samedi 30 mars 2024

 

Dimanche de la divine miséricorde

7 avril 2024

 

Le Christ est vraiment ressuscité alléluia!  C’est le cri de joie qui ne cesse de retentir depuis la nuit de Pâques dans toutes les églises du monde.

 

 

 

Ce deuxième dimanche de Pâques appelé jadis : “dimanche Quasimodo” a été institué, dimanche de la Divine Miséricorde, par le Pape Jean Paul II à l’occasion de la canonisation de Sœur Faustine le 20 avril 2000. En 2015 à la solennité de l’Immaculée conception, le pape François annonçait la convocation d’une année Sainte de la Miséricorde et qui s’achevait un an plus tard à la solennité du Christ-Roi en 2016. Quelle coïncidence!

 

Les lectures de ce dimanche nous révèlent l’insondable profondeur de l’amour miséricordieux de Dieu. Le texte des actes des Apôtres que nous venons d’entendre nous dit que : « la communauté de ceux qui étaient devenus croyants avaient un seul cœur et une seule âme. Ils avaient tout en commun dans une vraie fraternité et vivaient solidairement cette miséricorde reçue du Seigneur. »

Saint Jean, dans la seconde lecture, nous dirige au cœur de la foi au Christ. La foi renouvelle radicalement notre vision du monde. Elle nous fait tout voir à la lumière de cet amour qui s’est manifesté en Jésus. C’est en regardant sa croix que nous commençons à comprendre. Ce monde que Dieu a tant aimé, nous devons l’aimer nous aussi. Si nous aimons Dieu, nous devons aimer aussi tous nos frères. C’est un combat de tous les jours contre les forces du mal. Mais le Seigneur ne nous abandonne pas. Saint Paul nous dit que rien ne peut nous séparer de son amour.

L’Évangile du 2ème dimanche de Pâques est l’un des évangiles les plus connus parce qu’il revient chaque année à la même période. Nous sommes plus que jamais dans la miséricorde de Jésus. En ce premier jour de la semaine, il rejoint ses disciples. Il les trouve calfeutrés, verrouillés, enfermés à double tour. Jésus n’a pas pu se défendre. Ils ne peuvent donc plus compter sur lui. Ils s’attendent maintenant à subir le même sort que leur Maître. Ils cherchent donc à se faire oublier. En raison du danger qui les menace, ils  évitent d’aller se promener en ville.
Ce danger est toujours actuel : comment affronter les moqueries d’un monde qui se croit intelligent, d’un monde qui attaque Dieu, l’Église, le pape, les chrétiens ? Nous voyons bien qu’il n’est pas facile de vivre sa foi dans le monde d’aujourd’hui. La tentation est grande de se replier dans des petits ghettos et de rester entre nous. C’est ainsi qu’on essaie de tenir devant l’orage. Nous nous trouvons vite désemparés dans ce monde étranger au message de la foi. Comment ne pas penser que dans cet océan d’indifférence, il n’y a plus rien à faire.

Mais en ce jour de Pâques, le Christ nous rejoint pour nous libérer de cette peur : « la Paix soit avec vous ». Il ne blâme pas les Apôtres de ce qui ont fait, de leurs incohérences de leurs mouvements de « sauve-qui-peut », ce mouvement si naturel du: « Je sauve ma peau et je mens. » Il invite ses apôtres à sortir et à partir en mission : “Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie.” Ses premières paroles sont un message de paix et de pardon. Car ce pardon est contenu dans le fait même que Jésus leur fait la grâce de leur apparaître. Cette paix du Christ, le chrétien en est porteur pour ses frères : “Allez dans le monde : devenez l’espérance des hommes”. Nous sommes également appelés à devenir des porteurs d’amour. Tout chrétien est instrument de la miséricorde de Dieu. S’adressant aux Ephésiens, saint Paul écrivait : “Pardonnez-vous mutuellement comme Dieu vous a pardonné dans le Christ”.

À l’apôtre Thomas le retardataire, ce n’est pas à lui qu’on fera croire ce qu’il n’a pas vu. Ce qu’il a vu, c’est Jésus crucifié et  enfermé dans un tombeau. Pour répondre à sa demande, Jésus déverrouille les portes et les cœurs de ceux qui étaient tenaillés par la peur et invite Thomas à s’approcher et à toucher ses plaies. Mais ce dernier n’en a pas eu besoin. Il va même plus loin que ses amis car il a été le premier à reconnaître en Jésus “Mon Seigneur et mon Dieu”. C’est la rencontre et la Parole de Jésus qui provoquent la profession de foi de l’incrédule. Cette profession de Thomas permettra à Jésus de nous donner une neuvième et dernière béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu».

Nous aussi, comme ce disciple, nous aimerions avoir des preuves. Mais le Seigneur ne cesse de nous rappeler ces paroles : “Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”

Frère Dieudonné
Moine du Bec

https://abbayedubec.org/dimanche-misericorde-2021/

 

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