samedi 22 juin 2024

Saint Augustin, Passons sur l'autre rive

 



12ème dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,35-41

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples : "Passons sur l'autre rive". Survient une violente tempête.




Je vais, avec la grâce du Seigneur, vous entretenir de l'évangile de ce jour. Je veux aussi, avec l'aide de Dieu, vous encourager à ne pas laisser la foi dormir dans vos coeurs au milieu des tempêtes et des houles de ce monde. Le Seigneur Jésus Christ exerçait sans aucun doute son pouvoir sur le sommeil non moins que sur la mort, et quand il naviguait sur le lac, le Tout-Puissant n'a pas pu succomber au sommeil sans le vouloir. Si vous le pensez, c'est que le Christ dort en vous. Si, au contraire, le Christ est éveillé en vous, votre foi aussi est éveillée. L'Apôtre dit : Que le Christ habite en vos coeurs par la foi, Ep 3,17. Donc le sommeil du Christ est le signe d'un mystère. Les occupants de la barque représentent les âmes qui traversent la vie de ce monde sur le bois de la croix. En outre, la barque est la figure de l'Église. Oui, vraiment, tous les fidèles sont des temples où Dieu habite, et le coeur de chacun d'eux est une barque naviguant sur la mer: elle ne peut sombrer si l'esprit entretient de bonnes pensées.

On t'a fait injure : c'est le vent qui te fouette ; tu t'es mis en colère: c'est le flot qui monte. Ainsi, quand le vent souffle et que monte le flot, la barque est en péril. Ton coeur est en péril, ton coeur est secoué par les flots. L'outrage a suscité en toi le désir de la vengeance. Et voici : tu t'es vengé, cédant ainsi sous la faute d'autrui, et tu as fait naufrage. Pourquoi ? Parce que le Christ s'est endormi en toi, c'est-à-dire que tu as oublié le Christ. Réveille-donc le Christ, souviens-toi du Christ, que le Christ s'éveille en toi. Pense à lui.

Que voulais-tu ? Te venger. As-tu oublié la parole qu'il a dite sur la croix : Père, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu'ils font , Lc 23,34 ? Celui qui s'était endormi dans ton coeur a refusé de se venger.

Réveille-le, rappelle-toi son souvenir. Son souvenir, c'est sa parole; son souvenir, c'est son commandement. Et quand tu auras éveillé le Christ en toi, tu te diras à toi-même: "Quel homme suis-je pour vouloir me venger ? Qui suis-je pour user de menaces contre un homme ? Peut-être serai-je mort avant d'avoir pu me venger ? Et quand viendra pour moi le moment de quitter ce corps, si j'expire brûlant de haine et assoiffé de vengeance, celui qui n'a pas voulu se venger ne m'accueillera pas. Celui qui a dit : Donnez, et vous recevrez ; pardonnez, et vous serez pardonnes, Lc 6,37 ne m'accueillera pas. Je réprimerai donc ma colère, et mon coeur trouvera à nouveau le repos." Le Christ a commandé à la mer, et elle s'est calmée,  Mt 8,26.

Ce que je viens de vous dire au sujet des mouvements de colère doit devenir votre règle de conduite dans toutes vos tentations. La tentation surgit: c'est le vent qui souffle; ton âme est troublée: c'est le flot qui monte. Réveille le Christ, laisse-le te parler. Qui donc est celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent, Mt 8,27 ? Quel est celui à qui la mer obéit? A lui la mer, c'est lui qui l'a faite, Ps 94,5. Par lui, tout s'est fait, Jn 1,3. Imite plutôt les vents et la mer: obéis au Créateur. La mer entend l'ordre du Christ, vas-tu rester sourd ? La mer obéit, le vent s'apaise, vas-tu continuer à souffler ?

Que voulons-nous dire par là ? Parler, agir, ourdir des machinations, n'est-ce pas souffler, et refuser de s'apaiser au commandement du Christ ? Quand votre coeur est troublé, ne vous laissez pas submerger par les vagues. Si pourtant le vent nous renverse - car nous ne sommes que des hommes -, et qu'il excite les passions mauvaises de notre coeur, ne désespérons pas. Réveillons le Christ, afin de poursuivre notre voyage sur une mer paisible et de parvenir à la patrie.

Homélie de saint Augustin (+ 430), Sermon 63, 1-3; PL 38, 424-425.

http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/jbv.htm

jeudi 13 juin 2024

Saint Pierre Chrysologue (+ 450), la graine devient un grand arbre

11e dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,26-34

 

Parlant à la foule en paraboles, Jésus disait : 

"Il en est du règne de Dieu comme d'un homme qui jette le grain dans son champ: nuit et jour, qu'il dorme ou qu'il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. "


La graine devient un grand arbre





Mes frères, vous avez appris aujourd'hui comment le Royaume des cieux, dans toute sa grandeur, est comparé à une graine de moutarde. Le Royaume des cieux, dit le Seigneur, est comparable à une graine de moutarde, Mt 13,31.

Est-ce là tout ce que les croyants espèrent ?

Est-ce là tout ce que les fidèles attendent ?

