12ème dimanche du temps ordinaire
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
4,35-41
Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il
dit à ses disciples : "Passons sur l'autre rive". Survient une
violente tempête.
Monique-Anne et Jeanine, Orantes de l'Assomption à 94000 VITRY SUR SEINE lisent la Parole de Dieu, les Pères de l'Eglise chaque jour et désirent partager spiritualité et découvertes avec tous. Venez prier et adorer à notre oratoire. Venez vivre un temps de lectio pendant l'Avent et le Carême. Nous désirons partager avec tous nos lecteurs la richesse des commentaires de Pères de l'Eglise. Ils nous enseignent des chemins d'intériorité.
12ème dimanche du temps ordinaire
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc
4,35-41
Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il
dit à ses disciples : "Passons sur l'autre rive". Survient une
violente tempête.
La graine devient un grand arbre
Mes frères, vous avez appris aujourd'hui comment le
Royaume des cieux, dans toute sa grandeur, est comparé à une graine de
moutarde. Le Royaume des cieux, dit le Seigneur, est
comparable à une graine de moutarde, Mt 13,31.
Est-ce là tout ce que les croyants espèrent ?
Est-ce là tout ce que les fidèles attendent ?
Est-ce là le bonheur auquel les vierges parviennent après une longue pratique de la virginité ?
Est-ce là la gloire à laquelle aspirent les martyrs, lorsqu'ils versent jusqu'à la dernière goutte de leur sang ?
Est-ce là ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme, 1 Co 2,9
Est-ce là ce que promet l'Apôtre et qui est tenu en
réserve dans l'ineffable mystère du salut, pour ceux qui aiment ?
Mes frères, ne nous laissons pas facilement
déconcerter par les paroles du Seigneur. Si, en effet, la faiblesse de Dieu est plus forte que
l'homme, et si la folie de Dieu est plus sage que l'homme, 1Co 1,25,
cette toute petite chose, qui est le bien de Dieu, est plus splendide que toute
l'immensité du monde.
Puissions-nous seulement semer dans notre coeur cette
graine de moutarde, de sorte qu'elle devienne le grand arbre de la
connaissance, s'élevant de toute sa hauteur pour élever notre pensée jusqu'au
ciel, et déployant toutes les branches de la science. Son fruit brûlant
réchaufferait notre bouche de son goût vivifiant, son grain allumerait en nous
un feu qui enflammerait notre coeur et, en savourant le fruit de cet arbre,
nous cesserions de dédaigner ce qui nous était inconnu.
Comme le dit le Christ, le Royaume de Dieu est semblable
à la graine de moutarde. Le Christ est le
Royaume. A la manière d'une graine de moutarde, il a été jeté dans un jardin,
le corps de la Vierge. Il a grandi et il est devenu l'arbre de la croix qui
couvre la terre entière.
Après qu'il eut été broyé par la Passion, son fruit a
produit assez de saveur pour donner du bon goût et de l'arôme, d'une manière
égale, à tous les êtres vivants qui le touchent. Car, tant que la graine de
moutarde demeure intacte, ses vertus restent cachées, mais elles déploient
toute leur puissance quand la graine est broyée. De même le Christ a-t-il voulu
que son corps fût broyé pour que sa force ne reste pas cachée.
Mes frères, il nous faut broyer cette graine de
moutarde pour éprouver toute la force, figurée dans cette parabole. Le Christ
est roi, car il est le principe de toute autorité. Le Christ est le Royaume,
car en lui réside toute la gloire de son royaume. Le Christ est homme, car
l'homme tout entier est renouvelé en lui. Le Christ est la graine de moutarde,
l'instrument dont Dieu se sert pour faire descendre toute sa grandeur dans
toute la petitesse de l'homme.
Que dirai-je encore? Lui-même est devenu toute chose
pour renouveler tous les hommes en lui. Le Christ homme a reçu la graine de
moutarde qui est le Royaume de Dieu. Le Christ homme l'a reçue, alors que le Christ
Dieu la possédait depuis toujours. Il a jeté la semence dans son jardin.
