dimanche 15 septembre 2013

29 septembre: Les Saints Archanges Michel, Gabriel, Raphaël

Commentaire: Cardinal Jorge MEJÍA Archiviste et Bibliothécaire de la S.R.I. (Città del Vaticano, Saint-Sige)
 
Vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme
Aujourd'hui, à la fête des Saints Archanges, Jésus proclame devant ses apôtres et devant tous la présence des anges et leur relation avec Lui. Les anges sont dans la gloire céleste où ils louent en permanence le Fils de l'Homme, le Fils de Dieu. Ils l'entourent et sont à son service.

"Monter et descendre" cela nous rappelle l'épisode du rêve de Jacob, qui endormi sur une pierre lors de son voyage de retour en Mésopotamie, la terre de sa famille, voit les anges qui "descendent et montent" un mystérieux escalier qui relie la terre et le ciel, pendant que Dieu lui-même debout à ses cotés lui transmet son message. Il faut remarquer la relation entre la communication divine et la présence active des anges.

Ainsi, Gabriel, Michel et Raphaël, sont présents dans la bible dans les vicissitudes terrestres et portent aux hommes -comme nous le dit Saint Grégoire le Grand- les messages, par leur présence et par leurs actions, qui changent notre vie de manière décisive. Ils s'appellent précisément, "archanges", c'est-à-dire, princes des anges, car ils sont envoyés pour les plus grandes missions.

Gabriel fut envoyé pour annoncer à la Sainte Vierge sa conception virginale du Fils de Dieu, ce qui fut le commencement de notre rédemption, (Lc 1). Michel mène le combat contre les anges rebelles et les expulse du ciel (Ap 12). Ils nous annonce ainsi le mystère de la justice divine, laquelle a été exercée également lors de la rébellion des anges, et nous donne l'assurance de sa victoire et la nôtre sur le mal. Raphaël accompagne Tobie "junior", le protège, le conseille et guérit Tobie le père (cf. Tob). Par cette voie, il nous annonce la présence des anges à coté de chacun de nous tous: celui qu'on appelle notre Ange Gardien.

Par cette célébration sachons que les archanges "montent et descendent" sur le Fils de l'Homme, qu'ils servent Dieu, mais le servent pour notre bénéfice. Ils rendent gloire à la Sainte Trinité, et cela aussi ils le font pour notre bénéfice. En conséquence, il faut que nous nous rendions compte de la dévotion qui leur est due et que nous rendions grâce au Père qui les envoie pour notre bien.

dimanche 25 août 2013

Curé d'Ars Saint Esprit


Curé d'Ars (1786-1859)

"Sans le Saint-Esprit nous sommes comme une pierre du chemin. Prenez dans une main une éponge imbibée d'eau, et dans l'autre un petit caillou; pressez-les également. Il ne sortira rien du caillou, et de l'éponge vous ferez sortir de l'eau en abondance. L'éponge, c'est l'âme remplie du Saint-Esprit, et le caillou, c'est le coeur froid et dur où le Saint-Esprit n'habite pas.
C'est le Saint-Esprit qui forme les pensées dans le coeur des justes et qui engendre les paroles dans leur bouche. Ceux qui ont le Saint-Esprit ne produisent rien de mauvais ; tous les fruits du Saint-Esprit sont bons."
(Catéchisme)

vendredi 26 avril 2013







Saint Macaire le Grand d'Egypte est né autour de 331 dans le village de Ptinapor en Egypte
 
 
« Nous ferons notre demeure chez lui »

Jn 14,22-24

 


O compassion ineffable de Dieu, qui se donne gratuitement lui-même à ceux qui croient que Dieu, après  un peu de temps, habitera dans le corps de l’homme et que le Seigneur aura dans l’homme une demeure splendide ! De même que Dieu a créé le ciel et la terre pour que l’homme y habite, ainsi a-t-il créé le corps et l’âme de l’homme pour qu’il soit sa propre demeure, pour qu’il y habite et repose dans le corps, comme dans sa propre maison, ayant pour épouse pleine de beauté l’âme bien aimée, faite à son image : « Je vous ai fiancés à un unique Epoux, dit l’Apôtre, pour vous présenter au Christ comme une vierge pure », 2 Co 11,2 ; et encore : « Nous sommes sa demeure », Hb 3,6.

Ni les sages avec toute leur sagesse, ni les prudents avec toute leur prudence, n’ont pu comprendre la subtilité de l’âme, ni dire ce qu’elle est ; seuls ont pu le faire ceux à qui la compréhension en a été révélée par l’Esprit Saint, et à qui l’exacte connaissance de l’âme a été donnée. Mais, considère maintenant, discerne et comprends ce qu’il en est. Ecoute : Lui est Dieu ; elle n’est pas elle, la créature ; Lui est artisan ; elle, l’ouvrage. Il n’y a rien de commun entre sa nature et la sienne. Mais, dans son amour et sa compassion infinis, ineffables et incompréhensibles, il lui a plu d’habiter dans cet ouvrage et cette créature raisonnable, précieuse et de choix, « afin, comme le dit l’Ecriture, que nous soyons comme les prémices de ses créatures », Jc 1,18, pour que nous soyons la sagesse et sa communion, sa propre demeure, sa propre épouse précieuse et pure.