Est-ce là le bonheur auquel les vierges parviennent après une longue pratique de la virginité ?

Est-ce là la gloire à laquelle aspirent les martyrs, lorsqu'ils versent jusqu'à la dernière goutte de leur sang ?

Est-ce là ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme, 1 Co 2,9

Est-ce là ce que promet l'Apôtre et qui est tenu en réserve dans l'ineffable mystère du salut, pour ceux qui aiment ?

Mes frères, ne nous laissons pas facilement déconcerter par les paroles du Seigneur. Si, en effetla faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme, et si la folie de Dieu est plus sage que l'homme, 1Co 1,25, cette toute petite chose, qui est le bien de Dieu, est plus splendide que toute l'immensité du monde.

Puissions-nous seulement semer dans notre coeur cette graine de moutarde, de sorte qu'elle devienne le grand arbre de la connaissance, s'élevant de toute sa hauteur pour élever notre pensée jusqu'au ciel, et déployant toutes les branches de la science. Son fruit brûlant réchaufferait notre bouche de son goût vivifiant, son grain allumerait en nous un feu qui enflammerait notre coeur et, en savourant le fruit de cet arbre, nous cesserions de dédaigner ce qui nous était inconnu.

Comme le dit le Christ, le Royaume de Dieu est semblable à la graine de moutarde.  Le Christ est le Royaume. A la manière d'une graine de moutarde, il a été jeté dans un jardin, le corps de la Vierge. Il a grandi et il est devenu l'arbre de la croix qui couvre la terre entière.

Après qu'il eut été broyé par la Passion, son fruit a produit assez de saveur pour donner du bon goût et de l'arôme, d'une manière égale, à tous les êtres vivants qui le touchent. Car, tant que la graine de moutarde demeure intacte, ses vertus restent cachées, mais elles déploient toute leur puissance quand la graine est broyée. De même le Christ a-t-il voulu que son corps fût broyé pour que sa force ne reste pas cachée.

Mes frères, il nous faut broyer cette graine de moutarde pour éprouver toute la force, figurée dans cette parabole. Le Christ est roi, car il est le principe de toute autorité. Le Christ est le Royaume, car en lui réside toute la gloire de son royaume. Le Christ est homme, car l'homme tout entier est renouvelé en lui. Le Christ est la graine de moutarde, l'instrument dont Dieu se sert pour faire descendre toute sa grandeur dans toute la petitesse de l'homme.

Que dirai-je encore? Lui-même est devenu toute chose pour renouveler tous les hommes en lui. Le Christ homme a reçu la graine de moutarde qui est le Royaume de Dieu. Le Christ homme l'a reçue, alors que le Christ Dieu la possédait depuis toujours. Il a jeté la semence dans son jardin.

Le jardin est la terre cultivée qui s'est étendue au monde entier, labouré par la charrue de la Bonne Nouvelle. Il est clôturé par les bornes de la sagesse. Les Apôtres ont peiné pour en arracher toutes les mauvaises herbes. On prend plaisir à y contempler les jeunes pousses des croyants, les lis des vierges et les rosés des martyrs. Des fleurs y donnent toujours leur parfum.

Le Christ a donc semé la graine de moutarde dans son jardin. Elle a pris racine quand il a promis son Royaume aux patriarches, elle est née avec les prophètes, elle a grandi avec les Apôtres, et elle est devenue l'arbre immense qui étend ses innombrables rameaux sur l'Église, en lui prodiguant ses dons.

Prends les ailes d'argent de la colombe évangélique dont parle le prophète (cf. ps 67,14). Prends ses plumes brillantes sous l'éclat du soleil divin. Envole-toi dans ton vêtement d'or pour jouir d'un repos sans fin, désormais hors de l'atteinte des filets, parmi tant de magnifiques frondaisons. Sois assez fort pour prendre ainsi ton vol, et va habiter en sécurité dans cette vaste demeure !


Sermon 98, 1-2 4-7, CCL 24 A, 602-606.

Saint Pierre Chrysologue

Clerus.org

samedi 8 juin 2024

Saint Jean Chrysostome, Le Christ vainqueur du mal

10e dimanche du temps ordinaire B 


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3,20-35 

 

Jésus entre dans une maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu'il n'était pas possible de manger. Sa famille, l'apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient: "Il a perdu la tête." 

 

 

 

 Les signes de la résurrection du Seigneur sont clairs : 

la ruse a cessé, la jalousie a été bannie,

la querelle a été foulée aux pieds, 

la paix est en honneur et la guerre a pris fin. 

Nous ne pleurons plus sur Adam, lui qui fut formé le premier (1Tm 2,13), mais nous glorifions le second Adam (1Co 15,47). 

Nous ne blâmons plus Ève, la désobéissante (Gn 3,6), mais nous disons bienheureuse Marie, la mère de Dieu. 

Nous ne nous détournons plus de l'arbre, mais nous portons la croix (Lc 14,27) du Seigneur. 

Nous ne redoutons plus le serpent (Gn 3,1), mais nous révérons l'Esprit Saint. 

