samedi 23 février 2019

L'abeille ce qu'elle nous enseigne, saint Jean Chrysostome,

« L'abeille 
vous enseignera l'amour du travail, 
plus l'amour du beau et de l'honnête, 
et l'amour du prochain. 
Oui, l’abeille travaille 
et se donne de la peine, 
et c'est moins pour elle que pour nous ; 
or, c'est surtout le propre du chrétien 
de rechercher l'intérêt des autres 
plutôt que le sien.


L'abeille parcourt les prés, 
voltige tout le jour sur les fleurs pour composer un aliment qui n'est pas pour elle ; 
fais de même, ô homme ! 
Si tu amasses de l'argent, que ce soit pour en faire part à ton prochain ; 
si tu possèdes les trésors de la doctrine, n'enfouis pas tes talents, 
mais fais-en profiter les indigents ; 
en un mot, mes frères, quelque avantage que vous possédiez en propre, 
faites en profiter ceux qui en sont privés par eux-mêmes. 

Pourquoi l'abeille jouit-elle d'une estime plus grande que d'autres animaux ? 
ne le voyez-vous pas ? 
c'est moins parce qu'elle travaille que parce qu'elle travaille pour les autres. 
L'araignée aussi travaille, et file délicatement, et les toiles dont elle tapisse nos murailles surpassent l'art de la femme la plus adroite ; 
néanmoins, c'est un insecte peu noble, parce que son ouvrage n'est d'aucune utilité pour nous. 

Tels sont tous ceux qui ne travaillent que pour eux-mêmes. 
Imitez la simplicité de la colombe, 
imitez l'attachement de l'âne et du bœuf pour leur maître,
 imitez la sécurité et la confiance des oiseaux. 

Oui, il y a beaucoup à gagner aux exemples des animaux pour la correction des mœurs. »

St Jean Chrysostome, XIIe Homélie (2), in "Œuvres complètes" Tome III (Homélies sur les Statues, au Peuple d'Antioche), Trad. M. Jeannin, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.

dimanche 17 février 2019

La Parole est semblable à une semence, Origène, 3ème s

La Parole est semblable à une semence


Chaque Parole de la divine Écriture est semblable à une semence dont la nature est de se multiplier et de se répandre selon son espèce, une fois jetée en terre et remontée en épi. Le rendement sera d’autant plus riche qu’elle aura reçu les soins d’un agriculteur expérimenté et bénéficié d’un sol généreux. C’est ainsi que grâce à une culture vigilante, une graine minuscule comme la graine de moutarde qui est la plus petite de toutes les semences, dépasse toutes les plantes et devient un grand arbre, dans les branches duquel les oiseaux du ciel viennent habiter, Mt 13,31-32.

Ainsi en est-il de la Parole qu’on vient de nous lire dans le Livre sacré. Au premier abord, elle semble maigre et petite. Mais si elle rencontre un jardinier expert et diligent qui la cultive et la traite spirituellement, aussitôt elle prend la taille d’un arbre et s’étale en branches et en ramures.

Les sages et les raisonneurs de ce monde, 1 Co 1,20, peuvent venir. Comme les oiseaux du ciel avec leurs ailes légères, c’est-à-dire avec l’éclat sonore des mots, ils se livrent à des spéculations hautes et difficiles. Prisonniers de leurs raisonnements, ils voudraient habiter dans ces branches, qui ne sont pas matière à éloquence mais principe de vie.
Homélies sur l’Exode, Sources chrétiennes 16, p. 77,Origène (3ème siècle)

mercredi 6 février 2019

La pêche miraculeuse, abbaye de Tamié, Père F. de Sales

 
 Is 6, 1-8 - 1 Co 15, 1-11   - Luc 5, 1-11 

5ème dimanche du temps ordinaire


C'est aujourd'hui la journée chrétienne de la communication et les textes de la liturgie nous donnent aussi des passages de la Bible qui parlent de l'appel de Dieu : dimanche de la communication !



Pour communiquer, il faut avoir reçu un message.

- Nous avons reçu le message de Dieu, l'Évangile, la bonne Nouvelle, ce que dit saint Paul dans la seconde lecture : "C'est le Christ, envoyé par Dieu, mort pour nos péchés, ressuscité le troisième jour, apparu aux Apôtres pour les envoyer en mission."