                Alors que de tels biens nous sont proposés, que de telles promesses nous sont faites, que tant de bienveillance nous a été témoignée par le Seigneur, ne soyons pas négligents, mes enfants, ne tardons pas à nous élancer vers la vie éternelle et à nous livrer complètement au bon plaisir du Seigneur, il nous délivre de la prison, ténébreuse des passions d’ignominie, et pour qu’il prenne la défense de sa propre image et de son œuvre, qu’il la rende resplendissante et fasse devenir l’âme saine et pure, et qu’ainsi nous soyons jugés dignes de sa communion de l’Esprit, glorifiant le Père, et le Fils, et le Saint Esprit, dans les siècles. Amen.

In Les homélies spirituelles, Spiritualité orientale 40, Bellefontaine, 1984, p. 356 s.

samedi 30 mars 2013

 
 

 
Évangile selon Saint Jean              Jn 20, 1-18

Homélie de saint Grégoire le grand (+604)

Pour le pape Grégoire, Marie de Magdala, Marie, sœur de Marthe, et la pécheresse dont parle Luc sont un même personnage.

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  Que cherche Marie ?
Marie de Magdala était une pécheresse de la ville. Mais en aimant la vérité, elle effaça dans ses larmes les fautes qui la salissaient, et la Parole de vérité s’accomplit, qui disait : « Ses nombreux péchés lui sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé ». Le péché l’avait transie ; l’amour l’embrasa du feu soudain.

Lorsqu’elle arrive au tombeau et qu’elle ne voit pas le corps du Seigneur, elle pense qu’on l’a enlevé et porte cette nouvelle aux disciples. Ceux-ci se rendent au tombeau, ils ne doutent pas de la parole de Marie.
Après quoi, les disciples s'en retournèrent chez eux.

Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait.
Alors même que les disciples en partaient, cette femme ne voulait pas quitter le tombeau du Seigneur ! Elle ne l’avait pas trouvé ; elle le cherchait encore ; elle le cherchait et pleurait. Elle ne pouvait s’arracher à sa quête, quoi qu’elle pensât le Seigneur enlevé.

Et il advint qu’elle seule le vit, elle qui était restée pour le chercher. Rien de grand ne se fait sans persévérance.
« Celui qui tiendra jusqu’au bout, celui-là sera sauvé », Mt 10,22

« Marieétait restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait.
Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau ».

Elle avait pourtant déjà vu qu’il était vide et elle avait annoncé la disparition du Seigneur. Pourquoi se penche-t-elle encore, pourquoi désire-t-elle encore voir ? Parce que l’amour ne se contente pas d’un seul regard, l’amour est une quête toujours plus ardente. Elle l’a déjà cherché mais en vain. Elle s’obstine et finit par le découvrir.

Ct 3, 1-4               Dans le Cantique des Cantiques, l’Église disait du même Époux :

 « Au long de la nuit, j’ai cherché celui que mon cœur aime.
 Je l‘ai cherché  mais ne l’ai pas trouvé.
Il faut que je me lève et que je fasse le tour de la ville ;

Dans les rues et les places, avez-vous vu celui que mon cœur aime ? 
Je l‘ai cherché  mais ne l’ai pas trouvé.

Les gardes m’ont rencontrée, ceux qui font le tour de la ville:

« Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? »
A peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon cœur aime. 
Quand cherchons-nous l’Aimé ?
Nous le cherchons la nuit, car si notre esprit veille déjà sur Lui, nos yeux ne voient encore que l’ombre. Cherchons les pas de l’Aimé. Pourquoi se joue-t-il de nos recherches et vient-il si tard ? Pour qu’à sa vue, nous l’étreignions avec plus d’ardeur encore.
Ce désir d’amour faisait dire à David cette prière.

Ainsi aime Marie.
Elle se penche encore sur la tombe où elle a déjà porté ses regards.

« Et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds ».
Ange veut dire messager. Il fallait bien, après la passion, annoncer celui qui est Dieu avant les temps et homme à la fin des temps.

Un ange se tient à sa tête car «  Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu » nous dit l’apôtre Jean.

Un ange est assis à ses pieds car le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous. Ces deux anges sont réunis à la place même où git le Seigneur ; tels les deux testaments qui annoncent de la même voix, la naissance, la mort et la résurrection du Seigneur.
Les anges demandent à Marie : "Femme, pourquoi pleures-tu?"

Elle leur répond: "On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l'a mis."
Dans le tombeau où seul gisait le corps du Seigneur, Marie cherchait le Seigneur, non son corps.

Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui.
Marie qui ignore encore la résurrection du Seigneur, se retourne pour voir Jésus. Le doute lui avait fait tourner le dos au Seigneur, elle ne pensait pas qu’il était ressuscité. Elle restait partagée entre l’amour et le doute. L’amour le lui montrait ; le doute le lui cachait.

