Monique-Anne et Jeanine, Orantes de l'Assomption à 94000 VITRY SUR SEINE lisent la Parole de Dieu, les Pères de l'Eglise chaque jour et désirent partager spiritualité et découvertes avec tous. Venez prier et adorer à notre oratoire. Venez vivre un temps de lectio pendant l'Avent et le Carême. Nous désirons partager avec tous nos lecteurs la richesse des commentaires de Pères de l'Eglise. Ils nous enseignent des chemins d'intériorité.
mardi 28 mai 2019
Eléments de discernement, Thérèse d'Avila, soeur Jeanine Gindrey
Soeur Jeanine Gindrey, Orante de l’Assomption
a relevé des repères de discernement en fonction de sa lecture de Sainte Thérèse d'Avila, Œuvres Complètes, Éditions du Seuil, 1949.
L'oeuvre de l'Esprit
Sainte Thérèse d’Avila nous invite au discernement :
«C’est par les effets et les œuvres qui suivent que l’on reconnaît la vérité de ce qui se passe dans l’oraison… Il n’y a pas de meilleur creuset pour en faire l’épreuve», 877.
Devant certains dons de Dieu, la durée courte confirme que c’est de Dieu. Mais la longueur ou la syncope ne peuvent venir que de notre nature faible, 194, 961, 962, 864,1116, 1118.
Des effets positifs sont souvent les fruits de l’action de Dieu :
- La paix, la joie, la lumière, la douceur, l’amour immense, 148, 687, 875
- Le cœur est dilaté, 150, 876,
- L’action de grâce et l’humilité devant les bienfaits de Dieu, la confusion, 98, 167, 953, 954- Après le trouble, la crainte du début, il s’établit une certitude, l’entendement n’agit pas, c’est Dieu, comme il veut, qui donne par miséricorde et dévoile les secrets des demeures, ce que notre imagination serait incapable d’approcher, ni l’intelligence, 119,288, 322, , 804, 864, , 913, 963, 1039- Le désir d’avancer et de ne pas abandonner l’oraison, 887, 880.
Certains signes sont négatifs :
La solitude, la sécheresse, la peine, les pensées peuvent venir de Dieu, qui veut nous faire connaître l’abîme de notre misère, 110, et ceci pour notre progrès.
Il s’agit donc d’agir avec prudence. Que la vie soit dans la joie ou dans la peine, le critère majeur, c’est que l’expérience vécue conduise à une soumission en tout à l’Église. Rien ne peut être opposé à la foi catholique ou à la loi de Dieu, 510, 511, 812.
Ce critère peut nous préserver de notre aveuglement, de nos goûts, des plaisirs, des promesses trompeuses suscitées par l’esprit du mal, 1472, 944.
Sainte Thérèse évoque des expériences :
- En lisant, subitement, on a le sentiment de la présence de Dieu, 95.
- Dieu donne à l’entendement (l’intelligence) de quoi admirer,
il lui donne une compréhension subite, 119,322.
- L’âme reconnaît que le Maître Divin l’enseigne sans faire entendre aucun bruit de paroles, 708,709.
Toutes ces faveurs que nous recevons servent à fortifier notre faiblesse pour acquérir peu à peu une vie semblable à celle du Fils, 1052.
lundi 6 mai 2019
SAINT GRÉGOIRE LE GRAND, mes brebis écoutent ma voix, Jn 10
Jean 10, 1-10
Jésus est le Bon Pasteur et la porte des brebis
Jean 10, 11-18
Le Bon Pasteur donne Sa Vie pour ses brebis
Jean 10, 27-30
Le Bon Pasteur donne la Vie à ses brebis
«Mes brebis écoutent ma voix, et moi je leur
donne la vie éternelle »
»Moi, je
suis le bon Pasteur. Et je connais mes brebis (c’est-à-dire je les-aime),
Et mes
brebis me connaissent. C'est comme s'il disait clairement : Ceux qui m'aiment
m'obéissent.
Car celui qui n'aime pas la vérité, maintenant même ne la connaît pas du tout.
Puisque vous
avez entendu, frères très chers, le péril qui nous menace, nous les
pasteurs,
évaluez, grâce aux paroles du Seigneur, le péril qui est le vôtre. Voyez si
vous
êtes ses
brebis, voyez si vous le connaissez, voyez si vous percevez la lumière de la
vérité. Je
parle de percevoir, non par la foi, mais par l’amour. Je parle de percevoir non
par la
croyance, mais par l'action, Car saint Jean, qui parle dans notre évangile,
atteste
cela
lorsqu'il dit ailleurs: Celui qui prétend connaître Dieu, et qui ne garde pas
ses
commandements,
est un menteur.
