dimanche 29 septembre 2024

Père Picard, Instruction aux Oblates de l'Assomption, 23 novembre 1896



Le père François Picard est né le 4 octobre 1831 à Saint Gervasy dans le Gard. 





Nous nous souvenons spécialement de lui en ce jour de sa naissance.





Je prépare une petite fondation Vous voyez s’élever à Passy (rue Berton) une nouvelle bicoque. Dans ce nid, nous mettrons des personnes exclusivement consacrées à la prière et à l’étude : priez pour que cette entreprise réussisse. On dira que le Père Picard n’a pas le sens commun. 

Après avoir eu des religieuses qui s’occupent de l’instruction des riches, d’autres qui soignent les pauvres, d’autres qui s’occupent des missions, il est bien juste que l’Assomption en ait qui se consacrent à la prière et à l’étude. C’est ainsi qu’on se soutient les uns les autres. Vous allez donc vous mettre à prier pour cette petite œuvre qui sera difficile et que l’on critiquera certainement. 

Je vous en parle parce qu’il faut que les enfants sachent les secrets de leur Père, du moins quelques uns. Il y a quatorze ans que je mûris ce secret, car j’ai besoin de réfléchir longtemps. C’est un nouvel acte d’initiative. La presse en a été un : le Père d’Alzon l’a vue naître, mais il n’a pas tout vu.

Je ne demande pas que cette œuvre grandisse vite, mais qu’elle se fonde fortement, et que l’Assomption ait toujours des personnes qui prient et qui étudient. Aimons à étendre le règne de Dieu, allons au-devant des bons plaisirs de Dieu, et estimons nous heureux toutes les fois que Notre Seigneur permet que nous puissions le faire aimer d’une façon spéciale et nouvelle.

Les chemins de la grâce, Textes pour l'office des lectures, Monique-Anne Giroux T 2, 271.




Jacqueline Decoux, François Picard, "Faire en toute chose la volonté de Dieu", Signe, 92.
Soeur Anne Huyghebaert, or.a.  a collaboré à la parution de ce livre, p. 128.

Isabelle de Clermont Tonnerre, comtesse d'Ursel est fondatrice avec le père François Picard, p. 91-95.

Jacques de Saroug (+ 521) sur le voile de Moïse

 


 27e dimanche du temps ordinaire B   6 octobre 202'


Évangile de

27ème dimanche année B               6 octobre 2024

Jésus Christ selon saint Marc 10,2-16

Un jour, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l'épreuve, ils lui demandaient: "Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme?"



Le mystère de l'Epoux et de l'Epouse
Homélie de Jacques de Saroug (+ 521) sur le voile de Moïse
Version remaniée de la traduction publiée dans P. Guéranger, 
L'année liturgique, t. 3, 1950, 1023-1025.
Clerus.homéliaires



Dans ses desseins mystérieux, le Père avait préparé une Épouse pour son Fils unique et il la lui avait présentée sous les figures de la prophétie. Moïse parut. Il traça d'une main experte une image de l'Époux et de l'Épouse et la recouvrit aussitôt d'un voile. Il écrivit dans son livre que l'homme quitterait son père et sa mère pour s'attacher à sa femme de sorte que les deux ne fassent réellement plus qu'un. Le prophète Moïse nous a parlé en ces termes de l'homme et de la femme pour annoncer le Christ et son Église. Avec l'oeil perçant du prophète, il contempla le Christ devenant un avec l'Église grâce au mystère de l'eau. Il vit le Christ attirer à lui l'Église dès le sein virginal, et l'Église attirer à elle le Christ dans l'eau du baptême. L'Époux et l'Épouse furent ainsi totalement unis d'une manière mystique: voilà pourquoi Moïse écrivit que les deux ne feraient plus qu'un. Moïse, le visage voilé, contempla le Christ et l'Église; il appela l'un "Homme" et l'autre "Femme", pour éviter de mont
rer aux Hébreux la réalité dans toute sa clarté. 


Après la célébration de leurs noces, Paul vint. Il vit le voile étendu sur leur splendeur, et l'ôta pour révéler le Christ et son Épouse au monde entier. Il montra que c'était bien eux que Moïse avait décrits dans sa vision prophétique. Exultant d'une joie divine, l'Apôtre pro clama: Ce mystère est grand, Ep 5,32. Il fit connaître ceux que le prophète avait désignés d'une manière voilée sous les figures de l'Homme et de la Femme. "Je le sais, dit-il, c'est le Christ et son Église qui ne sont plus deux mais un seul" Ep 5,31. 

Les femmes ne sont pas aussi étroitement unies à leurs maris que l'Église au Fils de Dieu. Quel autre époux que notre Seigneur mourut jamais pour son épouse, et quelle épouse a jamais choisi comme époux un crucifié? Qui a jamais donné son sang en présent à son épouse, sinon celui qui mourut sur la croix et scella son union nuptiale par ses blessures? Qui a-t-on jamais vu mort, gisant au banquet de ses noces, avec, à son côté, son épouse qui l'étreint pour être consolée? A quelle autre fête, à quel autre banquet, a-t-on distribué aux convives, sous la forme du pain, le corps de l'époux?

