Monique-Anne et Jeanine, Orantes de l'Assomption à 94000 VITRY SUR SEINE lisent la Parole de Dieu, les Pères de l'Eglise chaque jour et désirent partager spiritualité et découvertes avec tous. Venez prier et adorer à notre oratoire. Venez vivre un temps de lectio pendant l'Avent et le Carême. Nous désirons partager avec tous nos lecteurs la richesse des commentaires de Pères de l'Eglise. Ils nous enseignent des chemins d'intériorité.
samedi 1 juillet 2023
Basile de Séleucie (+468), L'impatience de Thomas
samedi 24 juin 2023
Saint Augustin, Les membres du Christ souffrants
12e dimanche
du temps ordinaire A
Évangile de Jésus Christ selon saint Mt 10,26-33
Jésus disait
aux douze Apôtres : "Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé
sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu."
Grâces soient rendues au grain de froment, car il a consenti à mourir pour se
multiplier. Grâces soient rendues au Fils unique de Dieu, notre Seigneur et
Sauveur Jésus Christ, qui n'a pas jugé indigne de subir notre mort, pour nous
rendre dignes de partager sa vie. Voyez comme il était seul avant de faire ce
passage ! Aussi avait-il dit dans le psaume : Seul, moi, je passerai,
Ps 140,10. Il y avait néanmoins une si grande fécondité dans ce grain solitaire qu'il
a pu en produire une multitude d'autres. Quand nous célébrons l'anniversaire
des martyrs, nous exultons à la pensée que tant de grains ont imité sa passion !
Vous le savez, et nous vous l'avons répété bien des fois, ses membres si
nombreux sont unis sous une seule tête, notre Sauveur même, par le lien de
l'amour et de la paix. Ils ne forment qu'un seul homme et leur voix se fait
entendre souvent dans les psaumes comme la voix d'un seul. Et la voix de cet
homme crie vers Dieu comme si c'était leurs voix à tous, car tous ne font qu'un
en lui.
Écoutons donc cette voix nous dire les souffrances des martyrs et les furieuses
tempêtes de haine qui se sont abattues sur eux en ce monde. Ils pouvaient
craindre non pas tant d'y laisser la vie du corps qu'ils auraient à abandonner
un jour, mais surtout d'y perdre la foi. N'allaient-ils pas, s'ils cédaient aux
atroces souffrances infligées par leurs persécuteurs ou aux attraits de la vie
d'ici-bas, laisser s'échapper le fruit des promesses divines ?
Dieu les a libérés de toute peur par sa parole et aussi par son exemple. Par sa
parole, en leur disant: Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais
ne peuvent tuer l'âme, Mt 10,28. Par son exemple, en pratiquant ce que
ses discours enseignaient. Ainsi, il n'a pas voulu se soustraire aux mains qui
l'ont flagellé, ni échapper à ceux qui l'ont souffleté, couvert de crachats,
couronné d'épines et fait mourir sur la croix. Alors qu'il n'était nullement
obligé de les endurer, il n'a voulu se dérober à aucun de ces supplices, à
cause de ceux à qui ces souffrances étaient nécessaires. Il a fait de sa
personne un remède pour les malades.
Les martyrs ont donc souffert, mais ils auraient sans doute renoncé s'ils
n'avaient pas eu toujours auprès d'eux celui qui a dit: Et moi, je suis
avec vous jusqu'à la fin du monde, Mt 28,20.
Homélies sur les psaumes, ps 69, 1 ; CCL 39, 930-931.
Clerus, homéliaires
samedi 3 juin 2023
Saint Jean Chrysostome, Le Fils, donné pour la vie du monde
La Sainte Trinité A 4 juin 2023
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,16-18.
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique ainsi tout homme qui
croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle Jn 3,16.
Vous voyez la cause de l'avènement du
Fils de Dieu : il est venu pour que tous ceux qui devaient périr trouvent, par
la foi en lui, l'accès au salut. Qui aurait pu imaginer une générosité
pareille, au-delà de tout éloge ? Par le don du baptême, Dieu accorde à notre
nature le pardon de tous nos péchés ! Non seulement ici la pensée est
impuissante, mais la parole est incapable de dénombrer les autres bienfaits de
Dieu. Si nombreux qu'ils soient, je suis obligé d'en omettre encore davantage.
Que serait-ce donc, si l'on songeait encore à ce chemin de la conversion que
Dieu, dans son indicible amour des hommes, a donné au genre humain, ainsi qu'à
ses prescriptions merveilleuses grâce auxquelles, si nous le voulons, même
après le bienfait du baptême, nous pourrons attirer la grâce d'en haut !
Vous voyez, mes enfants, l'abîme des bienfaits de Dieu! Vous voyez combien leur
énumération est longue, bien que nous n'en ayons encore rappelé qu'une faible
partie ! Comment, en effet, le langage humain pourrait-il dénombrer tout ce que
Dieu a fait pour nous? Mais si grands et si nombreux que soient ces bienfaits,
ils sont plus ineffables et plus grands encore, ceux qu'il a promis pour la vie
future à ceux qui marchent sur le chemin de la vertu. Et, pour nous montrer en
peu de mots l'excès de leur grandeur, saint Paul nous dit: Ce que personne
n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le coeur de l'homme
n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu 1 Co 2,9.