Le jardin est la terre cultivée qui s'est étendue au
monde entier, labouré par la charrue de la Bonne Nouvelle. Il est clôturé par
les bornes de la sagesse. Les Apôtres ont peiné pour en arracher toutes les
mauvaises herbes. On prend plaisir à y contempler les jeunes pousses des
croyants, les lis des vierges et les rosés des martyrs. Des fleurs y donnent
toujours leur parfum.
Le Christ a donc semé la graine de moutarde dans son
jardin. Elle a pris racine quand il a promis son Royaume aux patriarches, elle
est née avec les prophètes, elle a grandi avec les Apôtres, et elle est devenue
l'arbre immense qui étend ses innombrables rameaux sur l'Église, en lui
prodiguant ses dons.
Prends les ailes d'argent de la colombe évangélique
dont parle le prophète (cf. ps 67,14). Prends ses plumes brillantes sous
l'éclat du soleil divin. Envole-toi dans ton vêtement d'or pour jouir d'un
repos sans fin, désormais hors de l'atteinte des filets, parmi tant de
magnifiques frondaisons. Sois assez fort pour prendre ainsi ton vol, et va
habiter en sécurité dans cette vaste demeure !
Sermon 98,
1-2 4-7, CCL 24 A, 602-606.
Clerus.org
10e dimanche du temps ordinaire B
Jésus entre dans une maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu'il n'était pas possible de manger. Sa famille, l'apprenant, vint pour se saisir de lui, car ils affirmaient: "Il a perdu la tête."
Les signes de la résurrection du Seigneur sont clairs :
la ruse a cessé, la jalousie a été bannie,
la querelle a été foulée aux pieds,
la paix est en honneur et la guerre a pris fin.
Nous ne pleurons plus sur Adam, lui qui fut formé le premier (1Tm 2,13), mais nous glorifions le second Adam (1Co 15,47).
Nous ne blâmons plus Ève, la désobéissante (Gn 3,6), mais nous disons bienheureuse Marie, la mère de Dieu.
Nous ne nous détournons plus de l'arbre, mais nous portons la croix (Lc 14,27) du Seigneur.
Nous ne redoutons plus le serpent (Gn 3,1), mais nous révérons l'Esprit Saint.
Nous ne descendons plus en terre, mais nous remontons aux cieux.
Nous ne sommes plus exilés du Paradis (Gn 3,23-24), mais nous vivons auprès d'Abraham (Lc 16,22).
Nous n'entendons plus dire comme les Juifs : J'ai rendu ton jour semblable à la nuit (Os 4,5), mais nous chantons, dans un sens spirituel : Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie (Ps 117,24) !
Pourquoi ce chant ?
Parce que le soleil n'est plus obscurci (Mt 27,45), mais que tout s'illumine.
Parce que le voile du Temple n'est plus déchiré (Mt 27,51), mais que l'Église est reconnue.
Parce que nous ne tenons plus des rameaux de palmier (Jn 12,13), mais que nous portons les "nouveaux illuminés." Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie.
Voici le jour, celui-ci et non un autre, car il n'y a qu'une reine et une multitude de princesses.
Voici le jour, le jour du Seigneur, jour triomphal, consacré par la coutume à la résurrection. C'est le jour où nous sommes parés de grâce et partageons l'agneau (Ex 12,8-11) spirituel, où l'on donne du lait (1 Co 3,2 1P 2,2) à ceux qui viennent de renaître, où le plan divin s'accomplit pour les pauvres.
Qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, sans que nous courions dans les tavernes, mais en nous hâtant vers les sanctuaires, sans que nous honorions l'ivresse, mais en aimant la tempérance, sans que nous nous amusions sur les places, mais en chantant des psaumes dans nos maisons.
Ce jour est celui de la résurrection, non des excès. Personne ne monte au ciel en dansant. Personne en état d'ivresse ne se tient auprès d'un roi. Que personne donc parmi nous ne déshonore ce jour! Voici le jour où Adam a été libéré, où Ève a été délivrée de son affliction (Gn 3,16).
Voici le jour où la mort féroce a frémi, où la résistance des blocs de pierre (Mt 27,51) a été brisée et anéantie, les verrous des tombeaux (Mt 27,52) mis en pièces et enlevés. Voici le jour où les corps (Mt 27,53) de ceux qui étaient morts depuis longtemps ont été rendus à leur vie antérieure, où les lois sévères des puissances souterraines, jusqu'alors immuables, ont été abolies, où les cieux se sont ouverts (Mt 3,16) quand le Christ notre Seigneur est ressuscité.
