Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10,1-12 Lc 10,17-20
Parmi ses disciples, Jésus en désigna encore soixante-douze, et il les
envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où
lui-même devait aller. Il leur dit: "La moisson est abondante, mais les
ouvriers sont peu nombreux."
L'évangile qui vient d'être lu nous invite à nous interroger sur la moisson dont le Seigneur a dit : La
moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le
maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson, Lc 10,2.
Alors, aux douze disciples auxquels il avait donné le nom d'Apôtres, il
en adjoignit soixante-douze autres. Puis il les envoya tous, comme ses
paroles l'indiquent, à une moisson déjà préparée.
Quelle était
donc cette moisson ? Certainement pas la moisson des païens, puisque chez
eux rien n'avait été semé. Il nous faut donc l'entendre du peuple juif.
C'est pour cette moisson-là qu'est venu le maître de la moisson, et il y
a envoyé ses moissonneurs. Quant aux païens, il leur a envoyé des
semeurs, non des moissonneurs. Sachons donc que la moisson était faite
chez les Juifs et les semailles chez les païens. Le Seigneur avait
choisi ses Apôtres dans cette moisson, où le grain était mûr et prêt à
être coupé, car les prophètes l'y avaient semé. Quel plaisir de
parcourir du regard la terre que Dieu cultive ! Quel délice de contempler
ses dons et les ouvriers qui travaillent dans son champ !
Vous pouvez y observer deux moissons, l'une qui est en cours, l'autre,
encore à faire; celle-ci chez les païens, celle-là chez les Juifs.
Prouvons ce que nous venons de dire en nous appuyant simplement sur la
divine Écriture, celle du maître de la moisson. Voici. Nous savons qu'il
est dit dans le passage que nous venons d'entendre: La moisson est
abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le maître de la
moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Il
est bien dans mon propos de vous montrer que la moisson a rapport aux
peuples parmi lesquels les prophètes ont prêché. Ce sont eux en effet
qui étaient les semeurs, afin que les Apôtres puissent être les
moissonneurs. Pour germer et grandir, le blé avait dû être semé
par les prophètes; arrivé à maturité, il attendait que les Apôtres
viennent le moissonner. Le Seigneur n'a-t-il pas déclaré alors à
ses disciples: Vous dites que l'été est encore loin. Levez les yeux et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson, Jn 4,35. Il a dit encore: D'autres ont pris de la peine, et vous, vous profitez de leurs travaux ,Jn 4,38.
Abraham, Isaac, Jacob, Moïse et les prophètes ont pris de la peine. Ils
ont peiné pour semer le grain. A son avènement, le Seigneur a trouvé la
moisson mûre. Et il a envoyé les moissonneurs avec la faux de
l'Évangile.
Les prédicateurs de l'Évangile ne saluent
personne en chemin. Ils ne veulent rien faire d'autre qu'annoncer la
Bonne Nouvelle par amour de leurs frères. Qu'ils entrent dans les
maisons et qu'ils disent: Paix à cette maison, Lc 10,5).
Ils ne se bornent pas à en parler, mais ils répandent la paix dont ils
sont remplis. Ils proclament la paix et la possèdent. Celui qui
est rempli de paix salue en disant: Paix à cette maison. S'il y a là un ami de la paix, la paix du messager ira reposer sur lui, Lc 10,6.
Homélie de saint Augustin (+ 430), Sermon 101, 1-211, PL 38, 605-607 610, in Clerus.org.
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