Nous ne descendons plus en terre, mais nous remontons aux cieux. 

Nous ne sommes plus exilés du Paradis (Gn 3,23-24), mais nous vivons auprès d'Abraham (Lc 16,22). 

Nous n'entendons plus dire comme les Juifs : J'ai rendu ton jour semblable à la nuit (Os 4,5), mais nous chantons, dans un sens spirituel : Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie (Ps 117,24) ! 

 Pourquoi ce chant ? 

Parce que le soleil n'est plus obscurci (Mt 27,45), mais que tout s'illumine. 

Parce que le voile du Temple n'est plus déchiré (Mt 27,51), mais que l'Église est reconnue. 

Parce que nous ne tenons plus des rameaux de palmier (Jn 12,13), mais que nous portons les "nouveaux illuminés." Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie. 

Voici le jour, celui-ci et non un autre, car il n'y a qu'une reine et une multitude de princesses. 

Voici le jour, le jour du Seigneur, jour triomphal, consacré par la coutume à la résurrection. C'est le jour où nous sommes parés de grâce et partageons l'agneau (Ex 12,8-11) spirituel, où l'on donne du lait (1 Co 3,2 1P 2,2) à ceux qui viennent de renaître, où le plan divin s'accomplit pour les pauvres. 

Qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, sans que nous courions dans les tavernes, mais en nous hâtant vers les sanctuaires, sans que nous honorions l'ivresse, mais en aimant la tempérance, sans que nous nous amusions sur les places, mais en chantant des psaumes dans nos maisons. 

Ce jour est celui de la résurrection, non des excès. Personne ne monte au ciel en dansant. Personne en état d'ivresse ne se tient auprès d'un roi. Que personne donc parmi nous ne déshonore ce jour! Voici le jour où Adam a été libéré, où Ève a été délivrée de son affliction (Gn 3,16). 

Voici le jour où la mort féroce a frémi, où la résistance des blocs de pierre (Mt 27,51) a été brisée et anéantie, les verrous des tombeaux (Mt 27,52) mis en pièces et enlevés. Voici le jour où les corps (Mt 27,53) de ceux qui étaient morts depuis longtemps ont été rendus à leur vie antérieure, où les lois sévères des puissances souterraines, jusqu'alors immuables, ont été abolies, où les cieux se sont ouverts (Mt 3,16) quand le Christ notre Seigneur est ressuscité. 

Voici le jour où l'arbre verdoyant et fertile de la résurrection a étendu ses branches sur le monde entier pour le bien de la race humaine, comme dans un jardin où les lis des nouveaux illuminés ont grandi, où les ruisseaux des pécheurs se sont desséchés. Voici le jour où la force du diable a été paralysée, où les armées des démons ont été balayées. 

Voici donc ce jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, avec la grâce du Christ illuminant par sa résurrection le monde entier qui habitait les ténèbres et l'ombre de la mort (Lc 1,79). A lui, au Père et au Saint-Esprit, gloire et adoration pour les siècles des siècles. Amen.

 Homélie pascale attribuée à saint Jean Chrysostome (+ 407) 

Homélies pascales, 51, 1-3, SC 187, 318-322

samedi 25 mai 2024

Saint Athanase, évêque, 296-373, lumière, splendeur et grâce de la Trinité

 

 Dimanche de la Trinité, 26 mai 2024

 

Lumière, splendeur et grâce de la Trinité Étudions la tradition antique, la doctrine et la foi de l’Église catholique. Le Seigneur l’a donnée, les Apôtres l’ont annoncée, les Pères l’ont gardée. C’est sur elle, en effet, que l’Église a été fondée et, si quelqu’un s’en écarte, il ne peut plus être chrétien ni en porter le nom. 

Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; 

elle ne comporte rien d’étranger, rien qui lui soit mêlé de l’extérieur ; 

elle n’est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice. 

Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique. 

En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C’est ainsi que dans l’Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l’Esprit Saint. 

Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, à propos des dons spirituels, rapporte toutes choses à un seul Dieu, le Père, comme à un seul chef, lorsqu’il dit : 

Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ;

les ministères dans l’Église sont variés, mais c’est toujours le même Dieu, qui fait tout en tous. Car les dons que l’Esprit distribue à chacun sont donnés de la part du Père par le Verbe. En effet, tout ce qui est au Père est au Fils ; c’est pourquoi les biens donnés par le Fils dans l’Esprit sont les dons spirituels du Père. 

Quand l’Esprit est en nous, le Verbe qui nous le donne est en nous, et dans le Verbe se trouve le Père. Et c’est ainsi que s’accomplit la parole : Nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui. Là où est la lumière, là aussi est son éclat ; là où est son éclat, là aussi est son activité et sa grâce resplendissante. C’est cela encore que Paul enseignait dans la seconde lettre aux Corinthiens : Que la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. En effet, la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. De même que la grâce accordée vient du Père par le Fils, ainsi la communion au don ne peut se faire en nous sinon dans l’Esprit Saint. C’est en participant à lui que nous avons l’amour du Père, la grâce du Fils et la communion de l’Esprit Saint.