La mort sépare les épouses de leurs maris, mais ici elle unit l'Épouse à son Bien-aimé. Il mourut sur la croix, laissa son corps à sa glorieuse Épouse, et maintenant, à sa table, chaque jour, elle le prend en nourriture. Elle s'en nourrit sous la forme du pain qu'elle mange et sous la forme du vin qu'elle boit, afin que le monde reconnaisse qu'ils ne sont plus deux, mais un seul.

samedi 31 août 2024

Saint Bernard de Clairvaux (v.1091–1153), La croix glorieuse


 Moine cistercien. 

Réformateur de la vie religieuse.  


14 septembre 2024


La croix glorieuse 





Reviens à ton cœur, reviens, et vois comment l'Adam nouveau t'a cherché et t'a retrouvé. Il n'eut de cesse qu'il n'ait couru après toi qui fuyais, t'appelant dans sa miséricorde, à travers les coups et le fouet et les dérisions inouïes. Il t'a suivi jusqu'au supplice de la croix et là il te trouva déjà mourant et te saisit.

Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne, Lc 23,42. Je pouvais manger et goûter de tous les arbres du paradis et maintenant je suis crucifié et je meurs sur ce bois. Souviens-toi de moi ; je t'avais oublié, mais toi, dans ton emportement tu t'es souvenu de ta miséricorde. 

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché, Ps 50,3. Je la vois en toi cette miséricorde grande et qui est bien tienne, qui t'a fait condescendre à te configurer à ma misère. Tu ne pouvais me suivre plus loin. D'où viens-tu ? Tu es sorti du plus haut des cieux. Du sein de la Vierge, tu es venu, toi, le plus beau des enfants des hommes, et avec moi, tu pends sur le bois de la croix. 

Qui t'a conduit là, sinon Ta seule miséricorde ? 

Pitié pour moi, Seigneur, dans ta grande miséricorde, Ps 50,3. Je suis ta création que tu as faite à ton image et à ta ressemblance. Pitié, Seigneur, pour ton image. La croix est ta gloire. La croix est plus belle que tous les arbres du paradis. Le Christ a désiré d'un grand désir manger cette Pâque avec nous, avant de mourir. Il a mangé la Pâque en souffrant sa Passion, lorsqu'il passa de ce monde à son Père.

Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tout à moi, Jn 12,32. 

Tout, le ciel, la terre et les enfers. Le Christ a attiré à lui son Père, car son cri est monté devant sa face, à ses oreilles, et la terre a tremblé, et les pierres se sont fendues, et les tombeaux se sont ouverts, car ils avaient entendu la voix du Fils de l'homme. Médiateur de Dieu et des hommes, l'homme Jésus-Christ, entre ciel et terre mangeait la Pâque. 

Qui pourrait désormais craindre la croix ? 

 Sur la croix, celui qui est uni à son Seigneur peut lui dire : 

- Et toi, Seigneur, mon bouclier, ma gloire, tu tiens haute ma tête, Ps 3,4. 

Personne ne te cherche, personne ne te trouve, sinon sur la croix. 

Ô Croix de gloire, enracine-toi en moi, pour que je sois trouvé en toi

Les chemins de la grâce, T 1, recueil réalisé par soeur Monique-Anne Giroux, Or.A., collection Orante de l'Assomption, p. 281.

Saint Laurent de Brindes, homélie Marc 7,31-37

 

8 septembre 2024


23e dimanche du temps ordinaire B

Évangile de Jésus Christ Marc 7,31-37


Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. On lui amène un sourd-muet et on le prie de poser la main sur lui.


Il a bien fait toutes choses

La Loi divine raconte les oeuvres que Dieu a accomplies à la création du monde, et elle ajoute: Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon, Gn 1,31.  L'Évangile rapporte l'oeuvre de la Rédemption et de la nouvelle création, et il dit de la même manière: Il a bien fait toutes choses Mc 7,37. Car l'arbre bon donne de bons fruits, et un arbre bon ne peut pas porter de mauvais fruits, Mt 7,17-18. Assurément, par sa nature, le feu ne peut répandre que de la chaleur, et il ne peut produire du froid ; le soleil ne diffuse que de la lumière, et il ne peut être cause de ténèbres. De même, Dieu ne peut faire que des choses bonnes, car il est la bonté infinie, la lumière même. Il est le soleil qui répand une lumière infinie, le feu qui donne une chaleur infinie: Il a bien fait toutes choses. 

Il nous faut donc aujourd'hui dire sans hésiter avec cette sainte foule: Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets, Mc 7,37. Vraiment, cette foule a parlé sous l'inspiration de l'Esprit Saint, comme l'ânesse de Balaam. C'est l'Esprit Saint qui dit par la bouche de la foule : Il a bien fait toutes choses. Cela signifie qu'il est le vrai Dieu qui accomplit parfaitement toutes choses, car faire entendre les sourds et faire parler les muets sont des oeuvres réservées à la seule puissance divine. Et d'un cas particulier on passe à tous : il a réalisé un miracle que Dieu seul peut faire, donc il est Dieu, qui a bien accompli toutes choses.