Voici le jour où l'arbre verdoyant et fertile de la résurrection a étendu ses branches sur le monde entier pour le bien de la race humaine, comme dans un jardin où les lis des nouveaux illuminés ont grandi, où les ruisseaux des pécheurs se sont desséchés. Voici le jour où la force du diable a été paralysée, où les armées des démons ont été balayées.
Voici donc ce jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie, avec la grâce du Christ illuminant par sa résurrection le monde entier qui habitait les ténèbres et l'ombre de la mort (Lc 1,79). A lui, au Père et au Saint-Esprit, gloire et adoration pour les siècles des siècles. Amen.
Homélie pascale attribuée à saint Jean Chrysostome (+ 407)
Homélies pascales, 51, 1-3, SC 187, 318-322
Dimanche de la Trinité, 26 mai 2024
Lumière, splendeur et grâce de la Trinité Étudions la tradition antique, la doctrine et la foi de l’Église catholique. Le Seigneur l’a donnée, les Apôtres l’ont annoncée, les Pères l’ont gardée. C’est sur elle, en effet, que l’Église a été fondée et, si quelqu’un s’en écarte, il ne peut plus être chrétien ni en porter le nom.
Il y a donc une Trinité sainte et parfaite, reconnue comme Dieu dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit ;
elle ne comporte rien d’étranger, rien qui lui soit mêlé de l’extérieur ;
elle n’est pas constituée du Créateur et du créé, mais elle est tout entière puissance créatrice et productrice.
Elle est semblable à elle-même, indivisible par sa nature, et son activité est unique.
En effet, le Père fait toutes choses par le Verbe dans l’Esprit Saint, et c’est ainsi que l’unité de la sainte Trinité est sauvegardée. C’est ainsi que dans l’Église est annoncé un seul Dieu, qui règne au-dessus de tous, par tous et en tous. Au-dessus de tous, comme Père, comme principe et source ; par tous, par le Verbe ; en tous, dans l’Esprit Saint.
Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, à propos des dons spirituels, rapporte toutes choses à un seul Dieu, le Père, comme à un seul chef, lorsqu’il dit :
Les dons de la grâce sont variés, mais c’est toujours le même Esprit ;
les ministères dans l’Église sont variés, mais c’est toujours le même Dieu, qui fait tout en tous. Car les dons que l’Esprit distribue à chacun sont donnés de la part du Père par le Verbe. En effet, tout ce qui est au Père est au Fils ; c’est pourquoi les biens donnés par le Fils dans l’Esprit sont les dons spirituels du Père.
Quand l’Esprit est en nous, le Verbe qui nous le donne est en nous, et dans le Verbe se trouve le Père. Et c’est ainsi que s’accomplit la parole : Nous viendrons chez lui et nous irons demeurer auprès de lui. Là où est la lumière, là aussi est son éclat ; là où est son éclat, là aussi est son activité et sa grâce resplendissante. C’est cela encore que Paul enseignait dans la seconde lettre aux Corinthiens : Que la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. En effet, la grâce et le don accordés dans la Trinité sont donnés de la part du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. De même que la grâce accordée vient du Père par le Fils, ainsi la communion au don ne peut se faire en nous sinon dans l’Esprit Saint. C’est en participant à lui que nous avons l’amour du Père, la grâce du Fils et la communion de l’Esprit Saint.
LECTURE
PATRISTIQUE Saint Athanase, Évêque (296 – 373) De la Lettre 1 à Sérapion, 28-30
PG 26, 594-595. 599)
Pentecôte Jean 15,26-27 ; 16,12-15
Saint Grégoire le grand (540-604)
64ème pape, docteur et Père de l'Église d'occident.
On ne sait comment viennent ses dons, ni d’où, ni quand.
L’Esprit souffle où il veut ; et toi, tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, et tu ne sais ni où il va, Jn 3,8.