Voyez-vous l'excellence de ces bienfaits ? Voyez-vous comme ils sont au-dessus
de toutes les idées de l'homme ? Ce que le coeur de l'homme n'avait pas
imaginé, c'est l'expression de saint Paul. Si nous voulons récapituler
toutes ces merveilles, si nous voulons en rendre grâce selon nos forces, nous
pourrons attirer sur nous encore plus de grâces divines et grandir en vertu. Le
souvenir des bienfaits de Dieu nous aide à affronter les labeurs de la vertu, à
mépriser les biens terrestres, pour nous ouvrir à l'auteur de tous ces dons et
augmenter, de jour en jour, l'amour que nous lui témoignons.
vendredi 5 mai 2023
Saint Ambroise (+ 397), Avançons par le chemin qu'est le Christ
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,1-12
A l'heure où Jésus passait de ce
monde à son Père, il disait à ses disciples : "Ne soyez donc pas
bouleversés: vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi."
Avançons hardiment vers notre Rédempteur Jésus, rejoignons hardiment
l'assemblée des saints, le concile des justes. Car nous irons vers ceux qui
sont nos frères, vers ceux qui nous ont instruits dans la foi. Ainsi, même si
nos oeuvres sont insuffisantes, que la foi vienne à notre secours et préserve
notre héritage.
Le Seigneur sera la lumière de tous, et cette vraie lumière qui éclaire
tout homme, Jn 1,9 brillera pour tous. Nous irons là où le Seigneur Jésus a préparé des
demeures pour ses serviteurs, afin que là où il est, nous soyons nous aussi,
car telle est sa volonté. Quelles sont ces demeures ? Écoutons-le en parler : Dans
la maison de mon Père il y a beaucoup de demeures. Et il nous dit ce qu'il
veut : Je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis,
vous soyez vous aussi, Jn 14,2-3.
Mais, me direz-vous, il ne parlait ainsi qu'à ses disciples, c'est à eux seuls
qu'il promettait ces nombreuses demeures ; et où voyez-vous qu'on viendra de
partout prendre part au banquet dans le royaume de Dieu ?
Comment pouvez-vous mettre en doute l'efficacité de la parole divine ? Pour le
Christ, vouloir, c'est réaliser. Enfin il a montré le lieu et le chemin, quand
il a dit : Où je vais, vous le savez, et vous savez le chemin, Jn 14,4. Le lieu, c'est chez le Père ; le chemin, c'est le Christ, comme il l'a
dit lui-même : Moi je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au
Père que par moi Jn 14,7.
Entrons dans ce chemin, attachons-nous à la vérité, suivons la vie. Le chemin
est ce qui conduit, la vérité est ce qui affermit, la vie est ce qui se donne
de soi-même. Et pour que nous comprenions bien ce qu'il veut, il ajoutera plus
loin: Père, ceux que tu m'as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi
soient avec moi, pour qu'ils contemplent ma gloire, Père Jn 17,24. Il est beau de voir que ce qu'il avait promis auparavant, maintenant il
le demande. En effet, parce qu'il avait promis d'abord et qu'il demande
maintenant, et non pas le contraire, on voit qu'il a promis d'abord comme étant
maître du don, conscient de sa puissance ; ensuite il a demandé au Père, comme
étant l'interprète de la piété filiale. Il a promis d'abord, pour que vous
reconnaissiez son pouvoir. Il a demandé ensuite, pour que vous compreniez sa
piété envers le Père.
Nous te suivons, Seigneur Jésus. Mais pour que nous te suivions, appelle-nous,
parce que, sans toi, nul ne montera vers toi. Car tu es le chemin, la vérité,
la vie. Tu es aussi notre secours, notre foi, notre récompense. Ceux qui sont à
toi, accueille-les, toi qui es le chemin
; fortifie-les, toi qui es la vérité ; vivifie-les, toi qui es la vie.
in Clerus
dimanche 30 avril 2023
Saint Jean Chrysostome (+ 407), L'envoi de l'autre Défenseur
6ème dimanche de Pâques A
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,15-21
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses
disciples : "Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes
commandements."
Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements Jn 14,15-18.
Je vous ai donné ce commandement de vous aimer les uns les autres, de pratiquer
entre vous ce que moi-même ai fait pour vous. C'est cela l'amour : obéir à ces
commandements, et ressembler à celui que vous aimez. Moi, je prierai le
Père, et il vous donnera un autre Défenseur. Nouvelle parole, pleine de
délicatesse. Parce que les disciples ne connaissaient pas encore le Christ
d'une manière parfaite, on pouvait penser qu'ils regretteraient vivement sa
société, ses entretiens, sa présence selon la chair, et que rien ne pourrait
les consoler de son départ. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un
autre Défenseur, c'est-à-dire : un autre tel que moi.
C'est quand le Christ les eut purifiés par son sacrifice que l'Esprit Saint
descendit en eux. Pourquoi n'est-il pas venu pendant que Jésus était avec eux ?
Parce que le sacrifice n'avait pas été offert. C'est seulement lorsque le péché
eut été enlevé et que les disciples furent envoyés affronter les périls du
combat, qu'il leur fallut un entraîneur. Mais alors, pourquoi l'Esprit n'est-il
pas venu aussitôt après la résurrection ? Afin qu'ayant un plus vif désir de le
recevoir, ils l'accueillent avec une plus grande reconnaissance. Tandis que le
Christ était avec eux, ils n'étaient pas affligés ; lorsqu'il fut parti, leur
solitude les plongea dans une crainte profonde ; ils allaient donc accueillir
l'Esprit avec beaucoup d'ardeur.