C'est pourquoi, dans notre passage, le Seigneur ajoute
aussitôt :
Comme le Père me connaît, moi je connais le Père, et je donne ma vie
pour mes brebis.
C'est comme s'il disait clairement :
Ce qui prouve que je
connais le Père et que je suis connu de lui, c'est que je donne ma vie pour mes
brebis ; c'est-à-dire :
je montre combien j'aime le Père par l'amour qui me
fait mourir pour mes brebis.
~ Au sujet des brebis, il dit encore :
Mes brebis entendent ma voix, et moi je les connais,
elles me suivent, et je leur donne la vie éternelle.
Et un peu plus haut il
avait dit à leur sujet :
Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé;
il pourra entrer et sortir, et il trouvera un pâturage.
Il entrera pour avoir
la foi; il sortira en passant de la foi à la vision, de la croyance à la
contemplation,
et il trouvera un pâturage en arrivant au festin éternel.
Les brebis
du bon Pasteur trouvent donc un pâturage parce que tout homme qui le
suit avec un
cœur simple est nourri dans la pâture des prairies intérieures.
Et quel est le pâturage de
ces brebis-là, sinon les joies éternelles d'un paradis toujours vert ?
Car le pâturage des
élus, c'est le visage de Dieu, toujours présent: puisqu'on le regarde sans
interruption,
l'âme se rassasie sans fin de l'aliment de vie. ~
Recherchons
donc, frères très chers, ce pâturage où nous trouverons notre joie au cœur de
la fête célébrée par tant de nos concitoyens. Que leur allégresse nous y
invite.
~ Réchauffons
nos cœurs, mes frères, que notre foi se ranime envers ce qu'elle croit, que
nos désirs
s'enflamment pour les biens célestes : c'est déjà partir à leur rencontre que
de
les aimer.
Aucun
obstacle ne doit enlever la joie de la solennité intérieure, car si l’on désire
se rendre à un endroit qu'on s'est fixé, aucune difficulté ne peut changer ce
désir. Aucune prospérité flatteuse ne doit nous en détourner; il est fou, le
voyageur qui, apercevant sur sa route de gracieuses prairies, oubli le but de
son voyage.
vendredi 19 avril 2019
Hymne de Pâques, Jean Damascène, 8ème s
Le plus célèbre des canons composé par Jean Damascène est sans doute celui de la fête de Pâques :
Tout est inondé de lumière,
le ciel, la terre,
et l’enfer.
Que toute créature célèbre la résurrection du Christ.
En Lui, elle est fortifiée.
Christ est ressuscité des morts,
par la mort, il a vaincu la mort.
A ceux qui sont dans le tombeau
il a donné la vie. »
peuples rayonnons de joie.
C’est la Pâque, la Pâque du Seigneur ;
C’est la Pâque, la Pâque du Seigneur ;
de la mort à la vie,
de la terre aux cieux,
Christ Dieu nous a menés.
Chantons l’hymne de la victoire.
Venez, buvons le breuvage nouveau.
Ce n’est pas la source qu’un miracle
fit jaillir du rocher.
de la terre aux cieux,
Christ Dieu nous a menés.
Chantons l’hymne de la victoire.
Venez, buvons le breuvage nouveau.
Ce n’est pas la source qu’un miracle
fit jaillir du rocher.
C’est le Christ,
la Source incorruptible qui s’élance du tombeau
et nous donne sa puissance.
et nous donne sa puissance.
Tout est inondé de lumière,
le ciel, la terre,
et l’enfer.
Que toute créature célèbre la résurrection du Christ.
En Lui, elle est fortifiée.
Christ est ressuscité des morts,
par la mort, il a vaincu la mort.
A ceux qui sont dans le tombeau
il a donné la vie. »
dimanche 14 avril 2019
« A la descente du Christ, l'éternelle nuit des enfers a resplendi », Eusèbe Le Gallican, 5ème siècle
«
Ciel, exulte ! Et toi, terre, réjouis-toi ! », Ps 95,11.
Ce jour a
resplendi pour nous de l'éclat du tombeau,
plus qu'il n'a brillé des
rayons du soleil.
Que les enfers acclament, car ils ont désormais une
issue ;
qu'ils se réjouissent, car c'est pour eux le jour de la visite ;
qu'ils exultent, car ils ont vu, après des siècles et des siècles,
une
lumière qu'ils ne connaissaient pas,
et dans l'obscurité de leur nuit
profonde ils ont enfin respiré !