Il a bien fait toutes choses. La Loi dit que tout ce que Dieu a fait était bon, et l'Évangile qu'il a bien fait toutes choses. Or, faire de bonnes choses n'est pas purement et simplement les faire bien. Beaucoup, à la vérité, font de bonnes choses sans les faire bien, comme les hypocrites qui font certes de bonnes choses, mais dans un mauvais esprit, avec une intention perverse et fausse. Dieu, lui, fait toutes choses bonnes et il les fait bien. Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu'il fait, Ps 144,17. Tout cela, ta sagesse l'a fait, Ps 103,24, c'est-à-dire: Tu l'as fait avec la plus grande sagesse et très bien. C'est pourquoi la foule dit: Il a bien fait toutes choses.

Et si Dieu, sachant que nous trouvons notre joie dans ce qui est bon, a fait pour nous toutes ses oeuvres bonnes et les a bien faites, pourquoi, de grâce, ne nous dépensons-nous pas pour ne faire que des oeuvres bonnes et les bien faire, dès lors que nous savons que Dieu y trouve sa joie ?

Vous demanderez : "Que devons-nous faire pour mériter de jouir éternellement des bénédictions divines ?" Je répondrai en une phrase: "Puisque l'Église est appelée l'Épouse du Christ et de Dieu, nous devons faire ce qu'une femme mariée, une bonne épouse, fait pour son époux, et alors Dieu nous traitera comme un bon époux traite son épouse bien-aimée. Voici ce que le Seigneur dit par la bouche d'Osée: Tu seras ma fiancée, et je t'apporterai la justice et le droit, l'amour et la tendresse; tu seras ma fiancée, et je t'apporterai la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur", Os 2,21-22.

Ainsi, mes frères, nous serons heureux dès cette vie même, ce monde sera pour nous un paradis terrestre. Avec les Hébreux nous nous nourrirons, dans le désert de cette vie, de la manne céleste, si, en suivant l'exemple du Christ, nous nous appliquons, autant que nous le pouvons, à bien faire toutes nos actions, de sorte que l'on puisse dire à propos de chacune de nos oeuvres : Il a bien fait toutes choses.

 Homélie de saint Laurent de Brindes (+ 1619)

11 e dimanche après la Pentecôte, Première homélie, 1.9.11-12; Opera omnia, 8, 124.134.136-138.

 http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/pt/jzk.htm

 


Saint Laurent de Brindisi

Capucin et Docteur de l'Église (1619)

Il était originaire de Brindisi et fut un des Religieux les plus éminents de son temps. Il entra chez les Capucins de Venise en 1575 et prêcha en Italie et surtout en Allemagne où il devint l'un des adversaires les plus éloquents du Protestantisme.
Il fut chargé souvent par le Saint Siège des plus hautes missions diplomatiques tout en étant, alors, Ministre général de son Ordre.

Il a laissé des ouvrages de controverses et d'exégèse ainsi que plusieurs autres écrits qui font de lui un maître de la Vie spirituelle.

Le 23 Mars 2011, la catéchèse de Benoît XVI a été consacrée à tracer un portrait du docteur de l'Église Laurent de Brindisi. Ce Capucin italien (Giulio Cesare Rossi: 1559 - 1619) avait été confié orphelin aux Franciscains de sa ville natale.

Entré dans l'Ordre des Capucins et ordonné Prêtre en 1582, il apprit les langues mortes et modernes, ce qui lui permit de développer un large apostolat.

Saint Laurent de Brindisi fut aussi un prédicateur efficace grâce à ses grandes connaissances bibliques, mais aussi à une culture rabbinique que les rabbins saluaient. Expert de l'Écriture et des Pères, il exposait la doctrine Catholique avec une clarté qui touchait aussi des Chrétiens ayant adhéré à la Réforme, en Allemagne notamment.
Son enseignement était clair et posé, a précisé le Pape, "et il démontrait les fondements bibliques et patristiques des articles de Foi mis en cause par Martin Luther, en particulier le primat de Pierre et de ses successeurs, l'origine Divine de l'épiscopat, la justification comme transformation de l'homme, la nécessité des bonnes actions en vue du Salut.

Le succès dont il jouissait nous permet de comprendre combien dans le processus œcuménique, conduit avec tant d'espérance, il est capital et indispensable de présenter l'Écriture lue selon la tradition de l'Église".
Les "fidèles les plus simples et les moins dotés d'une culture, tiraient bénéfice des propos de Saint Laurent de Brindisi, car il s'adressait aux humbles -a ajouté le Saint-Père- en rappelant l'ensemble à la cohérence entre vie professée et vie vécue.

Ce fut d'ailleurs le grand mérite des Capucins et d'autres Ordres Religieux qui contribuèrent au XVI et XVII siècles au renouveau de la Vie Chrétienne.