Son ignorance paraît encore : « Elle ne savait pas que c'était Jésus. Femme,  lui dit Jésus,  pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu ? "
Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au gardien du jardin, lui dit: "Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis, et j'irai le prendre."

Jésus lui dit: "Marie."
Il l’appelait tout à l’heure d’un nom commun à beaucoup de personnes :

- « Femme » et ne se laissait pas encore reconnaître.
Il l’appelle à présent pas son nom : -« Marie ! » l’invitant à reconnaître celui qui la connaît par son nom personnel.

Ainsi appelée par son nom, Marie reconnaît son Créateur, et aussitôt lui répond : "Rabbouni" – c’est-à-dire « Maître ».
Car c’était lui qu’elle cherchait au-dehors, et c’était lui qui lui demandait de le chercher au-dedans.

 Elle se retourna et lui dit en hébreu: "Rabbouni" - ce qui signifie maître.
Jésus lui dit: "Ne me retiens pas! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu."

En notre cœur, Jésus monte vers le Père si nous le tenons pour l’égal du Père. Dans le cas contraire, il n’est pas encore monté, en notre cœur, vers le Père. Celui qui croit le Fils coéternel au Père, celui-là touche véritablement Jésus.
Jean aussi touchait le Sauveur des mains de la foi quand il disait (Jn 1, 1-3)

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement tourné vers Dieu. Tout fut par lui, et rien de ce qui fut, ne fut sans lui ». Il touche le Seigneur, celui qui le croit égal au Père et de substance éternelle.
Jésus lui dit: "Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu."

Jésus ne dit pas « Notre Père » mais « mon Père qui est votre Père ». La distinction qu’il fait ici, marque que Dieu Père n’est pas le même pour lui et pour nous. « Son Père » l’est par nature et « Notre Père » l’est par grâce.

 « Vers mon Père »parce que je suis descendu ; « Vers votre Père », parce que vous monterez. Dieu est à moi, car je suis homme aussi ; Dieu est à vous, parce que vous avez été délivrés de l’erreur. Dieu Père n’est pas le même pour vous et pour moi : il m’a engendré Dieu avant les temps, il vous a créés hommes avec moi à la fin des temps.
Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples: "J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit."

Le péché des hommes quitte ici le cœur d’où il était issu. C’est une femme, au paradis, qui tend à l’homme le fruit de la mort ; c’est une femme qui, au tombeau, annonce la vie aux hommes, et rapporte les paroles de celui qui est la Vie. C’est comme si le Seigneur disait aux hommes, non par des mots, mais par des actes : La main qui vous a tendu le breuvage de mort, vous présente aujourd’hui la coupe de la vie ! »

Eusèbe Le Gallican, A la descente du Christ, l'éternelle nuit des enfers a resplendi





Samedi saint
 
Heb 4,1-11

Jn 20,1-9

Eusèbe Le Gallican

5e siècle

moine, évêque


Ciel, exulte !
 
Terre, réjouis-toi !
 
Ce jour a resplendi pour nous de l'éclat du tombeau, plus qu'il n'a brillé des rayons du soleil. Que les enfers acclament, car ils ont désormais une issue ; qu'ils se réjouissent, car c'est pour eux le jour de la visite ; qu'ils exultent, car ils ont vu, après des siècles et des siècles, une lumière qu'ils ne connaissaient pas, et dans l'obscurité de leur nuit profonde ils ont enfin respiré ! O belle lumière que l'on a vue poindre du sommet du ciel blanchissant, tu as revêtu de ta clarté soudaine « ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort ».

A la descente du Christ, l'éternelle nuit des enfers a resplendi aussitôt et les cris des affligés ont cessé ; les liens des condamnés se sont rompus et sont tombés ; les esprits malfaisants ont été saisis de stupeur, comme frappés d'un coup de tonnerre...


Dès que le Christ descend, les sombres portiers, aveugles dans leur noir silence et courbant le dos sous la crainte, murmurent entre eux : « Qui est ce redoutable, éblouissant de blancheur ? Jamais notre enfer n'en a reçu de pareil ; jamais le monde n'en a rejeté de pareil dans notre gouffre... S'il était coupable, il n'aurait pas cette audace. Si quelque délit le noircissait, il ne pourrait jamais dissiper nos ténèbres par son éclat.
Mais s'il est Dieu, que fait-il au tombeau ?
S'il est homme, comment ose-t-il ?
S'il est Dieu, pourquoi vient-il ?
 
S'il est homme, comment délivre-t-il les captifs ?...
Oh, cette croix qui enfante notre malheur ! Le bois nous avait enrichis et le bois nous ruine. Cette grande puissance, toujours redoutée des peuples, a péri !

mercredi 6 mars 2013

La grande chose c'est d'aimer, mère Isabelle, Or.A.

Anniversaire de la naissance de Mère Isabelle, fondatrice des Orantes de l'Assomption
 

Mère Isabelle, photo d'Archive O.A.
Le coeur embrasé pour Dieu désire prouver qu'il aime... Certes, il faut souffler sur le brouillard des illusions, mais ne faut-il pas surtout demander à Dieu de fondre ce brouillard dans le feu de son amour qui vivifie tout ?