Il sera pour toujours avec vous. Cela signifie clairement qu’il ne vous
quittera jamais. Il ne fallait pas qu'en entendant parler d'un Défenseur, ils
imaginent une seconde incarnation et espèrent la voir de leurs yeux. Il
rectifie donc leur pensée en disant : Le monde est incapable de le
recevoir parce qu'il ne le voit pas. Car il ne sera pas avec vous de la
même manière que moi, mais c'est dans vos âmes qu'il habitera, comme le
signifient ces paroles : Il est en vous. Et il l'appelle l'Esprit
de vérité parce qu'il leur fera connaître le vrai sens des préfigurations
de la Loi ancienne.
Il sera pour toujours avec vous. Qu'est-ce que cela veut dire ? Ce qu'il
dit de lui-même : Voici que je suis avec vous. Mais d'une façon
différente, et il insinue que le Défenseur ne souffrira pas comme le Christ, et
que lui ne vous quittera pas. Le monde est incapable de le recevoir parce
qu'il ne le voit pas. Quoi donc ? Serait-il visible pour les autres ?
Nullement. Il parle ici de la connaissance par l'esprit, puisqu'il ajoute
aussitôt : Et ne le connaît pas. Nous savons qu'il emploie le mot
"voir" au sens de connaissance très claire. Par "le monde"
il entend ici les méchants, et c'est là un réconfort pour les disciples, que
leur soit accordé un don de choix.
Il annonce un Défenseur autre que lui ; il affirme que ce Défenseur ne les
quittera pas; il ajoute qu'il viendra uniquement pour eux, comme le Christ
lui-même est venu. Il déclare enfin qu'il va demeurer en eux, mais ce n'est pas
ainsi qu'il dissipe leur chagrin, car c'est lui qu'ils veulent, c'est sa
compagnie. Et il dit pour les apaiser : Je ne vous laisserai pas
orphelins, je reviens vers vous.
Ne craignez pas, dit-il. Si j'ai promis d'envoyer un autre Défenseur, ce
n'est pas que je veuille vous abandonner pour toujours. En disant : Pour
qu'il soit toujours avec vous, ce n'est pas en ce sens que je ne vous
verrai plus. Car, moi aussi, je reviens vers vous, je ne vous laisserai
pas orphelins.
vendredi 21 avril 2023
Saint Grégoire le Grand, extrait sermon sur le bon pasteur
La Parabole du berger,
St Jean 10,1-20
En ce temps-là, Jésus dit aux pharisiens : «Je suis le Bon
Pasteur". Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le
mercenaire, celui qui n’est pas le pasteur, à qui les brebis n’appartiennent
pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit. Et le loup les
emporte et les disperse. Le mercenaire s’enfuit parce qu’il est mercenaire et
qu’il ne se soucie pas des brebis.
«Je suis le Bon Pasteur; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît et que je connais le Père. Et je donne ma vie pour mes
brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie;
celles-là aussi, il faut que je les conduise; et elles écouteront ma voix, et
il y aura une seule bergerie et un seul Pasteur.»
Vous avez entendu, frères très chers, l’instruction qui vous est adressée par
la lecture d’Evangile ; vous avez entendu aussi le péril que nous courons. Voici
en effet que celui qui est bon, non par une grâce accidentelle, mais par
essence, déclare : «Je suis le Bon Pasteur.» Et nous donnant
le modèle de la bonté que nous devons imiter, il ajoute : «Le Bon
Pasteur donne sa vie pour ses brebis.» Il a fait ce qu’il nous a
enseigné; il a montré ce qu’il nous a ordonné. Le Bon Pasteur a donné sa vie
pour ses brebis au point de changer son corps et son sang en sacrement pour
nous, et de rassasier par l’aliment de sa chair les brebis qu’il avait
rachetées.
Il nous a tracé la voie du mépris de la mort, pour que nous la suivions; il a
placé devant nous le modèle auquel nous devons nous conformer : dépenser d’abord
nos biens extérieurs en toute charité pour les brebis du Seigneur, et si
nécessaire, donner même à la fin notre vie pour elles. La première forme de
générosité, qui est moindre, conduit à cette dernière, qui est plus élevée.
Mais puisque l’âme, par laquelle nous vivons, est incomparablement supérieure
aux biens terrestres que nous possédons au-dehors, comment celui qui ne donne
pas de ses biens à ses brebis serait-il disposé à donner sa vie pour elles?
Car il en est qui ont plus d’amour pour les biens terrestres que pour les
brebis, et qui perdent ainsi à bon droit le nom de pasteur. C’est d’eux que le
texte ajoute aussitôt après : «Le mercenaire, celui qui n’est pas le
pasteur, à qui les brebis n’appartiennent pas, voit-il venir le loup, il
abandonne les brebis et s’enfuit.»
2. Il n’est pas appelé pasteur, mais mercenaire, celui qui fait paître les
brebis du Seigneur, non parce qu’il les aime du fond du cœur, mais en vue de
récompenses temporelles. Il est mercenaire, celui qui occupe la place du pasteur,
mais ne cherche pas le profit des âmes. Il convoite avidement les avantages
terrestres, se réjouit de l’honneur de sa charge, se repaît de profits
temporels et se complaît dans le respect que lui accordent les hommes. Telles
sont les récompenses du mercenaire : il trouve ici-bas le salaire qu’il désire
pour la peine qu’il se donne dans sa charge de pasteur, et se prive ainsi pour
l’avenir de l’héritage du troupeau.