LECTURE PATRISTIQUE Saint Athanase, Évêque (296 – 373) De la Lettre 1 à Sérapion, 28-30 PG 26, 594-595. 599)

LECTURE PATRISTIQUE Saint Athanase, Évêque (296 – 373) De la Lettre 1 à Sérapion, 28-30 PG 26, 594-595. 599) Lumière, splendeur et grâce de la Trinité Étudions la tradition antique, la doctrine et la foi de l’Église catholique. Le Seigneur l’a donnée, les Apôtres l’ont annoncée, les Pères l’ont gardée. C’est sur elle, en effet, que l’Église a été fondée et, si quelqu’un s’en écarte, il ne peut plus être chrétien ni en porter le nom. Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit; elle ne comporte rien d’étranger, rien qui lui soit mêlé de l’extérieur ; elle n’est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice. Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique. En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C’est ainsi que dans l’Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l’Esprit Saint. Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, à propos des dons spirituels, rapporte toutes choses à un seul Dieu, le Père, comme à un seul chef, lorsqu’il dit : Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ; les ministères dans l’Église sont variés, mais c’est toujours le même Dieu, qui fait tout en tous. Car les dons que l’Esprit distribue à chacun sont donnés de la part du Père par le Verbe. En effet, tout ce qui est au Père est au Fils ; c’est pourquoi les biens donnés par le Fils dans l’Esprit sont les dons spirituels du Père. Quand l’Esprit est en nous, le Verbe qui nous le donne est en nous, et dans le Verbe se trouve le Père. Et c’est ainsi que s’accomplit la parole : Nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui. Là où est la lumière, là aussi est son éclat ; là où est son éclat, là aussi est son activité et sa grâce resplendissante. C’est cela encore que Paul enseignait dans la seconde lettre aux Corinthiens : Que la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. En effet, la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. De même que la grâce accordée vient du Père par le Fils, ainsi la communion au don ne peut se faire en nous sinon dans l’Esprit Saint. C’est en participant à lui que nous avons l’amour du Père, la grâce du Fils et la communion de l’Esprit Saint.

Dimanche de la Sainte Trinité: « Le merveilleux mystère d’où nous venons et vers lequel nous allons » | ZENIT - Français
LECTURE PATRISTIQUE Saint Athanase, Évêque (296 – 373) De la Lettre 1 à Sérapion, 28-30 PG 26, 594-595. 599) Lumière, splendeur et grâce de la Trinité Étudions la tradition antique, la doctrine et la foi de l’Église catholique. Le Seigneur l’a donnée, les Apôtres l’ont annoncée, les Pères l’ont gardée. C’est sur elle, en effet, que l’Église a été fondée et, si quelqu’un s’en écarte, il ne peut plus être chrétien ni en porter le nom. Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit; elle ne comporte rien d’étranger, rien qui lui soit mêlé de l’extérieur ; elle n’est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice. Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique. En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C’est ainsi que dans l’Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l’Esprit Saint. Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, à propos des dons spirituels, rapporte toutes choses à un seul Dieu, le Père, comme à un seul chef, lorsqu’il dit : Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ; les ministères dans l’Église sont variés, mais c’est toujours le même Dieu, qui fait tout en tous. Car les dons que l’Esprit distribue à chacun sont donnés de la part du Père par le Verbe. En effet, tout ce qui est au Père est au Fils ; c’est pourquoi les biens donnés par le Fils dans l’Esprit sont les dons spirituels du Père. Quand l’Esprit est en nous, le Verbe qui nous le donne est en nous, et dans le Verbe se trouve le Père. Et c’est ainsi que s’accomplit la parole : Nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui. Là où est la lumière, là aussi est son éclat ; là où est son éclat, là aussi est son activité et sa grâce resplendissante. C’est cela encore que Paul enseignait dans la seconde lettre aux Corinthiens : Que la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. En effet, la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. De même que la grâce accordée vient du Père par le Fils, ainsi la communion au don ne peut se faire en nous sinon dans l’Esprit Saint. C’est en participant à lui que nous avons l’amour du Père, la grâce du Fils et la communion de l’Esprit Saint.

Dimanche de la Sainte Trinité: « Le merveilleux mystère d’où nous venons et vers lequel nous allons » | ZENIT - Français
Saint Athanase, Évêque (296 – 373) De la Lettre 1 à Sérapion, 28-30 PG 26, 594-595. 599) Lumière, splendeur et grâce de la Trinité Étudions la tradition antique, la doctrine et la foi de l’Église catholique. Le Seigneur l’a donnée, les Apôtres l’ont annoncée, les Pères l’ont gardée. C’est sur elle, en effet, que l’Église a été fondée et, si quelqu’un s’en écarte, il ne peut plus être chrétien ni en porter le nom. Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit; elle ne comporte rien d’étranger, rien qui lui soit mêlé de l’extérieur ; elle n’est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice. Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique. En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C’est ainsi que dans l’Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l’Esprit Saint. Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, à propos des dons spirituels, rapporte toutes choses à un seul Dieu, le Père, comme à un seul chef, lorsqu’il dit : Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ; les ministères dans l’Église sont variés, mais c’est toujours le même Dieu, qui fait tout en tous. Car les dons que l’Esprit distribue à chacun sont donnés de la part du Père par le Verbe. En effet, tout ce qui est au Père est au Fils ; c’est pourquoi les biens donnés par le Fils dans l’Esprit sont les dons spirituels du Père. Quand l’Esprit est en nous, le Verbe qui nous le donne est en nous, et dans le Verbe se trouve le Père. Et c’est ainsi que s’accomplit la parole : Nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui. Là où est la lumière, là aussi est son éclat ; là où est son éclat, là aussi est son activité et sa grâce resplendissante. C’est cela encore que Paul enseignait dans la seconde lettre aux Corinthiens : Que la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. En effet, la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. De même que la grâce accordée vient du Père par le Fils, ainsi la communion au don ne peut se faire en nous sinon dans l’Esprit Saint. C’est en participant à lui que nous avons l’amour du Père, la grâce du Fils et la communion de l’Esprit Saint.