-Tous, nous qui avons reçu l'annonce de l'Évangile, nous sommes appelés à le communiquer par la vie, souvent plus que par la parole. Et Jésus nous donne une belle illustration de cette mission dans l'appel de Pierre, le premier apôtre. Jésus est allé rencontrer les hommes de son temps dans leur lieu de travail, la pêche, il monte même dans la barque et il enseigne. Quand il a fini d'enseigner, il envoie Pierre à la pêche alors qu'il avait travaillé toute la nuit sans rien prendre.
Pierre pas mal déconcerté qui a passé une nuit éreintante d'une pêche infructueuse pose bien son objection en artisan compétent : "Nous avons travaillé en vain toute la nuit ! Mais sur ton ordre je veux essayer". Et c'est une pêche miraculeuse : il y a tellement de poissons qu'ils ne peuvent plus s'en tirer seuls, ils appellent leurs compagnons d'infortune : "Venez nous aider !" Sans le savoir, ils sont messagers.
Mais la suite est encore plus étonnante. Pierre est subjugué par la personne de Jésus : "Éloigne toi de moi car je suis un homme pécheur !" Mais Jésus le rassure : "Sois sans crainte !" Et tout de go, lui dit ce qu'il attend de lui : finie la pêche sur le lac, "désormais ce sont des hommes que tu prendras."
Ils ont fait une belle pêche mais qu'en font-ils ? On ne sait pas. "Laissant tout ils le suivirent" pas seulement Pierre, mais ses compagnons. Voilà ce qui arrive quand on est subjugué par Jésus.

Comme le dit très bien le poète Péguy :
Si Dieu t'appelle, si Dieu travaille une âme,
On a beau faire, il faut se rendre, il faut marcher.
On ne peut pas y échapper, on ne peut pas en réchapper.
La main de Dieu est lourde.
Le travail de Dieu, l'opération secrète est un feu qui consume.

Mais voilà nous sommes tous appelés par le Seigneur dans la vocation, l'appel qui nous est propre. Il y a de la place et du travail pour tous.

Une femme vertueuse, mariée qui en 48 ans avait donné toutes les marques d'une vie parfaite dans l'intérieur et dans l'extérieur a profondément édifiée saint François de Sales. Il écrit : "Elle a été une Monique dans son ménage (la mère de saint Augustin), une Madeleine dans l'oraison (assise aux pieds de Jésus à l'écouter). A qui tient-il que nous soyons saints parmi tant d'exemples domestiques (à la maison) et étrangers (ailleurs) en la ville et au champ ? Tout nous prêche en faveur de la sainteté et nous n'y allons que fort lentement. Les ignorants et les gens sans culture se lèvent et se levant devant nous, ils ravissent les cieux et nous, nous croupissons dans notre négligence. Au moins, parmi cette misère, soyons humbles et Dieu nous bénira et relèvera notre bassesse par sa sainte miséricorde. " (St François de Sales, lettre 360).

Aujourd'hui qui aurait l'audace de Jésus d'envoyer un pêcheur, un homme sans culture religieuse pour en faire le chef des Apôtres ? Bien sûr, nous n'avons plus la présence visible de Jésus pour nous subjuguer par ses miracles, mais Jésus est tout autant présent, agissant la plupart du temps dans le secret des coeurs, mais parfois en étonnant tout le monde par le surgissement de personnes touchées par lui.
Il y aurait tant d'exemples à donner et si nous faisions attention, nous trouverions dans nos vies tant de cas où le Seigneur nous a touchés, il nous a brûlé le coeur et nous sommes retombés dans l'ordinaire de nos vies.
Si je puis vous donner une exemple dans ma propre vie : Je devais avoir 7 ou 8 ans. Mon saint curé qu'on appelait Jean du Bon Dieu, m'appelle et me dit : "Je vais t'apprendre à servir la messe". Nous commençons par nous mettre à genoux devant le tabernacle et il reste là pendant 5 minutes en silence et moi à genoux à ses côtés, je le regarde, émerveillé de son visage fixé sur le tabernacle et je me suis rendu compte alors qu'il y avait quelqu'un devant nous, que je ne voyais pas, sinon par la présence priante de cet homme. Il regardait Dieu, moi je regardais le visage de mon curé et Dieu a fait son oeuvre.

