




Saint Seraphim de Sarov
(en russe : Серафим Саровский) (1759-1833) est un moine chrétien orthodoxe. Vénéré comme saint par l'Église orthodoxe de Russie, il est fêté le 2 janvier.





« Plus que sur toute chose, veille sur ton cœur, c’est de lui que jaillissent les sources de la Vie », Prov 4,23. La garde vigilante du cœur va permettre à la pureté de naître et grandir dans le cœur, cette pureté qui fait accéder à la vision de Dieu. « Bienheureux les cœurs purs, ils verront Dieu ».
Cherchons à garder la paix de l’âme, veillons à ne pas nous laisser troubler si nous sommes offensés par quelqu’un. Pour cela, il faut s’efforcer de retenir sa colère. Cet effort peut apporter le silence au cœur.
« J’ai été troublé et je n’ai point parlé », Ps 76,5. S’il n’est pas possible de ne pas se troubler, il faut essayer de garder sa langue.

Pour conserver la paix de l’âme, il faut éloigner de soi le découragement et s’efforcer d’avoir un esprit joyeux. « La tristesse en a perdu beaucoup, elle ne saurait apporter du profit », Si 30,23.
Pour conserver la paix de l’âme, il faut éviter de juger les autres. La paix de l’âme se garde par le non-jugement et le silence. C'est dans cette activité de veille intérieure que le cœur se prépare à recevoir les dons de la grâce. Il n’y a rien au-dessus de la paix en Christ ; dans la paix, tout combat est détruit : « Car ce n'est pas contre des adversaires de sang et de chair que nous avons à lutter, mais contre les Principautés, contre les Puissances, contre les Régisseurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes », Eph 6,12.

La paix de l’âme s’acquiert par bien des épreuves. « Nous sommes passés par le feu et par l'eau, puis tu nous as conduit au lieu du repos », Ps 65 (66), 12.

mercredi 18 janvier 2012

''Qu'ils soient un comme nous sommes un", Jn 17, 21.

Audience générale du 14 mars 2007. Texte original italien dans l’Osservatore Romano du 15 mars. Paru dans La Documentation Catholique n° 2378 du 15/04/2007, p. 359.

Saint Ignace fut le troisième évêque d’Antioche, de l’an 70 à l’an 107, date de son martyre. Rome, Alexandrie et Antioche étaient en ce temps-là les trois plus grandes métropoles de l’Empire romain. Saint Ignace était évêque d’Antioche, qui se trouve en Turquie actuelle. Et là, à Antioche, comme nous le savons par les Actes des Apôtres, se forma une communauté chrétienne florissante. Le premier évêque en fut l’apôtre Pierre, nous dit la tradition, et là encore, pour la première fois les disciples reçurent le nom de « chrétiens », Ac 11, 26.

Eusèbe de Césarée, un historien du IVe siècle, écrit : « Ignace fut envoyé de Syrie à Rome pour y être jeté en pâture aux bêtes féroces, à cause du témoignage qu’il avait rendu au Christ. Il exhortait à se garder des hérésies qui commençaient alors à pulluler, et il recommandait de ne pas s’éloigner de la tradition apostolique.




Mystique de l’unité

Il converge en Ignace deux « courants » spirituels : celui de Paul, tout tendu vers l’union au Christ, et celui de Jean, centré sur la vie en lui. Ces deux courants débouchent sur l’imitation du Christ. Ignace est impatient de « rejoindre le Christ ». Et il explique : « Il m’est bon de mourir pour m’unir au Christ, plutôt que de régner jusqu’aux limites de la terre. C’est lui que je cherche, qui est mort pour moi, c’est lui que je désire, qui est ressuscité pour nous (…). Laissez-moi être l’imitateur de la Passion de mon Dieu ! ».