La grande chose, c'est d'aimer... Jetons-nous dans le grand foyer de l'amour. L'amour détruit en nous tout ce qui n'est pas conforme à la volonté de Dieu. Il fait que nous pleurons nos péchés sans découragement, sans dépit, sans scrupule, parce que nous jetons tout dans son sein de la miséricorde de Dieu.

Nous désirons aimer Dieu, et il faut que Dieu nous aime immensément pour nous donner ce désir. Il nous a regardées d'un regard d'amour, il nous as beaucoup pardonné parce qu'il nous a beaucoup aimés. Tâchons de répondre au grand amour de Dieu par le désir de sa gloire...

Je voudrais que pour nous prière et acte d'amour fussent synonymes, Instructions aux Orantes, 23.7.1913.

jeudi 28 février 2013

St Grégoire de Nazianze


Tu dois savoir d'où vient pour toi l'existence, le souffle, l'intelligence et, ce qu'il y a de plus précieux, la connaissance de Dieu ; l'espérance du Royaume des cieux [...] et celle de contempler la gloire que tu vois aujourd'hui de manière obscure, comme dans un miroir, mais que tu verras demain dans toute sa pureté et son éclat. D'où vient que tu sois fils de Dieu, héritier avec le Christ et, j'oserai le dire, que tu sois toi-même un dieu ? D'où vient tout cela, et par qui ?

Ou encore, pour parler de choses moins importantes, celles qui se voient : qui t'a donné de voir la beauté du ciel, la course du soleil, le cycle de la lune, les astres innombrables et, en tout cela l'harmonie et l'ordre, qui les conduisent ainsi, à la manière d'une lyre bien accordée ?
Qui donc t'a donné la pluie, l'agriculture, les aliments, les arts, l'administration, les lois, la cité, une vie civilisée, des relations familières avec tes semblables ? D'où vient que, parmi les animaux, certains sont apprivoisés et domestiqués, tandis que d'autres fournissent ta nourriture ? Qui t'a établi seigneur et roi de tout ce qui vit sur la terre ? Qui donc, pour arrêter là cette énumération, t'a donné tout ce qui fait de toi un homme, supérieur à toutes les autres créatures ?

N'est-ce pas celui qui, avant toute chose et en retour de tous ses dons, te demande d'aimer les hommes ? Est-ce que nous ne serions pas méprisables si, après tout ce qu'il nous donne de fait ou en espérance, nous ne lui apportions pas cette seule chose : aimer les hommes ? Alors que lui, notre Dieu et notre Seigneur, n'a pas honte d'être appelé notre Père, allons-nous renier nos frères ?
Non, mes frères et mes amis, ne soyons pas les gérants malhonnêtes des biens qui nous ont été confiés. Ne risquons pas d'entendre saint Pierre nous dire : "Ayez honte, vous qui retenez le bien d'autrui. Imitez l'équité de Dieu, et il n'y aura plus de pauvre."
Ne nous donnons pas tant de peine pour amasser et conserver quand d'autres souffrent la peine de la pauvreté ; car autrement nous subirions les malédictions et menaces acerbes du prophète Amos qui commencent ainsi : Ecoutez bien, vous qui dites : Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée pour que nous puissions vendre, et le sabbat, pour que nous puissions ouvrir nos magasins ?[...]

Pratiquons nous-mêmes cette loi sublime et primordiale de Dieu, qui fait pleuvoir pour les justes et les pécheurs et qui fait lever son soleil également pour tous. Il déploie pour tous les immenses étendues de la terre en friche, les sources, les fleuves et les forêts ; aux oiseaux il donne l'air, et l'eau à toutes les bêtes aquatiques. Il donne généreusement les ressources nécessaires à la vie de tous ; celles-ci ne sont pas confisquées par les puissants, limitées par une loi, rationnées. Elles sont communes, abondantes et par conséquent Dieu les offre sans que personne soit frustré. Car il veut honorer par cette égalité dans ses dons l'égale dignité de la nature, et montrer toute la générosité de sa bienfaisance.
(Grégoire de Nazianze, Homélie sur l'Amour des Pauvres, 14, 23-25)

vendredi 25 janvier 2013

L'expérience de Dieu


 
 
Père Matta El-Maskîne, moine de l’Église Copte, 20ème siècle.
L’expérience de Dieu dans la vie de prière, spiritualité orientale, n°71, p. 34-35-124-130, extraits.

 

Les dons de la vie chrétienne, qu’ils soient d’ordre général, comme la nouvelle naissance ou la rédemption qui efface les péchés, ou d’ordre personnel, comme les charismes d’amour, d’humilité ou d’ardeur spirituelle, tous ces dons ne peuvent se déployer avec puissance et efficacité que par la prière.

C’est par la prière que se déploie l’efficacité de la nature du Christ en nous. C’est par la prière que la force de sa vie et de sa mort pénètre nos actions et nos comportements. C’est par la prière que nos pensées et nos paroles, ou même notre silence et notre calme, peuvent exhaler la bonne odeur du Christ, 2 Co 2,15.