- Journée de la communication. Nous avons reçu, il nous faut communiquer là où nous sommes, la plupart du temps, nous aussi le Seigneur peut nous dire : « Viens suis-moi ! » et nous pouvons chanter ! « Christ est ressuscité, toujours parmi nous ! Alléluia ! »
 https://www.abbaye-tamie.com/communaute-tamie/homelies


vendredi 25 janvier 2019

Contempler le Christ Jardinier, saint Thérèse d'Avila



Le cœur humain, un jardin où Dieu veut prendre ses délices

« Voici maintenant une comparaison qui se présente à moi. (…) Celui qui débute considèrera attentivement qu’il va préparer, dans un terrain très ingrat et rempli de très mauvaises herbes, un jardin où le Seigneur puisse prendre ses délices. Il me semble qu’il y a quatre manières d’arroser un jardin. 

   D’abord en tirant l’eau d’un puits à force de bras, ce qui exige une grande fatigue de notre part. 
   Ou bien, en tournant, à l’aide d’une manivelle, une noria garnie de godets, comme je l’ai fait moi-même quelquefois : avec moins de travail, on puise une plus grande quantité d’eau. 
   Ou bien en amenant l’eau soit d’une rivière, soit d’un ruisseau : la terre est alors mieux arrosée et mieux détrempée ; il n’est pas nécessaire d’arroser aussi fréquemment, et le jardinier a beaucoup moins de travail.
   Enfin, il y a la pluie abondante : c’est le Seigneur qui arrose alors sans aucun travail de notre part, et ce mode d’arrosage est, sans comparaison, supérieur à tous ceux dont nous avons parlé », Vie 11, 6-8.

Si nous comparons avec la progression de « demeures en demeures » du Château intérieur, nous réalisons que ces eaux différentes correspondent à un passage, une traversée de la voie ascétique à la voie mystique. L’image qui vient alors à l’esprit de Thérèse est celle du ver à soie qui doit mourir pour donner naissance au papillon, Château V, 2, 1, 8 ; et elle cite alors un texte fondamental de la Lettre aux Colossiens 3,3-4 : « Vous êtes morts et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ; quand paraîtra le Christ, votre vie, vous serez manifestés avec lui, pleins de gloire. »
 https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/avec-therese-davila-3

vendredi 11 janvier 2019

Le baptême du Seigneur, abbaye de Bouake



Le Baptême du Seigneur C


Isaïe 40, 1-5. 9-11

Psaume 103

Tite 2, 11-14; 3, 4-7

Luc 3, 15-16. 21-22





Les quatre évangiles rapportent un récit du baptême de Jésus.  Mais chacun des évangélistes y apporte sa touche personnelle. Saint Luc, que nous lisons cette année, insiste sur trois points que ne signalent pas les autres :

Jésus reçoit le baptême « comme tout le peuple »;
C’est« en priant » qu’il reçoit l’Esprit Saint;
Enfin, la voix venue du ciel précise que Jésus est  « engendré du Père aujourd’hui ». 