Tant que n’arrive aucun malheur, on ne peut pas bien discerner s’il est pasteur
ou mercenaire. En effet, au temps de la paix, le mercenaire garde ordinairement
le troupeau tout comme un vrai pasteur. Mais l’arrivée du loup montre avec
quelles dispositions chacun gardait le troupeau. Un loup se jette sur les
brebis chaque fois qu’un homme injuste ou ravisseur opprime les fidèles et les
humbles. Celui qui semblait être le pasteur, mais ne l’était pas, abandonne
alors les brebis et s’enfuit, car craignant pour lui-même le danger qui vient
du loup, il n’ose pas résister à son injuste entreprise. Il fuit, non en
changeant de lieu, mais en refusant son assistance. Il fuit, du fait qu’il voit
l’injustice et qu’il se tait. Il fuit, parce qu’il se cache dans le silence.
C’est bien à propos que le prophète dit à de tels hommes : «Vous n’êtes
pas montés contre l’ennemi, et vous n’avez pas construit de mur autour de la
maison d’Israël pour tenir bon dans le combat au jour du Seigneur.»
Ez 13, 5. Monter contre l’ennemi, c’est s’opposer par la voix libre de la
raison à tout homme puissant qui se conduit mal. Nous tenons bon au jour du
Seigneur dans le combat pour la maison d’Israël, et nous construisons un mur,
quand par l’autorité de la justice, nous défendons les fidèles innocents
victimes de l’injustice des méchants. Et parce que le mercenaire n’agit pas ainsi,
il s’enfuit lorsqu’il voit venir le loup.
3. Mais il y a un autre loup, qui ne cesse chaque jour de déchirer, non les
corps, mais les âmes : c’est l’esprit malin. Il rôde en tendant des pièges
autour du bercail des fidèles, et il cherche la mort des âmes. C’est de ce loup
qu’il est question tout de suite après : «Et le loup emporte les brebis et les
disperse.» Le loup vient et le mercenaire fuit, quand l’esprit malin déchire
les âmes des fidèles par la tentation et que celui qui occupe la place du pasteur
n’en a pas un soin attentif. Les âmes périssent, et il ne pense, lui, qu’à
jouir de ses avantages terrestres. Le loup emporte les brebis et les disperse :
il entraîne tel homme à la luxure, enflamme tel autre d’avarice, exalte tel
autre par l’orgueil, jette tel autre dans la division par la colère; il excite
celui-ci par l’envie, renverse celui-là en le trompant. Comme le loup disperse
le troupeau, le diable fait mourir le peuple fidèle par les tentations.
Mais le mercenaire n’est enflammé d’aucun zèle ni animé d’aucune ferveur
d’amour pour s’y opposer : ne recherchant en tout que ses avantages extérieurs,
il n’a que négligence pour les dommages intérieurs du troupeau. Aussi le texte
ajoute-t-il aussitôt : «Le mercenaire s’enfuit parce qu’il est mercenaire
et qu’il ne se soucie pas des brebis.» En effet, la seule raison pour
laquelle le mercenaire s’enfuit, c’est qu’il est mercenaire. C’est comme si
l’on disait clairement : «Demeurer au milieu des brebis en danger est
impossible à celui qui conduit les brebis, non par amour des brebis, mais par
recherche de profits terrestres.» Car du fait qu’il s’attache aux
honneurs et se complaît dans les avantages terrestres, le mercenaire hésite à
s’opposer au danger, pour ne pas perdre ce qu’il aime.
Après nous avoir montré les fautes du faux pasteur, notre Rédempteur revient
sur le modèle auquel nous devons nous conformer, quand il affirme : «Je
suis le Bon Pasteur.» Et il ajoute : «Je connais mes brebis —
c’est-à-dire : je les aime — et mes brebis me connaissent», comme pour dire
clairement : «Elles me servent en m’aimant.» Car il ne connaît
pas encore la Vérité, celui qui ne l’aime pas.
4. Maintenant que vous avez entendu, frères très chers, quel est notre péril,
considérez également, dans les paroles du Seigneur, quel est le vôtre. Voyez si
vous êtes de ses brebis, voyez si vous le connaissez, voyez si vous percevez la
lumière de la Vérité. Précisons : si vous la percevez, non par la seule foi,
mais par l’amour. Oui, précisons : si vous la percevez, non en vous contentant
de croire, mais en agissant. En effet, le même évangéliste Jean qui parle dans
l’évangile de ce jour déclare ailleurs : «Celui qui dit connaître Dieu,
mais ne garde pas ses commandements, est un menteur.», 1 Jn 2, 4. C’est pourquoi ici le
Seigneur ajoute aussitôt : «Comme le Père me connaît et que je connais
le Père. Et je donne ma vie pour mes brebis.» C’est comme s’il disait
clairement : «Ce qui prouve que je connais le Père et que je suis connu
du Père, c’est que je donne ma vie pour mes brebis ; je montre combien j’aime
le Père par cette charité qui me fait mourir pour mes brebis.»
Mais parce qu’il était venu racheter, non seulement les Juifs, mais aussi les
païens, il ajoute : «J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de
cette bergerie ; celles-là aussi, il faut que je les conduise; et elles
écouteront ma voix, et il y aura une seule bergerie et un seul Pasteur.» C’est
notre rédemption à nous, venus des peuples païens, que le Seigneur avait en vue
lorsqu’il parlait de conduire aussi d’autres brebis. Et cela, mes frères, vous
pouvez en constater chaque jour la réalisation. C’est ce que vous voyez
aujourd’hui accompli dans la réconciliation des païens. Il a pour ainsi dire
constitué une seule bergerie avec deux troupeaux, en réunissant les peuples
juif et païen dans une même foi en sa personne, comme l’atteste Paul par ces
paroles : «Il est notre paix, lui qui des deux peuples n’en a fait
qu’un.», Ep 2, 14. Il conduit les brebis à sa propre bergerie
quand il choisit pour la vie éternelle des âmes simples de l’un et l’autre
peuple.