Sans la vie de prière, toute tentative pour proclamer ces effets divins dans la nature humaine relève de la théorie ou de la contrefaçon. Ce n’est que la manifestation de la volonté propre du vieil homme qui persiste tel quel, avec ses tendances et ses passions. Si nous acceptons cette vérité de la prière, si nous y mettons quoi qu’il en coûte tout notre cœur et toutes nos forces, nous parviendrons nécessairement aux mystères du Christ que nous ne connaissions que par ouï-dire.

Cela n’adviendra que lorsque la prière sera devenue pour nous la principale occupation, la priorité qui passe toute priorité, l’obligation qui défie toute obligation, prière de tous les instants, de toutes les circonstances, pour entrer dans l’intimité du Christ, une ardeur guidée par sa parole, sa vie, ses gestes. Toute notre vie, avec tous ses détails, se trouve désormais orientée vers une fin unique : être agréable au Père dans la docilité à la personne de Jésus Christ. Celui-ci remplit alors notre vie et notre pensée. À Lui nous nous attachons durant notre sommeil et durant nos veilles, dans nos paroles et dans nos silences, afin que ce soit Lui qui vive en nous, Ga 2,20, et non plus nous-mêmes.
Nous sentons alors avec certitude le Christ se former en nous, Ga 4,19, pour nous transformer progressivement à son image et à sa ressemblance, selon sa volonté. Alors, nous Le verrons changer nos vies en profondeur, tarir les hémorragies du péché, éteindre les feux de la violence, ouvrir en nous chaque matin une oreille neuve, Is 50,4.

 
Au fur et à mesure que nous avançons dans la vie de prière, nous goûtons mieux le sens de l’union avec Dieu. Dieu place désormais une garde à nos lèvres, Ps 141,3, une sentinelle à nos yeux, et nos oreilles ne s’ouvrent plus qu’à ce qui est pur, le cœur ne cherchant qu’à aimer.
L’union à Dieu est une expression théologique qui rend compte de ce que le Christ demande pour nous au Père : Qu’eux aussi soient un en nous, Jn 17,21.

L’union à Dieu signifie la transformation permanente d’une vie selon le corps en une vie selon l’Esprit, que nous accomplissons dans la foi, et l’effort quotidien, selon la volonté de Dieu et les exigences du Royaume proclamées par l’Évangile.
L’union à Dieu est le fondement de toute la foi et du dogme : Dieu nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu’il avait formé en Lui par avance, pour saisir l’univers entier, ce qui est au ciel et ce qui est sur la terre, en réunissant tout sous un seul chef, le Christ, Ep 1,9-10.

samedi 19 janvier 2013

L’abandon à Dieu

Jean Tauler  (1300-1361)
 Dominicain théologien, mystique et prédicateur alsacien, disciple de Maître Eckhart.





Nous devons être témoins de Dieu en le confessant par toutes nos oeuvres, nos pratiques et nos intentions.

Il en est qui s’imaginent qu’ils confessent Dieu fort bien, qu’ils le reconnaissent et qu’ils l’aiment quand les choses vont à leur gré. Mais que surviennent les tribulations, ils ne savent plus où ils en sont devant l’adversité. Ce qu’ils portaient en eux apparaît lorsque se découvre le fond d’où jaillit leur confession. Ce n’était point le Dieu essentiel mais leur sens propre, fondement fragile comme les sables mouvants.

Par contre, ceux qui sont témoins de Dieu selon la vérité, prennent appui sur Dieu et sur sa volonté dans la bonne et la mauvaise fortune. Que Dieu donne ou retire, ils ne chancellent pas, ils ne se reposent pas non plus sur leur propre industrie.

Quand les hommes voient leurs entreprises bien engagées, ils sont portés à faire grand cas de leur savoir-faire. Ils se fondent sur cette base selon le succès de leur activité. Quel que soit ce support, Dieu le brise souvent pour ne leur pas manquer lui-même, et il arrive bien des fois que l’on se voit réduit à l’impuissance.

Tel voudrait veiller, il est contraint de céder au sommeil contre sa volonté. Il voudrait jeûner, le voilà obligé de manger. Il aimerait connaître le repos et le silence, il ne peut éviter qu’il en soit autrement, de sorte que tout support craque sous lui et qu’il est renvoyé au néant pur et simple qu’il est en vérité.

Ainsi, il demeurera fondé essentiellement en Dieu, et il confessera Dieu par une foi entière et sans détour, en refusant tout autre appui.

dimanche 6 janvier 2013

Epiphanie

 

 
Aujourd'hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l'étoile qui les guidait ; daigne nous accorder, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d'être conduits jusqu'à la claire vision de ta splendeur. Nous te le demandons à Toi qui es Père, fils et Esprit, pour les siècles des siècles. Amen !

mardi 1 janvier 2013

Marie

 
 
Que son nom ne quitte pas tes lèvres,
Qu’il ne quitte pas ton cœur.
En suivant Marie, on ne dévie pas.
On ne désespère pas.
Si elle te protège, tu ne craindras pas.
Si elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue.
Si elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au but.
Et quand les vents de la tempête se lèvent,
Regarde l’étoile qui s’appelle Marie.    
 