O belle lumière que l'on a vue poindre
du sommet du ciel blanchissant...,
tu as revêtu de ta clarté soudaine
«
ceux qui étaient assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort » (Lc
1,79).
Car, à la descente du Christ,
l'éternelle nuit des enfers a
resplendi
aussitôt et les cris des affligés ont cessé ;
les liens des
condamnés se sont rompus et sont tombés ;
les esprits malfaisants ont
été saisis de stupeur,
comme frappés d'un coup de tonnerre...
Dès que
le Christ descend,
les sombres portiers,
aveugles dans leur noir silence
et courbant le dos sous la crainte,
murmurent entre eux :
« Qui est ce
redoutable, éblouissant de blancheur ?
Jamais notre enfer n'en a reçu de
pareil ;
jamais le monde n'en a rejeté de pareil dans notre gouffre...
S'il était coupable, il n'aurait pas cette audace.
Si quelque délit le
noircissait,
il ne pourrait jamais dissiper nos ténèbres par son éclat.
Mais s'il est Dieu, que fait-il au tombeau ?
S'il est homme, comment
ose-t-il ?
S'il est Dieu, pourquoi vient-il ?
S'il est homme, comment
délivre-t-il les captifs ?...
Oh, cette croix qui déjoue nos plaisirs et
qui enfante notre malheur !
Le bois nous avait enrichis et le bois nous
ruine.
Cette grande puissance, toujours redoutée des peuples, a péri ! »
Une homélie du 5e siècle attribuée à Eusèbe Le Gallican -
Homélie 12 A ; CCL 101, 145 (trad. Solesmes, Lectionnaire, vol. 3, p. 21 rev.)
http://notredamedesneiges.over-blog.com
mercredi 3 avril 2019
Scruter les Ecritures, Saint Isidore de Séville
Lorsque nous
prions, c’est nous parlons avec Dieu ; et lorsque nous lisons, c’est
Dieu qui parle avec nous.
La lecture comporte une double recherche :
d’abord comment comprendre les Ecritures ? Ensuite, quelle utilité ou
quelle dignité fait leur valeur ? En effet, il faut d’abord vouloir
comprendre ce qu’on lit ; c’est ensuite qu’on est capable d’exprimer ce
que l’on a appris.
Le lecteur courageux sera beaucoup plus
disposé à accomplir ce qu’il lit qu’à rechercher la science. Il et en effet
moins pénible d’ignorer ce qu’on l’on désire savoir que de ne pas accomplir ce
que l’on connaît. De même qu’en lisant nous désirons savoir, de même en
connaissant devons-nous accomplir ce que nous avons appris de bien.
Personne ne peut connaître le sens de l’Ecriture
sainte sans en avoir acquis la familiarité par une lecture fréquente, selon ce
qui est écrit : Aime la sagesse et elle t’élèvera ;
elle te glorifiera si tu l’embrasses (Pr 4,8). Plus on
fréquente assidûment la parole divine, plus on en comprend les richesses, de
même que la terre, plus on la cultive, plus elle porte de riches récoltes.
Sans le secours de la grâce, l’enseignement a
beau entrer dans les oreilles, il ne descend jamais jusque dans le cœur ;
il faut du bruit à l’extérieur mais sans aucun profit à l’intérieur. La Parole
de Dieu entrée par les oreilles parvient au fond du cœur lorsque la grâce de
Dieu touche intérieurement l’esprit pour qu’il comprenne.
Saint Isidore
de Séville, Le livre des sentences, « , 8-10, trad. P. Roguet, Office
romain des lectures, Livre des jours, Paris, 1984, p.1388-1389, in Magnificat,
N° 317, p. 81
jeudi 28 mars 2019
samedi 23 février 2019
L'abeille ce qu'elle nous enseigne, saint Jean Chrysostome,
«
L'abeille
vous enseignera l'amour du travail,
plus l'amour du beau et de l'honnête,
et l'amour du prochain.
vous enseignera l'amour du travail,
plus l'amour du beau et de l'honnête,
et l'amour du prochain.
Oui, l’abeille travaille
et se donne de la peine,
et se donne de la peine,
et c'est moins pour elle que pour nous ;
or, c'est
surtout le propre du chrétien
de rechercher l'intérêt des autres
plutôt que le sien.
de rechercher l'intérêt des autres
plutôt que le sien.
L'abeille parcourt les prés,
voltige tout le jour sur les
fleurs pour composer un aliment qui n'est pas pour elle ;
fais de même, ô
homme !