Aujourd'hui encore, la nouvelle évangélisation a besoin d'apôtres bien préparés, zélés et courageux, afin que la lumière et la beauté de l'Évangile prévalent sur la mode culturelle du relativisme éthique et de l'indifférence Religieuse, pour transformer la pensée et l'action dans un véritable humanisme Chrétien".

Professeur de théologie et maître de novices, Ministre provincial puis Ministre général de son Ordre, Saint Laurent conduisait une Vie spirituelle exceptionnellement fervente".

Benoît XVI a alors rappelé que tout Prêtre se "doit d'éviter le danger de l'activisme, d'agir en oubliant les motivations profondes de son Ministère. Pour cela il doit soigner sa Vie intérieure".

Puis le Pape a présenté un autre aspect de la vie de Saint Laurent de Brindisi, son action en faveur de la Paix.
"Les Papes comme les princes Catholiques lui confièrent souvent des missions diplomatiques délicates en vue de dénouer des controverses et de favoriser la concorde entres les états européens que menaçait alors l'empire ottoman.

Sa rigueur morale en faisait un conseiller précieux. Comme à son époque, le monde a besoin de Paix, d'hommes et de femmes de Paix, de pacificateurs.
Qui croit en Dieu doit toujours offrir et chercher la Paix".

Saint Laurent de Brindisi fut Canonisé en 1881 et nommé par Saint Jean XXIII Docteur de l'Église en 1959, en reconnaissance de son œuvre exégétique, bibliste et mariologique, dans laquelle l'action de L'Esprit dans la vie des croyants est mise en relief.
Ce Saint, a conclu le Pape, nous "aide à aimer l'Écriture, à grandir dans sa familiarité, à cultiver notre amitié avec Le Seigneur dans la Prière comme dans toute démarche qui trouve en lui origine et accomplissement". (source:VIS 20110323-570).

Mémoire de Saint Laurent de Brindisi, Prêtre et Docteur de l’Église. Entré chez les Capucins, il exerça inlassablement dans les régions d’Europe le Ministère de la prédication dont on l’avait chargé, tant pour la défense de l’Église contre les infidèles, que pour la réconciliation entre les princes et pour le gouvernement de son Ordre.
Il accomplit toutes ces charges avec simplicité et humilité jusqu’à sa mort à Lisbonne, le 22 Juillet 1619.

Martyrologe romain.

 

vendredi 23 août 2024

Saint Augustin, 5 ème siècle. Sermon 58,10.

 Fête de Saint Augustin 


 
Fais tout ce que tu peux. 

Fais-le bien avec un cœur joyeux. 

Alors seulement tu pourras adresser ta prière à Dieu avec confiance. 

Ta prière prendra son essor sur deux ailes, deux aumônes : 

     - Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste 

       vous pardonnera aussi, Mt 6,14.

    - Demandez, on vous donnera, Mt 7,7.

Tu fais une aumône dans l’intime de ton cœur

lorsque tu pardonnes à ton frère. 

Tu prends l’autre aumône sur ton avoir 

lorsque tu partages avec ton frère ce que tu es et ce que tu as.

Orantes de l'Assomption, Les chemins de la grâce, Textes pour l'office des lectures présentés par soeur Monique-Anne Giroux, Or.A, p. 191.

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Saint Augustin est fêté par les catholiques le 28 août , jour de sa mort. Augustin est considéré comme le saint patron des brasseurs, des imprimeurs et des théologiens. 

L'Église orthodoxe le considère également comme un saint et le célèbre le 15 juin.

Augustin d'Hippone ou saint Augustin, dont le nom romain est en latin : Aurelius Augustinus, né le 13 novembre 354 à Thagaste, municipe de la province romaine d'Afrique, et mort le 28 août 430 à Hippone, est un philosophe et théologien chrétien romain qui a occupé le siège épiscopal d'Hippone en Numidie (actuelle Annaba, en Algérie);


jeudi 22 août 2024

Homélie de saint Cyrille d’Alexandrie († 444), suivre le Christ fidèlement

21è du temps ordinaire 25 août 2025

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,60-69

 




Jésus avait dit dans la synagogue de Capharnaüm : 

"Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle." Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, s’écrièrent :

"Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut pas continuer à l’écouter !"


A qui donc irions-nous ? demande Pierre. Il veut dire : "Qui nous instruira comme toi des divins mystères ?" ou encore : "Auprès de qui trouverions-nous quelque chose de meilleur ? Tu as les paroles de la vie éternelle", Jn 6,68. Elles ne sont pas dures, comme le disent ces autres disciples. Au contraire, elles conduisent à la réalité la plus extraordinaire de toutes, la vie éternelle qui est sans fin, vie exempte de toute corruption.

