Mc 12,28-37 dimanche 31 octobre 2021
Ce qui n’est pas douteux, Seigneur,
Ce dont ma conscience est certaine, c’est que je t’aime.
Tu as frappé mon cœur de ta parole et je t’ai aimé.
D’ailleurs, le ciel et la terre et tout ce qui est en eux,
Les voici de partout qui me disent de t’aimer ;
Et ils ne cessent de le dire à tous les hommes, afin qu’ils soient
sans excuse.
Mais,
qu’est-ce que j’aime quand je t’aime ?
Ce n’est
pas la beauté d’un corps, ni son charme qui passe,
Ni la
clarté de la lumière qu’aiment mes pauvres yeux,
Ni les
douces mélodies des cantilènes variées,
Ni la suave
odeur des fleurs, des parfums, des aromates,
Ni la
manne, ni le miel.
Ni les
membres accueillants aux étreintes de la chair.
Non, ce
n’est pas cela que j’aime quand j’aime mon Dieu !
Et
pourtant, j’aime une clarté, une voix, un parfum,
Une
nourriture, une étreinte, quand j’aime mon Dieu :
C’est la
clarté, la voix, le parfum, l’étreinte de l’homme intérieur
qui est en
moi.
Là où
brille pour mon âme une clarté que l’espace ne saisit pas,
Où chante
une mélodie que le temps n’emporte pas,
Où s’exhale
un parfum que ne dissipe pas le vent,
Où se
savoure un mets que n’émousse pas la voracité,
Où se noue
une étreinte qu’aucune satiété ne desserre.
C’est cela
que j’aime quand j’aime mon Dieu ?
Mais,
qu’est-ce-donc que ce Dieu ?
J’ai
interrogé la terre et elle m’a dit : « Ce n’est pas moi ! »
Et tout ce
qui est en elle m’a fait le même aveu.
J’ai
interrogé la mer et les abîmes, les êtres vivants qui s’y meuvent
Et elles
m’on répondu : « Nous ne sommes pas ton Dieu ; cherche
au dessus
de nous »
J’ai
interrogé le ciel, le soleil, la lune et les étoiles, et tous m’ont
Dit :
« Nous non plus, nous ne sommes pas le Dieu que tu cherches ! »
Et j’ai dit
à tous les êtres qui assaillent les portes de mes sens :
« Entretenez-moi
de Dieu, puisque vous ne l’êtes point !
Dites-moi
quelque chose de lui ! »
Ils se sont
écriés d’une voix puissante : « C’est lui qui nous a créés ».
Pour les
interroger, je n’avais qu’à les contempler, et leur réponse
était leur
beauté.
Ô mon âme,
je te le dis :
Ton Dieu
est pour toi la vie.
Les Confessions, Garnier
Flammarion 1964, Livre
10, chap. 6, extraits.
Daniel Bourguet,
L’Evangile médité par les Pères, Marc, Veillez et priez,