Si tu amasses de l'argent, que ce soit pour en faire part à ton
prochain ;
si tu possèdes les trésors de la doctrine, n'enfouis pas tes
talents,
mais fais-en profiter les indigents ;
en un mot, mes frères,
quelque avantage que vous possédiez en propre,
faites en profiter ceux
qui en sont privés par eux-mêmes.
Pourquoi l'abeille jouit-elle d'une
estime plus grande que d'autres animaux ?
ne le voyez-vous pas ?
c'est
moins parce qu'elle travaille que parce qu'elle travaille pour les
autres.
L'araignée aussi travaille, et file délicatement, et les toiles
dont elle tapisse nos murailles surpassent l'art de la femme la plus
adroite ;
néanmoins, c'est un insecte peu noble, parce que son ouvrage
n'est d'aucune utilité pour nous.
Tels sont tous ceux qui ne travaillent
que pour eux-mêmes.
Imitez la simplicité de la colombe,
imitez
l'attachement de l'âne et du bœuf pour leur maître,
imitez la sécurité
et la confiance des oiseaux.
Oui, il y a beaucoup à gagner aux exemples
des animaux pour la correction des mœurs. »
St Jean Chrysostome, XIIe Homélie (2), in "Œuvres complètes" Tome III (Homélies sur les Statues, au Peuple d'Antioche), Trad. M. Jeannin, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.
St Jean Chrysostome, XIIe Homélie (2), in "Œuvres complètes" Tome III (Homélies sur les Statues, au Peuple d'Antioche), Trad. M. Jeannin, Bar-le-Duc, L. Guérin & Cie, éditeurs, 1864.
dimanche 17 février 2019
La Parole est semblable à une semence, Origène, 3ème s
La Parole est semblable à une semence
Chaque Parole de la divine Écriture est semblable à une semence dont la nature est de se multiplier et de se répandre selon son espèce, une fois jetée en terre et remontée en épi. Le rendement sera d’autant plus riche qu’elle aura reçu les soins d’un agriculteur expérimenté et bénéficié d’un sol généreux. C’est ainsi que grâce à une culture vigilante, une graine minuscule comme la graine de moutarde qui est la plus petite de toutes les semences, dépasse toutes les plantes et devient un grand arbre, dans les branches duquel les oiseaux du ciel viennent habiter, Mt 13,31-32.
Ainsi en est-il de la Parole qu’on vient de nous lire dans le Livre sacré. Au premier abord, elle semble maigre et petite. Mais si elle rencontre un jardinier expert et diligent qui la cultive et la traite spirituellement, aussitôt elle prend la taille d’un arbre et s’étale en branches et en ramures.
Les sages et les raisonneurs de ce monde, 1 Co 1,20, peuvent venir. Comme les oiseaux du ciel avec leurs ailes légères, c’est-à-dire avec l’éclat sonore des mots, ils se livrent à des spéculations hautes et difficiles. Prisonniers de leurs raisonnements, ils voudraient habiter dans ces branches, qui ne sont pas matière à éloquence mais principe de vie.
Homélies sur l’Exode, Sources chrétiennes 16, p. 77,Origène (3ème siècle)
Chaque Parole de la divine Écriture est semblable à une semence dont la nature est de se multiplier et de se répandre selon son espèce, une fois jetée en terre et remontée en épi. Le rendement sera d’autant plus riche qu’elle aura reçu les soins d’un agriculteur expérimenté et bénéficié d’un sol généreux. C’est ainsi que grâce à une culture vigilante, une graine minuscule comme la graine de moutarde qui est la plus petite de toutes les semences, dépasse toutes les plantes et devient un grand arbre, dans les branches duquel les oiseaux du ciel viennent habiter, Mt 13,31-32.
Ainsi en est-il de la Parole qu’on vient de nous lire dans le Livre sacré. Au premier abord, elle semble maigre et petite. Mais si elle rencontre un jardinier expert et diligent qui la cultive et la traite spirituellement, aussitôt elle prend la taille d’un arbre et s’étale en branches et en ramures.
Les sages et les raisonneurs de ce monde, 1 Co 1,20, peuvent venir. Comme les oiseaux du ciel avec leurs ailes légères, c’est-à-dire avec l’éclat sonore des mots, ils se livrent à des spéculations hautes et difficiles. Prisonniers de leurs raisonnements, ils voudraient habiter dans ces branches, qui ne sont pas matière à éloquence mais principe de vie.