Ces paroles nous montrent bien que nous devons nous asseoir aux pieds du Christ, le prenant pour notre seul et unique maître, et nous tenir constamment près de lui sans nous laisser distraire. Il doit devenir pour nous le guide parfaitement capable de nous conduire à la vie qui n’aura pas de fin. De cette manière, en effet, nous monterons jusqu’à la divine demeure du ciel et nous entrerons dans l’Église des premiers-nés, pour faire nos délices des biens que l’esprit humain ne peut comprendre.

De soi, il est évident que la volonté de suivre le Christ seul et de lui être toujours uni, est chose bonne et salutaire. Néanmoins, l’Ancien Testament va aussi nous l’apprendre. De fait, au temps où les Israélites, affranchis de l’oppression égyptienne, se hâtaient vers la terre promise, Dieu ne les laissait pas faire route en désordre, et le législateur ne leur permettait pas d’aller n’importe où, à leur gré ; sans guide, en effet, ils se seraient à coup sûr complètement égarés.

Remarque comment ils reçoivent l’ordre de suivre, de se mettre en marche au moment où la nuée prend son départ, de faire encore halte avec elle, puis de prendre du repos avec elle. Vraiment, en ce temps-là, les Israélites trouvaient leur salut en restant avec leur guide. Aujourd’hui, nous faisons également le nôtre en refusant de nous séparer du Christ. Car c’est lui qui s’est manifesté aux anciens sous les apparences de la tente, de la nuée et du feu.

Les Israélites devaient exécuter les ordres : il leur était défendu de se mettre en route de leur propre initiative. Ils devaient s’arrêter avec la nuée, par égard pour elle. Cela devait encore servir d’exemple, afin que vous compreniez cette parole du Christ : Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur, Jn 12,26. C’est en marchant toujours avec lui que le disciple donne la preuve qu’il est fidèle à le suivre et assidu à se tenir près de lui.

Or, la marche en compagnie et à la suite du Christ Sauveur ne s’entend nullement dans un sens matériel, mais s’effectue plutôt par le moyen des œuvres qu’engendré la vertu. Les disciples les plus sages s’y sont fermement engagés de tout leur cœur. Ils ont refusé de se retirer avec ceux qui manquaient de foi et couraient à leur perte.

Ils s’écrient à bon droit : Où irions-nous ? En d’autres termes : "Nous serons toujours avec toi, nous nous attacherons à tes commandements, nous accueillerons tes paroles, sans jamais récriminer. Nous ne croirons pas, avec les ignorants, que ton enseignement est dur à entendre. Nous ferons plutôt nôtre cette pensée : Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche !", Ps 118,103.

 Commentaire sur l’évangile de Jean, 4, 4, PG 73, 613 617

http://www.clerus.org/clerus/dati/2001-10/17-13/anneeb.html#_Toc525188043



vendredi 9 août 2024

Saint Bernard de Clairvaux, Homélie pour la fête de l’Assomption.

15 août: Fête de l'Assomption de la Vierge

L’Assomption, fêtée le 15 août, célèbre la mort, la résurrection, l’entrée au ciel et le couronnement de la Vierge Marie. Les Eglises orthodoxes en font également une de leurs grandes fêtes sous le vocable de Dormition de la Vierge.


 

      

Marie étoile de la mer 

Lorsque vous assaillent les vents des tentations, 

Lorsque vous voyez paraître les écueils du malheur, 

Regardez l’étoile, 

Invoquez Marie. 

 

Si vous êtes ballottés sur les vagues de l’orgueil, 

De l’ambition, de la calomnie, de la jalousie, 

Regardez l’étoile, 

Invoquez Marie. 

 

Si la colère, l’avarice, les séductions charnelles, 

Viennent secouer la légère embarcation de votre âme, 

Levez les yeux vers Marie. 

Dans le péril, l’angoisse, le doute, Pensez à Marie, 

Invoquez Marie. 

 

Que son nom ne quitte ni vos lèvres ni vos cœurs !

Et pour obtenir son intercession, 

Ne vous détournez pas de son exemple. 

En la suivant, vous ne vous égarerez pas. 

En la suppliant, vous ne connaîtrez pas le désespoir. 

En pensant à elle, vous éviterez toute erreur. 

Si elle vous soutient, vous ne sombrerez pas. 

Si elle vous protège, vous n’aurez rien à craindre. 

Sous sa conduite, vous ignorerez la fatigue. 

Grâce à sa faveur, vous atteindrez le but. 

Ainsi soit-il.

Guigues II le Chartreux, 12ème siècle, Qui mange mon corps


19e dimanche ordinaire, 11 août 2023

 

Saint Jean 6,41-51

 

 

 

Qui mange mon corps 

Le pain de l’âme, c’est le Christ, « le pain vivant qui est descendu du ciel »  

et qui nourrit les siens maintenant par la foi, 

et dans le monde futur par le vision. 

Par la foi, le Christ habite en toi, 

car la foi au Christ c’est le Christ dans ton cœur. 

 

Tu possèdes le Christ dans la mesure où tu crois en lui.

Dans l’amour se trouve toute la force de l’âme. 

C’est là qu’afflue toute sa nourriture vitale. 

Et la vie se diffuse dans tous les membres que sont les vertus. 