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Saint Athanase, Évêque (296 – 373) De la Lettre 1 à Sérapion, 28-30 PG 26, 594-595. 599) Lumière, splendeur et grâce de la Trinité Étudions la tradition antique, la doctrine et la foi de l’Église catholique. Le Seigneur l’a donnée, les Apôtres l’ont annoncée, les Pères l’ont gardée. C’est sur elle, en effet, que l’Église a été fondée et, si quelqu’un s’en écarte, il ne peut plus être chrétien ni en porter le nom. Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit; elle ne comporte rien d’étranger, rien qui lui soit mêlé de l’extérieur ; elle n’est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice. Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique. En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C’est ainsi que dans l’Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l’Esprit Saint. Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, à propos des dons spirituels, rapporte toutes choses à un seul Dieu, le Père, comme à un seul chef, lorsqu’il dit : Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ; les ministères dans l’Église sont variés, mais c’est toujours le même Dieu, qui fait tout en tous. Car les dons que l’Esprit distribue à chacun sont donnés de la part du Père par le Verbe. En effet, tout ce qui est au Père est au Fils ; c’est pourquoi les biens donnés par le Fils dans l’Esprit sont les dons spirituels du Père. Quand l’Esprit est en nous, le Verbe qui nous le donne est en nous, et dans le Verbe se trouve le Père. Et c’est ainsi que s’accomplit la parole : Nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui. Là où est la lumière, là aussi est son éclat ; là où est son éclat, là aussi est son activité et sa grâce resplendissante. C’est cela encore que Paul enseignait dans la seconde lettre aux Corinthiens : Que la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. En effet, la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. De même que la grâce accordée vient du Père par le Fils, ainsi la communion au don ne peut se faire en nous sinon dans l’Esprit Saint. C’est en participant à lui que nous avons l’amour du Père, la grâce du Fils et la communion de l’Esprit Saint.

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jeudi 9 mai 2024

Saint Grégoire Le Grand, Les voies de l'esprit sont mystérieuses

 

 Pentecôte  Jean 15,26-27 ; 16,12-15




Saint Grégoire le grand (540-604)

64ème  pape, docteur et Père de l'Église d'occident.




On ne sait comment viennent ses dons, ni d’où, ni quand.

L’Esprit souffle où il veut ; et toi, tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, et tu ne sais ni où il va, Jn 3,8.

Même celui qui a été illuminé par l’Esprit ne peut découvrir comment sa voix s’est introduite jusqu’à l’oreille de son coeur. Il est incapable de décrire les voies par lesquelles sa force invisible a pénétré en lui, comment il vient et comment il se retire. Personne ne peut connaître d’avance les résultats d’une prédication ; personne ne peut prévoir dans quels coeurs entrera l’Esprit. Dieu sème dans les âmes d’une manière incompréhensible. On ne voit pas l’action de Dieu dans les coeurs, on ne voit pas comment il y entre, on ne connaît pas les voies qu’il prend pour les illuminer et cependant il les change. Nous voyons le résultat, nous ignorons le comment. - Quelle voie prend la lumière pour se répandre ? demande Dieu à Job, Jb 38,24.

Cette voie est invisible à nos yeux, répond Grégoire. La sagesse, comme l’Esprit, se répand secrètement dans les coeurs. La parole de l’Esprit se fait entendre sans bruit à l’oreille du coeur. C’est une parole à l’intérieur, c’est une voix qui ne fait pas de bruit mais qui donne la science au-dedans et instruit les coeurs, c’est une brise légère. Transmise sans bruit au coeur du croyant, la parole de l’Esprit est incommunicable. On peut percevoir son inspiration, non l’exprimer par des mots. N’est-ce pas le propre de l’expérience de ne pouvoir se transmettre ? On ne peut savoir ce qu’est une parole de l’Esprit-Saint si on ne l’a pas reçue.