Homélies sur l’Exode, Sources chrétiennes 16, p. 77,Origène (3ème siècle)
mercredi 6 février 2019
La pêche miraculeuse, abbaye de Tamié, Père F. de Sales
Is 6, 1-8 - 1 Co 15, 1-11 - Luc 5, 1-11
5ème dimanche du temps ordinaire
C'est aujourd'hui la journée chrétienne de la communication et les textes de la liturgie nous donnent aussi des passages de la Bible qui parlent de l'appel de Dieu : dimanche de la communication !
Pour communiquer, il faut avoir reçu un message.
- Nous avons reçu le message de Dieu, l'Évangile, la bonne Nouvelle, ce que dit saint Paul dans la seconde lecture : "C'est le Christ, envoyé par Dieu, mort pour nos péchés, ressuscité le troisième jour, apparu aux Apôtres pour les envoyer en mission."
-Tous, nous qui avons reçu l'annonce de l'Évangile, nous sommes appelés à le communiquer par la vie, souvent plus que par la parole. Et Jésus nous donne une belle illustration de cette mission dans l'appel de Pierre, le premier apôtre. Jésus est allé rencontrer les hommes de son temps dans leur lieu de travail, la pêche, il monte même dans la barque et il enseigne. Quand il a fini d'enseigner, il envoie Pierre à la pêche alors qu'il avait travaillé toute la nuit sans rien prendre.
Pierre pas mal déconcerté qui a passé une nuit éreintante d'une pêche infructueuse pose bien son objection en artisan compétent : "Nous avons travaillé en vain toute la nuit ! Mais sur ton ordre je veux essayer". Et c'est une pêche miraculeuse : il y a tellement de poissons qu'ils ne peuvent plus s'en tirer seuls, ils appellent leurs compagnons d'infortune : "Venez nous aider !" Sans le savoir, ils sont messagers.
Mais la suite est encore plus étonnante. Pierre est subjugué par la personne de Jésus : "Éloigne toi de moi car je suis un homme pécheur !" Mais Jésus le rassure : "Sois sans crainte !" Et tout de go, lui dit ce qu'il attend de lui : finie la pêche sur le lac, "désormais ce sont des hommes que tu prendras."
Ils ont fait une belle pêche mais qu'en font-ils ? On ne sait pas. "Laissant tout ils le suivirent" pas seulement Pierre, mais ses compagnons. Voilà ce qui arrive quand on est subjugué par Jésus.
Comme le dit très bien le poète Péguy :
Si Dieu t'appelle, si Dieu travaille une âme,
On a beau faire, il faut se rendre, il faut marcher.
On ne peut pas y échapper, on ne peut pas en réchapper.
La main de Dieu est lourde.
Le travail de Dieu, l'opération secrète est un feu qui consume.
Mais voilà nous sommes tous appelés par le Seigneur dans la vocation, l'appel qui nous est propre. Il y a de la place et du travail pour tous.
Une femme vertueuse, mariée qui en 48 ans avait donné toutes les marques d'une vie parfaite dans l'intérieur et dans l'extérieur a profondément édifiée saint François de Sales. Il écrit : "Elle a été une Monique dans son ménage (la mère de saint Augustin), une Madeleine dans l'oraison (assise aux pieds de Jésus à l'écouter). A qui tient-il que nous soyons saints parmi tant d'exemples domestiques (à la maison) et étrangers (ailleurs) en la ville et au champ ? Tout nous prêche en faveur de la sainteté et nous n'y allons que fort lentement. Les ignorants et les gens sans culture se lèvent et se levant devant nous, ils ravissent les cieux et nous, nous croupissons dans notre négligence. Au moins, parmi cette misère, soyons humbles et Dieu nous bénira et relèvera notre bassesse par sa sainte miséricorde. " (St François de Sales, lettre 360).
Aujourd'hui qui aurait l'audace de Jésus d'envoyer un pêcheur, un homme sans culture religieuse pour en faire le chef des Apôtres ? Bien sûr, nous n'avons plus la présence visible de Jésus pour nous subjuguer par ses miracles, mais Jésus est tout autant présent, agissant la plupart du temps dans le secret des coeurs, mais parfois en étonnant tout le monde par le surgissement de personnes touchées par lui.
Il y aurait tant d'exemples à donner et si nous faisions attention, nous trouverions dans nos vies tant de cas où le Seigneur nous a touchés, il nous a brûlé le coeur et nous sommes retombés dans l'ordinaire de nos vies.