« En toute vigilance, dit le Seigneur, garde ton cœur, car c’est de lui que 

jaillit la vie », Pr 4,23. L’amour, comme le cœur, est placé au centre. 

Vers lui progressent en se consolidant les trois choses qui le précèdent : la 

foi, la méditation et l’intelligence. De lui partent en bonne direction celles qui en découlent. 

 

Manger spirituellement le corps du Christ, c’est donc avoir en lui une foi

pure, chercher le contenu de cette foi par une méditation fervente et 

assidue, trouver par l’intelligence ce que nous cherchons, aimer  

ardemment ce que nous avons découvert, imiter dans la mesure du 

possible celui que nous aimons, adhérer sans cesse à lui en l’imitant et, par

cette adhésion, parvenir à l’union éternelle

 

 Guigues II le Chartreux, 12ème siècle, Qui mange mon corps. 9 ème prieur de la grande chartreuse. Méditations, Sources chrétiennes n° 163, Le Cerf, Paris, 1970, 180. Jeudi Saint.

vendredi 26 juillet 2024

Saint Augustin (+ 430), Dieu nous est connu par ses oeuvres

 

 17ème dimanche du temps ordinaire année B

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,1-15


Jésus était passé de l'autre côté du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée). Une grande foule le suivait, parce qu'elle avait vu les signes qu'il accomplissait en guérissant les malades. Jésus gagna la montagne, et là, il s'assit avec ses disciples.




Les miracles accomplis par notre Seigneur Jésus Christ sont vraiment des oeuvres divines. Ils disposent l'intelligence humaine à connaître Dieu en partant de ce qui est visible, puisque nos yeux sont incapables de le voir en raison même de sa nature. En outre, les miracles que Dieu opère pour gouverner l'univers et organiser toute sa création ont tellement perdu de leur valeur à force de se répéter, que presque personne ne prend la peine de remarquer quelle oeuvre merveilleuse et étonnante il réalise dans n'importe quelle petite graine de semence.

C'est pourquoi il s'est réservé, dans sa bienveillance, d'accomplir au moment choisi certaines actions en dehors du cours habituel des choses et de l'ordre de la nature. Ainsi, ceux qui tiennent pour négligeables les merveilles de tous les jours, restent stupéfaits à la vue d'oeuvres qui sortent de l'ordinaire et cependant ne l'emportent pas sur celles-là. Gouverner l'univers est en vérité un miracle plus grand que de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains! Personne toutefois ne s'en étonne, alors que l'on s'extasie devant un miracle de moindre importance parce qu'il sort de l'ordinaire. Qui, en effet, nourrit aujourd'hui encore l'univers sinon celui qui, avec quelques grains, crée les moissons ?

Le Christ a donc fait ce que Dieu fait. Usant de son pouvoir de multiplier les moissons à partir de quelques grains, il a multiplié cinq pains dans ses mains. Car la puissance se trouvait entre les mains du Christ, et ces cinq pains étaient comme des semences que le Créateur de la terre multipliait sans même les confier à la terre.

Cette oeuvre a donc été placée sous les sens pour élever l'esprit, et elle s'est offerte aux regards pour exercer l'intelligence. Il nous est ainsi devenu possible d'admirer le Dieu invisible en considérant ses oeuvres visibles, Rm 1,20. Après avoir été éveillés à la foi et purifiés par elle, nous pouvons même désirer voir sans les yeux du corps l'Être invisible que nous connaissons à partir du visible.

En effet, Jésus a fait ce miracle pour qu'il soit vu de ceux qui se trouvaient là, et ils l'ont mis par écrit pour que nous en ayons connaissance. Ce que les yeux ont fait pour eux, la foi le fait pour nous. Aussi bien, nous reconnaissons en notre âme ce que nos yeux n'ont pu voir et nous avons reçu un plus bel éloge, puisque c'est de nous qu'il a été dit : Heureux ceux qui croient sans avoir vu, Jn 20,29 !

D'après l'évangile, les gens dirent, à la vue du signe qu'il venait d'opérer : Celui-ci est vraiment un prophète, Jn 6,14. Or, il était le Seigneur des prophètes, l'inspirateur des prophètes, le sanctificateur des prophètes. Mais il était aussi un prophète, comme cela avait été dit à Moïse : C'est un prophète comme toi que je leur susciterai, Dt 18,18.

Le Seigneur est prophète, il est la Parole de Dieu et, sans la Parole de Dieu, aucun prophète ne prophétise. La Parole de Dieu est avec les prophètes et la Parole de Dieu est prophète. Dans le passé, les hommes ont mérité d'avoir des prophètes inspirés et remplis de la Parole de Dieu, He 1,1 ; nous, nous avons mérité d'avoir pour prophète la Parole même de Dieu.

Commentaire sur l'évangile de Jean, 24, 1.6.7; CCL 36, 244.247.
Clerus.org

samedi 20 juillet 2024

Frère Jean-Marie, ils étaient comme des brebis sans berger


Saint Marc 6,30-34

"Il étaient comme des brebis sans berger"

En ce temps-là, après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.

Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.

Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

La Parole de Dieu, aujourd’hui, nous centre sur la personne de Jésus.

Le contempler, c’est découvrir en lui le bon pasteur, promis par le prophète Jérémie. Le recevoir ­ comme St Paul ­ c’est accueillir sa Paix, qui nous réconcilie avec Dieu et avec nos frères.

Les apôtres reviennent vers Jésus rendant compte de leur première mission. Il les invite à partir à l’écart pour s’y reposer avec lui. Jésus les appelle, nous appelle à nous arrêter, à prendre distance, à nous reposer pour laisser respirer notre vie intérieure en sa présence. Sommes-nous prêts à déposer notre fardeau de responsabilités et de services pour accueillir sa paix dans le silence de l’amour, le fin silence de sa présence, qui recueille et donne sens à tous nos engagements ?

La foule qui presse Jésus n’est pas abandonnée : l’éloignement de Jésus oblige chacun à creuser son désir et purifier son attente, à poursuivre sa recherche du Christ : car la patience est l’approfondissement de l’amour dans le temps. Jésus se laisse rejoindre et « est remué jusqu’aux entrailles » pour tous ceux qui sont « comme des brebis sans berger » et cherchent en lui un guide pour leur vie et leur mort.

Jésus se met à les enseigner abondamment : peut-être pour leur rappeler ce que chante le psaume 22 : «  Le Seigneur est mon berger (…) passerai-je un ravin de ténèbres, je ne crains aucun mal » : Dieu est notre seul Berger et Père, et Jésus nous le manifeste par tout ce qu’il est.

St Paul nous partage cette compréhension du Christ en son mystère divin, répétant cette exclamation inouïe « En sa personne il a tué la haine ». Avec St Paul dévoilant le mystère de la Croix nous affirmons que l’eau et le sang ­ le baptême et l’eucharistie – jaillis du corps du Christ crucifié ont submergé le péché, l’hostilité de l’orgueil qui nous oppose à Dieu et entre nous, et l’ont anéantit.

En Jésus qui nous associe à sa Pâque, Dieu nous donne le Bon Pasteur et guide qui nous rassemble en un seul Corps par la communion à sa mort et à sa résurrection. L’eucharistie nous fait entrer en plénitude dans le mystère de la personne du Christ. Ouvrons grand notre cœur « à la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de cette communication du Dieu-avec-nous. Ainsi la foi, l’espérance et l’amour déposés en nos cœurs par l’Esprit-Saint feront de nous les témoins de sa Paix, qui nous rassemble en un seul Corps.

Frère Jean-Marie
Moine du Bec

samedi 6 juillet 2024

Théophylacte (+ 1109), Homélie consignes aux missionnaires

 


15ème dimanche du temps ordinaire


Évangile de Jésus Christ selon 

saint Marc 6,7-13


Jésus appelle les Douze, et pour la première fois il les envoie deux par deux. Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais.


En plus de l'enseignement qu'il a donné lui-même, le Seigneur a envoyé les Douze deux par deux, pour que leur zèle en soit augmenté, car, envoyés seuls, ils auraient pu manquer d'ardeur. Si, d'autre part, il les avait envoyés à plus de deux, il n'aurait pas eu assez d'Apôtres pour parcourir les nombreux villages.

Il les envoie donc deux par deux: Deux hommes valent mieux qu'un seul, Qo 4,9, dit l'Ecclésiaste. Il leur prescrit aussi de ne rien emporter, ni sac, ni pièces de monnaie, ni pain, leur enseignant par ces paroles à mépriser les richesses. Ainsi mériteront-ils le respect de ceux qui les verront et, en ne possédant rien en propre, ils leur apprendront la pauvreté. Qui donc, à la vue d'un Apôtre sans besace ni pain - qui est la chose la plus nécessaire - ne se laisserait pas fléchir et ne se dépouillerait pas pour vivre dans la pauvreté ?

Il leur ordonne de rester dans une maison pour ne pas s'acquérir une réputation d'hommes inconstants que la gloutonnerie fait passer d'une famille à l'autre. Il leur dit par ailleurs de quitter ceux qui ne les reçoivent pas, en secouant la poussière de leurs pieds. Ils leur montreront ainsi qu'ils ont parcouru un long chemin pour eux sans aucune utilité, ou qu'ils ne gardent rien d'eux, pas même la poussière, qu'ils secouent au contraire en témoignage contre eux, c'est-à-dire en signe de désaveu.

"Amen, je vous le dis, au jour du jugement, Sodome et Gomorrhe seront traitées moins sévèrement, Mt 10,15 que ceux qui ne vous auront pas reçus." Car, pour avoir subi une punition en ce monde, les habitants de Sodome seront frappés d'une peine moins sévère dans l'autre. A quoi il faut encore ajouter que les Apôtres ne leur ont pas été envoyés. Or ceux qui n'auront pas reçu les Apôtres subiront des peines plus lourdes.