5. C’est de ces brebis que le Seigneur dit ailleurs : «Mes brebis
écoutent ma voix, et je les connais, et elles me suivent, et je leur donne la
vie éternelle.», Jn 10, 27-28. C’est d’elles qu’il déclare un peu
plus haut : «Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, et il entrera
et il sortira, et il trouvera des pâturages.», Jn 10, 9. Il
entrera en venant à la foi ; il sortira en passant de la foi à la vision face à
face, de la croyance à la contemplation; et il trouvera pour s’y rassasier des
pâturages d’éternité. Les brebis du Seigneur trouvent des pâturages, puisque
tous ceux qui le suivent d’un cœur simple se rassasient en pâturant dans des
prairies éternellement vertes. Et quels sont les pâturages de ces brebis, sinon
les joies intérieures d’un paradis à jamais verdoyant ? Car les pâturages des
élus sont la présence du visage de Dieu, dont une contemplation ininterrompue
rassasie indéfiniment l’âme d’un aliment de vie. Ceux qui ont échappé aux
pièges du plaisir fugitif goûtent, dans ces pâturages, la joie d’un éternel
rassasiement.
Là les chœurs des anges chantent des hymnes ; là sont réunis les citoyens du
Ciel. Là se célèbre une fête solennelle et douce pour ceux qui reviennent de ce
triste et pénible exil terrestre. Là se rencontrent les chœurs des prophètes qui ont
prévu l’avenir ; là siège pour juger le groupe des apôtres; là est couronnée
l’armée victorieuse des innombrables martyrs, d’autant plus joyeuse là-haut
qu’elle a été plus cruellement éprouvée ici-bas ; là, les confesseurs sont
consolés de leur constance par la récompense qu’ils reçoivent; là se
rencontrent les hommes fidèles dont les voluptés du monde n’ont pu amollir la
robuste virilité, là les saintes femmes qui, outre le monde, ont vaincu la
faiblesse de leur sexe, là les enfants qui ont devancé le nombre des années par
la maturité de leurs mœurs, là enfin les vieillards que l’âge a rendus si
faibles, sans pourtant leur faire perdre le cœur à l’ouvrage.
6. Recherchons donc, frères très chers, ces pâturages où nous partagerons la
fête et la joie de tels concitoyens. Le bonheur même de ceux qui s’y
réjouissent nous y invite. N’est-il pas vrai que si le peuple organisait
quelque part une grande foire, ou qu’il accourait à l’annonce de la dédicace
solennelle d’une église, nous nous empresserions de nous retrouver tous
ensemble ? Chacun ferait tout pour y être présent, et croirait avoir beaucoup
perdu s’il n’avait eu le spectacle de l’allégresse commune. Or voici que dans
la cité céleste, les élus sont dans l’allégresse et se félicitent à l’envi au
sein de leur réunion; et cependant, nous demeurons tièdes quand il s’agit
d’aimer l’éternité, nous ne brûlons d’aucun désir, et nous ne cherchons pas à prendre
part à une fête si magnifique. Et privés de ces joies, nous sommes contents !
Réveillons donc nos âmes, mes frères ! Que notre foi se réchauffe pour ce
qu’elle a cru, et que nos désirs s’enflamment pour les biens d’en haut : les
aimer, c’est déjà y aller.
Ne laissons aucune épreuve nous détourner de la joie de cette fête intérieure :
lorsqu’on désire se rendre à un endroit donné, la difficulté de la route,
quelle qu’elle soit, ne peut détourner de ce désir. Ne nous laissons pas non
plus séduire par les caresses des réussites. Combien sot, en effet, est le
voyageur qui, remarquant d’agréables prairies sur son chemin, oublie d’aller où
il voulait. Que notre âme ne respire donc plus que du désir de la patrie
céleste, qu’elle ne convoite plus rien en ce monde, puisqu’il lui faudra
assurément l’abandonner bien vite. Ainsi, étant de vraies brebis du céleste
Pasteur, et ne nous attardant pas aux plaisirs de la route, nous pourrons, une
fois arrivés, nous rassasier dans les pâturages éternels.
http://www.salve-regina.com/
St Grégoire le Grand, pélerin Emmaüs
Comme forme de compassion, Grégoire loue l’hospitalité.
En écoutant Jésus leur parler des Écritures tout
au long du chemin, les disciples d’Emmaüs n’ont pas été illuminés.
Ils n’ont été illuminés qu’en exerçant la
charité.
La compassion est la vertu de celui qui se
trouve dans une position privilégiée par rapport à un prochain souffrant, ou
dans la gêne.
Patrick CATRY, o.s.b.
Amour chez saint Grégoire le grand, Bellefontaine, vie monastique n°17.
Grégoire le Grand, homélie 23,
Saint Jean
24,35-48., 3 ème dimanche de Pâques
Lecture de Saint Grégoire le grand (+604)
Ils l’avaient reconnu lors de la fraction du pain
Les deux disciples se
sont accompagnés mutuellement. Ils étaient non croyants, et malgré cela, ils
conversaient entre eux à propos du Seigneur.