« Tout le peuple ayant été baptisé et Jésus ayant été baptisé »…
Jésus a pris place dans la longue lignée des hommes et de femmes qui attendaient leur tour pour se laisser plonger dans les eaux du Jourdain. Rien ne le distinguait des autres. Il est venu rejoindre, dans l’anonymat, le peuple de pécheurs en attente que nous sommes. Il s’est enfoncé profondément et discrètement dans la pâte humaine. Il a même pris la dernière place comme pour prendre dans ses bras toute l’humanité avec ses grandeurs et ses crimes, avec ses générosités et ses folies. Jésus est là, incognito, il a écouté Jean-Baptiste dire « Convertissez-vous ». Il est mêlé aux hommes, il apparaît assimilé aux hommes.
« Jésus priait, alors le ciel s’ouvrit... L’Esprit Saint descendit... »
Saint Luc nous présente une situation où le baptême a déjà eu lieu, Jésus est baptisé. Nous entrons dans le texte avec la prière de Jésus.
Dans l’Évangile de Luc, Jésus prie beaucoup. Nous ne savons pas comment Jésus priait, mais nous pouvons essayer de balbutier quelques mots.
  • Tout d’abord, la prière de Jésus est celle de celui qui se met à l’école des Prophètes, ici, Jésus s’est mis à l’écoute de Jean Baptiste, le dernier des Prophètes.
  • Ensuite, Jésus prie au milieu du peuple, un peuple qui est dans l’attente nous dit saint Luc au verset 15. Jésus communie à l’attente du peuple, comme le peuple, il espère le règne de Dieu et il se tourne vers Dieu au milieu des hommes, au milieu de ses frères.
  • Lorsque Dieu lui répond, il dit : « tu es mon fils » ; Jésus s’est tourné vers lui en l’appelant « Père ».
Par son baptême, Jésus a voulu se lier à ces hommes venus au Jourdain pour être lavés de leurs péchés. Il est là au milieu du peuple, lui, qui n’a jamais péché.
Par sa prière, il est le Fils, l’Unique, le Saint : sa place serait au Temple de Jérusalem et pourtant il est là au milieu des hommes. Il se dessaisit de sa différence pour devenir notre prochain, pour se donner à nous.
Le ciel s’ouvre…
Lorsque le ciel est fermé c’est là le signe de la non communication entre ici-bas et Dieu. Lorsque le ciel s’ouvre, c’est que Dieu rend accessible le monde qui est le sien. Or, le ciel s’ouvre quand Jésus vient au milieu des hommes : le Père approuve donc l’attitude du Fils qui ne s’est pas trompé en venant chez les pécheurs.
« L’Esprit Saint descendit sur lui… C’est toi mon Fils. Aujourd’hui, je t’ai engendré... »
Pourquoi ce don, puisqu’il est le Fils du Père depuis l’éternité et qu’il ne peut jamais cesser de l’être. Jésus ne cesse pas d’être rempli de l’Esprit Saint puisqu’il est Dieu. Lorsque saint Luc parle de l’Esprit Saint, il parle de la promesse du Père, il parle du don (du cadeau) de l’Esprit. C’est le don par excellence, il ne cesse jamais d’être don ; il ne peut pas être possédé, il est toujours à recevoir.
Jésus lui-même ne cesse pas de se recevoir du Père dans l’Esprit Saint. Ce don ne peut jamais cesser d’être un don et Jésus lui-même n’a jamais vécu en autonomie spirituelle.
Comme nous, comme les pécheurs, comme la foule, Jésus est venu au milieu des hommes comme un mendiant de l’Esprit Saint.
Jésus nous apprend ce matin ce qu’il attend de nous, il nous apprend ce qu’est un fils de Dieu :
  • Un homme qui porte les espérances de ses frères, un homme proche des autres, un homme humble qui marche, qui espère humblement avec ses frères.
  • Un homme qui porte au Père dans la prière comme un mendiant les misères de ses frères et que Dieu vient exaucer en venant le rejoindre, l’éclairer, l’illuminer lorsqu’il le voit ainsi frère parmi les hommes ; il lui manifeste alors son amour non pas pour lui seulement mais surtout pour ses frères désespérés qu’il est venu rejoindre.
Jésus nous montre aussi ce que n’est pas un fils de Dieu :
  • Quelqu’un qui s’imaginerait qu’il est mieux que les autres et qui se tiendrait éloigné des pécheurs et des exclus.
  • Quelqu’un dont la prière aurait pour seule fonction de préserver sa pureté, de se protéger des autres.
  • Quelqu’un qui serait sûr de lui, qui n’attendrait rien des autres et qui oublierait que personne, même pas le Fils de Dieu ne possède Dieu car Dieu se donne à rencontrer dans l’impuissance, dans la pauvreté, dans la fraternité, dans la compassion, dans l’amour et c’est là que le ciel s’ouvre et que chacun de nous peut entendre : « tu es mon fils (ma fille) bien-aimé, en toi, je mets toute ma joie ».  
  •                 http://www.benedictinsbouake.com/meditations-et-formation/evangile-du-jour-

jeudi 27 décembre 2018

Les fontaines du Sauveur, Saint Bernard de Clairvaux






Extrait du premier sermon pour le jour de noël, 

Les fontaines du Sauveur, 

Saint Bernard de Clairvaux.




En troisième lieu, l'eau sert à l'arrosage, or ce dont les nouvelles plantations ont le plus besoin, c'est précisément d'être arrosées, car faute d'eau, où elles languissent, ou même elles périssent tout à fait de sécheresse. Que ceux donc qui ont semé la semence des bonnes oeuvres puisent de l'eau de la dévotion, s'ils veulent que leur jardin de la bonne vie, arrosé des eaux de la grâce, se fasse remarquer par sa verdure continuelle, au lieu d'être brûlé par la sécheresse. C'est pour eux que le Prophète fait cette prière : « Que votre holocauste soit gras», Psal. XIX, 4. De même, c'est à la louange d'Aaron que nous voyons écrit dans les saintes Lettres, que le feu dévorait tous les jours son sacrifice. Or, toutes ces expressions ne signifient pas autre chose, sinon que toutes nos bonnes oeuvres doivent être assaisonnées d'une dévotion pleine de ferveur, et de la douceur de la grâce spirituelle. Pourrons-nous trouver la quatrième fontaine qui nous rendra ce paradis charmant que quatre sources arrosaient? Car, si nous avons perdu tout espoir de recouvrer le paradis de la terre, comment pourrions-nous conserver l'espérance de posséder celui du ciel? «En effet, si vous ne me croyez pas, est-il dit, lorsque je vous parle des choses de la terre, comment me croirez-vous quand je vous parlerai de celles du ciel», Joan. III,12.  Or, puisque la vue des choses présentes vous fait espérer plus fermement les choses futures, nous avons un paradis bien meilleur et bien plus agréable que celui de nos premiers parents ; car notre paradis à nous, c'est notre Seigneur Jésus-Christ. 