Pour Ignace, l’unité est avant tout une prérogative de Dieu, qui, existant en trois Personnes, est Un dans une unité absolue. Ignace répète souvent que Dieu est unité, et qu’en Dieu seulement l’unité existe à l’état pur et originel. Celle que les chrétiens ont à réaliser sur cette terre n’est qu’une imitation, le plus possible conforme à l’archétype divin. « Il vous est bon, écrit-il par exemple aux chrétiens d’Éphèse, d’agir ensemble en accord avec la pensée de l’évêque, comme vous le faites déjà. En effet, votre collège de prêtres, digne de Dieu, est harmonieusement uni à l’évêque, comme les cordes à la cithare. Jésus-Christ est chanté par votre concorde et votre amour symphonique. Et ainsi vous-mêmes, un par un, devenez-vous un chœur, pour chanter d’une seule voix, dans l’harmonie et la concorde, après vous être mis à l’unisson avec le Dieu de l’unité ». Il recommande aux habitants de Smyrne de « ne pas entreprendre quoi que ce soit qui regarde l’Église sans l’évêque. Travaillez ensemble les uns pour les autres, luttez ensemble, courez ensemble, souffrez ensemble, dormez et veillez ensemble comme des ministres de Dieu, ses assesseurs et ses serviteurs. Cherchez à plaire à celui pour lequel vous militez et de qui vous recevez la récompense. Que personne de vous ne soit jamais déserteur. Que votre baptême demeure comme votre bouclier, la foi comme votre casque, la charité comme une lance, la patience comme une armure ».

Il apparaîtdans les lettres d’Ignace d'Antioche une sorte de dialectique constante et féconde entre deux aspects caractéristiques de la vie chrétienne : d’un côté, la structure hiérarchique de la communauté ecclésiale ; de l’autre, l’unité fondamentale qui lie entre eux tous les fidèles en Christ. Leurs rôles ne peuvent pas s’opposer. L’insistance sur la communion des croyants entre eux et avec leurs pasteurs est continuellement reformulée à travers des images et des comparaisons étonnantes : la cithare, les cordes, l’intonation, le concert, la symphonie.
Saint Ignace d'Antioche, le premier parmi les auteurs chrétiens, attribue à l’Église l’adjectif « catholique », c’est-à-dire « universelle ». « Là où est Jésus-Christ, affirme-t-il, là est l’Église catholique ».

vendredi 13 janvier 2012

Ambroise de Milan, Hymne Splendor paternae gloriae


Ambroise de Milan (339-397)
Hymne Splendor paternae gloriae

Ceux qui boivent en vérité connaissent l’ivresse, la sainte ivresse qui répand en nous la joie sans porter atteinte au regret du péché, la sainte ivresse qui affermit les pensées de l’âme sobre, la sainte ivresse qui verse en nous le don de la vie éternelle.
Bois le Christ, il est la Vigne.
Bois le Christ, il est la Source de vie,
il est le fleuve qui réjouit la Cité de Dieu…
Bois le Christ en buvant le sang de ta rédemption.
Bois le Christ en buvant sa Parole.

Que le Christ soit notre nourriture
Que la foi soit notre breuvage.
Joyeux, abreuvons-nous à la sobre ivresse de l’Esprit.

mardi 3 janvier 2012

Epiphanie 2011, Extraits de l'Homélie de Benoît XVI



fête de l'Epiphanie

Isaïe 60, 1-6,
Psaume 72 (71),
saint Paul Apôtre
aux Éphésiens 3, 3,2-3a.5-6





L'Epiphanie, la « manifestation » de notre Seigneur Jésus Christ, est un mystère multiforme. La tradition latine l'identifie avec la visite des mages à l'Enfant Jésus à Bethléem, et l'interprète donc surtout somme une révélation du Messie d'Israël aux peuples païens. La tradition orientale en revanche privilégie le moment du baptême de Jésus dans le fleuve du Jourdain, lorsqu'il se manifesta comme Fils unique du Père céleste, consacré par l'Esprit Saint. Mais l'Evangile de Jean invite à considérer comme « épiphanie » également les noces de Cana, où Jésus, changeant l'eau en vin, « manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui » (Jn 2, 11). Et que devrions-nous dire, chers frères, en particulier nous, prêtres de la nouvelle Alliance, qui chaque jour sommes témoins et ministres de l'« épiphanie » de Jésus Christ dans la sainte Eucharistie ? L'Eglise célèbre tous les mystères du Seigneur dans ce très saint et très humble Sacrement, dans lequel il révèle et cache en même temps sa gloire. « Adoro te devote, latens Deitas » - en adorant, prions ainsi avec saint Thomas d'Aquin.