Prière de saint Bernard
 
 

lundi 24 décembre 2012

Gloire à Dieu dans les hauteurs !


Raban Maur (776-856), moine bénédictin, théologien et archevêque de Mayence en Allemagne.
 
Jésus, Rédempteur de tous les hommes,
Avant que naisse la lumière,
Le Père souverain t'avait engendré
Dans une splendeur semblable à la sienne.

Ô lumière et Splendeur du Père,
Espoir éternel de tous les cœurs,
Écoute les prières qu'à travers l'univers
Répandent tes humbles serviteurs.

Ô Créateur du monde, souviens-toi qu'en naissant de la Vierge Sainte,
Tu as pris autrefois un corps semblable au nôtre.

Ce jour que chaque année ramène en son cycle, en est encore une fois le témoin :
Tu as quitté l'intimité de ton Père pour venir te faire l'unique salut du monde.

Astres, continents, océans,
Et tout ce qui se trouve sous le ciel,
Saluez d'un chant nouveau
Celui qui de nouveau vient nous sauver.

Jésus, qui es né de la Vierge,
Que la gloire te soit rendue,
Ainsi qu'au Père et à l'Esprit divin,
À travers tous les siècles. Amen!

jeudi 6 décembre 2012

8 décembre


Citations extraites de l’article de Marcel Neusch, a.a., La Vierge Marie, mère du Seigneur, ITINÉRAIRES AUGUSTINIENS, n°39, 2008, 5.

 

         Marie, mère de Dieu 

Le Christ « a été conçu par une vierge, puisqu’elle l’a conçu par la foi et reçu par la foi. Ne vous laissez donc pas séduire par l’opinion de certains esprits qui ont perdu de vue la règle de la foi et les oracles des divines Écritures », Sermon 186,2
 
« Marie était vierge lorsqu’elle l’a conçu, vierge lorsqu’elle l’a enfanté, vierge lorsqu’elle le portait dans ses entrailles devenues fécondes, vierge toujours (virgo perpetua) », Sermon 186,6. 
« Marie a cru, et ce qu’elle a cru s’est accompli en elle », Sermon 215,4.
Marie « fut  saintement fécondée par la foi, non par l’union charnelle », c’est-à-dire « non par la chair, par la foi, non par le désir des sens », De Trinitate 13, 18, 23.
“Marie est pour nous un modèle non par sa virginité physique, mais par sa foi. C’est d’abord par la foi qu’elle a conçu le Christ, nous l’avons vu. C’est aussi par la foi que nos vies cessent d’être stériles et deviennent fécondes comme celle de Marie“.
« Sa mère l’a porté dans son sein, portons-la dans nos âmes.
Une vierge a été rendue féconde par l’incarnation du Christ,
que nos cœurs soient aussi fécondés par la foi dans le Christ.
Une vierge a enfanté le Sauveur, que notre âme enfante le salut.
Ne soyons point stériles, mais que nos âmes soient fécondes par Dieu », Sermon 189, 3

dimanche 2 décembre 2012

Restez éveillés et priez en tout temps


Dom Louis Leloir, O.S.B., moine de Clervaux, DÉSERT ET COMMUNION, 1978, spiritualité orientale n°26, 343- 347

 



Restez éveillés
et priez en tout temps,
pour paraître debout
devant le Fils de l'homme, Lc 21, 36
 