La venue de l’Esprit est toujours inopinée. Aussi l’Écriture dit-elle que l’Esprit tombe sur ceux qu’il visite. Tomber, dit Grégoire, c’est être entraîné soudainement vers le bas. L’action de l’Esprit est rapide comme celle de l’éclair ; l’Esprit est présent à tous et a chacun au même moment. L’Esprit de Dieu n’a pas besoin des détours du langage humain pour se faire comprendre ; les mots qu’il emploie sont comme des paroles ; en fait une force intérieure intime à l’homme ce qu’il doit faire. C’est l’Esprit qui dit au coeur de Philippe : - Rejoins ce char, Ac 8,29 ; c’est lui qui fait entendre à l’esprit de Pierre : - Voici trois hommes qui te cherchent. Debout, descends et pars avec eux, Ac 10,19-20. En un instant les coeurs sont mis au courant de ce qu’ils ignoraient. La parole de Dieu est lumière subite dans les ténèbres de l’ignorance. Quand il veut instruire quelqu’un, l’Esprit ne souffre aucun retard. Il lui suffit de toucher l’esprit de l’homme, et son simple toucher enseigne tout. Le coeur est changé aussitôt qu’illuminé ; instantanément il n’est plus ce qu’il était et il devient ce qu’il n’était pas.

L’Esprit Saint vient dans tous les fidèles ; sur le Christ seul il est demeuré d’une manière permanente et unique, Jn 1,33 ; chez les fidèles, il n’est pour ainsi dire que de passage ; on ne peut jouir à volonté et de manière continue des dons de l’Esprit. L’Esprit n’est qu’en visite dans les âmes. Cependant il faut ajouter que chez certains, parce que leur vie est pure, l’Esprit réside en permanence. Autre chose bien sûr est l’habitation de l’Esprit dans tous les baptisés : c’est lui qui donne la vie aux âmes et il est présent partout. L’Esprit se rend présent puis se retire, il est mobile, Sg 7,22. Il se porte même à la rencontre de ceux qui ne le connaissent pas.

Insaisissable, l’Esprit laisse cependant des traces de son passage, il laisse dans le coeur la trace de l’expérience de l’invisible. L’Esprit a été envoyé dans nos coeurs par le Fils unique du Père pout nous donner la vie, pour nous donner la possibilité de croire à ce que nous ne connaissons pas encore par expérience. Celui qui n’a pas encore atteint une foi aussi assurée doit faire confiance provisoirement à ceux qui par l’Esprit Saint en font l’expérience.

D’une part, l’Esprit nous est donné comme témoin pour secourir notre foi parce que nous ne pouvons pas encore connaître d’expérience l’invisible. Maintenant, nous avons le gage de l’Esprit ; alors, dans la patrie, nous parviendrons aux joies d’en haut. On nous donne un gage pour nous donner l’assurance qu’une promesse sera tenue. Le don de l’Esprit est appelé un gage, 2 Cor 1,22 et 5,5, parce qu’il renforce la certitude de notre espérance.

D’autre part, il y a des chrétiens qui ont déjà par l’Esprit-saint l’expérience de l’invisible ils ont reçu de l’invisible une connaissance aussi assurée que l’est celle donnée par la vue dans les choses de ce monde.

Les chrétiens ordinaires ont reçu par l’Esprit Saint la certitude de l’invisible mais ils ne le connaissent pas encore d’expérience ; ils ont déjà la certitude de son existence puisqu’ils en ont touché le gage, mais ils n’ont pas la certitude de la réalité elle-même. Il y a l’expérience du chrétien ordinaire puis celle du mystique. Pour l’un, l’invisible est objet de foi, pour l’autre, l’invisible est objet d’expérience, quasi de constat.

L’homme n’est pas à la mesure de l’Esprit. Il y a disproportion entre ce que l’Esprit donne à entendre et la capacité de l’homme. Ce que l’Esprit fait voir en un instant au coeur du prophète, celui-ci ne peut l’exprimer d’un seul mot. La puissance de l’Esprit dépasse aussi la capacité des coeurs spirituels : l’Esprit Saint est ce vin nouveau qui fait éclater les outres, fussent-elles neuves. Tant qu’il demeure en cette vie et malgré tous ses efforts, l’homme ne peut voir la gloire de Dieu. L’Esprit ne donne de lui-même aux hommes qu’une connaissance limitée parce que leur faiblesse ne leur permet pas de le recevoir tel qu’il est. Il se fait brise légère, mais c’est encore trop pour eux ; cette brise leur fait l’effet d’un vent violent. L’Esprit nous touche légèrement mais ce toucher nous fait chanceler, sa lumière nous perturbe. L’homme n’est pas à la mesure des choses de Dieu.

Cependant, l’Esprit Saint sait s’adapter à la faiblesse de l’homme. Sa présence se manifeste comme un toucher. L’Esprit Saint est le doigt de Dieu, Mt 12,28 et Luc 11,20. Quand la grâce de l’Esprit Saint se répand en nous elle nous remplit de douceur, Job 20,17. L’Esprit du Christ en effet remplit de joie celui à qui il fait goûter la douceur de sa divinité. L’Esprit Saint mérite bien son nom de Paraclet ou consolateur.

Patrick CATRY, OSB, Moine de Wisques, Parole de Dieu, Amour et Esprit-Saint chez Saint Grégoire le Grand, Vie monastique N° 17, 181-185.