Même celui qui a été illuminé par l’Esprit ne peut découvrir comment sa voix s’est introduite jusqu’à l’oreille de son coeur. Il est incapable de décrire les voies par lesquelles sa force invisible a pénétré en lui, comment il vient et comment il se retire. Personne ne peut connaître d’avance les résultats d’une prédication ; personne ne peut prévoir dans quels coeurs entrera l’Esprit. Dieu sème dans les âmes d’une manière incompréhensible. On ne voit pas l’action de Dieu dans les coeurs, on ne voit pas comment il y entre, on ne connaît pas les voies qu’il prend pour les illuminer et cependant il les change. Nous voyons le résultat, nous ignorons le comment. - Quelle voie prend la lumière pour se répandre ? demande Dieu à Job, Jb 38,24.
Cette voie est invisible à nos yeux, répond Grégoire. La sagesse, comme l’Esprit, se répand secrètement dans les coeurs. La parole de l’Esprit se fait entendre sans bruit à l’oreille du coeur. C’est une parole à l’intérieur, c’est une voix qui ne fait pas de bruit mais qui donne la science au-dedans et instruit les coeurs, c’est une brise légère. Transmise sans bruit au coeur du croyant, la parole de l’Esprit est incommunicable. On peut percevoir son inspiration, non l’exprimer par des mots. N’est-ce pas le propre de l’expérience de ne pouvoir se transmettre ? On ne peut savoir ce qu’est une parole de l’Esprit-Saint si on ne l’a pas reçue.
La venue de l’Esprit est toujours inopinée. Aussi l’Écriture dit-elle que l’Esprit tombe sur ceux qu’il visite. Tomber, dit Grégoire, c’est être entraîné soudainement vers le bas. L’action de l’Esprit est rapide comme celle de l’éclair ; l’Esprit est présent à tous et a chacun au même moment. L’Esprit de Dieu n’a pas besoin des détours du langage humain pour se faire comprendre ; les mots qu’il emploie sont comme des paroles ; en fait une force intérieure intime à l’homme ce qu’il doit faire. C’est l’Esprit qui dit au coeur de Philippe : - Rejoins ce char, Ac 8,29 ; c’est lui qui fait entendre à l’esprit de Pierre : - Voici trois hommes qui te cherchent. Debout, descends et pars avec eux, Ac 10,19-20. En un instant les coeurs sont mis au courant de ce qu’ils ignoraient. La parole de Dieu est lumière subite dans les ténèbres de l’ignorance. Quand il veut instruire quelqu’un, l’Esprit ne souffre aucun retard. Il lui suffit de toucher l’esprit de l’homme, et son simple toucher enseigne tout. Le coeur est changé aussitôt qu’illuminé ; instantanément il n’est plus ce qu’il était et il devient ce qu’il n’était pas.
L’Esprit Saint vient dans tous les fidèles ; sur le Christ seul il est demeuré d’une manière permanente et unique, Jn 1,33 ; chez les fidèles, il n’est pour ainsi dire que de passage ; on ne peut jouir à volonté et de manière continue des dons de l’Esprit. L’Esprit n’est qu’en visite dans les âmes. Cependant il faut ajouter que chez certains, parce que leur vie est pure, l’Esprit réside en permanence. Autre chose bien sûr est l’habitation de l’Esprit dans tous les baptisés : c’est lui qui donne la vie aux âmes et il est présent partout. L’Esprit se rend présent puis se retire, il est mobile, Sg 7,22. Il se porte même à la rencontre de ceux qui ne le connaissent pas.
Insaisissable, l’Esprit laisse cependant des traces de son passage, il laisse dans le coeur la trace de l’expérience de l’invisible. L’Esprit a été envoyé dans nos coeurs par le Fils unique du Père pout nous donner la vie, pour nous donner la possibilité de croire à ce que nous ne connaissons pas encore par expérience. Celui qui n’a pas encore atteint une foi aussi assurée doit faire confiance provisoirement à ceux qui par l’Esprit Saint en font l’expérience.
D’une part, l’Esprit nous est donné comme témoin pour secourir notre foi parce que nous ne pouvons pas encore connaître d’expérience l’invisible. Maintenant, nous avons le gage de l’Esprit ; alors, dans la patrie, nous parviendrons aux joies d’en haut. On nous donne un gage pour nous donner l’assurance qu’une promesse sera tenue. Le don de l’Esprit est appelé un gage, 2 Cor 1,22 et 5,5, parce qu’il renforce la certitude de notre espérance.