Ce que le moine a en plus du nécessaire, estimaient les solitaires d’Égypte, ne vient pas de Dieu, mais du diable. Ils ne gardaient donc pour eux que ce qui était indispensable à leur subsistance. Conserver plus que le nécessaire, disaient-ils encore,  c’est voler les orphelins et les veuves. Ainsi, au lieu d’accumuler, nos Pères partageaient. Tantôt c’était avec les visiteurs et les hôtes de passage ; ils avaient, en effet, l’habitude de dresser aussitôt la table devant eux et de mettre à leur disposition tout ce qu’ils possédaient. Tantôt c’était avec les plus pauvres de leurs frères. Tantôt, c’était avec les pauvres de l’extérieur. Il est du reste souvent rappelé que le pauvre, c’est le Christ.
Tout naturellement donc, les économies réalisées par le jeûne tournaient au bénéfice des pauvres. Pourtant il n’est jamais parlé d’un jeûne en vue de faire l’aumône. On ne parle pas non plus de jeûner davantage en vue de donner davantage.  Le jeûne des Pères du désert paraît avoir été l’occasion de l’aumône plutôt que son but. D’autres soucis sont souvent évoqués : le souci de maîtriser son corps, d’expier les péchés, d’imiter le Christ. La première charité que les moines doivent au monde, c’est celle de leur sainteté, mieux assurée si –par le jeûne – ils veillent à la discipline d’eux-mêmes, cherchent à ressembler au Christ et à vivre avec Lui.
Si la préoccupation des épreuves et de la misère matérielle de beaucoup d’hommes doit habiter le cœur des moines, celle de leur misère spirituelle doit les obséder bien davantage. La question des veilles est à résoudre avec la même souplesse. Il n’est guère indiqué de peu dormir durant la nuit, pour dormir ensuite pendant les Vigiles. Pourtant le don de la veille existe. Dieu l’accorde parfois, plus souvent de manière intermittente, parfois habituellement. Les pénitences les plus indiquées pour notre temps sont probablement le souci de la politesse et de la propreté, une bonne hygiène et une juste mesure, pauvre, mais suffisante de sommeil et de nourriture, l’effort fourni pour dominer la fièvre dans le travail et se réserver des temps de silence et de prière, la préoccupation du bonheur d’autrui et le zèle à lui rendre des services, minimes et grands.
Pour conclure, quelques lignes de la constitution apostolique de Paul VI, “Repentez-vous“ : À aucune époque la vraie pénitence ne peut faire abstraction d’une ascèse également physique. Tout notre être, en effet, corps et âme, doit participer activement à l’acte religieux  par lequel la créature reconnaît la sainteté et la majesté de Dieu. L’Église invite chacun à accompagner la conversion intérieure de l’Esprit avec la pratique volontaire des actes extérieurs de pénitence. L’Église insiste avant tout pour que la vertu de pénitence soit pratiquée dans la fidélité persévérante à nos devoirs d’état, dans l’acceptation des difficultés inhérentes  à notre travail et à nos rapports sociaux, dans le support patient des épreuves de la vie terrestre, avec son angoissante insécurité. L’Église invite sans distinction tous les chrétiens à obéir au précepte divin de la pénitence par des actes volontaires, en dehors des sacrifices inhérents à la vie quotidienne.

samedi 24 novembre 2012

25 novembre - Fête du Christ-Roi


Ps 71
Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice.

Qu'il gouverne ton peuple avec justice, qu'il fasse droit aux malheureux !

Montagnes, portez au peuple la paix, collines, portez-lui la justice !

Qu'il fasse droit aux malheureux de son peuple, qu'il sauve les pauvres gens, qu'il écrase l'oppresseur !

Qu'il dure sous le soleil et la lune de génération en génération !

Qu'il descende comme la pluie sur les regains, une pluie qui pénètre la terre.

En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu'à la fin des lunes !

Qu'il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu'au bout de la terre !

Des peuplades s'inclineront devant lui, ses ennemis lècheront la poussière.

Les rois de Tarsis et des Iles apporteront des présents. Les rois de Saba et de Seba feront leur offrande.

Tous les rois se prosterneront devant lui, tous les pays le serviront.

Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours.

Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie.

Il les rachète à l'oppression, à la violence ; leur sang est d'un grand prix à ses yeux.

Qu'il vive ! On lui donnera l'or de Saba. On priera sans relâche pour lui ; tous les jours, on le bénira.

Que la terre jusqu'au sommet des montagnes soit un champ de blé : et ses épis onduleront comme la forêt du Liban ! Que la ville devienne florissante comme l'herbe sur la terre !

Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux !

Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, lui seul fait des merveilles !

Béni soit à jamais son nom glorieux, toute la terre soit remplie de sa gloire ! Amen ! Amen !

mercredi 14 novembre 2012

17 novembre - Fête de notre Fondatrice


 
9 février 1881
Lettre au Père Picard.
Isabelle Comtesse d’Ursel est veuve, elle a 32 ans.

 

 
 

Tout doit prier en moi


Pendant un certain temps Dieu, compatissant à notre faiblesse, se contente dans l'oraison d'écarter un à un tous les obstacles. Il coupe, il arrache, il détruit. Il met à ce travail une adorable patience ! Il ne se contente pas d'arracher et de détruire, car à travers les débris de ce qu'Il renverse, il laisse pénétrer dans l'âme les rayons de sa lumière divine, rayons de consolation, rayons de force, rayons de lumières.

 
Mais quand Dieu a pendant longtemps travaillé ainsi dans l'oraison, Il veut que l'oraison devienne autre chose. Il veut la posséder, Il veut l'avoir entre ses mains, il veut se refléter en elle, non pas que l'âme sente toujours ce divin travail. Dieu n'est jamais un Dieu muet, mais Il est souvent un Dieu qui se tait et travaille dans le silence…

Comment toutefois est-il possible qu'il arrive un moment dans la vie d'oraison où Dieu veuille nous trouver en quelque sorte sinon parfaits, du moins sans obstacle à sa grâce ? Cela paraît un non-sens et presque une injustice en égard à notre imperfection et à l'histoire du juste qui tombe sept fois par jour…

Aussi Dieu ne nous demande-t-il pas cela. Il sait mieux que nous ne le savons nous-mêmes que nous sommes beaucoup tombés, que nous tomberons encore, que nous laisserons envahir notre âme par mille imperfections - mais ce qu'il veut d'une âme d'oraison - c'est qu’elle soit habituellement, dans les moindres circonstances de la vie, si souple dans sa main, qu'une pensée, qu'un remords et que, plus encore, une parole de l'obéissance, la ramène dans le bon chemin et qu'elle n'ait pas besoin de toute la pression de l'oraison pour l'éclairer, pour la soumettre.

vendredi 2 novembre 2012

Que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance


 

Saint Isaac le Syrien (VIIème siècle)

Que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance, jusqu’à ce que tu sentes en toi-même la miséricorde que Dieu éprouve pour le monde. Que notre propre état devienne ainsi  un miroir dans lequel nous contemplerons en nous-mêmes la ressemblance et l’empreinte de ce qui appartient par nature à la divine essence.