7ème DIMANCHE DE PÂQUES année B - Jean 17, 11-19

 


Saint Jean 17,11-19


« Amour…
Amour qui planait sur les eaux
Et les berças du premier souffle,…
Nos âmes dorment,

Prends-les d’un battement nouveau… »



« Amour »… Il n’y a pas de plus beau nom à donner à l’Esprit Saint ! Et il nous est bon de chanter souvent cette hymne, écrite par le poète Patrice de la Tour du Pin, en ce temps où nous ouvrons davantage nos cœurs à la venue de l’Esprit, où nous reconnaissons davantage sa présence… 
 
Cet Esprit insaisissable, souvent inaperçu, aux noms multiples car il est partout présent et sans cesse à l’œuvre, on l’appelle souffle, vent… - brise très douce du prophète Elie, ou grand bruit de bourrasque à la Pentecôte… - ,
 
on l’appelle feu qui réchauffe ou illumine– rayonnement de gloire de la Transfiguration, langues de feu à la Pentecôte, flamme du Cierge Pascal au milieu de nous… - , … 
on l’appelle aussi source d’eau vive, car l’Esprit nous purifie et nous vivifie,… 
et parfois il se fait reconnaître en forme de colombe… 
 
Et savez-vous, au fond de vous, il y a toujours une petite flamme,… même au plus sombre, peut-être au plus désespéré de votre cœur, oui, il y a toujours une petite flamme qui scintille… et cette petite flamme, c’est lui au fond de nous !... 
 
Oui, il y a toujours une source qui coule au fond de nous, et qui murmure sans cesse : « Viens vers le Père ! », une eau vive qui, nous dit Jésus, « jaillit en Vie éternelle ! » …Car cet Esprit Créateur, qui est à l’œuvre à la Création du Commencement : « Amour qui planais sur les eaux et les berças du premier souffle… », 
il est aussi sans cesse à l’œuvre à la Création de chaque instant : « Tu es la genèse en tout temps, tu es le vent qui crie naissance… », dit le poète… Et cet Amour créateur, il est aussi l’Amour rédempteur, l’Amour qui fait de nous des fils et des frères, l’Amour qui met en nous l’Amour… pour nous donner d’aimer jusqu'au bout notre prochain le plus proche, comme le plus lointain, comme peut-être aussi le plus ennemi de nos frères… « Amour descendant aujourd'hui, viens agiter les eaux enfouies de nos baptêmes qui, de la mort de Jésus Christ, nous font resurgir dans sa vie ! » ...
 

Frères et sœurs, c’est en ouvrant notre cœur à l’Esprit Saint, c’est en laissant notre petite flamme intérieure nous illuminer, c’est en nous abreuvant à la source d’eau vive qui coule en nous,  
c’est en accueillant le don de l’Amour, que notre vie va se transfigurer en Amour… 
 
Il se passe alors quelque chose,… quelque chose comme ce qui est arrivé à Marie, laissant l’Esprit Saint concevoir Jésus en elle… D'ailleurs elle est là au milieu des disciples, comme pour leur apprendre à accueillir l’Esprit Saint qui vient engendrer Jésus en chacun de nous… pour que nous devenions avec lui, Jésus, vraiment des fils et des filles tout aimants du Père, et des frères et sœurs pour tous… 
 
 
 
 
Oui, comme Jésus, avec Jésus,… laissant Jésus vivre en nous, aimer en nous, prier en nous… comme nous le voyons aimer et prier dans l'Evangile d'aujourd'hui. Dans cet Evangile, l’Esprit Saint est partout secrètement à l’œuvre : la prière, c’est lui,… la fidélité, c’est lui,… l’unité qui se construit, c’est lui,… le don de la Parole, c’est lui,… la joie, bien sûr c’est lui,…Jésus qui se consacre pour que nous soyons consacrés, - c'est-à-dire : Jésus qui se laisse entièrement prendre par l’Esprit d’Amour, et qui donne sa vie par Amour… pour que nous recevions nous aussi en plénitude l’Esprit d’Amour, et que nous donnions nous aussi notre vie par Amour -, c’est lui, c’est encore lui, c’est toujours lui… :
 
 « Pour eux je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi consacrés par la vérité. » Bien sûr, la vérité, ici, c’est lui… Et l’envoi en mission, c’est lui… : « De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. »,  
 
Extrait Homélie abbaye de Tamié, 2016.

dimanche 5 mai 2024

Saint Augustin, Une fidélité réciproque

 

Ascension 9 mai 2024


Évangile de Jésus Christ selon Mc 16,15-20

Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : "Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé."




Nous croyons en Jésus que nous n'avons pas vu. Ceux qui l'ont vu et qui l'ont touché, qui ont entendu la parole de sa propre bouche, nous l'ont annoncé. Ils ont été envoyés par lui pour persuader le genre humain de la vérité. Ils n'ont pas eu l'audace d'y aller eux-mêmes. Et où ont-ils été envoyés? Vous l'avez entendu, quand on nous a lu l'Évangile : Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création (Mc 16,15). Les disciples ont donc été envoyés partout. On les croyait parce que, confirmés par des signes et des prodiges, ils disaient ce qu'ils avaient vu. Et nous, nous croyons en celui que nous n'avons pas vu, et dont nous attendons le retour. Tous ceux qui l'attendent avec joie se réjouiront alors. Et ceux qui ne croient pas, lorsque viendra ce qu'ils ne voient pas maintenant, seront couverts de honte.