Et voilà qu’il est
venu faire route avec eux ; ils ne l’ont pas reconnu. Le seigneur dévoilait
pour eux ce qui se déroulait dans leurs cœurs. Les deux disciples avaient des
sentiments divisés entre l’amour et le doute. Alors, le Seigneur s’approcha
deux, mais il ne s’est pas fait reconnaître. Il a offert sa présence à ces deux
hommes qui parlaient de lui, mais il a caché son vrai visage, eux-mêmes ayant
douté de lui. Il leur a parlé, puis les a réprimandés à cause de la dureté de
leurs cœurs. Il leur a dévoilé les mystères se trouvant dans la Bible qui
parlent de lui. Puis, il fit semblant d’aller plus loin, car il était toujours
étranger à leur foi. Si la vérité a admis cela, c’est en raison de sa
simplicité, à double titre
: elle
apparaissait aux yeux des disciples tout comme elle était présente dans leurs
esprits. Puis le Seigneur a voulu voir s’ils l’aimaient comme ami dans
l’apparence d’un étranger, même sans le reconnaître comme Dieu. Mais la charité n’était pas étrangère
à ceux qui marchaient avec la vérité. Ils l’ont invité à rester chez eux, comme
tout étranger est invité. Est-ce que nous pouvons moins parler de cette
invitation ? Le livre dit : « Ils le pressèrent ", Lc
24,29. La charité nous enseigne, par cette histoire, que notre invitation
doit être pressante, pour que les étrangers entrent sous notre toit.
Ils ont préparé la table et la nourriture ; ainsi, ils ont découvert Dieu
par la fraction du pain, mais ils ne l’ont pas reconnu lorsqu’il s’exprimait.
Ils n’ont pas été illuminés par l’écoute des commandements divins, mais par
leur pratique : car « Ce ne sont pas ceux qui écoutent la Loi qui sont
justes devant Dieu, mais ceux qui la mettent en pratique seront justifiés
», Rm 2,13.
Si quelqu’un veut comprendre ce qu’il a entendu, qu’il l’applique selon sa
mémoire. Le Seigneur ne fut pas reconnu quand il a parlé, mais il s’est fait
connaître quand on lui a servi la nourriture.
Chers frères et sœurs, aimons l’hôte. Aimons la charité. A ce propos, Saint
Paul nous a dit : « Que l’amour fraternel demeure. N’oubliez pas
l’hospitalité, car, grâce à elle, certains, sans le savoir ont accueilli des
anges », He 13,1-2. Et Saint Pierre dit : « Pratiquez
hospitalité les uns envers les autres, sans murmurer », 1 P
4,9. Et la vérité même nous parle de la charité : « J’étais
étranger et vous m’avez accueilli… Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de
ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait », Mt
25,40.
Malgré cela, mes frères et sœurs, nous sommes paresseux dans la pratique de
la vertu de l’hospitalité. Il faudrait donner à cette vertu sa bonne place
; ainsi le Christ viendra à notre table, et nous serons accueillis dans le
festin éternel.
Si nous accueillons le Christ présent chez l’étranger, il ne nous niera pas
le jour du jugement, mais il nous acceptera comme frères dans son Royaume.
https://www.ourwaytogod.org/f
dimanche 9 avril 2023
Basile de Séleucie, Jésus entre toutes portes closes
Saint Jean 20,19-31 2ème dimanche de Pâques
Ceux qui doutaient de sa Résurrection, sont alors frappés de stupeur. Mais Thomas, alors absent, demeure incrédule. Thomas désire voir Jésus de ses propres yeux. L’impatience le brûle quand il dit : - Si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son flanc, je ne croirai pas. Il veut être lui-même témoin du Seigneur. Et le Seigneur réapparaît, il dissipe la tristesse de son disciple et vient combler son attente : Jésus entre toutes portes closes.
Cet exploit inouï confirme sa résurrection inouïe. - Mets ton doigt dans la marque des clous, dit-il à son disciple Thomas. Je connais ton désir. Je sais ce que tu penses. Je connais tes doutes, et je t’ai fait attendre, pour mieux regarder ton impatience. - Mets ton doigt dans la marque des clous, mets ta main dans mon flanc, et ne sois plus incrédule, mais crois.
Alors Thomas le touche, toute sa défiance tombe, et comblé d’une foi sincère et de tout l’amour que l’on doit à son Dieu, il s’écrie : - Mon Seigneur et mon Dieu ! Et le Seigneur lui dit : - Parce que tu m’as vu, tu as cru ; heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru !
Thomas, porte la nouvelle de ma résurrection à ceux qui ne m’ont point vu. Dis-leur qu’ils sont appelés par grâce, et contemple leur foi. - Heureux en vérité ceux qui n’ont pas vu et ont cru !
Telles sont les oeuvres de la grâce et la moisson de l’Esprit.
Ils ont suivi le Christ sans l’avoir vu, ils l’ont cherché et ils ont cru.
Ils l’ont reconnu avec les yeux de la foi, non les yeux du corps.
Ils n’ont pas mis leurs doigts dans les marques des clous, mais, par la grâce, ils se sont attachés au Christ et ils ont fait leur cette parole du Seigneur :
- Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru !
jeudi 6 avril 2023
Saint Éphrem « Jésus, notre Seigneur, le Christ, nous a illuminés de Sa joyeuse Lumière »
La Prière de :
Saint Éphrem « Jésus, notre Seigneur, le Christ, nous a illuminés de Sa joyeuse Lumière »
« Jésus, notre Seigneur, le Christ, nous est apparu du sein de son Père.
Il est venu et nous a tirés des ténèbres et
nous a illuminés de Sa joyeuse Lumière.
Le jour
s’est levé pour les hommes ; la puissance des ténèbres est chassée.
De sa
Lumière s’est levée pour nous une Lumière qui a éclairé nos yeux obscurcis.
Il a fait
lever Sa gloire sur le monde et a éclairé les plus profonds abîmes.
La mort est
anéantie, les ténèbres ont pris fin, les portes de l’enfer sont en pièces.