Si je puis vous donner une exemple dans ma propre vie : Je devais avoir 7 ou 8 ans. Mon saint curé qu'on appelait Jean du Bon Dieu, m'appelle et me dit : "Je vais t'apprendre à servir la messe". Nous commençons par nous mettre à genoux devant le tabernacle et il reste là pendant 5 minutes en silence et moi à genoux à ses côtés, je le regarde, émerveillé de son visage fixé sur le tabernacle et je me suis rendu compte alors qu'il y avait quelqu'un devant nous, que je ne voyais pas, sinon par la présence priante de cet homme. Il regardait Dieu, moi je regardais le visage de mon curé et Dieu a fait son oeuvre.
- Journée de la communication. Nous avons reçu, il nous faut communiquer là où nous sommes, la plupart du temps, nous aussi le Seigneur peut nous dire : « Viens suis-moi ! » et nous pouvons chanter ! « Christ est ressuscité, toujours parmi nous ! Alléluia ! »
https://www.abbaye-tamie.com/communaute-tamie/homelies
samedi 26 janvier 2019
vendredi 25 janvier 2019
Contempler le Christ Jardinier, saint Thérèse d'Avila
Le cœur humain, un jardin où Dieu veut prendre ses délices
« Voici maintenant une
comparaison qui se présente à moi. (…) Celui qui débute considèrera
attentivement qu’il va préparer, dans un terrain très ingrat et rempli
de très mauvaises herbes, un jardin où le Seigneur puisse prendre ses
délices. Il me semble qu’il y a quatre manières d’arroser un jardin.
D’abord en tirant l’eau d’un puits à force de bras, ce qui exige une
grande fatigue de notre part.
Ou bien, en tournant, à l’aide d’une
manivelle, une noria garnie de godets, comme je l’ai fait moi-même
quelquefois : avec moins de travail, on puise une plus grande quantité
d’eau.
Ou bien en amenant l’eau soit d’une rivière, soit d’un ruisseau :
la terre est alors mieux arrosée et mieux détrempée ; il n’est pas
nécessaire d’arroser aussi fréquemment, et le jardinier a beaucoup moins
de travail.
Enfin, il y a la pluie abondante : c’est le Seigneur qui arrose alors sans aucun travail de notre part, et ce mode d’arrosage est, sans comparaison, supérieur à tous ceux dont nous avons parlé », Vie 11, 6-8.
Enfin, il y a la pluie abondante : c’est le Seigneur qui arrose alors sans aucun travail de notre part, et ce mode d’arrosage est, sans comparaison, supérieur à tous ceux dont nous avons parlé », Vie 11, 6-8.
Si nous comparons avec la progression de « demeures en
demeures » du Château intérieur, nous réalisons que ces eaux différentes
correspondent à un passage, une traversée de la voie ascétique à la
voie mystique. L’image qui vient alors à l’esprit de Thérèse est celle
du ver à soie qui doit mourir pour donner naissance au papillon, Château
V, 2, 1, 8 ; et elle cite alors un texte fondamental de la Lettre aux
Colossiens 3,3-4 : « Vous êtes morts et votre vie
est cachée avec le Christ en Dieu ; quand paraîtra le Christ, votre vie,
vous serez manifestés avec lui, pleins de gloire. »
https://www.carmelsaintjoseph.com/sermons/avec-therese-davila-3
vendredi 11 janvier 2019
Le baptême du Seigneur, abbaye de Bouake
Le Baptême du Seigneur C
Isaïe 40, 1-5. 9-11
Psaume 103
Tite 2, 11-14; 3, 4-7
Luc 3, 15-16. 21-22
Les quatre évangiles rapportent un récit du baptême de Jésus. Mais chacun des évangélistes y apporte sa touche personnelle. Saint Luc, que nous lisons cette année, insiste sur trois points que ne signalent pas les autres :
Jésus reçoit le baptême « comme tout le peuple »;
C’est« en priant » qu’il reçoit l’Esprit Saint;
Enfin, la voix venue du ciel précise que Jésus est « engendré du Père aujourd’hui ».
« Tout le peuple ayant été baptisé et Jésus ayant été baptisé »…
Jésus a pris place dans la longue lignée des hommes et de femmes qui
attendaient leur tour pour se laisser plonger dans les eaux du
Jourdain. Rien ne le distinguait des autres. Il est venu rejoindre, dans
l’anonymat, le peuple de pécheurs en attente que nous sommes. Il s’est
enfoncé profondément et discrètement dans la pâte humaine. Il a même
pris la dernière place comme pour prendre dans ses bras toute l’humanité
avec ses grandeurs et ses crimes, avec ses générosités et ses folies.
Jésus est là, incognito, il a écouté Jean-Baptiste dire
« Convertissez-vous ». Il est mêlé aux hommes, il apparaît assimilé aux
hommes.