Demeurons donc dans ses paroles pour éviter d'être confondus quand il viendra. Car lui-même dit dans l'Évangile à ceux qui avaient cru en lui : Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples. Et comme s'ils avaient demandé pour quel avantage, il ajoute: Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres (Jn 8,31-32). Car, pour le moment, notre salut existe en espérance, pas encore en réalité. Puisque nous ne tenons pas encore ce qui a été promis, nous espérons seulement que cela viendra. Il est fidèle, celui qui a promis, il ne te trompe pas. Mais de ton côté, ne succombe pas, attends la promesse, car la vérité ne peut pas tromper. Et toi, ne sois pas menteur en professant une chose tandis que tu en fais une autre. Garde la foi, et lui gardera sa promesse. Mais si tu ne gardes pas la foi, c'est toi qui es coupable de fraude, non celui qui a promis.

Puisque vous savez que Dieu est juste, reconnaissez aussi que tout homme qui vit selon la justice de Dieu est vraiment né de lui (1 Jn 2,29). Actuellement notre justice vient de la foi. La justice parfaite ne se trouve que chez les anges, et même pas chez eux si on les compare à Dieu. Pourtant s'il y a une justice parfaite dans les âmes et les esprits créés par Dieu, c'est bien chez les anges saints, justes et bons que nulle chute n'a fait dévier, qu'aucun orgueil n'a fait tomber, mais qui demeurent toujours dans la contemplation du Verbe de Dieu et qui trouvent leur unique douceur en celui qui les a créés. En eux la justice est parfaite, et en nous, par la foi, elle commence à exister selon l'Esprit.

Commentaire sur la Première Épître de Jean, 4,2-3; SC 75, 220-224

Clerus homéliaires

dimanche 28 avril 2024

Saint Thomas More, + 1 535, Le véritable amour

 Béatifié le par Léon XIII, Thomas More est canonisé — saint Thomas More — le par le pape Pie XI.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15,9-17

 

A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples 

"Comme le Père vous a aimés, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour."



Méditons profondément sur l'amour du Christ, notre Sauveur qui a aimé les siens jusqu'au bout, Jn 13,1, à tel point que pour leur bien, volontairement, il souffrit une mort douloureuse et manifesta le plus haut degré d'amour qui puisse exister. Car il a dit lui-même : Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis, Jn 15,13. Oui, c'est bien là le plus grand amour qu'on ait jamais montré. Et pourtant notre Sauveur en donna un plus grand encore, car il donna cette preuve d'amour à la fois pour ses amis et pour ses ennemis.

Quelle différence entre cet amour fidèle et les autres formes d'amour faux et inconstant que l'on trouve dans notre pauvre monde  Le flatteur prétend vous aimer parce qu'il fait chez vous de bons repas. Mais si l'adversité amoindrit vos revenus et qu'il ne trouve plus la table mise, alors: adieu !  et voilà votre frère le flatteur parti chercher une autre table. Il pourrait même devenir votre ennemi et médire de vous cruellement.

Qui peut être sûr, dans l'adversité, de garder beaucoup de ses amis, quand notre Sauveur lui-même, lorsqu'il fut arrêté, est resté seul, abandonné des siens ? Quand vous partez, qui voudra partir avec vous ? Seriez-vous roi, votre royaume ne vous laisserait-il pas partir seul pour vous oublier aussitôt ? Même votre famille ne vous laisserait-elle pas partir, comme une pauvre âme abandonnée qui ne sait où aller ?

Alors, apprenons à aimer en tout temps, comme nous devrions aimer : Dieu par-dessus toute chose, et toutes les autres choses à cause de lui. Car tout amour qui ne se rapporte pas à cette fin, c'est-à-dire à la volonté de Dieu, est un amour tout à fait vain et stérile. Tout amour que nous portons à une créature quelconque et qui affaiblit notre amour envers Dieu est un amour détestable et un obstacle à notre marche vers le ciel. Dans l'amour que vous portez à vos enfants, que votre tendresse ne vous empêche jamais, au cas où Dieu vous le commanderait, d'être prêt à en faire le sacrifice, comme Abraham était prêt à sacrifier son fils Isaac. Et puisque Dieu ne le fera pas, offrez votre enfant au service de Dieu d'une autre façon. Car tout ce que nous aimons et qui nous fait enfreindre un commandement divin, si nous l'aimons plus que Dieu, c'est un amour mortel et condamnable.

Donc, puisque notre Seigneur nous a tant aimés pour notre salut, implorons assidûment sa grâce, de crainte qu'en comparaison de son grand amour, nous soyons convaincus d'ingratitude.


Le véritable amour

saint Thomas More (+ 1 535)

Traité sur la Passion. Le Christ les aima jusqu'au bout, Homélie 1.