Il a
illuminé toutes les créatures, ténèbres depuis les temps anciens.
Il a réalisé
le salut
et nous a donné la vie ;
ensuite il viendra dans la gloire et il éclairera les yeux de tous ceux
qui l’auront attendu.
Notre Roi
vient dans Sa grande gloire :
allumons nos lampes, sortons à Sa rencontre Mt
25,6 ;
réjouissons-nous en Lui comme Il s’est réjoui en nous et nous réjouit
par sa glorieuse Lumière.
Mes frères,
levez-vous, préparez-vous pour rendre grâce à notre Roi et Sauveur qui viendra
dans Sa gloire et nous réjouira de Sa joyeuse lumière dans le Royaume.
Amen. »
Voici une Prière extraite d’un Hymne sur la
Résurrection « Jésus,
notre Seigneur, le Christ, nous a illuminés de Sa joyeuse Lumière » de Saint Éphrem le
Syrien de Nisibe (306-373), Diacre et Docteur de l'Eglise, Grand Théologien et
chantre des Eglises de langue syriaque du IVe siècle.
https://site-catholique.fr/index.php?post/Hymne-de-Saint-Ephrem-sur-la-Resurrection
Saint Jean Chrysostome, Pâques et résurrection, jour de Paques
« Que tout homme pieux et ami de Dieu jouisse de cette belle et lumineuse solennité !
Que tout serviteur fidèle entre avec allégresse dans la joie de son Seigneur ! Mt 25,21.
Celui qui a porté le poids du jeûne, qu’il vienne maintenant toucher son denier.
Celui qui a travaillé depuis la première heure,
qu’il reçoive aujourd’hui le juste salaire.
Celui qui est venu après la troisième heure,
qu’il célèbre cette fête dans l’action de grâces. Celui qui est arrivé après la
sixième heure, qu’il n’ait aucun doute, il ne sera pas lésé.
Si quelqu’un a tardé jusqu’à la neuvième heure,
qu’il approche sans hésiter.
S’il en est un qui a traîné jusqu’à la onzième
heure, qu’il n’ait pas honte de sa tiédeur, car le Maître est généreux, il
reçoit le dernier comme le premier ; il accorde le repos à l’ouvrier de la
onzième heure comme à celui de la première ; il fait miséricorde à celui-là, et
comble celui-ci. Il donne à l’un, il fait grâce à l’autre. Mt 20,1-16. Il
accueille les pauvres et reçoit avec tendresse la bonne volonté ; il honore
l’action et loue le bon propos.
Ainsi donc, entrez tous dans la joie du Seigneur !
Premiers et derniers, recevez la récompense.
Riches et pauvres, chantez en cœur tous
ensemble.
Les vigilants comme les nonchalants, honorez ce
jour.
Vous qui avez jeûné, et vous qui n’avez pas
jeûné, réjouissez-vous aujourd’hui. La table est préparée, mangez-en tous, Mt 22,4 ; le veau gras
est servi, que nul ne s’en retourne à jeun, Lc 15,23 . Jouissez tous du banquet de la foi, au trésor de
la bonté.
Que nul ne déplore sa pauvreté, car le Royaume
est apparu pour tous.
Que nul se lamente de ses fautes, car le pardon a
jailli du tombeau.
Que nul ne craigne la mort, car la mort du
Sauveur nous en a libérés.
Il a détruit la mort, celui que la mort avait
étreint ;
il a dépouillé l’enfer, celui qui est descendu
aux enfers.
Il a rempli l’enfer d’amertume, pour avoir goûté
de sa chair.
Isaïe l’avait prédit en disant :
« L’enfer
fut rempli d’amertume lorsqu’il t’a rencontré », Is 14,9.
L’enfer est rempli d’amertume, car il a été joué
;
bouleversé, car il a été enchaîné ;
bouleversé, car il a été mis à mort ;
bouleversé, car il a été anéanti ; consterné, car
il a saisi un corps et s’est trouvé devant Dieu. Il a pris la terre et a
rencontré le ciel ;
il a saisi ce qu’il voyait, et il est tombé sur
celui qu’il ne voyait pas.
Ô mort, où est ton aiguillon ?
Enfer, où est ta victoire, 1 Co 15,55 ?
Christ est ressuscité et tu as été terrassée ;
Christ est ressuscité et les démons sont tombés ;
Christ est ressuscité et les anges sont dans la
joie ;
Christ est ressuscité et voici que règne la vie.
Christ est ressuscité et il n’est plus de morts
dans les tombeaux ; car le Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux
qui se sont endormis, 1 Co 15,20. À lui
gloire et puissance dans les siècles des siècles ! Amen. »
Monique-Anne Giroux, Or.A., du silence à la joie de prier à la lumière de Pâques
Une hymne de Carême nous invite à « veiller et prier dans l'attente du jour". La liturgie nous entraîne dans le cycle de la Vie, où tout recommence et se renouvelle d'âge en âge, dans une conscience qui se réveille peu à peu à la présence de l’Éternel, à la vie de celui qui est, qui était et qui vient. Joies et peines rythment nos vies. Dans l'attente, l’absence et le manque dans ces grands silences, nous recherchons ton souffle créateur. « Le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux » (Gn 1, 2). Monique-Anne Giroux
Seigneur, je contemple les silences qui ont communiqué ta vie.
Après le silence de la nuit à Bethléem et celui de ta jeunesse vécue à Nazareth, tu as pris la parole :
« Jésus se leva pour faire la lecture... “L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres”.
Sans tarder, tu as dû faire face aux esprits, aux tempêtes, aux incompréhensions de tes amis. « Un homme de la ville, possédé par des démons, vint à sa rencontre » (Lc 8, 27).