Un cœur dur et sans miséricorde ne peut parvenir à la pureté. Un homme miséricordieux est le médecin de sa propre âme, car il chasse de son intérieur le sombre nuage des passions, comme par un vent violent.

Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde.

 Un homme a atteint la pureté du cœur lorsqu’il voit tous les hommes comme bons, et lorsqu’aucun ne lui paraît impur   et souillé.
 
L’œil bon ne voit pas le mal, Ha 1,13.

samedi 20 octobre 2012


Saint Augustin, De Trinitate 5, 1, 2

La foi
Pour une foi fervente, celle que brûle la grâce de son Créateur et Sauveur, il n'y a pas d'impertinence à s'éprendre du divin et de l'ineffable qui nous dépasse. Mais dans quel acte d'intelligence l'homme saisit-il Dieu, lui qui ne saisit même pas sa propre intelligence avec laquelle il prétend saisir Dieu ?
Eh bien, ce que nous ne trouvons pas dans ce qu'il y a de meilleur en nous, nous ne devons pas le rechercher dans Celui qui est bien meilleur que ce qu'il y a de meilleur en nous.

Concevons donc Dieu, si nous pouvons, autant que nous le pouvons,
bon sans qualité,
grand sans quantité,
Créateur sans nécessité,
au premier rang, mais sans place,
enveloppant tout, mais sans être extérieur,
partout présent, mais non localement,
éternel, mais hors du temps,
auteur des choses changeantes sans changer Lui-même,
étranger à toute contrainte.

Quiconque conçoit Dieu de cette façon-là, qu'il veille, pour autant qu'il le peut, à ne pas attribuer à Dieu ce que Dieu n'est pas.

mercredi 10 octobre 2012

La crainte de Dieu est le commencement de la vertu








Isaac le Syrien (7ème siècle)

86 discours ascétiques

 

 



Tel est le commencement du chemin de la vie : toujours méditer les Paroles de Dieu, et demeurer dans la pauvreté. L'intelligence qui est irriguée par l'étude des Paroles de Dieu aide à parvenir à la pauvreté. Réciproquement accéder à la dépossession donne le loisir de s'adonner à l'étude des Paroles de Dieu.

Nul ne peut approcher Dieu s'il ne s'éloigne pas du monde. Telle est la vertu : que l'intelligence cesse de s'occuper des choses du monde. Le cœur ne peut découvrir la sérénité ni se dégager de tout ce qu'il imagine, tant qu'agissent les sensations. Sans le désert, ni les passions du corps ne disparaissent, ni les mauvaises pensées ne s'effacent.

Quand la grâce a augmenté en l’homme, dès lors qu’il craint Dieu, il trouve dans son âme de nombreuses raisons de supporter le malheur. Ce qui le fait souffrir est tenu pour rien à ses yeux en comparaison de ce qu’il espère dès maintenant. Dieu permet que nous soyons tentés : il n’est pas possible autrement que nous connaissions la vérité.

Dieu veille sur l’homme. Il n’est pas un homme qui ne soit sous son regard, et surtout ceux qui sont partis à sa recherche et souffrent pour Lui. Mais quand l’homme s’est par trop privé de la grâce, alors toutes les choses contraires se trouvent devant lui. La connaissance par laquelle il examine le monde, lui est plus grande que la foi. Il considère qu’il n’y a pas lieu de se confier à Dieu en tout.

Le commencement de la vraie vie de l’homme est la crainte de Dieu. Mais cette crainte ne saurait demeurer dans l’âme en même temps que la distraction. Le cœur est détourné du plaisir de Dieu par le service des sens. Dans ce qu’elles sentent, les pensées du cœur sont liées aux sens qui les servent.

Quand le désir de la chair l’emporte, les nombreux obstacles qui entourent ce que tu désires empêchent d’être intrépide. Celui qui recherche les honneurs du monde ne peut échapper aux causes de la tristesse. L’homme chaste est celui qui dans la vérité de son cœur, assagit la vision de son intelligence afin que celle-ci ne tende pas vers l’intempérance. Sa pudeur est suspendue comme un voile dans le lieu secret de ses pensées. Rien n’est plus capable de rejeter de l’âme les présomptions de l’intempérance et de chasser les souvenirs qui viennent se lever dans la chair et l’embraser d’une flamme trouble, que de se plonger dans le désir de l’instruction et de rechercher le sens profond de l’Écriture. 

Et l’âme est prise par ce qu’elle rencontre de nouveau sur l’océan des mystères de l’Écriture.