D’autre part, il y a des chrétiens qui ont déjà par l’Esprit-saint l’expérience de l’invisible ils ont reçu de l’invisible une connaissance aussi assurée que l’est celle donnée par la vue dans les choses de ce monde.
Les chrétiens ordinaires ont reçu par l’Esprit Saint la certitude de l’invisible mais ils ne le connaissent pas encore d’expérience ; ils ont déjà la certitude de son existence puisqu’ils en ont touché le gage, mais ils n’ont pas la certitude de la réalité elle-même. Il y a l’expérience du chrétien ordinaire puis celle du mystique. Pour l’un, l’invisible est objet de foi, pour l’autre, l’invisible est objet d’expérience, quasi de constat.
L’homme n’est pas à la mesure de l’Esprit. Il y a disproportion entre ce que l’Esprit donne à entendre et la capacité de l’homme. Ce que l’Esprit fait voir en un instant au coeur du prophète, celui-ci ne peut l’exprimer d’un seul mot. La puissance de l’Esprit dépasse aussi la capacité des coeurs spirituels : l’Esprit Saint est ce vin nouveau qui fait éclater les outres, fussent-elles neuves. Tant qu’il demeure en cette vie et malgré tous ses efforts, l’homme ne peut voir la gloire de Dieu. L’Esprit ne donne de lui-même aux hommes qu’une connaissance limitée parce que leur faiblesse ne leur permet pas de le recevoir tel qu’il est. Il se fait brise légère, mais c’est encore trop pour eux ; cette brise leur fait l’effet d’un vent violent. L’Esprit nous touche légèrement mais ce toucher nous fait chanceler, sa lumière nous perturbe. L’homme n’est pas à la mesure des choses de Dieu.
Cependant, l’Esprit Saint sait s’adapter à la faiblesse de l’homme. Sa présence se manifeste comme un toucher. L’Esprit Saint est le doigt de Dieu, Mt 12,28 et Luc 11,20. Quand la grâce de l’Esprit Saint se répand en nous elle nous remplit de douceur, Job 20,17. L’Esprit du Christ en effet remplit de joie celui à qui il fait goûter la douceur de sa divinité. L’Esprit Saint mérite bien son nom de Paraclet ou consolateur.
Patrick CATRY, OSB, Moine de Wisques, Parole de Dieu, Amour et Esprit-Saint chez Saint Grégoire le Grand, Vie monastique N° 17, 181-185.

Ascension 9 mai 2024
Évangile de Jésus Christ selon Mc 16,15-20
Jésus
ressuscité dit aux onze Apôtres : "Allez dans le monde entier. Proclamez
la Bonne Nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera
sauvé."
Nous croyons en Jésus que nous n'avons pas vu. Ceux qui l'ont vu et qui
l'ont touché, qui ont entendu la parole de sa propre bouche, nous l'ont
annoncé. Ils ont été envoyés par lui pour persuader le genre humain de la
vérité. Ils n'ont pas eu l'audace d'y aller eux-mêmes. Et où ont-ils été
envoyés? Vous l'avez entendu, quand on nous a lu l'Évangile : Allez dans le
monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création (Mc 16,15).
Les disciples ont donc été envoyés partout. On les croyait parce que, confirmés
par des signes et des prodiges, ils disaient ce qu'ils avaient vu. Et nous,
nous croyons en celui que nous n'avons pas vu, et dont nous attendons le
retour. Tous ceux qui l'attendent avec joie se réjouiront alors. Et ceux qui ne
croient pas, lorsque viendra ce qu'ils ne voient pas maintenant, seront
couverts de honte.
Demeurons donc dans ses paroles pour éviter d'être confondus quand il viendra.
Car lui-même dit dans l'Évangile à ceux qui avaient cru en lui : Si vous
demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples. Et comme s'ils
avaient demandé pour quel avantage, il ajoute: Vous connaîtrez la vérité,
et la vérité vous rendra libres (Jn 8,31-32).
Car, pour le moment, notre salut existe en espérance, pas encore en réalité.