… Les Pères de l'Eglise ont également vu dans ce singulier épisode raconté par saint Matthieu une sorte de « révolution » cosmologique, causée par l'entrée du Fils de Dieu dans le monde. Par exemple, saint Jean Chrysostome écrit : « Lorsque l'étoile parvint au-dessus de l'enfant, elle s'arrêta et cela ne pouvait être que le fait d'une puissance que les astres n'ont pas : c'est-à-dire, d'abord se cacher, puis apparaître à nouveau, et enfin, s'arrêter (Homélie sur l'Evangile de Mt, 7, 3). Saint Grégoire de Nazianze affirme que la naissance du Christ imprima aux astres de nouvelles orbites (cf. Poèmes dogmatiques, v, 53-64 : pg 37, 428-429). Ce qu'il faut bien sûr entendre au sens symbolique et théologique.
... Dans le Jésus terrestre se trouve le sommet de la création et de l'histoire, mais dans le Christ ressuscité, on va au-delà : le passage, à travers la mort, à la vie éternelle anticipe le point de la « récapitulation » de toute chose dans le Christ (cf. Ep 1, 10). Tout, en effet - écrit l'apôtre -, « a été créé par lui et pour lui » (Col 1, 16). Et c'est précisément avec la résurrection d'entre les morts, qu'il a obtenu « en tout la primauté » (Col 1, 18). Jésus lui-même l'affirme en apparaissant aux disciples après la résurrection : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre » (Mt 28, 18). Cette conscience soutient le chemin de l'Eglise, Corps du Christ, le long des chemins de l'histoire. La puissance universelle du Christ s'exerce de manière particulière sur l'Eglise. Dieu « a tout mis sous ses pieds - lit-on dans la Lettre aux Ephésiens - et l'a constitué au sommet de tout, Tête pour l'Eglise, laquelle est son Corps, la Plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout » (Ep 1, 22-23).

L'Epiphanie est la manifestation du Seigneur, et par conséquent elle est la manifestation de l'Eglise, parce qu'on ne peut pas séparer le Corps de la Tête. La première lecture d'aujourd'hui, tirée de ce que l'on appelle le Troisième Isaïe, nous offre la perspective exacte pour comprendre la réalité de l'Eglise, en tant que mystère de lumière réfléchie : « Debout ! - dit le prophète en s'adressant à Jérusalem - Resplendis ! car voici ta lumière, et sur toi se lève la gloire de Yahvé » (Is 60, 1). L'Eglise est une humanité éclairée, « baptisée » dans la gloire de Dieu, c'est-à-dire dans son amour, dans sa beauté, dans sa puissance. L'Eglise sait que son humanité, avec ses limites et ses faiblesses, met encore en relief l'œuvre de l'Esprit Saint. Elle ne peut se vanter de rien sinon en son Seigneur : ce n'est pas d'elle que provient la lumière, la gloire n'est pas la sienne. Mais c'est précisément là qu'est sa joie, que personne ne pourra lui ôter : être « signe et instrument » de Celui qui est « lumen gentium », lumière des peuples (cf. Conc. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, n. 1).

http://mission.mepasie.org/rubriques/gauche/pretres-et-missionaires/homelies/extraits-de-lhomelie-de-benoit-xvi-pour-lepiphanie-2011

mercredi 28 décembre 2011

Dieu sur terre, Dieu parmi les hommes !

Saint Basile (330-379)


Dieu sur terre, Dieu parmi les hommes !

Ce n’est plus celui qui donne sa loi au milieu des éclairs, au son de la trompette sur la montagne fumante, au sein de l’obscurité d’un orage terrifiant, mais celui qui s’entretient avec douceur et bonté dans un corps humain avec ses frères de race. Dieu dans la chair !

Ce n’est plus celui qui n’agit que par moments, comme chez les prophètes, mais celui qui assume pleinement la nature humaine et, par sa chair qui est celle de notre race, élève à lui toute l’humanité.

Dieu, le Verbe, qui a demeuré parmi nous, Jn 1,14, n’est pas sorti hors de lui-même. Le Verbe qui s’est fait chair ne fut pas soumis au changement ; le ciel ne fut pas privé de celui qui le contenait et la terre accueillit en son propre sein celui qui est dans les cieux.

De même en effet que l’obscurité qui règne dans une maison est dissipée par l’entrée de la lumière, ainsi la mort qui tenait en son pouvoir la nature humaine fut anéantie par l’avènement de la divinité. Ainsi la mort a régné jusqu’à l’avènement du Christ, 1 Co 15,54.

O profondeur de la bonté de Dieu et de son amour pour les hommes, Rm 11,33 ; Tite 3,4. Un sauveur est né aujourd’hui, qui est le Christ Seigneur, Lc 2,11.

Il est le Seigneur qui nous est apparu, non dans sa condition divine, afin de ne pas épouvanter notre faiblesse, mais dans la condition d’un esclave, Ph 2,6-7, afin de libérer ce qui était réduit en servitude.