« Jésus priait, alors le ciel s’ouvrit... L’Esprit Saint descendit... »
Saint Luc nous présente une situation où le baptême a déjà eu lieu,
Jésus est baptisé. Nous entrons dans le texte avec la prière de Jésus.
Dans l’Évangile de Luc, Jésus prie beaucoup. Nous ne savons pas
comment Jésus priait, mais nous pouvons essayer de balbutier quelques
mots.
- Tout d’abord, la prière de Jésus est celle de celui qui se met à l’école des Prophètes, ici, Jésus s’est mis à l’écoute de Jean Baptiste, le dernier des Prophètes.
- Ensuite, Jésus prie au milieu du peuple, un peuple qui est dans l’attente nous dit saint Luc au verset 15. Jésus communie à l’attente du peuple, comme le peuple, il espère le règne de Dieu et il se tourne vers Dieu au milieu des hommes, au milieu de ses frères.
- Lorsque Dieu lui répond, il dit : « tu es mon fils » ; Jésus s’est tourné vers lui en l’appelant « Père ».
Par son baptême, Jésus a voulu se lier à ces hommes venus au
Jourdain pour être lavés de leurs péchés. Il est là au milieu du peuple,
lui, qui n’a jamais péché.
Par sa prière, il est le Fils, l’Unique, le Saint : sa place serait
au Temple de Jérusalem et pourtant il est là au milieu des hommes. Il se
dessaisit de sa différence pour devenir notre prochain, pour se donner à
nous.
Le ciel s’ouvre…
Lorsque le ciel est fermé c’est là le signe de la non communication
entre ici-bas et Dieu. Lorsque le ciel s’ouvre, c’est que Dieu rend
accessible le monde qui est le sien. Or, le ciel s’ouvre quand Jésus
vient au milieu des hommes : le Père approuve donc l’attitude du Fils
qui ne s’est pas trompé en venant chez les pécheurs.
« L’Esprit Saint descendit sur lui… C’est toi mon Fils. Aujourd’hui, je t’ai engendré... »
Pourquoi ce don, puisqu’il est le Fils du Père depuis l’éternité et
qu’il ne peut jamais cesser de l’être. Jésus ne cesse pas d’être rempli
de l’Esprit Saint puisqu’il est Dieu. Lorsque saint Luc parle de
l’Esprit Saint, il parle de la promesse du Père, il parle du don (du
cadeau) de l’Esprit. C’est le don par excellence, il ne cesse jamais
d’être don ; il ne peut pas être possédé, il est toujours à recevoir.
Jésus lui-même ne cesse pas de se recevoir du Père dans l’Esprit
Saint. Ce don ne peut jamais cesser d’être un don et Jésus lui-même n’a
jamais vécu en autonomie spirituelle.
Comme nous, comme les pécheurs, comme la foule, Jésus est venu au milieu des hommes comme un mendiant de l’Esprit Saint.
Jésus nous apprend ce matin ce qu’il attend de nous, il nous apprend ce qu’est un fils de Dieu :
- Un homme qui porte les espérances de ses frères, un homme proche des autres, un homme humble qui marche, qui espère humblement avec ses frères.
- Un homme qui porte au Père dans la prière comme un mendiant les misères de ses frères et que Dieu vient exaucer en venant le rejoindre, l’éclairer, l’illuminer lorsqu’il le voit ainsi frère parmi les hommes ; il lui manifeste alors son amour non pas pour lui seulement mais surtout pour ses frères désespérés qu’il est venu rejoindre.
Jésus nous montre aussi ce que n’est pas un fils de Dieu :
- Quelqu’un qui s’imaginerait qu’il est mieux que les autres et qui se tiendrait éloigné des pécheurs et des exclus.
- Quelqu’un dont la prière aurait pour seule fonction de préserver sa pureté, de se protéger des autres.
- Quelqu’un qui serait sûr de lui, qui n’attendrait rien des autres et qui oublierait que personne, même pas le Fils de Dieu ne possède Dieu car Dieu se donne à rencontrer dans l’impuissance, dans la pauvreté, dans la fraternité, dans la compassion, dans l’amour et c’est là que le ciel s’ouvre et que chacun de nous peut entendre : « tu es mon fils (ma fille) bien-aimé, en toi, je mets toute ma joie ».
- http://www.benedictinsbouake.com/meditations-et-formation/evangile-du-jour-
jeudi 27 décembre 2018
Les fontaines du Sauveur, Saint Bernard de Clairvaux
Extrait du premier sermon pour le jour
de noël,
Les fontaines du Sauveur,
Saint Bernard de Clairvaux.