« Les vagues se jetaient sur la barque... Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : “Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien?” » (Mc 4, 37. 38). Poursuivi, finalement jugé, tu t’es tu.
Dans le silence et la prière
« Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche » (Is 53, 7). « Le grand prêtre lui dit : “Tu ne réponds rien?” » (Mt 26, 62-63).
Tu a prié dans la nuit et le silence de ta solitude à Gethsémani. « Jésus priait... Il rejoignit ses
disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse » (Lc 22, 44. 46).
Sur la Croix, tu priais.
« Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34).
Et là, tu as trouvé un frère, crucifié avec toi.
« Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Lc 23, 43).
« Il y avait un tombeau neuf... C’est là qu’ils déposèrent Jésus » (Jn 19, 41. 42).
Le tombeau s’est refermé.
Tout semble vide, perdu dans le silence de la séparation et le désarroi devant la perte d’un être cher. Nous manquons de paroles pour aider nos proches eux-mêmes.
Dans la prière, quand tout paraît inhabité, nous percevons ton silence comme une absence. Nous veillons dans la nuit, nous cherchons ta présence. Paroles et silences tissent nos prières, nos rencontres et nos partages. Le silence peut être pesant, il peut aussi créer un espace où tout peut être
dit, entendu, sans condamnation. Ouvert à l’espérance, il peut être promesse d’une nouvelle naissance.
« Amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne
peut voir le royaume de Dieu » (Jn 3, 3).
L’homélie ancienne du Samedi saint exprime ce silence
qui ouvre à l’espérance :
« Que se passe-t-il ? “Aujourd’hui grand silence sur la terre – et ensuite solitude – parce que Dieu s’est endormi
dans la chair. Il veut visiter ceux qui demeurent dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort. C’est vers l’homme captif que Dieu se dirige pour le délivrer. Il le relève :
“C’est moi qui, pour toi, te parle maintenant... Éveille-toi, relève-toi, sois illuminé.” »
Tissé de paroles et de silences, ton langage m’invite à faire silence pour écouter le langage de la Révélation. C’est dansle silence, la solitude et la nuit, que se réalise le triomphe
de ta Résurrection, la victoire de Dieu sur le péché, expression de la totale union entre Jésus et son Père.
Notre cœur n’est-il pas tout brûlant lorsque nous te reconnaissons dans ta Parole... Fais-toi reconnaître dans les situations que nous vivons (cf. Lc 24, 13-35). Ton peuple se souvient du passage de la mer Rouge, de sa longue marche au désert. En ce soir où le feu flamboie, Seigneur, embrase nos cœurs au feu de ton amour.
Et notre joie éclate en cette nuit de Pâques
« Nous te louons, splendeur du Père. Jésus, Fils de Dieu.
Qu’éclate dans le ciel la joie des anges, qu’éclate de partout la joie du monde, qu’éclate dans l’Église la joie des fils de Dieu, La lumière éclaire l’Église, la lumière éclaire la terre, peuples, chantez... Demain se lèvera l’aube nouvelle d’un monde rajeuni dans la Pâque de ton Fils! Et que règnent la
Paix, la Justice et l’Amour, et que passent tous les hommes de cette terre à ta grande maison, par Jésus Christ! »
Tout est allégresse en cette nuit de Pâques. La chasuble blanche ou dorée symbolise la joie de la lumière, le cierge pascal va rester allumé jusqu'à la Pentecôte pour rappeler la présence du Christ. Les flammes de nos cierges scintillent.
« Je suis la lumière du monde. Qui me suit aura la lumière de la Vie» (Jn 8, 12).
Seigneur je te rends grâce pour ton œuvre que tu poursuis.
Tu renouvelles ton alliance avec ton peuple.
Tu te fais proche de chacun de nous.
Tu te fais reconnaître à Marie de Magdala désemparée et
tu l’envoies auprès des disciples (cf. Jn 20, 11-18).
Tu te révèles à tes disciples et tu les envoies en leur communiquant ton Esprit Saint (cf. Jn 20, 19-23).
Tu confirmes Thomas dans sa foi, et tu l’invites à croire sans voir (cf. Jn 20, 24-29).
Tu te manifestes lors de la pêche miraculeuse et le partage du repas (cf. Jn 21, 1-14).
Tu apparais aux onze disciples (cf. Lc 24, 36-50).
Tu confies à Pierre sa mission (cf. Jn 21, 15-19).
Et ton œuvre se déploie sans fin : « Jésus a fait encore bien d’autres choses, et si on les écrivait une à une, le monde entier ne pourrait, je pense contenir le livre qu’on écrirait, Jn 21.25.
UNE PRIERE
La nuit a été longue, et nous avons péché
toute la nuit sans rien prendre.
Le matin, tu apparais incognito sur le rivage,
sur ton appel, nous jetons les filets.
Les poissons sont abondants,
et Pierre te reconnaît.
Donne-nous d’écouter ta parole,
de la mettre en pratique, de chercher
ta présence sans jamais nous lasser,
Et de savoir la manifester à tous,
dans une foi renouvelée.
L’aurore pointe. La nuit devient lumière.
La lumière brille sur le monde et le transfigure.
La vie jaillit en nos cœurs. Tout renaît
et chante la gloire de Dieu. Le Christ a vaincu
la mort, il a tiré les morts à la vie.
Ta parole nous rejoint et nous entraîne
dans ce passage de nos ombres vers
ta lumière de Ressuscité.
Que tous bénissent ton Nom, à jamais.