Ils partirent et proclamèrent qu'il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades, et les guérissaient, Mc 6,12-13. Marc est le seul à rapporter que les Apôtres faisaient des onctions d'huile. A propos de cette pratique, Jacques, le frère du Seigneur, dit dans son épître catholique: Si l'un de vous est malade, qu'il appelle ceux qui exercent dans l'Eglise la fonction d'Anciens. Ils prieront sur lui après avoir fait une onction d'huile, Jc 5,14. Ainsi l'huile sert-elle à soulager la souffrance. Elle donne la lumière et apporte l'allégresse; elle symbolise la bonté de Dieu, et la grâce de l'Esprit Saint par laquelle nous sommes délivrés de nos souffrances et nous recevons la lumière, la joie et l'allégresse spirituelles.

 

Commentaire sur l'évangile de Marc, PG 123, 548-549.

Clerus, Homéliaires.

Syméon Le Nouveau Théologien, Croire en Jésus aujourd'hui sans le voir

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,1-6

Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le suivent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. Les nombreux auditeurs, frappés d'étonnement, disaient : 

"D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?'



Frères et Pères, beaucoup ne cessent de dire - et leurs paroles parviennent à nos oreilles - : "Si nous avions vécu au temps des Apôtres, et si nous avions été jugés dignes de voir le Christ comme eux, nous serions aussi devenus des saints comme eux." Ils ignorent qu'il est le même, lui qui parle, maintenant comme alors, dans tout l'univers. Car s'il n'était pas le même jadis et maintenant, identiquement Dieu à tous égards, par ses opérations et par ses rites, comment le Père se montrerait-il toujours présent dans le Fils, et le Fils dans le Père, par l'Esprit, puisque le Christ dit: Mon Père est à l'oeuvre jusqu'à maintenant, et moi aussi je suis à l'œuvre, Jn 5,17 ?

Mais quelqu'un dira peut-être : "Ce n'est pas la même chose de l'avoir vu lui-même corporellement, en ce temps-là, ou d'entendre uniquement ses paroles aujourd'hui et recevoir un enseignement sur lui et sur son Royaume. Et je réponds : "La situation actuelle n'est sûrement pas la même que celle d'alors, mais c'est la situation d'aujourd'hui, de maintenant, qui est beaucoup plus heureuse. Elle nous conduit plus facilement à une foi et une conviction plus profondes que le fait de l'avoir vu et entendu alors corporellement. "

Alors, en effet, c'était un homme qui apparaissait aux Juifs sans intelligence, un homme d'humble condition ; mais maintenant c'est un Dieu véritable qui nous est prêché. Alors, il fréquentait corporellement les publicains et les pécheurs et mangeait avec eux; mais maintenant il est assis à la droite de Dieu le Père, n'ayant jamais été séparé de lui en aucune manière. Nous croyons qu'il nourrit le monde entier et nous disons, si du moins nous sommes croyants, que sans lui rien ne s'est fait. Alors, même les gens de rien le méprisaient en disant : N'est-il pas le fils de Marie, Mc 13,15  et de Joseph, Lc 4,22, le charpentier, Mt 13,55 ? Mais maintenant les rois et les princes l'adorent comme le Fils du vrai Dieu, et vrai Dieu lui-même, et il a glorifié et glorifie ceux qui l'adorent en esprit et en vérité, même s'il les corrige souvent quand ils pèchent. Eux qui étaient d'argile, il les rend de fer, les plaçant au-dessus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Alors, il était tenu pour un homme corruptible et mortel parmi tous les autres. Dieu sans forme et invisible, il a reçu, sans subir d'altération ni de changement, une forme dans un corps humain et s'est montré totalement homme, en n'offrant aux regards rien de plus que les autres hommes. Mais il a mangé, bu, dormi, transpiré et s'est fatigué; il a fait tout ce que font les hommes, excepté le péché.

C'était une grande chose de reconnaître et de croire qu'un homme pareil était Dieu, celui qui a fait le ciel même, la terre et tout ce qu'ils contiennent. C'est pourquoi, lorsque Pierre a dit: Tu es le Fils du Dieu vivant, le Maître l'a déclaré bienheureux en ces termes : Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas : ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela - c'est-à-dire qui te l'ont fait voir et dire - mais mon Père qui est aux cieux, Mt 16,16-17.

Ainsi, celui qui actuellement écoute chaque jour Jésus proclamer et annoncer par les saints évangiles la volonté de son Père béni, sans lui obéir avec crainte et tremblement et sans garder ses commandements, n'aurait pas plus accepté alors de croire en lui, absolument pas, même s'il avait été présent, s'il l'avait vu lui-même et entendu prêcher. Il est même à craindre que, dans sa totale incrédulité, il l'aurait regardé comme un ennemi de Dieu, non comme le vrai Dieu, et l'aurait blasphémé.

Catéchèse de Syméon le Nouveau Théologien (+ 1022)
Catéchèses, 29, version remaniée de SC 113, 164-169.

Clerus, Homéliaires