Nous avons déjà trouvé trois fontaines en lui; cherchons quelle est la quatrième Nous avons la fontaine de la miséricorde, dont les eaux de pardon lavent nos souillures; nous avons celle de la sagesse, dont les eaux de discrétion servent à étancher notre soif ; nous avons enfin celle de la grâce, dont les eaux de dévotion arrosent les plantes de nos bonnes oeuvres : cherchons maintenant de l'eau bouillante, les eaux du zèle, pour faire cuire nos aliments. Ce sont, en effet, les eaux bouillantes de la charité qui font cuire et assaisonnent nos affections. Voilà pourquoi le Prophète disait : « Mon coeur s'est échauffé au dedans de moi, et tandis que j'étais en méditation, il était embrasé par le feu», Psal. XXXVIII, 4. Et encore : « Le zèle de votre demeure me consume», Psal. LX, 10. En effet, quiconque est amené par la douceur de la dévotion à l'amour de la justice, est conduit par la ferveur de la charité à la haine de l'iniquité. Ne pensez-vous point que c'est de ces fontaines que parlait le Prophète quand il disait : « Vous puiserez de l'eau avec joie aux fontaines du Sauveur», Isa. XII,3 ? Si vous voulez vous convaincre qu'en cet endroit ses promesses ont rapport à la vie présente, non point à la vie future, veuillez remarquer la suite de son discours : « Et pleins de joie, dit-il, vous vous écrierez alors, chantez les louanges du Seigneur, et invoquez son nom», Isa. XII,4. En effet, l'invocation n'a rapport qu'au temps présent, selon ce qui est écrit : « Invoquez-moi au jour de la tribulation», Psal. XLIX, 15. 

… Quant à nous, ce qui nous importe le plus, c'est de faire toutes nos actions en esprit de joie : «Car Dieu aime celui qui donne avec joie », II Cor. IX, 7. Or, la terre où nous vivons est loin d'être fertile en cette sorte de moisson qu'on appelle une bonne vie ; aussi se dessèche-t-elle bien vite, si on ne l'arrose souvent. Voilà pourquoi, dans l'oraison dominicale, nous demandons cette grâce, sous le nom de notre pain quotidien. Et nous avons bien raison de le faire, si nous voulons échapper à cette terrible imprécation du Prophète «Qu'ils deviennent semblables à l'herbe qui pousse sur les toits et qui se sèche avant qu'on l'arrache», Psal. CXXVIII,6. Mais la fontaine du zèle convient plus particulièrement à Noë, parce que c'est aux prélats surtout qu'il appartient d'avoir du zèle.
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard

samedi 15 décembre 2018

Réjouissez-vous dans le Seigneur, St Ambroise. 4ème s.



Sophonie 3,14-18a, Philippiens 4,4-7, St Luc 3,10-18.


Le rose est la couleur de l’aurore. 
Cette couleur liturgique revient deux fois dans l’année. 
Le troisième dimanche de l'Avent et 
le 4e dimanche de Carême, celui de Laetare. 
L’église fait entrevoir la joie qui se prépare : 
la Nativité, et la Résurrection du Christ. 

Le rose est la couleur de l'aurore :
dans le désert à cet instant, 
la nuit noire enveloppe encore tout mais 
à l’horizon une couleur rosée se répand,
elle annonce la venue d’une lumière éblouissante !



Réjouissez-vous dans le Seigneur

Les joies du monde tendent à la tristesse.
Les joies conformes à la volonté de Dieu attirent aux biens durables et
éternels ceux qui y persévèrent.
Saint Paul ajoute : Je le répète, réjouissez-vous. Que votre sérénité soit
connue de tous les hommes. Votre conduite sainte ne doit pas
seulement apparaître devant Dieu, mais aussi devant les hommes,
pour donner un exemple de sérénité et de réserve
devant tous ceux qui demeurent avec vous sur la terre,
pour laisser un bon souvenir devant Dieu et les hommes.