Les fontaines du Sauveur,
Saint Bernard de Clairvaux.
En troisième lieu, l'eau sert à l'arrosage, or ce dont les nouvelles plantations ont le plus besoin, c'est précisément d'être arrosées, car faute d'eau, où elles languissent, ou même elles périssent tout à fait de sécheresse. Que ceux donc qui ont semé la semence des bonnes oeuvres puisent de l'eau de la dévotion, s'ils veulent que leur jardin de la bonne vie, arrosé des eaux de la grâce, se fasse remarquer par sa verdure continuelle, au lieu d'être brûlé par la sécheresse. C'est pour eux que le Prophète fait cette prière : « Que votre holocauste soit gras», Psal. XIX, 4. De même, c'est à la louange d'Aaron que nous voyons écrit dans les saintes Lettres, que le feu dévorait tous les jours son sacrifice. Or, toutes ces expressions ne signifient pas autre chose, sinon que toutes nos bonnes oeuvres doivent être assaisonnées d'une dévotion pleine de ferveur, et de la douceur de la grâce spirituelle. Pourrons-nous trouver la quatrième fontaine qui nous rendra ce paradis charmant que quatre sources arrosaient? Car, si nous avons perdu tout espoir de recouvrer le paradis de la terre, comment pourrions-nous conserver l'espérance de posséder celui du ciel? «En effet, si vous ne me croyez pas, est-il dit, lorsque je vous parle des choses de la terre, comment me croirez-vous quand je vous parlerai de celles du ciel», Joan. III,12. Or, puisque la vue des choses présentes vous fait espérer plus fermement les choses futures, nous avons un paradis bien meilleur et bien plus agréable que celui de nos premiers parents ; car notre paradis à nous, c'est notre Seigneur Jésus-Christ.
Nous avons déjà
trouvé trois fontaines en lui; cherchons quelle est la quatrième Nous avons la
fontaine de la miséricorde, dont les eaux de pardon lavent nos souillures; nous
avons celle de la sagesse, dont les eaux de discrétion servent à étancher notre
soif ; nous avons enfin celle de la grâce, dont les eaux de dévotion arrosent
les plantes de nos bonnes oeuvres : cherchons maintenant de l'eau bouillante,
les eaux du zèle, pour faire cuire nos aliments. Ce sont, en effet, les eaux
bouillantes de la charité qui font cuire et assaisonnent nos affections. Voilà
pourquoi le Prophète disait : « Mon coeur
s'est échauffé au dedans de moi, et tandis que j'étais en méditation, il était
embrasé par le feu», Psal. XXXVIII, 4. Et encore : « Le zèle de votre demeure me consume», Psal. LX, 10. En effet, quiconque est amené par la
douceur de la dévotion à l'amour de la justice, est conduit par la ferveur de
la charité à la haine de l'iniquité. Ne pensez-vous point que c'est de ces
fontaines que parlait le Prophète quand il disait : « Vous puiserez de l'eau avec joie aux fontaines du Sauveur», Isa. XII,3 ? Si vous
voulez vous convaincre qu'en cet endroit ses promesses ont rapport à la vie
présente, non point à la vie future, veuillez remarquer la suite de son
discours : « Et pleins de joie, dit-il,
vous vous écrierez alors, chantez les louanges du Seigneur, et invoquez son nom»,
Isa.
XII,4. En effet, l'invocation n'a rapport qu'au temps présent, selon ce qui
est écrit : « Invoquez-moi au jour de la
tribulation», Psal. XLIX, 15.
… Quant à nous, ce qui nous importe le
plus, c'est de faire toutes nos actions en esprit de joie : «Car Dieu aime celui qui donne avec joie »,
II
Cor. IX, 7. Or, la
terre où nous vivons est loin d'être fertile en cette sorte de moisson qu'on
appelle une bonne vie ; aussi se dessèche-t-elle bien vite, si on ne l'arrose souvent.
Voilà pourquoi, dans l'oraison dominicale, nous demandons cette grâce, sous le
nom de notre pain quotidien. Et nous avons bien raison de le faire, si nous
voulons échapper à cette terrible imprécation du Prophète «Qu'ils deviennent semblables à l'herbe qui pousse sur les toits et qui
se sèche avant qu'on l'arrache», Psal. CXXVIII,6.
Mais la fontaine du zèle convient plus particulièrement à Noë, parce
que c'est aux prélats surtout qu'il appartient d'avoir du zèle.
http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bernard
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