Puisque nous ne tenons pas encore ce qui a été promis, nous espérons seulement
que cela viendra. Il est fidèle, celui qui a promis, il ne te trompe pas. Mais
de ton côté, ne succombe pas, attends la promesse, car la vérité ne peut pas
tromper. Et toi, ne sois pas menteur en professant une chose tandis que tu en
fais une autre. Garde la foi, et lui gardera sa promesse. Mais si tu ne gardes
pas la foi, c'est toi qui es coupable de fraude, non celui qui a promis.
Puisque vous savez que Dieu est juste, reconnaissez aussi que tout homme qui
vit selon la justice de Dieu est vraiment né de lui (1 Jn 2,29).
Actuellement notre justice vient de la foi. La justice parfaite ne se trouve
que chez les anges, et même pas chez eux si on les compare à Dieu. Pourtant
s'il y a une justice parfaite dans les âmes et les esprits créés par Dieu,
c'est bien chez les anges saints, justes et bons que nulle chute n'a fait
dévier, qu'aucun orgueil n'a fait tomber, mais qui demeurent toujours dans la
contemplation du Verbe de Dieu et qui trouvent leur unique douceur en celui qui
les a créés. En eux la justice est parfaite, et en nous, par la foi, elle
commence à exister selon l'Esprit.
Commentaire sur la Première Épître de Jean, 4,2-3; SC 75, 220-224
Clerus homéliaires
Béatifié le par Léon XIII, Thomas More est canonisé — saint Thomas More — le par le pape Pie XI.
Évangile
de Jésus Christ selon saint Jean 15,9-17
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples
"Comme le Père vous a aimés, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour."
Méditons profondément sur l'amour du Christ, notre Sauveur qui a aimé les
siens jusqu'au bout, Jn 13,1,
à tel point que pour leur bien, volontairement, il souffrit une mort douloureuse
et manifesta le plus haut degré d'amour qui puisse exister. Car il a dit
lui-même : Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses
amis, Jn 15,13.
Oui, c'est bien là le plus grand amour qu'on ait jamais montré. Et pourtant
notre Sauveur en donna un plus grand encore, car il donna cette preuve d'amour
à la fois pour ses amis et pour ses ennemis.
Quelle différence entre cet amour fidèle et les autres formes d'amour faux et
inconstant que l'on trouve dans notre pauvre monde Le flatteur prétend vous aimer parce qu'il
fait chez vous de bons repas. Mais si l'adversité amoindrit vos revenus et
qu'il ne trouve plus la table mise, alors: adieu ! et voilà votre frère le flatteur parti
chercher une autre table. Il pourrait même devenir votre ennemi et médire de
vous cruellement.
Qui peut être sûr, dans l'adversité, de garder beaucoup de ses amis, quand
notre Sauveur lui-même, lorsqu'il fut arrêté, est resté seul, abandonné des
siens ? Quand vous partez, qui voudra partir avec vous ? Seriez-vous roi, votre
royaume ne vous laisserait-il pas partir seul pour vous oublier aussitôt ? Même
votre famille ne vous laisserait-elle pas partir, comme une pauvre âme
abandonnée qui ne sait où aller ?
Alors, apprenons à aimer en tout temps, comme nous devrions aimer : Dieu
par-dessus toute chose, et toutes les autres choses à cause de lui. Car tout
amour qui ne se rapporte pas à cette fin, c'est-à-dire à la volonté de Dieu,
est un amour tout à fait vain et stérile. Tout amour que nous portons à une
créature quelconque et qui affaiblit notre amour envers Dieu est un amour
détestable et un obstacle à notre marche vers le ciel. Dans l'amour que vous
portez à vos enfants, que votre tendresse ne vous empêche jamais, au cas où
Dieu vous le commanderait, d'être prêt à en faire le sacrifice, comme Abraham
était prêt à sacrifier son fils Isaac. Et puisque Dieu ne le fera pas, offrez
votre enfant au service de Dieu d'une autre façon. Car tout ce que nous aimons
et qui nous fait enfreindre un commandement divin, si nous l'aimons plus que
Dieu, c'est un amour mortel et condamnable.
Donc, puisque notre Seigneur nous a tant aimés pour notre salut, implorons
assidûment sa grâce, de crainte qu'en comparaison de son grand amour, nous
soyons convaincus d'ingratitude.
Le
véritable amour
saint Thomas
More (+ 1 535)
Traité sur la Passion. Le
Christ les aima jusqu'au bout, Homélie 1.