Le Seigneur est proche : ne soyez inquiets de rien.
Le Seigneur est toujours proche de ceux qui l’invoquent en vérité,
avec une foi droite, une espérance ferme, une parfaite charité.
Il sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez.
Il est toujours près à secourir, dans n’importe lequel de leurs besoins, ceux qui
Le servent fidèlement. Aussi, lorsque nous voyons que le malheur est imminent,
nous n’avons pas à nous faire de grand souci,
puisque nous devons savoir que Dieu est pour nous un défenseur tout proche,
selon cette parole du psalmiste :
Le Seigneur est proche de ceux dont le coeur est angoissé, et il sauvera ceux dont l’esprit est abattu. 
Les angoisses sont nombreuses pour les justes mais de toutes leurs angoisses, 
le Seigneur les délivre, Ps 34.
Si nous nous efforçons d’accomplir et de garder ce qu’Il prescrit, le Seigneur ne tarde pas à venir.

Mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce priez et suppliez pour
faire connaître à Dieu vos demandes. Nous ne devons pas, si nous
sommes accablés d’épreuves, les supporter avec récriminations et
tristesse, mais avec patience et bonne humeur, en rendant grâce à Dieu
en tout temps et à propos de tout.

Saint Ambroise (340-397)
Évêque de Milan [Italie] et docteur de l’Église.
Ph 4,4-5.

dimanche 9 décembre 2018

En toi Dieu vient, Pseudo-Macaire

Cinquième siècle, auteur des homélies transmises sous le nom de Macaire, moine en Asie Mineure (Turquie actuelle) ou en Syrie-Mésopotamie.





En toi Dieu vient,

Attends le Seigneur sans cesse dans ton coeur,
cherche-le par tes pensées,
use de violence et incite ta volonté et tes sentiments à tendre à tout instant vers lui.
Vois alors comme il vient à toi et comme il fait en toi sa demeure.



Oui, dès qu'il aura vu ta ferveur à le chercher à l'espérance inlassable que tu lui portes,
il t'instruire, t'apprendre la prière véritable,
te donnera le véritable amour qu'il est lui-même.
Il deviendra alors tout pour toi : paradis,
arbre de vie, perle de prix, couronne, architecte, laboureur, un être soumis à la souffrance, mais la dominant.
En toi, il devient homme, Dieu, vin, eau vive, brebis, époux, guerrier, arme - bref :
le Christ tout en tous, 1 Co 15,28.
Que chacun s'examine donc lui-même pour savoir de quoi il se nourrit, où il vit, ce qu'il fréquente. Le sachant et ayant opéré un sage discernement, il pourra se livrer parfaitement à ses élans vers le bien,Homélie, 31. 

mercredi 5 décembre 2018

« Attente des nations, Seigneur Jésus, venez ! », St Bernard

réalisé par San Diago Reader

 

Voici une Prière pour le Temps de l’Avent  de Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153), Père Abbé de l’Abbaye de Clairvaux en Champagne et Fondateur de l'Ordre des Cisterciens.


La Prière de St Bernard de Clairvaux
« Attente des nations, Seigneur Jésus, venez ! » :


« Attente des nations, Seigneur Jésus, venez ; que Votre divine Présence nous réjouisse. 
Nous avons besoin de conseils, de secours, de protection. 
Si nous voulons discerner entre le bien et le mal, nous sommes trop facilement trompés ou séduits. 
Si nous essayons de faire le bien, nous manquons de courage ; 
si nous nous efforçons de résister au mal, nous ne faisons que trop la triste expérience de notre fragilité. 
Nous sommes vaincus, nous succombons. 
Venez donc remédier à notre aveuglement, aider notre faiblesse, protéger notre fragilité. 
Venez, ô Splendeur de la Gloire de Dieu, ô Sagesse de Dieu, ô Force de Dieu. 
Changez nos ténèbres en lumière, préservez nous des périls qui nous menacent, 
soulagez-nous dans les difficultés que nous traversons, 
affermissez notre courage dans les combats qui nous sont livrés, 
afin qu'après nous avoir tenus comme par la main et conduits, 
selon votre Volonté, dans cette carrière que nous avons à parcourir ici-bas, 
Vous nous receviez un jour dans la Cité permanente dont Vous êtes le Fondateur et l’Architecte. »

Ainsi soit-il.

 http://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-de-St-Bernard-de-Clairvaux-pour-le-Temps-de-l-Avent